12 avril 2007
Westweg 9. Die Ende
Dimanche matin. Je suis debout à 5h30. Une habitude maintenant. Je n'ai pas à me presser, mon train est à 10h33. Enfin, c'est ce que je crois, car en réalité le train de 8h25 passe à 8h15, et celui de 10h33 à 10h15. Logique non?
C'est Pâques... Je préfère descendre tôt au village, on ne sait jamais!
Il n'existe qu'un seul train (du moins c'est aussi ce que je crois) pour me ramener en Bretagne: le Strasbourg-Paris de 14h36.
Saleté d'internet qui n'indique que les voyages avec un seul changement...
En faisant mon sac pour la dernière fois, je me casse un ongle.
Avouez: supporter le froid, la neige, la faim parfois, les spaghetti cuites à la boisson énergétique fruits de la passion, c'est possible.
Mais PAS SE CASSER UN ONGLE!!!
Au bord de la dépression nerveuse, je fais déborder le lac de mes larmes.
euh? je vous rassure!! je me suis bien pété un ongle (que j'ai assez longs et en super état, rare pour une sauvageonne comme moi) mais alors j'en ai rien à faire!!!
8km à faire, ou un peu plus.
Je n'ai plus beaucoup d'eau, le sac est léger. Enfin, disons qu'il est moins lourd. Par contre, hier soir j'ai rempli la petite bouteille de 50cl avec de l'eau du lac, couleur thé léger. Ramassé cônes de sapins, sable, aiguilles, cailloux, et même, oh, même...
Non, je ne l'écris pas ici, çà craint un peu...
Enfin, si j'ose:
En grimpant vers le lac, j'avais repéré une balise qui franchement ne servait à rien du tout. Mais alors à rien!! promis juré craché. Sinon JAMAIS AU GRAND JAMAIS...
Elle va rejoindre sa copine émaillée, au losange bleu sur fond blanc, rouillée, abimée, foutue. J'avais libéré un sapin ce jour là.
Tout le balisage a été refait à neuf cette année. Je pense aux centaines de plaques émaillées qui sont parties à la poubelle.
Mon hôte d'un soir, près du poêle, m'avait dit: des balises, des panneaux neufs, y en a presque trop.
Traduction: çà gâche un peu la forêt, même si çà rassure le marcheur.
Je descends... Me réjouis (ainsi que mon genou droit) à l'avance du kilomètre de pente à tomber (c'est le cas) qui se prépare. La carte est formelle: tout droit, accrochez vous à ce que vous pouvez!!!
Je suis déçue: ils ont coupé la pente par de nombreux zig zags, déjà très pentus, mais plus sages. Sur la deuxième moitié, je repère la pente où j'étais censée descendre. Wow!!!! Pire qu'une pente de saut à ski (35%) sans mentir.
Retourner à Bad Peterstal, c'est simple: çà descend. Mais pas si simple que çà en vérité: car à chaque embranchement, il semble que tous les sentiers mènent à l'hôtel ****, que je ne nomme pas. Pourquoi? Parce que choisir un nom aussi ridicule, un nom qui sent la Californie, en pleine Forêt Noire, çà me défrise. C'est un 4 étoiles en pleine forêt. Des pistes très entretenues y mènent.
Je file... Je vois l'hôtel sur ma droite, pfff...
J'ai retrouvé ma vitesse de base, ou presque. A chaque croisement, je rigole d'avance: bah oui, gagné!! hôtel ****!
J'aurais pu rester plus longtemps là haut. Je ne le pouvais pas. Chaque minute de plus m'empêchait de partir. J'ai quitté l'Arbre sur un baiser rugueux, avant que le jour ne se lève. J'ai regardé le lac de là haut, regardé ce jour qui pointait à peine éclairer faiblement l'eau noire.
Bad Peterstal, 8h20. J'apprends par coeur le panneau de départ des trains. Rassurée (pour mes enfants, moi..) je repars au village.
J'entre dans le seul commerce ouvert en ce dimanche de Pâques, et fait quelques achats.
Deux bouteilles en verre d'eau minérale du village, la Peterstaler Classic. "Perle de la Forêt Noire" affiche l'étiquette. Et ils ont raison!
Koa c'est lourd?
M'en fout, je pars pensais je, un soupir en travers de la glotte.
Je rajoute un demi litre de lait à la banane, aussi en bouteille verre, à boire TOUT DE SUITE.
Du pain noir.
Des sortes de pains en forme de gros bretzel, dont j'ai oublié le nom compliqué.
Un Osterbrot (brioche de Pâques, aux raisins, et écorces d'oranges)
Deux petites merveilles en chocolat: de vraies cônes de sapin aux écailles garnies d'une écaille en chocolat recouverte de micro grains de sucre colorés. C'est fait à la main, c'est magnifique, et çà coute moins de 2euros.
Quand je pense à la daube des supermarchés! du choco dégueu à 30euros le kilo parce qu'il y a marqué barbie ou une autre connerie dessus!
Quand je sortirai de la boulangerie, j'irai m'assoir en plein soleil (le choco à l'ombre), et j'attendrai le train.
Qui m'emmera.
Loin de chez moi.
Je discute un peu avec la boulangère, qui s'inquiète me voyant repartir avec un gros sac à dos, des bâtons, et un énorme sac lourdissime chargé d'achats.
This is the end my friend je lui Jim Morissonise. Et je dois à nouveau raconter rapidement ma semaine.
Elle demande:
Méééééééé, alors pendant une semaine vous n'avez parlé à personne? (çà devient contagieux cette question).
Si réponge, aux oiseaux.
Son visage s'éclaire: et aux arbres me dit elle!!!
Voix cassée, je rajoute: oui... et aux arbres...
Bon, je fais quoi? je hurle, je pète mon ordi, ou je souris et j'avance?
Tais toi Laouen, marche...
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Quelque chose à dire?
Encore ! svp :-)
"The end"… Non, oh non ! svp…
Racontez encore, encore, encore… encore svp :-)))
? ? ?
Die Ende ?
Hier habe ich keine Ende gesehen.
Am Gegenteil...
bis später... ich habe gern bis früher.
Vielleicht...
viel leicht
vielleicht nicht
(désolé pour les lecteurs de Laouen, mais certains "jeux" de mots en allemand sont absolument intraduisibles)
t'inquiète, ils auront tout traduit sur google ou yahoo, bien que celà soit intraduisible réellement.
vielleicht
viel leicht
vielleicht nicht
je ne pose plus de question
l'important désormais, c'est:
viel Licht
et toc, un de plus!!
noch ein ?
Wie leicht ! !
:-))
Dur dur "d'ouvrir les yeux" après un beau rêve ... mais malheureusement la réalité banale de la vie nous appelle chaque jour et nous l'assumons et l'assumerons encore et encore au détriment de nos rêves .....
Jo, merci pour tes nombreux commentaires, et ton enthousiasme!!
Je passe en vitesse sur le blog, et je réponds à celui ci.
mon livre? il dort sur l'étagère. jamais osé y remettre le nez dedans. je vais le faire, et tout faire ensuite pour le publier
Quand à ce commentaire là:
"Dur dur "d'ouvrir les yeux" après un beau rêve"
Et bien non Jo, et c'est çà qui est merveilleux.
Dur de rentrer, c'est sûr, car c'est dans ce coin là que je désire vivre depuis 2ans, sans coup de tête, sans excitation passagère, comme parfois quand on revient de vacances.
Mais cette semaine là, ce n'était pas un rêve.
J'avais rêvé la faire, mais en sachant que la ferai, donc ce n'était pas un rêve même avant le départ.
Et ce serait terrible d'ouvrir les yeux à la fin du rêve si tout était fini.
En octobre 2005, je ne savais pas si je serais encore vivante le mois d'après.
Désormais, sauf accident de la vie bien entendu, je sais que RIEN ni PERSONNE ne peut m'empêcher de retourner là bas, "presque" quand je le désire.
Alors ce coin là, ce n'est pas un rêve..
C'est MA réalité.
En fait, maintenant, comment t'expliquer..
Je suis ici, en Bretagne. J'aime ce coin.
Mais je suis aussi "en même temps" là bas. Sans avoir à fermer les yeux, et à rêver.
Je vis ici, concrètement, et là bas en même temps, réellement, sans avoir à me jeter dans les souvenirs de la semaine de marche.
wahhhhh.. je crois que je viens réellement d'atteindre un des stades de l'omniprésence..
(Lire Jonathan Livingstone le goéland, pour ceux à qui ma dernière phrase ne "parle" pas)
Aïe !
Désolé Laouen, mais l'omniprésence se passe d'attachement à toute forme de lieu ou d'individu et/mais s'attache à "toutes" les formes de lieu, de temps et d'individu.
L'ubiquité que tu penses avoir atteinte est loin de l'omniprésence.
Pour atteindre l'omniprésence, il te faudrait/faudra comprendre que le lieu n'a aucune importance, ni l'individu et que l'attachement à leur forme t'éloigne de l'omniprésence.
L'omniprésence ne s'atteint qu'au-delà de toute forme de dualité. Tant que tu penseras que tu es soumise au temps, à l'espace, à toute forme que tu considères autre que toi-même, tu ne pourras atteindre l'omniprésence.
La route est longue...
Si longue...
etc...
j'ai vécu l'omniprésence dans la définition qui est la tienne pendant une semaine.
depuis, oui, c'est certainement de l'ubiquité.
bien que je ne me sente absolument pas soumise au temps ni à l'espace, ah çà non.
simplement, je suis HUMAINE.
Et donc j'ai du mal à atteindre le stade de l'omniprésence au fin fond d'une décharge publique..
il me faut un peu d'air...
va parler de l'omniprésence à un sdf, par -5, sous son carton, au milieu des pots d'échappements parisiens...
détaché de pas mal de choses, il l'est, mais bon... lui, il voudrait peut etre être attaché à un certain confort.
par contre, j'y arrive très bien dans le métro en semaine à 18h.
etonnant...
mais si telle est la vraie définition de l'omniprésence, elle ne me tente pas.
Le détachement vis à vis de tout, çà ne me tente pas.
çà ne ressemble pas à de la vie, juste à un truc intérieur sans sensations. et surtout, çà finit par nous isoler des autres totalement.
Et je "marche" aux sensations.
le zen, ok, mais faut pas pousser!
j'aime avoir froid, avoir chaud, avoir mal même..
j'aime aimer un truc, à la folie, ou sereinement.
mais je ne suis soumise à rien d'autre qu'à moi même.
Et encore...
moi même étant une insoumise...
Re-aïe !
L'omniprésence évoquée chez JLG se ressent même au fond d'une décharge. JLG lui-même retourne dans la décharge dont il est issu pour en faire sortir d'autres.
Elle est tout le contraire d'un truc intérieur sans sensations et du détachement vis à vis de tout et surtout elle rapproche des autres totalement puisque son principe de base comme cela est décrit partiellement dans JLG est l'Amour. Tout ce que fait et dit JLG, il le fait par Amour, ce qu'il enseigne est l'Amour. Le reste, l'omniprésence, le vol instantané ne sont que des effets secondaires sans importance (le doigt par rapport à la lune).
Je ne polémiquerai pas non plus sur cette notion/forme d'Amour déjà évoquée ailleurs.
Mais, bon, on ne va pas trop polémiquer sur ce sujet trop vaste. Le nombre de personnes susceptibles d'atteindre l'omniprésence est de toute façon extrêmement restreint.
Ce que tu as ressenti est un peu comme "Tu as juste trempé le doigt dans l'océan, tu as récupéré une goutte au bout de ton doigt... quant à l'océan..."
Atteindre l'omniprésence est être immergé intégralement dans l'océan. La goutte au bout de ton doigt est ce que tu as ressenti... comment dire alors que l'océan est absence de sensations, de vie et de rapprochement des autres ?
Extrême... là, on y est, et même au-delà, l'extême suppose encore une limite...
l'océan, lui est sans rivage...
Fais et vis comme tu le sens.
(mal à la tête... zut !)
ouais, mal à la tête...
en fait, tout çà, si on passe sa vie à chercher à l'atteindre, on passe à côté de sa vie; c'est ma conclusion perso.
A force de chercher à atteindre des "états suprêmes", on en oublie la simplicité.
A force de parler au 57eme degré on en oublie le sens tout simple des mots, et même celui du silence.
fou ce que j'arrive à prendre mon pied juste en mangeant un bout de saucisson avec du pain, ou un morceau de chocolat, en disant de grosses vannes bien relou avec mes collègues de vélo...
le reste, je t'avoue.. je m'en fous un peu!!
trop de philo tue la vie.
non?
et l'océan a un rivage. j'ai pas vécu 11 ans en Bretagne pour ne pas le savoir.
il bouge tout le temps, c'est tout...
bah oui.. elle déçoit la Laouen, trop "humaine" parfois...
Allez-y: lachez vous!
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