face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

13 avril 2007

Westweg Avril 2007

Précision pour mes lecteurs:
Si vous désirez lire mon récit de rando, désormais terminé, commencez par le début et non par le dernier texte écrit.
Le début, c'est Lundi 8 Avril à minuit passé. Ici.

La suite, plus haut, logique!
Je déplacerai cette courte note pour qu'elle soit présente en tête de blog tout le long du récit, pour tous ceux qui prendront le train en marche.

J'ai fait une catégorie à part pour cette marche, histoire que vous ne vous perdiez pas en route, c'est compliqué à suivre un blog parfois.

Ici: une semaine sur le Westweg

Surtout pour ceux qui voient tout  le texte centré... Hein Christophe? :-))))

Posté par Laouenanig à 08:37 - une semaine sur le Westweg. Avril 2007 - Commentaires [30] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Westweg. Glaswaldsee. Le lac de lumière

Et mon dernier album
Celui qui passe en boucle dans ma tête
Sans que j'aie à cliquer sur le lien

Glaswaldsee, lac de lumière
Cliquez sur la photo

448_westweg_glaswaldsee

Posté par Laouenanig à 08:36 - une semaine sur le Westweg. Avril 2007 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Westweg. Rund um den Feldberg

Troisième album photo
En gros.. la région du Feldberg

Neige, soleil, et frissons
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324_westweg_emilthomaweg

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Posté par Laouenanig à 08:32 - une semaine sur le Westweg. Avril 2007 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 avril 2007

Westweg: Neige et brouillard

Deuxième album
Westweg... Neige et Brouillard
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175_westweg_neige

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Posté par Laouenanig à 20:07 - une semaine sur le Westweg. Avril 2007 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Westweg 9. Die Ende

Dimanche matin. Je suis debout à 5h30. Une habitude maintenant. Je n'ai pas à me presser, mon train est à 10h33. Enfin, c'est ce que je crois, car en réalité le train de 8h25 passe à 8h15, et celui de 10h33 à 10h15. Logique non?
C'est Pâques... Je préfère descendre tôt au village, on ne sait jamais!
Il n'existe qu'un seul train (du moins c'est aussi ce que je crois) pour me ramener en Bretagne: le Strasbourg-Paris de 14h36.
Saleté d'internet qui n'indique que les voyages avec un seul changement...

En faisant mon sac pour la dernière fois, je me casse un ongle.
Avouez: supporter le froid, la neige, la faim parfois, les spaghetti cuites à la boisson énergétique fruits de la passion, c'est possible.
Mais PAS SE CASSER UN ONGLE!!!
Au bord de la dépression nerveuse, je fais déborder le lac de mes larmes.
euh? je vous rassure!!  je me suis bien pété un ongle (que j'ai assez longs et en super état, rare pour une sauvageonne comme moi) mais alors j'en ai rien à faire!!!

8km à faire, ou un peu plus.
Je n'ai plus beaucoup d'eau, le sac est léger. Enfin, disons qu'il est moins lourd. Par contre, hier soir j'ai rempli la petite bouteille de 50cl avec de l'eau du lac, couleur thé léger. Ramassé cônes de sapins, sable, aiguilles, cailloux, et même, oh, même...

Non, je ne l'écris pas ici, çà craint un peu...
Enfin, si j'ose:
En grimpant vers le lac, j'avais repéré une balise qui franchement ne servait à rien du tout. Mais alors à rien!! promis juré craché. Sinon JAMAIS AU GRAND JAMAIS...
Elle va rejoindre sa copine émaillée, au losange bleu sur fond blanc, rouillée, abimée, foutue. J'avais libéré un sapin ce jour là.
Tout le balisage a été refait à neuf cette année. Je pense aux centaines de plaques émaillées qui sont parties à la poubelle.
Mon hôte d'un soir, près du poêle, m'avait dit: des balises, des panneaux neufs, y en a presque trop.
Traduction: çà gâche un peu la forêt, même si çà rassure le marcheur.

Je descends... Me réjouis (ainsi que mon genou droit) à l'avance du kilomètre de pente à tomber (c'est le cas) qui se prépare. La carte est formelle: tout droit, accrochez vous à ce que vous pouvez!!!
Je suis déçue: ils ont coupé la pente par de nombreux zig zags, déjà très pentus, mais plus sages. Sur la deuxième moitié, je repère la pente où j'étais censée descendre. Wow!!!! Pire qu'une pente de saut à ski (35%) sans mentir.

Retourner à Bad Peterstal, c'est simple: çà descend. Mais pas si simple que çà en vérité: car à chaque embranchement, il semble que tous les sentiers mènent à l'hôtel ****, que je ne nomme pas. Pourquoi? Parce que choisir un nom aussi ridicule, un nom qui sent la Californie, en pleine Forêt Noire, çà me défrise. C'est un 4 étoiles en pleine forêt. Des pistes très entretenues y mènent.
Je file... Je vois l'hôtel sur ma droite, pfff...
J'ai retrouvé ma vitesse de base, ou presque. A chaque croisement, je rigole d'avance: bah oui, gagné!!  hôtel ****!

J'aurais pu rester plus  longtemps là haut. Je ne le pouvais pas. Chaque minute de plus m'empêchait de partir. J'ai quitté l'Arbre sur un baiser rugueux, avant que le jour  ne se lève. J'ai regardé le lac de là haut, regardé ce jour qui pointait à peine éclairer faiblement l'eau noire.

Bad Peterstal, 8h20. J'apprends par coeur le panneau de départ des trains. Rassurée (pour mes enfants, moi..) je repars au village.
J'entre dans le seul commerce ouvert en ce dimanche de Pâques, et fait quelques achats.
Deux bouteilles en verre d'eau minérale du village, la Peterstaler Classic. "Perle de la Forêt Noire" affiche l'étiquette. Et ils ont raison!
Koa c'est lourd?
M'en fout, je pars pensais je, un soupir en travers de la glotte.
Je rajoute un demi litre de lait à la banane, aussi en bouteille verre, à boire TOUT DE SUITE.
Du pain noir.
Des sortes de pains en forme de gros bretzel, dont j'ai oublié le nom compliqué.
Un Osterbrot (brioche de Pâques, aux raisins, et écorces d'oranges)
Deux petites merveilles en chocolat: de vraies cônes de sapin aux écailles garnies d'une écaille en chocolat recouverte de micro grains de sucre colorés. C'est fait à la main, c'est magnifique, et çà coute moins de 2euros.
Quand  je pense à la daube des supermarchés! du choco dégueu à 30euros le kilo parce qu'il y a marqué barbie ou une autre connerie dessus!

Quand je sortirai de la boulangerie, j'irai m'assoir en plein soleil (le choco à l'ombre), et j'attendrai le train.
Qui m'emmera.
Loin de chez moi.

Je discute un peu avec la boulangère, qui s'inquiète me voyant repartir avec un gros sac à dos, des bâtons, et un énorme sac lourdissime chargé d'achats.
This is the end my friend je lui Jim Morissonise. Et je dois à nouveau raconter rapidement ma semaine.

Elle demande:
Méééééééé, alors pendant une semaine vous n'avez parlé à personne? (çà devient contagieux cette question).
Si réponge, aux oiseaux.
Son visage s'éclaire: et aux arbres me dit elle!!!
Voix cassée, je rajoute: oui... et aux arbres...

Bon, je fais quoi? je hurle, je pète mon ordi, ou je souris et j'avance?
Tais toi Laouen, marche...

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Posté par Laouenanig à 14:36 - une semaine sur le Westweg. Avril 2007 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Westweg 8 Glaswaldsee (3)

14 heures. Pantalon remonté jusqu'aux genoux, pieds nus. Le dos contre le Sapin (qui n'en est pas un), je ne fais rien.
J'espère retrouver mes affaires entières dans la Hütte.
Pour l'instant, je laisse le lac envahir celui de mes yeux. (rooo, c'est nul comme image).

Béatitude.
Le ciel est bleu, les sapins et autres conifères sont verts sombres, jusque là tout va bien.
L'eau est couleur café noir, le soleil chauffe, et les quatre con*nards d'à côté (une famille de thons) regardent leur camescope, à grand renfort de bande son. Musique relou, commentaires...
Je suis au dessus de tout çà, je suis au dessus de tout çà...
Saleté de calendrier, qui me fait partager le lac avec la meute propre au week end de Pâques. Je fais avec.

Un lézard frôle mon pied pansementé. Le con*nard d'à côté redouble de con*nerie...
Kôa je suis vulgaire? non, réaliste.
Cet endroit est habituellement un sanctuaire de silence. Moi, il me touche tant que je ne me vois pas y faire du bruit. Surtout avec l'amplification due à la topographie des lieux. Le moindre bruit me semble sacrilège. Et mes potes les canards vont se réfugier dans l'endroit le plus inaccessible du lac (il faut réfléchir 3 secondes pour y descendre).

Pas un geste. Les pieds étalés sur les racines nues de l'Arbre, je suis dans une autre dimension: celle justement qui épouse parfaitement le lac.
Quelque chose traverse le lac à la nage. Pas un oiseau, "çà" sort à peine la tête de l'eau, et çà nage la brasse. Une grenouille, ou un crapaud certainement. Je les entends toute la nuit, dès le crépuscule.
Personne n'a remarqué la bête. Pour cela, il faudrait "voir".

Près de la Hütte, je vois une légère fumée s'élever. Si ils comptent cuire une grenouille là dessus, va falloir souffler fort.
14h30: le vent se lève. Qu'y a t'il de plus fabuleux que le chant du vent dans les sapins?
Celui du vent dans les failles des falaises, en plein désert peut être? Aussi. Mais ce vent là, dans ces sapins là...
Un lac sous le vent, çà "porte". L'eau café noir frissonne de plus belle.

Un groupe d'une quinzaine de djeun's s'installe à ma gauche. Sac à dos, matelas mousse... naaan... Stoïque je reste.
J'entends un gémissement. Encore un qui croyait qu'il fallait descendre pour arriver au lac! Vu d'où ils arrivent, ils n'ont fait que monter.
Radio allumée, CD en route, musique atroce. çà promet.
J'ai oublié une précision essentielle: des poches latérales des sacs dépassent des bouteilles de bière.

Une nuit de plus ou de moins à ne pas dormir... Cette nuit j'ai écouté les canards, les râles d'eau, les crapauds, et j'ai aussi souffert des pieds, même allongée. Jambes brulantes, pieds en feu, obligée de me dévêtir malgré le froid, en pleine nuit.
Si ceux ci passent la nuit ici, je ne fermerai pas l'oeil.
Mais au fond de moi, je doute qu'ils aient le courage d'affronter le froid à même la plage!

Les quatre près de la cabane semblent plus calme que ceux ci. L'été, ici, çà doit être infernal parfois. Et dire que ce lac est un des plus méconnus de Forêt Noire!

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La "plage" encore vide.
L'Arbre, mon frère,  c'est le conifère très droit que vous voyez à gauche.

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Je ne marche, ou plutôt je ne caresse le sable de mes pieds nus, que pour aller de l'Arbre à l'eau, et de l'eau vers l'Arbre.
Parfois, à ras le sol, je regarde l'eau à travers les buissons de myrtilles.

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Près de la deuxième cabane, en équilibre sur le lac, toujours close, les promeneurs sont transparents.
Ici, je ne marche plus dans les 3 dimensions habituelles.
Ni même "en élévation".
Je marche, immobile, "dans" la lumière. En "énergie", uniquement.

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Forêt Noire, Schwarzwald, la mal nommée...
Je suis à l'endroit  précis où ce nom semble totalement déplacé.
Schwarz (noir) Wald (forêt)... Ici, le hameau le plus proche, à 3km, se nomme Glaswald.
D'où le nom du lac: Glaswaldsee (see=lac)
Glas: verre. Forêt de verre... Forêt de lumière, forêt de reflets, forêt de transparence.

15h. 6 des 15 jeunes déboulent soudain sur la plage, en caleçons de bain, poussés par les copains, et par les filles railleuses.
Les camescopes tournent. Un pied, un autre... Hurlements. Moqueries des autres. Z'ont qu'à y aller eux tiens!!
Les jeunes ne veulent pas passer pour des dégonflés. Ils ont déjà pas mal de bière dans le sang, çà aide.
Plouf, cris, quelques brasses, et ruée vers les serviettes, lourdes, chaudes. Ma serviette perso est un minuscule bout de coton fin. Pas envie de tenter l'expérience, vêtue de mon boxer et de mon soutiengorge...

J'immortalise la scène, une énorme sourire sur le visage

441_glaswaldsee

Tout à  l'heure, je testerai jusqu'aux chevilles. C'est absolument intolérable. De quoi mourir sur place, transformée en statue de glace.
Sans grosse serviette, et en dormant limite dehors, je renonce.
Par contre, çà calme les échauffements plantaires.
Si j'avais marché une semaine non stop autour du lac, au premier échauffement, plouf! terminé. Que voilà une bonne idée... Mes 24h non stop, j'ai bien envie de les faire ici un jour. Et je vous le dis: j'aurais la force morale d'y arriver.

16h. Je marche pieds nus, je grimpe sur les racines, je pose mes empreintes sur le sable plein de petits cailloux. Quel bonheur...
Mes pieds sentent la résine gluante, gluante comme de l'élastoplast fondu par les kilomètres et les frottements. Ils sentent le sable mouillé, l'eau noire, et le FRAIS.
Je vais aller jusqu'à la Hütte, vérifier si mes affaires sont toujours là.

Mes affaires sont là. Mais eux non.
C'est pas possible!!! On tournait un film? J'ai raté les caméras?
Allumer un feu, couper du bois, pour quoi? Faire chauffer le café?
Ah... Mais je pige maintenant pourquoi le gros pro a parlé d'étapes de 5km!!!
4h de prépa pour le café du matin, multiplié par 3 repas, çà donne 12h. 8h de sommeil. Déballer remballer les sacs. 2h.
Reste 2h pour faire les 5km, et dans la neige il faut bien çà...

Retour sur la plage. Les jeunes écoutent du foot à la radio. Je n'entends plus rien, car j'ai décidé de ne rien entendre.
Je regarde l'endroit exact où l'eau se mèle au sable, en un léger frisson.

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Sur ces 3 petits rochers, des noms gravés. Comme sur l'énorme vaisseau de pierre face à la cabane. Mais qu'ont donc les hommes à ainsi vouloir graver leurs noms sur la pierre, sur les arbres, sur les murs?
Vanité... Bonheur d'être là, de le clamer au monde?
Mon nom, je l'ai écrit des milliards de fois ici, écrit dans l'air, en y respirant.
Et si je devais écrire quelque chose ici, ce ne serait pas mon nom...

L'un des jeunes file vers la cabane. J'attends deux minutes, pensant qu'il va seulement s'isoler pour satisfaire ce que vous savez. Mais non, je le vois tout près de la Hütte, il y entre.
3 minutes pour y aller d'un bon pas. Je dois faire le trajet en 30 secondes, peut être moins, logique quand on vit dans la dimension de la lumière non?
Il est reparti. Un groupe de jeunes se ramène, ils vont faire les cons sur le gros rocher, pas rassurés par l'instabilité de la pierre. Bah oui, elle ne bouge pas la pierre, mais elle est tout sauf plane, et tout autour l'eau noire est profonde.
J'entends le jeune qui a visité la Hütte dire aux autres: elle va dormir ici.
Ils sont venus vers le rocher avec une canette de 50cl, marcher 3min çà donne soif.

17h00. Le froid tombe. Ils partent tous.
Je reste seule, avec les canards qui reviennent, le calme enfin installé.
Je retourne vers l'Arbre. Pour vous le montrer en photo, entier, je dois me coucher au ras de l'eau et pourtant j'ai un grand angle correct sur mon numérique de base. Mais entre l'eau et l'Arbre, il y a si peu d'espace...

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Pourquoi cet arbre qui au premier abord ne me ressemble pas (trop droit)?
Parce qu'il est un peu isolé des autres.
Parce que sa droiture, c'est désormais mon regard.
Parce qu'il est tout près de l'eau, parce qu'il a poussé sur le sable. Pour çà:

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Parce que le temps a ravagé ses fondations. Parce qu'il a ses racines à nu, que tout le monde peut les piétiner. Parce que ce ne sont pas ses racines qui manquent, mais ce dans quoi il était enraciné.
Parce que malgré ce vide, il tient.
Parce qu'un jour, comme le grand sapin à 50m de là, il se brisera. Un grain de sable emporté de plus, un de trop. Un coup de vent de plus, un de trop.
Parce que le sable n'est que du sable, et que l'on bâtit tous notre vie dessus.
Parce que quand le sable s'en va... Il faut savoir vivre sur le vide.
Parce que comme lui...
Parce que j'ai su réapprendre à vivre. Brisée. Mais droite.

Fin de la "séquence couic dans la gorge"...

Les canards viennent nager tout près de moi. La lumière décline fortement.

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Madame, suit monsieur
Et la cane solitaire, qui s'est approchée si souvent de moi. (soeur de solitude?)

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J'ai vu tout près le bleu de son aile... Et elle nage dans la lumière.
Assise contre l'écorce, un buisson de myrtilles à ma gauche, je rigole en prenant mes pieds en photo.
Mes chaussures ont vécu, elles gardent une auréole blanche, les crochets des lacets sont polis, le cuir éraflé. Maintenant, elles ressemblent à des chaussures de marche, mes tortureuses de pieds!!

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Et voici mon pied droit: (pour le gauche, rajoutez du pansement autour du petit orteil)

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Désolée: aucune photo de mon ampoule crevée sur le côté du talon, puisque là vous ne voyez que le côté interne. Par contre, regardez la plante des pieds. Vous voyez l'éosine qui dépasse? Bah là dessous, à un moment, ce n'était qu'une espèce d'ampoule. Enorme, prenant toute la plante. Et pour tout vous dire, mon pied en plein échauffement plantaire, est couleur éosine, du centre du pied jusqu'au bout des orteils.
Le "sale" sur les pansements,  c'est aussi de la résine de sapin. Mais il est bien évident que je ne changeais pas mes élasto tous les jours, çà colle à la peau ces trucs là!! j'en mettais juste une couche propre dessus, de temps en temps. Quand je les ai enlevé, dans le train Paris-Rennes, j'ai perdu 500grammes. Mon pied pouvait enfin respirer, bouger librement, mais par contre, j'avais du mal à l'appuyer par terre.

Il se fait tard, j'ai envie de préparer mon repas à la lumière du jour.
Alors je me lève, pose mon front sur l'écorce, dit "à demain matin" à l'Arbre. Sur sa peau rugueuse, un lichen vert sapin ressemble à une mèche de cheveux

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Vers la cabane, le grand rocher flotte, irréel.

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Bientôt, il devient impossible de deviner la limite entre le reflet et la réalité.

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Le grand bâteau de pierre semble hésiter entre ombre et lumière.

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Moi... j'ai choisi le lac au fond du lac.
Ou bien... le lac "sur" le lac?
Enfin... la lumière. Même au plus profond du noir.

Je vais me préparer le repas, et manger près de l'eau.
Je vais ramasser du bois mort, je sors ma hache, monte ma scie, remplis le réservoir à essence de ma tronçonneuse, démarre mon tracteur forestier, mets 20 secondes à monter mon réchaud de 80 grammes sur la cartouche de gaz de 270 grammes à moitié vide, et à l'allumer.

Damned!!!
Il me manque une scierie portative pour me tailler une allumette...

Demain...
Non. Maintenant. Demain sera demain.

La suite du récit en cliquant sur "ici"

Posté par Laouenanig à 13:56 - une semaine sur le Westweg. Avril 2007 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Westweg 7 Glaswaldsee (2)

Petit déjeuner en plein soleil. Je traine. Aujourd'hui, je ne marche pas, ou si peu. C'est bon.
Je regarde l'état de mes pieds. La grosse ampoule ne me fait plus souffrir du tout.
Que faire lors de ma prochaine marche?
Momifier mes pieds à l'élasto? Je vous jure.. çà ne respire pas là dessous, pas du tout.
Ne rien mettre? Soit çà passe, soit mes pieds se transforment en une ampoule géante. J'ai testé le premier jour, çà n'a pas empêché les échauffements.

Je suis une pro de la réparation d'ampoules!! génial, je peux appuyer fortement dessus,  rien!
Pour vérifier, je sors de mon sac à dos ma presse hydraulique. Je ne m'en sépare jamais, ainsi que de mon enclume: on ne sait jamais, un oeillet de chaussure à retordre...

Plein soleil, thé chaud... Je regrette presque le gout "spaghetti boisson énergétique fruits de la passion".
Souffrances, privations, bobos, tel est le fruit de la passion?
ou pourquoi pas : thé lait le fruit de la passion?

Le soleil éclaire la forêt sur ma droite... Je peux toucher la lumière.

Les oiseaux viennent à quelques mètres de moi. Tout à l'heure, les 3 canards sont sortis de l'eau, ils étaient à 3m de moi.
Photo? Non, je vis.
Ils reviendront me voir souvent... Paresseuse, je les prendrai en photo, au zoom, rendant flou la jolie cane aux ailes rayées de bleu.

Oui, ici c'est le plus bel endroit du monde.
Enfin... Je sais bien qu'il y a plus beau au monde.
C'est simplement, le plus bel endroit de mon monde.

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Loin de tout, sauvage, quasi inconnu, tout brodé de sapins, ouvert sur le ciel. Rien d'exceptionnel, rien d'hallucinant, rien de grandiose.
Une lumière douce, des ombres voyageuses qui écrivent le lac sur le tronc des sapins.
Des reflets intenses sur l'eau noire, le chant continu des oiseaux, le silence apaisant d'une porte ouverte sur ma cinquième saison, une autre dimension.

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10h14... Le premier promeneur pointe son nez au bord du lac...
Je ne m'en occupe pas. Le soleil est à mes pieds.

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De la cabane où je dors, voilà ce que je vois:

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11h 45. Je vais monter vers le point de vue pour tenter de joindre mes enfants au téléphone. Ils ne m'ont pas eu depuis hier matin.
Je découvrirai ce soir que le téléphone marche aussi près de la cabane, si on sait bien "viser le ciel"...
Avant, je fais lentement le tour du lac.
Venez, je vous emmène...

(pour ceux qui ont lu "octobre2005", vous allez revoir quasiment les mêmes photos, je vous préviens!!)

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En grimpant vers le croisement nommé Seebene, je croise 4 randonneurs lourdement chargés. Matelas mousses, gamelles, tout pendouille des sacs.
Angoisse: damned!!! ils vont s'installer dans la Hütte à coup sûr! Je dors où?
Pff, je les pousserai, noméo!!

Car je n'ai pas laissé matelas, sac de couchage et sac à dos dans la cabane, logique. On est le week end, et je sais que ma journée pause/méditation au bord du lac devra me demander un certain effort: oublier le bruit et le passage de ceux qui comme par hasard auront choisi de poser leurs fesses à 50cm des miennes...

J'ai caché eau, et vêtements entre des rochers. Mais pas le sac, faut pas pousser. Le porter dans la côte ne me gène pas, même avec matelas, sac de couchage et bouffe, et le résultat est le même: la cabane est vide, disponible, que tout çà soit caché ou sur mon dos.

Je  passe mon coup de téléphone, et je fais un crochet par mon point de vue caché. De là, je pense au Feldsee qui lui ressemble tant, en plus monumental, mais qui n'arrivera jamais à me toucher pile poil là, là où çà fait pas mal, là où çà AIME. (vraiment).

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Tit coup de zoom:

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Rassurez vous: vous allez échapper aux tirades lyriques sur le lac, aux grandes envolées poétiques à grand coup de mots qui déchirent.
Ceux qui m'ont lu en octobre/novembre 2005 respirent...
Je pourrais vous en faire un roman mais je m'abstient, seul le silence est beau.
Euh... Je crois bien que j'en ai fait un de roman... Faut que je cherche... Ah oui, il est là!!!

Je viens de feuilleter quelques pages... Wow, çà me fait toujours bizarre. Fou ce que la douleur sonne bien dans les mots. Je cherchais un passage où seul l'amour pour ce petit coin de forêt se lisait, sans l'empreinte de la douleur dans chaque mot.
J'ai abandonné!
Je crois que je vais passer de longues heure à revoir ce bouquin, pour tenter de le rendre lisible par un éditeur. Désormais, j'ai la force de le réouvrir.
Je sais ce qui demeure en moi, je ne suis pas prête à affronter mes fantômes, car je refuse le mot "affronter". Je ne me bats plus contre ce qui ne s'atteint pas.

Pour l'instant, je cours dans la descente. Comme si c'était nécessaire... Mais j'ai hâte de rejoindre la Hütte, d'y laisser ma trace histoire de dire "moi dodo là cette nuit noméo", et d'aller m'assoir en plein soleil, auprès de l'arbre.
Je m'en doutais... Les 4 gars ont posé les sacs contre les escaliers, déballé matelas sur l'herbe, et se reposent. Je les ai salué quand je les ai croisé, je ne perds pas de temps  pour les présentations.
Laouen, fauve des montagnes déboule dans la cabane, pose son sac, l'ouvre, sort plastique le déroule. Je gonfle le matelas énergiquement, déplie mon sac de couchage. Je cours entre les rochers, ramène l'eau et mon oreiller (mon sac poubelle de fringues).
Et je ressorts... Avec l'impression d'avoir fait pipi contre l'escalier et laissé ma "trace".
Si ils veulent dormir ici, z'avaient qu'à déballer leurs affaires avant. Je partage l'espace, mais j'ai choisi ma place.

Près de l'eau, à 50cm des marcheurs, je lave mes chaussettes au savon d'Alep, et je fais sécher mon caleçon, l'aprem sera chaude, une seule couche de pantalon suffit.
Puis je m'installe armée de mon couteau et de ma saucisse, et j'en croque un bout.

Le plus proche des marcheurs étalés au soleil entame la converse.
Je leur résume mon trajet, et explique, mettant les points sur les "i": j'ai dormi ici cette nuit, je suis montée là haut pour téléphoner.
Moi j'ai 3 bâtons me réponds le type.
Bah moi j'en ai que deux pourrais dire, un dans chaque main, mais j'évite car je ne fais que traduire par "bâtons" le mot allemand qu'il a employé pour parler du réseau téléphonique capté par son portable.
Les 3 autres ne parlent pas, ils semblent se remettre d'un tour du monde en moins de 21h56min de marche.
Je discute semelles et chaussures avec le gars. Neige et montagne aussi. Je ne pige pas tout, mon allemand déclarant forfait.
Le gars me demand: Et vos pieds? Je les lui montre, il ne dit rien: j'ai les pieds de quelqu'un qui a fait ce qu'il dit avoir fait...
Le type affirme sérieusement: avec la neige et la pente, 5km dans la journée çà suffit pour une étape.

pffff... Si il savait, etc...
Parenthèse: Je ne suis rien. Je veux dire par là que je n'ai pas grimpé le K2 en rollers, je n'ai pas sauvé l'humanité en marchant non plus.
J'ai juste souffert terriblement des pieds, en pesant sur le mot "terriblement", et juste aimé pourtant chaque mètre de chemin.

Je pourrais tenter de copiner, mais franchement je n'ai pas envie. Ce n'est pas que je ressente un furieux besoin de solitude (j'ai été seule pas mal de temps il me semble), mais je n'ai pas envie de parler. Soit ils le sentent, soit eux aussi aiment la solitude, car c'est calme ici...
Soudain, ils se rendent compte que l'heure tourne. Une petite faim?

Le "chef" dit au plus jeune (un mome de 16ans à peu près) d'aller ramasser du bois mort.
Je peste... Espace protégé feux interdits etc, ils ont du  lire le panneau. Mais bon, en Avril çà ne risque rien.
Je m'attends à quelque chose de rapide. Ceux qui font du feu emportent certainement des petits cubes pour allumer le barbecue. Du bois sec, des cones de sapins, y en a partout. Il a juste été mouillé des mois par l'hiver et la neige, mais c'est jouable.
Là, le plus costaud des 4 qui montre fièrement ses muscles dans un débardeur échancré, sort une hache de son sac.
Non, je n'exagère pas!! Une hache. Une vraie, qui doit mesurer 40cm, avec une lame costaude.
Euh? Ils n'ont pas assez de petit bois pour préparer le repas?
Je commence à envisager la soirée: feu de camp, et musique. Ils ont un mini djumbe dans le sac, çà va donner!
Le costaud part recouper à la hachette des morceaux de bois morts trouvés à terre. Ouf, il ne s'attaque pas à un sapin sur pied.
Et là, je rigole intérieurement.. La lame rebondit sur le bois, rien n'y fait, il finit par tenter de le casser en deux avec le pied.
Ecroulée de rire, mais gardant un visage imperturbable, je pense: m'enfin!! trainer autant de poids dans leurs sacs à dos!!!
Soit ils font la route sur 600km, et mangent au feu de bois tous les jours, soit ce sont des bouffons.

Et logiquement.. Un marcheur au long court pourra envisager le feu de bois pour éviter d'acheter des cartouches de gaz pour son réchaud qui pèse ...85grammes.. Comparez avec le poids d'une hachette.
Mais si il a de l'expérience, il ne mettra pas 3h à préparer un feu!!
Multipliez par 3, le nombre de repas. Il marche quand le gars?

Celui avec qui j'ai parlé 2minutes sort de son sac une espèce de grosse règle épaisse repliée en 3 partie. Là, il déplie les 3 parties, sort plusieurs lames de scie à dentures plus ou moins épaisses, et entreprend de monter sa scie à main.
J'ai de plus en plus de mal à rester imperturbable... Une scie!!!!!! Avec plusieurs lames. Mais çà doit peser un mort ce truc, ajouté à tout ce qu'ils trainent déjà!
Et bientôt, le pied à coulisse pour  mesurer le diamètre des branches à scier?
Le micromètre?
Le microscope électronique?

Ils sont super équipés: supergodasses, super sacs à dos, le top du top. Mais ils se comportent comme des bouffons, car le feu n'est toujours pas allumé.
Là, le monteur de scie sort du fromage et attaque son repas. Mais il va servir à quoi le feu ai je envie de demander?
Toutes les 6secondes (et 148millièmes) il consulte son téléphone portable.
Face à lui, je me sens comme "un vieux sage",  le Jeune Bouddha en personne, légère, légère... Et surtout NATURELLE. VRAIE.

Il déplie sa carte locale, hésite. Je m'étrangle avec ma saucisse. Durant toute ma marche, même au plus fort de la tourmente, je n'ai jamais mis plus d'une seconde pour trouver le point exact où je me situais.
Un regard vers sa montre GPS. Il cite 2 nombres, et enfin trouve le lac sur la carte, pourtant à une échelle correcte.

Si c'est une tentative pour "en foutre plein les yeux à Laouen", c'est totalement raté!!
Car j'ai plus envie de me foutre de sa gueule, mais alors gravement, que de lui dire "wahhhhh, comme vous êtes des pros, avec tout votre matos".....
Tain'.. Comment ai je pu  parcourir le Westweg, dont un jour avec visibilité nulle, sans boussole ni GPS?
Attention: la boussole, le GPS, je suis d'accord pour les randos en haute montagne, en hors piste total, etc.. Ici, j'ai fait du hors sentier en 2005, arrivant après 2h de marche à 50m exactement de l'endroit désiré. Sans boussole. Juste en regardant le soleil, ma carte, en réfléchissant d'après les lignes topo.
Cette année, j'ai suivi les sentiers, mais mes cartes ne se chevauchaient pas, j'avais des "blancs", comment m'en suis je sortie?
Comment ai je survécu sans GPS à l'enfer blanc du Felserweg?

Fatiguée de leurs efforts pour allumer le feu, je me lève, prend mon cahier, laisse toutes mes affaires dans la cabane, et file vers l'Arbre, vers le grand soleil sur la microscopique plage.

Je coupe le message en deux pour vous faciliter la lecture... La suite dans le post plus haut, logique

La suite du récit en cliquant sur "ici".



Posté par Laouenanig à 13:23 - une semaine sur le Westweg. Avril 2007 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 avril 2007

Westweg 6 Glaswaldsee (1)

Petite précision: le Glaswaldsee n'est pas situé exactement sur le Westweg, un peu plus sur la droite, quand on remonte, mais attention à la marche...

En avalant le kilomètre et demi de pente folle dont je préfère oublier le pourcentage, avant la descente folle, j'ai croisé un couple avec 3 enfants hier soir.
Tant pis pour la nuit qui me surprendra avant que tout soit près pour dormir... Je discute longuement.
Ils ont 35ans environ, une fille d'une dizaine d'années, 2 gars qui sautent partout un peu plus jeunes.
Le père descend la pente, jambes raides. Il porte aux deux jambes deux dispositifs étranges: une sangle à mi cuisse, une à mi mollet, et entre les deux, des sangles qui les relient, ce qui maintient les jambes rigides, et bloque totalement les genoux.

Présentations. Ce sont des gens du coin, venus faire une petite balade sur les hauteurs. Je raconte le but de ma semaine, et encore une fois ils me regardent comme si je débarquais d'une autre planète.
Attention: je tiens à préciser, que ici, dire "j'ai fait le Westweg" ce n'est pas un exploit!! Certains se le tapent en totalité (250km), mais sur plus longtemps, c'est évident.
Perso, je suis tout à fait capable de les faire ces 250km, même "avec mes maudits pieds", c'est juste le temps qui me manque!
Ici, tout le monde marche, et certaines mamies ont une foulée à faire palir un marcheur français, technique du Nordic Walking, foulées longues, impressionnant.
Ok.. sans sac à dos, c'est plus cool!! En nordic walking, j'ai fait un jour une rando de 20km en bien moins de 3h, dénivelé sérieux. En France, et surtout en Bretagne, on passe pour un extra terrestre, la technique des doubles bâtons n'ayant pas dépassé la ligne bleue des Vosges.

Bref, ils me regardent avec admiration et une pointe d'incompréhension, parce que j'ai marché SEULE.
Seule, avec un "e" à la fin surtout.
Seule, en Avril
Seule, en Avril et en dormant dans les Hütte. Ce que je vais faire encore pour les 2 nuits qui arrivent.

Question: vous vous êtes faits des connaissances sur le Westweg?
Non, je n'ai croisé personne, mais alors personne!! à part 3 ou 4 marcheurs qui ne faisaient qu'une balade de quelques kilomètres.
Car marcher ici en été, çà doit être différent: on croise, on double, on se fait doubler, on marche en même temps que pas mal de monde. çà crée des liens, le soir on rigole, on s'échange les adresses.

Question: mais ce n'est pas dangereux?
Une seconde de silence: si, çà l'est.
Je risque le malaise, une blessure plus ou moins importante, l'hypothermie, me casser la goule de manière assez drama, l'agression plus ou moins sérieuse...
Mais  pour çà, faudrait encore qu'un fou dangereux sadique et lubrique fasse lui aussi le Westweg en Avril. Et pour çà, faudrait qu'il ait des c*****...
Vous allez rire: j'aurais peut être plus la trouille de dormir dans une cabane seule en Aout!! Car en aout, le satyre des bois peut penser visiter les cabanes isolées au cas où, et encore!!
Je leur explique: traverser seule une ville de nuit, çà oui çà me foutrait la trouille, mais dormir seule au bord du Glaswaldsee, non.
Je voudrais leur dire... ma mort, ma renaissance, autrement, différente.. Cette peur qui logiquement existe puisque je me dois de me conserver en vie pour mes enfants, mais moi, moi... non, pas peur pour moi.

Helena parle un peu français, je parle un peu allemand. Ce soir, sous le soleil couchant,  elle pose son appareil photo, aligne ses enfants et son mari, proteste : non, la marcheuse au milieu, déclanche le retardateur, et vient se caler avec nous.
Elle sort un bouquin d'identification des plantes, y cherche la Laouenus communis.. Non, elle n'a rien d'autre pour y écrire, et me demande mon adresse.
Ensuite ils me donnent la leur, et nous échangeons aussi nos téléphones.

Quand tu reviendras avec tes enfants, appelle!! On a un camping car, vous pourrez dormir, on habite au village derrière Bad Peterstal.

Paul a été opéré des deux ménisques il y a deux semaines. Il marche, ici, sur des pentes terribles et caillouteuses. Je suis admirative.
C'est bien plus fort que le Westweg avec des échauffements aux pieds à en hurler.

Une question me revient. Nous n'arrivons pas à la traduire ensemble. Mais en gros, elle me demande:
Mééééé... tu étais libre? ( de ce choix: le Westweg, en avril, si vite...)
traduction: pourquoi si vite, pourquoi en avril etc..
Libre... Non. Calendrier, vacances scolaires, train à prendre dimanche matin pour récupérer mes enfants.
Donc, pas libre.
C'est ce que je réponds.
Mais je rajoute: j'étais libre... de ce choix. (le faire ou regarder l'intégrale de Derrick à la télé) .
Et je suis libre...

Pas évident quand on ne parle que très peu la langue. Je ne vais pas leur faire un blog en accéléré hein?
Je les regarde descendre vers Freiersberg, je grimpe vers le lac.

Personne, bien sûr. A part mes 3 potes les  canards sauvages (un monsieur et une dame, et une dame solitaire), et les RALES D EAU, mes empêcheurs de dormir tranquille.

J'ai rempli poche à eau, bouteille de coca vide 1.5l, et petite bouteille de 0.5l à la fontaine du refuge de Freiersberg. Mais le sac hyper lourd ne m'a pas paru peser lourd.. étrange. Il me faut de l'eau pour ce soir, demain toute la journée, le tit dej du surlendemain, et les 8km de sentier jusqu'à la gare de Bad Peterstal ensuite.
Il y a le lac, ok.
Mais le lac, même en montagne, à 840m, je ne le boirais pas!! Même bouillie d'ailleurs. Ma folie a des limites.
L'eau est noire, quand on en remplit une bouteille, elle est couleur thé pas très infusé.
Mais, c'est peut être une précaution idiote (je n'y connais rien en matière de "risque"), il a tout de même toute une troupe d'oiseaux sauvages qui y vivent!!
Des canards sont morts de la grippe aviaire en Allemagne.
J'aurais été près d'un lac des Vosges, j'aurais bu l'eau sans même la faire bouillir! Car tout le monde le sait:
LA FRANCE EST LE SEUL PAYS D'EUROPE OU UN CANARD MALADE N'ENTRERA JAMAIS: IL VOIT LE RHIN IL LE CONTOURNE OU FAIT DEMI TOUR.
Siflottement ironique... Un peu comme le nuage radioactif de Tchernobyl?
Tout à fait...

Mes amis les oiseaux sont en pleine forme, mais je n'ai aucune idée de la durée d'ébullition nécessaire pour stériliser totalement de l'eau de lac de montagne. Pas de pastilles à désinfecter non plus, de toute façon, je doute qu'elles soient garanties "anti virus H5N1".

Ce soir, je mange dehors, face au lac, enfin dehors...
J'installe sac et matelas, plan anti froid déclenché. Ici, le problème, c'est vraiment la taille de la cabane: mes pieds sont à 50cm du dehors, et l'absence de fermetures à la porte et à la fenêtre fait qu'un courant d'air constant la balaye.
Si je devais y passer une semaine (j'y pense), je sais très bien ce que je ferai: un cailloux, quelques clous. J'en planterai aux 4 coins de l'encadrement de la fenêtre, et de la porte. Ensuite, je piquerai dans les clous, tous les soirs, une feuille de plastique léger, que j'enlèverai au matin. Et toc!!! Une Hütte fermée, une!!

L'été? Je dormirai dehors, sur les aiguilles de sapins, face à l'eau. Attention tout de même à la rosée sur le sac, mais le soleil sècherait tout..
Sourire de béatitude.. Je tape ces lignes, j'y suis déjà.

Ce soir, je ne vais pas dormir, je le sais... Ou si peu. Qu'importe, le lac me berce..

m'enfin, le sol c'est dur, dur, dur... faudrait que  je pense à un hamac la prochaine fois!!!!

Photos du "camp":

RIMG0410

La Seehütte. Je précise: le toit est en tôle et fuit. Les murs en bois, mais pas mal de "jour" entre les planches!! Donc, pas de porte, et sur le côté droit une fenêtre découpée dans le mur qui fait quasiment la taille du mur d'ailleurs...

RIMG0411

N'ayez pas peur!!!  Bizarre, mais c'est la seule cabane (de la taille d'un gros abri bus en fait) que j'ai vue "taguée". Et je ne vous montre pas les bouteilles de bière cassées à droite.. çà me désole. Des trous du cul ( archschloch en allemand) doivent trainer ici en été le week end. Je te les ferais marcher sur le Westweg avec des tessons de bouteille de bière dans les godasses moi!!!

La suite du récit en cliquant sur "ici"

Posté par Laouenanig à 10:51 - une semaine sur le Westweg. Avril 2007 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Westweg 5: Feldberg, Seebuck, Feldsee, magie blanche

Et voilà ce que c'est, que de dormir dans le luxe!!
P'tit dej à partir de 7h30, pas avant. J'aurais pu me contenter de muesli et de lait en poudre, mais pour rendre la clé il me fallait attendre plus de 8h!
Adieu mes envies de neige au soleil levant..

Je découvre que la population de l'auberge de jeunesse n'est nullement composée de routards, mais plutôt de familles bien comme il faut, accompagnées d'une multitude de gosses.
Je découvre aussi le buffet p'tit dej de l'AJ de Feldberg, qui bat largement tout ce que je n'ai jamais rencontré dans un hôtel.
Ok, je n'ai jamais testé les palaces, mais j'en reste baba.

Une montagne de bouffe, un choix inoui et de qualité.
Par exemple, côté céréales: une bonne douzaine de céréales différentes. Et aussi et surtout, des fruits secs séparés: on peut se gaver à volonté d'amandes, ou bien de noisettes, croquer de gros abricots secs, des pruneaux (à éviter en rando), des poires seches, etc...
A manger avec du lait, du yaourt, du fromage blanc, de la crème...

Charcuteries, oeufs, plusieurs fromages (même du tartare ail/herbes, vous imaginez l'haleine à 7h du mat!!
Pains, blancs, complets, au lin, au tournesol..
Confitures, marmelades maisons, que l'on se sert, curieusement, dans des fonds de cornets à glace! si même le récipient se mange, où allons nous..
Une douzaine de thés différents
Fruits, salade de fruits...

Bref, royal!!
J'ai pris léger: charcuterie, 2 fromages, un oeuf, 2 pains, un pain au tournesol, 2 pots de confiture, du muesli, des fruits secs dedans, une tasse de lait, une tasse de café, de la salade de fruits.
C'est tout je crois...  J'y serais bien retournée, mais la neige m'appelle.

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Euh? désolée, j'avais faim. Et avec çà ont tient l'effort je vous le dis!!
La déco de l'AJ?

RIMG0360 

Mur légèrement arrondi, et peint. Moi j'aime bien, c'est très "local".

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Une porte, très très "secrète" (regardez le chiffre gravé par un rigolo après le "00") Damned!! j'ai dormi à côté de la chambre de Pierce Brosnan???
Si j'avais su... Pour  l'instant, place au Feldberg!!! Je grimpe derrière l'auberge, c'est toujours balisé "limite" par ici...
Je suis les traces? Comment avez vous deviné? Parfois les traces font ce qu'elles veulent... Faut réfléchir un peu.
Superbe sentier. Enfin, théoriquement d'après ma carte je dois rejoindre après une partie de forte pente une route forestière assez large.
Mais en hiver, c'est devenu une piste de fond, génial!!
Je rate l'embranchement qui devait m'amener pile poil entre Feldberg et Seebuck, et je continue sur la piste de fond. C'est étonnant, mais çà ne grimpe toujours pas.
De temps en temps, je vois l'antenne de l'émetteur du Feldberg, elle me nargue... J'ai l'impression qu'elle recule à mesure que j'avance.
Scregnegneu!!
Mais en même temps, c'est si fabuleusement beau que je suis heureuse de mettre un temps fou pour y parvenir.

A mon pied droit, un picotement léger. Je me dis: je dois avoir une aiguille de sapin coincé dans la chaussette. J'ôte tout, rien. Je vais recommencer 2 fois plus loin, rien à faire, çà pique... Je me doute un peu du problème: début d'ampoule. Mes chaussettes trop fines ne protègent pas mes talons, qui sont pourtant tartinés d'élastoplast sur plusieurs couches.
Ivre de blanc, je n'y prête pas plus attention que çà.

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Hêtre tortueux, face sud du Feldberg.

Beaucoup moins de neige par là!! Mais quelle merveille...
La neige porte assez bien en plus.

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Sur la piste de fond, c'est limite gelé. Je marche vers l'Ouest, j'ai donc le Sud à ma gauche, et je vois...

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Bah vous vous ne voyez rien logique!! Il faudrait zoomer, et en zoomant c'est tout flou. J'ai tenté de contraster et de saturer un max le zoom pour que vous compreniez (c'est horrible!!)

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Vous voyez, tout en haut?
Bah imaginez: une ligne de montagnes, le vert foncé des sapins.
Une autre derrière, plus claire, puis une autre, une autre...
Et tout au fond, éclairée par le levant, la ligne continue, s'étirant sur des kilomètres, des centaines peut être: les Alpes.
Je bave sur mes chaussures, mais derrière moi, j'ai un petit 1500m qui suffit à mon bonheur.

Curieusement, la haute montagne me laisse mitigée: magnifique, grandiose, désir...
Mais pour moi la montagne ce n'est pas un désir de une semaine. hop, un petit tour à ski, je me la pète et je retourne chez moi. Je veux y vivre!

Et personnellement, la montagne à vivre, ce n'est pas les Alpes et ses grands pics. Ce sont des massifs plus accessibles, plus humbles, et pas forcément plus cléments au niveau froid:
Les deux soeurs séparées par un fleuve: Les Vosges et la Forêt Noire.

Le Feldberg joue avec moi... Cache cache!! Tu me vois, tu me vois plus... Je voudrais couper droit, grimper jusqu'à l'antenne, mais sage, je suis le chemin, dépasse l'antenne, et arrive à Todnauer Hütte. D'ici, grimpe le dernier kilomètre. Un vrai escalier sans marches.

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Le "phare" du Seebuck est derrière moi.
Devant, çà commence à grimper sérieux (flou non désiré)

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De l'auberge au sommet, un kilomètre en gros si on trace droit. 200m environ de dénivelé. çà commence dur, çà finit pire encore!! Mais quasiment plus de neige, ou alors par endroits. Vu que je trace droit, sur la pente la plus forte mais la plus courte, j'en trouve de la neige, car personne n'a marché dedans.

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Oh!! une route!!! Bah fallait savoir! En hiver, faut pas compter rouler dessus, mais ici avec le vent et le soleil, tout à fondu.
Encore quelques mètres....

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Non, trop de vent à la station météo, je ne m'y poserai pas.

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Bah voilà... J'y suis. Admirez la saturation de la couleur. La neige, çà donne des résultats étonnants...
Et quand je regarde vers le Sud...

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Mettez votre nez sur l'écran: tout au fond, posée avec douceur sur un lit de nuages blancs purs, toute la chaine des Alpes.

Je file vers l'Est, vers le retour désormais. Sur la piste de fond, entre le Feldberg et le Seebuck. Un kilomètre et demi, face au soleil, et face au vent d'Est (tiens, çà me rappelle un blog çà..) Mon nez va devenir rouge.... Heureusement, il est tôt, le soleil ne brulera pas trop, car je n'ai emporté aucune protection UV dont se tartinent les skieurs.

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Un skieur me croise à vive allure, il est en pleine montée..
Vous ???ez?
Ici, il a beaucoup de vent, alors les gars jouent à çà: (le temps que je sorte l'appareil, il était loin!)

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Pause caprice: JE VEUX LE MEEEEEEEEEEEEEEEEEME SUR MON SAC A DOOOOOOOOOOOS!!!!!!!

Légère remontée, j'arrive en haut du Seebuck

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Pause caprice2: y avait un espèce d'abri là dessouuuuuuuuuus!!!! déjà, tout à l'heure à l'emetteur... grrrrr

Je viens de trouver sur le net une galerie de photo, avec la tour sous le soleil levant, j'en gémis, j'en bouffe mon sac à dos, j'en remets mes chaussures, arghhhh....

D'ailleurs je vous donne le site, vous y verrez le Feldsee d'avion. Trop facile, pfffff ces pro...

Elle ressemble à un phare hein? C'est une ancienne tour radio. Un peu plus loin, le monument qui ressemble à un éboulis de pierres: Bismarkdenkmal, et les skieurs qui descendent du télésiège tournent en rond autour d'un tas de neige avant de se la péter/ou de se péter la goule au choix d'attaquer la descente.

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Quand à moi... Je descennnnnnnnnnnnnnds!!!!!

Géronimooooooooooooooooooooooooo (jamais pigé pourquoi ceux qui dévalent une pente crient géronimo..)

Je ne vais pas me méler aux skieurs bien sûr! Je descend sur la gauche, en évitant au maxi d'abimer la partie plane où remontent des skieurs de fond. Je me tape des bosses, de la neige entassée, et à moins de deux mètres de moi, j'entends des cris, des djeun's casqués jouent à cabrioler sur des bosses conçues pour çà, en snowboard. Station cool, Feldberg, puisque tout le monde se retrouve au même endroit, et que moi, marcheuse, je ne me suis pas fait arracher les yeux par des skieurs offusqués de me voir fouler LEUR neige damée rien que pour eux...

Kôa? je semble ironique quand je parle de skieurs? C'est qu'il y a skieurs et skieurs m'sieurs dames... J'adore le ski, surtout qu'on ne pense pas que je hais, ou même que je jalouse cette meute colorée!!

Passée les bosses acrobatiques, je me laisse glisseeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeer!!!!!!!!!!!!!!! (juste sur les chaussures, pour ceux qui suivent pas)
Je croise des fondeurs, qui me saluent, et sur la droite, je me rends compte avec stupéfaction, que certains skieurs débutants descendent en faisant tellement de travers et de zig zag pour se ralentir, QUE JE VAIS PLUS VITE QU' EUX!

Laouen se la pète? Naaaaaaan, jamais. Laouen prend son pied, Laouen vit!

Pause caprice: ENCOREEEEEEEEEEEEEEEEEEE!!!!!!

Bah non, tu as le retour jusqu'au Glaswaldsee à faire en ... euh? crotte de crotte!!!
La prochaine gare c'est où? Même en courant j'y arriverais pas!!!

Je décide de prendre mon temps, de me faire une belle balade jusqu'au Feldsee, et de me débrouiller ensuite pour retourner au lac, et y passer 24h mini les doigts de pieds en éventail. Noméo!!! J'ai droit à du repos, je me boucle 150km j'ai de comptes à rendre à personne, je ne suis pas payée pour mourir souffrir des pieds sur les 110 du retour en totalité!

En bas des pistes, un sentier part vers le Feldsee. Enfin, plusieurs sentiers. Je choisis l'option "sentier direct, pente forte, dangereux en hiver". si si, c'est écrit.

La pente? Forte... Je vous l'ai dit, le lac est encastré entre les sapins, à pic de 200m rocheux autour. Le sentier fait donc des épingles à 180 degrés pour y descendre. C'est à l'ombre, enneigé, et donc, totalement glacé, ce qui signifie "totalement glissant".
Sentier très étroit en plus.. Très caillouteux, casse gueule même en été.

Crampons ou pas, çà gliiiiiiisse, et faut pas rater la marche, sinon adieu.

Je vois que les rares qui descendent par ici font comme moi: ils cherchent la neige fraiche, là aucun risque de glisser.

Je vois le lac, à travers les sapins, il joue à cache cache aussi. Il est noir.. et blanc!!! En partie gelé et enneigé, sur son côté le plus à l'ombre.

RIMG0383

Arrivée en bas, je vais gouter jusqu'à chaque centimètre de ce tour de lac, c'est à déguster sans modération, comme un cadeau de Noël 3j avant Pâques..

RIMG0386

Vous comprenez maintenant l'histoire des murs rocheux verticaux tout autour du lac?

RIMG0389

391_westweg_feldsee

Envie d'aller "marcher sur l'eau"? oh oui!! mais en Avril je ne m'y risquerais pas, faut pas pousser!

393_westweg_feldsee

394_westweg_feldsee

Ce cailloux, au bord de cette eau noire, çà me rappelle qu'un autre lac attend mon retour. Quelle ressemblance... Si quelqu'un me croisait à cet instant, il ne pourrait jamais deviner que je souris en pensant à un autre lac.

396_westweg_feldsee

395_westweg_feldsee

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400_westweg_feldsee

Hier soir, je me suis baladée là haut, enneigée jusqu'aux genoux.

Je quitte le Feldsee, pour rejoindre Hinterzarten par un autre sentier que le Westweg.

401_westweg_feldsee

Un dernier regard...

Ah oui!  j'oubliais:
Depuis ce matin, mon appareil photo est PLEIN.
Pour chaque photo faite, je dois en effacer une. J'ai un mal terrible à le faire, effacer même une affreuse photo floue me semble une déchirure...
Alors je me rationne désormais. Plus aucune photo, jusqu'au Glaswaldsee, où je vais devoir faire un sacré nettoyage dans ma carte mémoire!!

A part quelques exceptions mimi:
402_westweg_feldsee

Petit cervidé taillé dans la masse

403_westweg

Il y a le cheval Frison, et voici maintenant le jeune boeuf Frisouille!! Limite "yack" non? vous voyez que j'ai marché jusqu'au Tibet!!!

405_westweg__chapelle___Mathislehof

Pause caprice: JE LA VEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUX!!!!!!!!
Plus mini, plus mimi, c'est pas possible.

La suite du voyage? train, stop, pieds, etc...
constatation 1: le stop marche très bien en Allemagne, même avec un gros sac, des bâtons, et un pantalon sale. Et ce ne sont pas des hommes seuls qui s'arrêtent: un couple en week end, et une vieille dame.
Je vous rassure: je n'ai pas tenté le stop à Hinterzarten!!
Aucune Porsche/Mercedes/Audi cabriolet/4X4 à 120000euros mini ne se serait arrêté... Mais çà m'a démangé, oh oui!!! Rien que pour les regarder passer, droit dans les yeux...

constatation2: le train, en Allemagne, c'est folklo. J'ai beau regarder le panneau des départs, je ne comprendrai jamais pourquoi le train de 15h25 n'entrera jamais en gare... mais alors jamais...
Mais des trains, il y en a!! Et ils desservent les petits villages, alors on peut bien oublier le train de 15h25...

Pause spéciale "bon appetit":

Je suis enfin assise dans un train. Côté fenêtre. A côté de moi, mon sac, qui me cache un peu, le couloir, puis les 2 sièges de l'autre côté.
J'ôte mes chaussures, c'est bon!! Puis, prenant mon courage à deux pieds, j'ôte mes chaussettes. Là, horreur!!!
Je découvre ce qu'est devenu le "léger picotement" du matin, sur le côté externe du talon, tout en bas, là où on appuie en marchant, là où le pied frotte quoi qu'on fasse.
J'ai une ampoule phénoménale, coincée à demi sous une triple couche d'élastoplast. Sans mentir, elle mesure 6cm de long, 2cm de large, et un bon centimètre d'épaisseur.

Comment j'ai réussi à marcher avec çà? J'évite d'y réfléchir. Maintenant, il faut soigner, sinon c'est évident, je ne pourrai plus faire un seul pas. Et recouvrir çà d'élasto, ou du dernier pansement compeed qu'il me reste, impossible: elle est en RELIEF.

Le couple du 3eme âge assis de l'autre côté du couloir m'observe à la dérobée, craignant le pire.
Je me contorsionne. Réparer le côté interne du talon, facile, suffit de plier la jambe pour le toucher, mais là, c'est plus complexe.
Je sors de mon sac ma trousse d'urgence bien entamée, avec un sourire dément du genre "et hop, le sac sera encore moins lourd, un pansement en moins, un"...
Là, je prends une aiguille à coudre, et de mes doigts sales j'ouvre une compresse avec antiseptique (soit disant) pour nettoyer l'aiguille.
Et je perce plusieurs fois, en tenant un mouchoir en papier sous l'ampoule, pour recueuillir "le jus".
Vous avez faim?
Vous en voulez encore?

Le mouchoir est bientôt trempé. Je passe de l'éosine sur l'ampoule crevée et sur  mes doigts par la même occasion comme d'hab. Je recouvre du dernier "seconde peau compeed", je remets ma chaussette sale dessus, et le tour est joué!

Mes voisins doivent respirer:  je ne vais pas me recoudre une plaie, me bistourizer, ni m'extraire une balle de 357 magnum au pic à glace.
Ils me regardent tout de même avec un air qui signifie "mais c'est Mc Gyver Laouen en personne notre voisine de train"...
Pfff.. Je n'ai rien fait sinon fait ce qu'il fallait faire. Oui, je suis payée par Canablog au nombre de fois que j'écris le mot "faire".

Train, marche, stop, marche, train, stop, marche, grimpe, grimpe, grimpe...
Glaswaldsee. Terminus, Laouen pose son sac...

La suite du récit en cliquant sur "ici"

Posté par Laouenanig à 09:34 - une semaine sur le Westweg. Avril 2007 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 avril 2007

Westweg Avril 2007 album1 et râles en série...

Je viens de faire un album sur le premier jour de ma rando sur le Westweg.

Cliquez sur la photo:

32_westweg

Si quelqu'un peut me donner le nom des deux plantes à fleurs qui sont représentée sur l'album, ce sera sympa. Mon bouquin d'identification des plantes est bien moins facile à utiliser que mon guide des oiseaux.

Cette année je n'ai pas eu l'immense bonheur de voir décoller un Grand Tetras devant moi (coq de bruyère géant).

Je viens de trouver le nom du petit oiseau qui m'a empêché de dormir pendant les 3 nuits passées au bord du Glaswaldsee..

Le guide dit: "petit oiseau des marais, caché et furtif, repérable à sa voix". Observation difficile.

Sans même chercher plus loin, j'ai hurlé:  C EST LUI!!!!
J'ai réussi à le voir le dernier soir. Il s'était habitué à moi, et nageait tranquillement à quelques mètres, plongeant, et effectuant de longs trajets sous l'eau. Dès qu'il ressortait à l'air libre, il reprenait son vacarme.
Il a battu à plates coutures tous les crapauds et canards sauvages du lac.
Et il porte divinement son nom: le râle d'eau.

Le livre explique: répertoire varié, séries de krui krui krui sonores (cris de porcelets égorgés).
C'est EXACTEMENT CELA!!
Le bruit enfle, s'accélère, et se termine par des petits grognements.
En plus, au printemps, le chant d'amour de la femelle résonne toute la nuit.

J'ai lu qu'il dormait le jour ce mignon, très actif uniquement la nuit et au crépuscule...
Bref, toute la nuit, lui et moi, nous n'avons pas arrêté de râler!!!

Voici la bestiole: si vous la croisez en pensant bivouaquer  près d'un lac, sortez les boules Quiès, ou dormez le jour!!

rale_eau

La suite du récit en cliquant sur "ici"

Posté par Laouenanig à 19:01 - une semaine sur le Westweg. Avril 2007 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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