face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

Your time is limited, so don't waste it living someone else's life...

L'éternité, c'est... maintenant...

03 octobre 2009

game over

Tout est dans le titre.

 

Quand j'n'aurai plus le temps
De trouver tout l'temps du courage
Quand j'aurai mis vingt ans
A voir que tout était mirage
Je tire ma révérence
Ma révérence

Quand mon fils sera grand
Qu'il n'aura plus besoin de moi
Quand les gens qui m'aimaient
Seront emportés loin de moi
Je leur tire ma révérence
Ma révérence

Et ma vie, endormie, doucement
Et mon cœur sera froid
Il ne saura même plus s'affoler
Il ne deviendra
Qu'une pauvre horloge à réparer
Il n'aura plus de flamme
Il n'aura plus de flamme
Il n'y aura plus de femmes

Et mes amis fidèles
Auront disparu un à un
Trouvant que j'étais belle
Que j'aurais bien fait mon chemin
Alors j'aurai honte de mes mains
J'aurai honte de mes mains

Quand j'n'aurai plus le temps
De trouver tout l'temps du courage
Quand j'aurai mis vingt ans.
A voir que tout était mirage
Alors j'entends au fond de moi
Une petite voix qui sourd et gronde
Que je suis seule au monde.

 

Vous pouvez toujours tenter de me joindre par mails, ou par téléphone. Dans ces cas là, je me renferme. Chacun ses problèmes, vos épaules ne sont pas faites pour porter les miens.

J'ai perdu celui que j'ai cherché pendant 42 ans. En parler ne le fera pas revenir. Je n'ai plus envie de parler. L'écriture est un exutoire, quand l'envie d'avancer est encore présente. çà n'est plus le cas.


Bonne route à vous tous...

Posté par Laouenanig à 12:55 - desespoirs - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 septembre 2009

pause bobo

Quelques mots pour vous dire que je ne vais pas être très présente.

Le 24 je file en formation sur Lorient, 230km de voiture par jour pour finir... chomeur non indemnisé. Mais c'est mieux que de rester à user le carrelage chez moi toute la journée.

Lorient... Savoir que je serai si près, et que je ne le verrai même pas.. grrr.. m'enfin... :)

Je ne pense pas pouvoir écrire beaucoup avant. Samedi aprem, nous sommes sortis en voilier par grand vent. Lors d'une manoeuvre de type "urgence çà craint", en repartant d'une ile où nous comptions manger, la dérive m'est tombée brutalement sur l'index gauche. Enfin, pas la dérive (sinon il serait tranché net) mais "le clou" qui la bloque sur le bateau.

Résultat: écrasement de la première phalange. Elle ressemble à une saucisse trop cuite qui aurait explosé :)

Conne, quelle conne.. çà m'apprendra à laisser trainer mon doigt où il faut pas. La voile battait, çà gueulait derrière, j'entendais rien, je me suis retournée, et hop.. la dérive dont je tenais le bout, qui coinçait quelques secondes avant, est descendue toute seule.

Et moi, à genoux sur le pont, trempée par les paquets de mer, serrant entre mes cuisses ma main dégoulinante de sang, je ... lavais les taches de sang sur le bois peint. Comme quoi, quand on est conne, on est conne... Je m'en suis voulue à mort, et je m'en veux encore.

Résultat: 2h aux urgences (un record). Pas de points de suture malgré la gueule béante du bout de mon doigt. Car parait il, quand c'est explosé comme çà, si on recout sur un doigt aussi gonflé çà tire tellement qu'on souffre ensuite beaucoup, et que çà risque de nécroser.

M'enfin.. ressortir des urgences avec des papiers sur lesquels il est écrit: "trauma voile". çà le fait! c'est quand même autre chose que "s'est coincé l'index dans une porte de WC" !!!

Le métier rentre, yeah! me voici une vraie voileuse! J'avais entouré un bandana trempé d'eau de mer autour de mon doigt. La désinfection à l'eau de mer, je vous le garantis: çà marche! et autre avantage, çà empêche de vous endormir, au cas où vous auriez sommeil. Le sel sur une plaie, c'est très sympa.

De retour au port, j'ai foncé aux lavabos histoire de rincer la main à l'eau douce, et j'ai découvert le carnage. J'avais eu la nausée sur le bateau, pas à cause des vagues (j'adoooooooore) mais due au choc. Ensuite, je me suis mise en quête d'une trousse de secours. Le mono de voile, venant à mon secours me dit: "et la dérive? tu l'as pas abimée au moins"?

Humour déplacé? Nooon, j'ai l'habitude! j'adore vanner les gens, j'accepte donc avec grand plaisir de me faire vanner. Surtout quand on est débutant. Les voileux sont sympas, mais adorent vanner! Surtout que le mono m'avait vu "taper" l'avant du bateau contre le ponton quelques semaines avant (je pouvais rien faire, j'ai sauté, mais le bateau allait trop vite, il a tapé avant que mes pieds touchent le ponton) . J'ai rajouté en rigolant: oui, si en plus d'avoir abimé le ponton (pas vrai bien sur) et l'avant du bateau j'avais aussi abimé le clou de la dérive...

Dimanche aprem. Une grosse poupée sur l'index gauche... Mon homme sait très bien faire les pansements, une vraie infirmière. Juste un peu moins de patience pour "tirer" sur le tulle gras, censé ne JAMAIS coller à la plaie, et qui naturellement COLLE...Aïe, bobo, aïe, bobo..

Nous retournons naviguer! A peine un peu moins de vent que samedi. Force 5, 6-7 en rafales. On a pris des tours de ris, et mis le foc, et non le génois. Avec des voiles réduites, le bateau est plus stable. Samedi on était encore plus réduits que çà mais çà remuait plus fort.

X, le second proprio du voilier vient avec nous. Je connais son humour, je sais d'avance que je vais me faire vanner. Avant même qu'il attaque, je contre: et non! je n'ai pas abimé la dérive, le clou n'est pas plus tordu qu'avant, le bois n'est pas éraflé, et j'ai même lavé le sang sur le bateau. X n'a plus rien à ajouter.. J'aime bien son humour aussi corrosif que le sel marin.

çà a remué fort, çà a mouillé fort aussi.. j'avais mis un sac plastique autour de ma main, histoire de la protéger. Sur ma tête, le bandana ex rouge sang, redevenu noir et blanc après lavage. Ma veste de quart est couleur sel, mon pantalon délavé par l'eau et le soleil aussi.

Balade extra. Soleil, vent, jolies vagues qui remontent discrètement le long de l'étrave pour venir tremper celui qui le plus à l'avant du bateau, les autres prenant ce qu'il reste de la vague. Le bonheur a le gout du sel... Plus loin, quelques voiliers trop toilés gitent dangereusement, ils semblent non manoeuvrants, çà doit paniquer grave:) Il suffit de réduire un peu la toile, et çà se stabilise...

Navigation étrange.. vent arrière, et 10 sec après, on se retrouve au près, etc.. J'aiiiiiiiiiiiiime!

Et j'aimerais vivre çà sous la pluie.

Ce matin, à Vannes, en regardant l'expo photo le long des remparts et au chateau, çà m'a pris... un commentaire du genre: "naviguer sur Roxy ( sa "skippeuse" a fait le Vendée Globe), c'est comme vivre un cycle long de lavage/essorage à eau froide".. Et moi, qui mourrait du mal de mer il y a peu, de rêver... N de D.. même si j'en meurs, faut que je vive çà!!! Pas le VG bien sur! Non, mais la mer, la grande, l'immense, qui te prend, te reprend, te remue.. Le bateau de course, la vitesse...

Pour l'instant, je vis la mer sur le Guépard. Avant que l'hiver n'arrive, et qu'il retourne abriter sa coque de bois au sec.

Au retour, en buvant une mousse, je rigolais: je vais aller aux urgences chirurgie esthétique: voilà 1 mois et demi que je fais de la voile, je dois bien avoir 12 rides en plus. Le soleil et le vent, c'est pas bon pour mon visage! Mouais.. mais au moins j'ai l'air en vie, même si à l'intérieur le flux et le reflux me vident parfois, me laissant échouée au bord de ma vie.

Hier, je pestais en silence de ne pouvoir rien faire, ni barrer, ni m'occuper du foc, ni même aider à quoi que ce soit ou presque.

En rentrant, X a dit "mais c'est qu'elle va bien dormir cette nuit madame, avec un coup de vent pareil".. pfff j'ai répondu.. La nuit d'avant avait été terrible. Terrible, ces insomnies à 2.

X a eu raison. J'ai dormi comme un bébé. Me manquait "juste" une présence à côté. Fou ce qu'il me manque... Hier soir, à la gare, en attendant mes enfants, il m'a dit: j'aime ton pantalon. On dirait une vraie voileuse maintenant. Clair... une couleur indéfinissable, plein de sel, et sur la cuisse droite les taches de sang d'hier.

Pourquoi j'ai mal.... Pourquoi quand je regarde mon doigt blessé je pense, avec un sourire infiniment triste: quand tu seras loin mon amour, il me restera cette trace de toi. Une affreuse cicatrice sur le bout du doigt, à jamais. Souvenir du temps où je naviguais à tes cotés.

J'ai tenté si fort de te haïr... Que je t'aime encore plus.

Posté par Laouenanig à 10:15 - mon âme à nu - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 septembre 2009

Rätikon blues ...

Voilà un bon moment que je me demande: quoi écrire?
Commencer par le début? Tout raconter? Non. Car depuis mon retour de la montagne, j'ai l'impression d'avoir été propulsée dans un autre monde. D'avoir rêvé ce que j'ai vécu avant, et pendant. Je sais bien que ce n'était pas un rêve, voilà pourquoi c'est dur...

Partager ma montagne, ce n'était pas mon idée. J'ai cru halluciner quand il m'a demandé de l'emmener là bas. Je passe sur le bonheur ressenti. L'angoisse aussi. Car  l'emmener là haut, c'était un sacré défi. Ici je n'expliquerai pas pourquoi, ce sont des raisons trop personnelles, et qui en plus, n'ont rien à voir avec moi.

Je passerai sur le trajet, sur les 2 premiers jours à se trainer sous la pluie, puis dans la grisaille. J'avais prévu un petit circuit aux difficultés progressives, espérant ne pas m'être trompée. Le 3eme jour est toujours un bonheur... Il l'a été.

Voici les photos, prises entre le refuge de Totalp Hütte (2385m), et le glacier au pied de Schesaplana. Vous avez déjà vu tout çà, si vous suivez un peu, puisque j'ai marché au même endroit l'an dernier.

Cette année, je volais... Et il volait aussi, ce matin du 3eme jour...

_smallP1070888

_smallP1070889

_smallP1070890

_smallP1070891

_smallP1070892

_smallP1070893

Totalp Hütte, avant de partir. Il est un peu moins de 8h, nous avons trainé. Je suis sortie profiter du matin lumière vers 6h30, puis solide tit' dej, photos... Il doit faire une dizaine de degrés, on va monter à 3000m, mais on marche bras nus. Je vais garder le pantalon long, car je ne sais pas dans quel état sera le glacier. J'aurais du me mettre en short direct. La chaleur a été terrible tout au long de la journée.

_smallP1070894

_smallP1070895

_smallP1070896

_smallP1070897

_smallP1070898

_smallP1070899

_smallP1070900

_smallP1070901

_smallP1070902

_smallP1070903

_smallP1070904

_smallP1070906

_smallP1070909

Le panneau en haut de la cote en dévers bien instable est un panneau frontière entre l'Autriche et la Suisse :)

_smallP1070911

_smallP1070913

_smallP1070914

Le haut de Schesaplana, 2970m, facile d'accès si condition physique ok et pas peur du vertige, du moins par cette face là. Par "l'autre coté", faut être un vrai pro!
Là haut.. ce qu'il a écrit sur le livre souvenir, je n'en parlerai pas. çà me fait mal d'y penser. A ces mots que je n'entend plus.. Là haut, c'était immense. Bien plus haut que ces mètres qui ne veulent rien dire.

_smallP1070915

_smallP1070916

Ensuite, nous avons repris le sentier alpin, jusqu'au glacier, les pieds dans la neige. L'an dernier Schesaplana était sous la neige, j'avais plongé parfois jusqu'aux genoux.

_smallP1070923

Nous avons grimpé "par derrière", puis sur la droite du pic. On peut aussi arriver par la droite, et grimper par la droite. Vous remarquerez que grimper par la gauche est... euh? si? on peut? :)

Posté par Laouenanig à 17:01 - rêves de montagnes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 septembre 2009

Trop facile...

Je n'aime pas le Golfe, disais je... Avant. Quand je ne le voyais que "de la terre". Quand je n'en avais pas saisi la dimension essentielle.

Laquelle? La longueur, la largeur, la profondeur, la hauteur (si si j'insiste, la mer a une dimension verticale évidente), la clarté?

Pfff... disons un mélange de tout çà, une dimension sans nom, la sienne.

Et j'ai aimé le Golfe. Vu de la mer, vu de la terre. C'était parfois trop facile.

Quand le soleil était généreux, mais pas assommant, quand le vent était présent, sans être ingérable, quand le bateau filait vite, gitait jusqu'à effleurer l'eau de son bord supérieur, quand rien n'était silence, que claquements de voiles, et rires des enfants...

Trop facile. Le Golfe faisait tout pour se faire aimer...

Il y eut des moments où le Golfe fut plus difficile à aimer.

Quand les nuages noirs annonçaient le grain, quand la pluie effaçait les contours des iles, trempait les voiles, pénétrait les vetements. Quand le brouillard brouillait les notions de distance.

Quand le soleil se faisait cruel, combiné à un manque quasi total de vent. Quand les mains pendaient lamentablement, trempant dans l'eau immobile, cherchant un peu de fraicheur, mouillant ensuite les nuques brulantes.

Quand le ciel était gris maussade, que rien ne semblait être vivant, qu'encore une fois le vent s'était oublié.

Quand même sans ciel gris ou soleil cruel, le vent était si "ailleurs", que le bateau semblait reculer, sous la force du courant. Quand "semblait" n'était même plus de rigueur... Quand il reculait vraiment. Quand la vitesse n'était qu'un souvenir, que les heures passaient. Que dire "nous avançons très très lentement" aurait été d'un optimiste pur. Quand faire de la voile n'était plus un jeu de patience, le mot n'étant plus assez fort. Quand le silence s'abattait sur nous, celui des voiles sans vie, celui de l'eau sans mouvements, celui des enfants, lassés, le notre, impuissants...

Alors, j'ai Aimé le Golfe...

Sous la pluie, oh oui... Je l'ai aimé sous la pluie. Qui a dit "c'était trop facile"? :) Peut être.. Pour moi, peut être...

Je l'ai aimé sous la lenteur désespérante des heures qui passent sans que rien ne bouge. La patience, le renoncement, l'abnégation, je sais ce ce que çà signifie.

Trop facile... Il a été trop facile à aimer, mais il s'est parfois présenté sous un visage implacable. Là, je l'ai aimé de toute la difficulté de l'aimer...

Et finalement, après ces heures immobiles, après ces murs qui ont un moment semblé nous stopper, après TOUT, nous sommes toujours rentrés au port...

Toi... Tu as été trop facile à aimer. Tu as tout fait pour çà. Et tu l'as très bien fait.

Sont venus les moments où ... je ne veux pas en parler.

Trop, tu me demandes trop, j'accepte le "trop", j'accepte le "tout", mais "tout" n'est certainement pas assez.

La patience, elle porte mon nom. Le silence, même si il me brise, je l'endure. La lente dérive, ces sensations de chute, je les encaisse.

En juillet, tu étais si facile à aimer... Et le vent est tombé brutalement, et je manque d'air, et je manque de toi, même collé à ta peau.

Et.. je t'aime pourtant, de toute la difficulté de t'aimer. Toi qui ne liras pas ces lignes.

Et je suis fatiguée, épuisée, à bout de forces et de nerfs parfois. C'était si doux, de t'aimer, quand c'était "trop facile". La vie était si belle, enfin je n'avais plus à me battre, juste à me laisser aimer, juste à t'aimer. Là, il me faut supporter ces heures de doute, ces jours d'angoisse, ces cordes dont tu te lies les bras, le coeur, qui te tirent en arrière. Loin de moi. Ce brouillard, ce mur qui me coupe du futur, que tu as toi même construit. Ce silence entre nous, cette distance, même au creux de tes bras. Ces élans que j'ai du stopper, par peur de t'étouffer. Je ne sais plus comment je dois t'aimer... Faire semblant d'être heureuse, de me contenter de ce qu'il me reste, espérant que ce "reste" ne parte pas en poussière.

Et finalement, après ces heures immobiles, après ces murs qui ont un moment semblé nous stopper, après TOUT, nous sommes toujours rentrés au port...

çà, c'était sur le Golfe... Là, c'est toi qui tient la barre, c'est toi qui est maitre du vent. Tu peux décider de me perdre en mer... Et à force de t'accrocher au passé, tu finiras par couler le bateau. Ne crois tu pas que malgré TOUT, nous pouvons continuer à espérer rentrer au port? Ensemble

Posté par Laouenanig à 14:07 - mon âme à nu - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 septembre 2009

just... this? :)

Je me rends compte que je ne vous ai pas parlé de la montagne. Certainement parce que mon séjour à la montagne, début aout, c'était un peu "dans une autre vie". Celle où je volais en plein paradis.
Je crois que je n'en parlerai pas. Ceux qui passent ici se perdraient dans des récits à rallonge. Quand je me mets à écrire tous les jours, si on ne vient pas lire tous les jours on perd le fil. Logique...
Pourtant j'en ai vécu des moments fabuleux là haut! Et même un moment intense d'émotion, en repassant la frontière française, qui bizarrement ne m'a pas surpris. Il ne pouvait pas en être autrement, pas après ce que j'avais osé écrire...

Cet été je voulais grimper à 3500m. Avec un guide, car sommets difficiles. Je ne l'ai pas fait. Je suis retournée sur mes sentiers de 2008, partager la montagne que j'aime. C'était un beau défi, que je n'avais pas choisi. Je n'en parlerai pas non plus (du pourquoi du défi), car je me rends compte que je ne partage plus grand chose sur ce blog. Et entrer dans des discussions plus perso sans partage, c'est inutile.

Je me contenterai de poster quelques photos, de temps en temps, pas forcément dans l'ordre.

Je ne sais pas si je retournerai un jour là haut, dans ce coin que j'aime. Maintenant j'y ai trop de souvenirs.

Avant de redescendre du Naafkopf, pour la 3eme année consécutive, j'ai écrit, pour la première fois, quelque chose sur le cahier glissé au coeur de la croix. Quelque chose comme:
"ici est né mon amour pour la montagne, celui qui n'a pas de fin"...

Dans cette phrase, tout était dit.

_smallP1080026

Coucher de soleil vu de Mannheimer Hütte, 2680m. Autriche.

Posté par Laouenanig à 14:06 - rêves de montagnes - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 septembre 2009

confiance...

2 commentaires hier, de Marie Annick, et de Dany.

Quelque part, la même notion qui revient dans les 2, celle de la confiance.

Marie Annick écrit: Je souhaite de tout coeur que ce bonheur t'apportera la sérénité. Il ne faut JAMAIS avoir peur d'aimer et surtout FAIRE CONFIANCE.

Je n'ai pas eu peur d'aimer. Ce qui me tue maintenant, c'est de savoir que nous ne vivrons pas ensemble. Et je lui fait confiance, même si ce qu'il me demande est absolument insupportable. Sur çà, après en avoir discuté avec des personnes qui ne cherchaient pas à juger, qui n'ont vu que les faits, je suis rassurée: je suis normale. Vivre ce que j'ai vécu en aout, c'était aller direct au pétage de plomb. J'ai tenté de tenir, mais je suis un être humain, et un être humain qui aime. J'ai tout accepté, mais ce tout n'était pas encore assez. Cette nuit j'ai vraiment pété un plomb, je me suis vue couler, en sachant très bien ce que j'étais en train de faire, tout ce qui surnageait entre nous. Trop, c'était trop. Je ne vais rien raconter ici, ce sont des choses qui ne regardent que nous, mais si vous saviez vous seriez effarées vous aussi. Effarées, et pessimistes. On ne peut rien batir sur les ruines du passé, surtout quand on entretient les ruines, quand on vit dedans, quand ce passé a une totale emprise sur vous, quand on refuse catégoriquement de tourner la page. Mon passé a été dur, très dur. Je n'ai rien oublié, mais j'ai tout bien rangé dans un coin, fait de la place, aéré mon coeur, libre de tout poids. Moi...

La paix, la sérénité, la confiance en moi, je l'avais... Cette nuit j'ai voulu mourir, tout en sachant qu'une telle douleur, malheureusement, ne tue pas. Au matin, nous étions totalement HS. Et le maigre espoir qui subsistait était totalement anéanti. Il reviendra demain...

Dany écrit: Il t'a laissé mener son bateau, il te laissera bercer son coeur...

Son coeur, j'aimerais bien pouvoir le toucher. Encore... Mais oui Dany, tu as raison, il m'a laissée mener son bateau. Et plus que le plaisir que je prenais à naviguer, c'est çà qui me remplissait de joie. Au début, il restait près de moi, au cas où. Et il prenait la barre pour virer, et quand nous rentrions au port, pour traverser les mouillages. Puis peu à peu, il s'est éloigné, se contentant de me dire quand virer. Parfois, nous foncions droit sur un bateau, et il me disait: on vire juste avant, je te dirai. La main sur la barre, j'attendais, regardant avec confiance l'avant du voilier se rapprocher à toute allure de l'autre bateau. Et je virais au dernier moment. La bome me rasait la tête, le génois claquait, je remettais la barre droite, et me remettais au près. Sans peur.

Petit à petit, il s'est éloigné de plus en plus, allant même parfois se mettre debout sur l'avant, près du génois. En cas de problème, il n'aurait rien pu faire. Et si au début çà me faisait peur, après j'avais pris confiance en moi. Pas du genre, comme tous les marins, à faire des compliments. Juste à me dire quand je faisais une connerie, envoyer le foc de l'autre côté bien trop trop en virant, par ex... Mais je voyais bien que ses remarques s'espaçaient, je n'avais même plus droit à l'habituel: "tu es trop près du vent, regarde le foc".. Le vent, je le sentais, et je restais bien au près. Et c'est moi qui, quand son fils barrait parfois, disait: tu es trop face au vent, regarde le foc... :)

Quand nous rentrions vers le port, je fonçais dans les mouillages, évitant les bateaux. Il ne prenait la barre qu'au dernier moment, pour les derniers zig zags, et l'approche de la bouée. Face au vent, pour ralentir le bateau au maxi. Le dernier jour, il m'a dit: j'ai plus rien à te dire, tu te débrouilles bien... Et j'ai souris. Moi, la voileuse depuis 3 semaines, qui savait à peine faire un noeud de chaise, sans me planter. Tain, la boucle, c'est dans quel sens? le serpent sort du trou, tourne autour de l'arbre, re rentre dans le trou, et meeeeeeeerde, raté! :)

Oui, il m'a laissé mener son vieux bateau... Et j'ai aimé qu'il me fasse confiance. J'ai tout fait pour le "préserver" ce bateau, et le ramener entier ou presque. Lundi dernier, sous la pluie battante, l'arrivée au ponton était musclée, çà remuait fort. J'ai sauté sur les planches de bois trempées, mais le bateau est venu se coller au ponton, trop vite. Le bois çà se pète vite. Je me suis couchée par terre, mettant ma main entre le ponton et le bord du bateau, pour le retenir. Je me suis faite gronder: ne fais jamais çà! je préfère que le bateau tape plutôt que tu fasses écraser la main... Oui mais, va t'en expliquer çà? Protéger son bateau, pour moi, c'est comme l'aimer lui, vous comprenez?

Parce que bon.. Il y a eu un jour où il a tapé, le bateau... Arrivée beaucoup trop rapide, et c'était lui qui barrait. Il aurait fallu abaisser les voiles. Je n'ai pas eu le temps de sauter sur le ponton. Mon pied touchait à peine les planches que le bateau avait déjà tapé de l'avant, choc léger, mais suffisant. Je n'ai absolument pas eu le temps de me retourner, et de le retenir, impossible. Je m'en suis voulue... Il a fini par reconnaitre que c'était sa faute. Trop de vitesse. Pour y arriver, il aurait fallu que je batte le record du monde du saut en longueur bateau/ponton, sans élan, et le plus rapidement possible. Sur l'avant, un éclat de peinture, et dessous, le bois un peu enfoncé. J'avais l'impression d'avoir trahi sa confiance.. Quelle conne!

Naturellement, ceux qui nous connaissaient, et pouvaient se permettre ce genre d'humour en avait rajouté: "le ponton est encore entier"? (le mono de voile). Et plus tard, alors que nous buvions un coup pas loin des pontons: son fils qui revient en courant"papa!! Y a X qui m'a dit, va dire à ton père que le bateau n'arrête pas de taper le ponton!" Bien entendu, le bateau ne bougeait pas d'un centimètre. X a juste un humour très particulier... Froid, ironique. que j'apprécie d'ailleurs! Et bon hein... c'est aussi son bateau! Plus tard, j'avais moi aussi fini par rigoler, et rigoler en anticipé, en regardant d'autres bateaux (surtout les cata) arriver sur le même ponton, et booooooooooooooooum! "et bien... le ponton tient toujours! pourtant j'avais bien commencé à le démonter, mais faut croire que c'est costaud ce truc là..."

Il me faut être forte. Après avoir rêvé, à une vie commune, accepter de n'être qu'un passage. Il n'arrive plus à vivre avec quelqu'un me dit il... Je comprends. Fallait pas me faire rêver en juillet, insister, me couvrir tellement d'amour que je me suis vue au paradis.Puis j'ai du ouvrir les yeux, brutalement. Voir que le passé prenait presque toute la place... Voir que l'avenir, c'était 1 ET 1, même pas 1 + 1. Alors le 2 hein...

Quand on aime quelqu'un, on l'accepte tel qu'il est. On ne prend pas ce qui nous plait, laissant de coté ce qui nous blesse, ou nous déplait. C'est ce que je lui ai toujours dit, c'est ainsi que je suis. Quand on aime quelqu'un, on le laisse respirer, on ne lui bouffe pas son air, c'est aussi ainsi que je suis. Mais trop, c'est... intolérable. Et pourtant j'ai accepté. Mal à en hurler.

Là, l'air, je le cherche... Le vent a disparu, je suis à la barre d'un navire fantôme, qui coule lentement. A genoux sur le pont, j'attends la vague finale... Plus envie de me battre. Juste envie qu'on soit heureux... Si on peut encore l'être. Avant que...


Posté par Laouenanig à 09:45 - mon âme à nu - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 septembre 2009

L'amer courant

Je suis rentrée chez moi... Quelle phrase idiote!

Chez moi, c'est dans tes bras. Alors là, je me sens SDF.

Désormais je sais ce que sera ma vie. Jusqu'à ce que... Nan, je n'écris rien. Les rares qui me lisent vont encore me cataloguer "pessimiste". Faudrait avant savoir. Tout savoir. Un observateur anonyme tirerait les mêmes conclusions que moi. Je hais le mot "conclusion".

Chez moi.. Accrochée à mon balai, poussière oblige, je regarde le ciel. Les nuages filent vite, très vite. çà doit remuer sur le Golfe. Pour sortir par un temps pareil, il aurait fallu prendre des tours. (réduire la surface de la grand voile).

Lundi dernier, il bruinait sur le Golfe. Instinctivement les enfants avaient aussi fait silence. La bruine légère, le brouillard au loin, le nuage noir qui se rapprochait. Pourquoi rajouter des mots.

J'ai aimé naviguer sous la pluie. Le Golfe était désert. Point de bateaux à moteurs, plein de dames bronzantes, et de messieurs à gros ventres (en rapport avec la puissance du hors bord); Même les bateaux navettes pour Arz et l'Ile aux Moines se faisaient discrets. La foule était rentrée. Seuls sortaient quelques rares voiliers, 5, 6 maxi. Ceux qui aiment la mer, et danser dessus, ceux qui ont appris à aimer la pluie.

J'ai vu que tu étais heureux. Je l'étais aussi. On a partagé ce moment, et c'était un beau moment.

En rentrant vers le port, marée oblige, il a fallu s'amarrer à un ponton éloigné, attendre que l'eau monte. J'ai du attraper le foc trempé, limite l'enrouler autour de moi pour le calmer, avant d'abattre la voile. Trempée... Vivante. Un instant.

Semaine douce amère.. Plus amère que douce.

Rares sont les voiliers qui sont sortis. On les repère de loin, et on se dit "tiens, y a la 100 qui est sortie"... On ne prononce jamais le nom du bateau. La 100 n'existe pas, c'est juste un exemple. Chez les Guépards, la grand voile est numérotée. Ce sont tous des bateaux de régate. On ne dit pas "le 100", mais "la 100", car le Guépard est "une plate en V". "La 100" existera bientot. Ce bateau qui a vu le jour il y a plus de 40 ans est toujours construit. Parfois en amateur. A la base, c'est Eugène Riguidel qui a lancé la construction de la première série, vers 1965. Numéros 1 à 26 je crois. Ceux ci appartiennent à des navigateurs connus, aux grandes et anciennes familles du coin.. Je regarde en souriant le numéro de la grand voile. 43 ans pour celui ci... Dans la série des 26.

Il tient fièrement la mer, le Guépard. La semaine dernière, lors d'une longue sortie, j'ai fait la nique à des bateaux aux voilures bien plus imposantes, et donc plus rapides, et même à un catamaran. C'est que ce sont des quillards, ces bateaux là. Le vieux Guépard, en dériveur passe partout peut foncer vers la cote, virer au dernier moment, "chercher" la trajectoire la plus courte, éviter les courants traitres, foncer à travers les mouillages, et vive les bords bretons! (passer très très près des bateaux ou des bouées)

La mer n'a rien d'horizontal. Même pas dans le Golfe. Parfois çà remue... Dans les courants, çà déchire grave. Parfois il faut tirer fort sur la barre pour rester au près. Parfois les vagues ressemblent à des marches, parfois le courant ressemble à un mur infranchissable. La mer n'a rien d'horizontal. Et elle est plus dangereuse que la montagne. Car ici, si tu as la trouille, tu ne peux pas dire: je stoppe. Enfin si, mais il faut rentrer.. Et rentrer à la voile. Il faut savoir dire non, avant que trop tard n'arrive. Mais la mer, c'était dans une autre vie...

Accrochée à mon balai, j'ai le mal de mer. Il viendra chez moi ce soir... Et après? Je ne sais pas. Telle est ma vie maintenant. Jusqu'à ce que...

L'amour l'emporte un peu plus loin? C'est le courant, je n'y peux rien.

Accrochée à mon balai, j'ai aussi le mal de terre.

Et quand j'en parle... Je ne reçois qu'un silence, limite gêné. Rien à voir avec celui que l'on partageait. Sous la pluie lumineuse du Golfe

 

_smallP1080276

_smallP1080296

_smallP1080300

_smallP1080310_2

 

Posté par Laouenanig à 15:04 - mon âme à nu - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 août 2009

oscar one

pas le temps d'écrire... je pourrais en faire un livre tant j'ai à écrire ... et ce serait beau. Comme est beau ce que j'ai vécu, comme est beau cette amour entre moi et la mer maintenant...

Une phrase, mardi: "il a de la chance! il a rencontré une fille, et en plus elle fait de la voile!"

J'ai répondue à son amie avec un grand sourire: oui, depuis 15j. Avant, regarder les bateaux du port me donnait envie de vomir!

dingue elle a dit.. "Quand tu barrais tu avais l'air si à l'aise, on aurait dit que tu faisais çà depuis toujours! c'est génial, c'est comme une révélation, on voit vraiment que tu prends du plaisir à naviguer.. "

Oui.. j'aurais pu répondre, et je me suis tue. une révélation. L'amour, il vient quand tu le cherches pas.. celui de la mer, il m'a pris, je me souviens c'était un... :)

Et l'autre amour, je me souviens il m'a pris, c'était un dimanche après midi... force... infinie.

Oscar one, çà pourrait etre le petit nom de la bouée sur laquelle on s'amarre un instant, histoire d'oter le foc du voilier, et d'abaisser la grand voile avant de filer vers le ponton. Oscar one, car O1.

Cette aprem, vent de force5 fraichissant sur le Golfe. Comme toujours je suis couchée sur l'avant du bateau, tel un bout dehors, le bout dans la main, pour m'amarrer à Oscar.

Le vent était très fort, et pas vraiment régulier. Par sécurité, pas envie de foutre un gosse à la mer, le génois est resté rangé dans son sac, nous n'avons navigué qu'avec la grand voile. Alors, au lieu de ranger le génois, je reste là, à genoux sur l'avant du Guépard, contemplant mon noeud de cabestan autour de la bitte comme si c'était une spirale en train de m'hypnotiser.

Tu pries? Tu regardes ton noeud? Je ne réponds pas. Oui, je prie... Oui, je regarde ce putain de noeud car j'ai peur que ce soit le dernier noeud que j'ai fait de ma vie.

Tout à l'heure, en quittant l'ile, j'ai ramassé à la hate quelques coquillages cassés, comme on ramasse un souvenir, d'un endroit où ,l'on ne reviendra plus. Pessimiste? Peur.... C'est toujours ainsi quand on... aime.

On revenait vers le port, au près, et la mer giclait, me trempant entièrement à chaque fois. Vent fort. Elle était tiède...

J'ai eu du mal à revenir, du mal à remonter sur le Guépard, du mal à quitter l'Ile. Du mal ensuite, à sauter sur le ponton, quitter le pont, quitter le bateau.

Maintenant, sur la terre ferme, j'ai le mal de mer.

Le mal de mer, qui me tuait depuis des années, je ne l'ai pas senti tant que j'ai navigué. Ce soir j'ai le mal de mer.

Et la mer, a mal pour moi.

La mer, force5, elle m'a fait me sentir vivante. En moi, une autre mer, force infinie, qui remue, remue... La mer, elle s'est noyée en moi, et là dedans çà remue tellement fort qu'elle en a elle aussi le mal de mer.

Pas de raisons que...

Peut être.

Mais j'ai vécu 2 mois... Et ces 2 mois sont terminés. Alors j'ai le droit d'avoir peur.

J'écoute le silence de l'absence à venir...

Dérive.

J'ai aimé lutter contre le courant, sentir la barre résister. Le Guépard s'en sortait bien, dans les tourbillons de la Jument, dans les étranges zones trop tranquilles, au milieu des remous , autour de l'Ile trop belle, où je n'ai jamais posé le pied. La mer, mon amie, tu vas me manquer.

Dans mon lit trop grand, moi qui ne pouvais dormir autrement que seule, je vais me perdre, emportée par les courants, dérive, angoisse.

Moi, comment je vais m'en sortir, dans ces zones trop tranquilles, trop plates, trop vides, qui vont m'engloutir? Pas de coque de bois de 43 ans, juste un coeur de 42, qui venait à peine de recommencer de battre. Vraiment. Construire. Penser à plus loin. L'instant présent, c'est bien. Mais çà sonne souvent comme un cri de désespoir, le cri de ceux qui n'ont pas d'avenir. L'instant présent, il se vit à fond, il s'apprécie à bloc, quand on peut s'appuyer sur quelque chose.

J'ai peur... çà va remuer fort.

Si je déssale, je vais couler.

Pas de raisons que...

Peut être... Mais comprends moi... Si seul tu réalises que tu es mieux ainsi... Que j'avais pris trop de place, que.. Je ne sais plus. Toi qui ne liras pas, sache que...je. Et je veux que tu sois heureux.

Tout à l'heure, le garçon blond comme le soleil a du partir chez sa mère. Dis au revoir à Pascale... Ah bon? Pourquoi? Elle ne vient pas m'accompagner avec nous? J'ai serré les dents pour ne pas pleurer. Merci. C'était si spontané.

Un enfant, c'est pas comme Oscar One, pas comme l'Ile minuscule où j'ai noirci ma peau, pas comme le pont d'un bateau. On s'y attache autrement, et pas besoin d'un bout pour çà. Sa soeur est restée, reculant le moment où moi aussi je vais devoir partir.

Je veux que la mer gicle encore autour de moi, me recouvre, me fasse rire, entendre hurler les enfants, sentir le vent sur ma peau noire, je veux vivre...

Naviguer

Au près...

de toi

Posté par Laouenanig à 20:20 - mon âme à nu - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 août 2009

au prés...

Sur le Golfe, ventforce5. Hier déjà, avec un joli coeff de marée le vieux Guépard a gité, gité... Et c'était bon.

Il a un an de plus que moi ce bateau. Sur l'écoute du foc, j'use la peau de mes paumes à border, border...

Tu as toujours tendance à te rapprocher trop du vent... Je sais. Trop tendance à me mettre face au vent. çà me fait sourire. Ce que j'aime c'est "sentir" le vent. Barrer pour tenter de rester le plus au près possible. Voir la coque giter, l'eau gicler par dessus. Barrer face au soleil... Passer le courant, dans le Golfe... Faire du surplace, et hop.. un je ne sais quoi qui t'emporte, qui te fait passer.

Sur les rochers de l'Ile au Moine, les touristes doivent parier. Passera, passera pas...

La mer me calme, et au plus elle remue, au plus elle m'apaise. Il me faut me concentrer, réfléchir, anticiper. J'en arriver à oublier un instant cette boule d'angoisse qui me tue l'estomac depuis des jours. Je ne veux pas que le vent retombe. Cette fois ci, je n'y survivrai pas. J'ai trop donné, en si peu de temps.

Quand nous rentrons au port, je dois me frayer un chemin à travers les bateaux,éviter les bouées, les pontons... L'art de l'esquive... Barrer au centimètre près, alors que le vent me pousse, vite, trop vite... Ramener le Guépard jusqu'à la bouée, ranger les voiles...

Parfois la nuit, je navigue. Parfois, au matin, en buvant mon café, le sol bouge. Je souris. C'est normal, faut s'habituer.

Et j'ai peur.. Peur de m'être habituée, et que... Peur de tout perdre. En moi çà remue fort. Je n'ai plus le mal de mer, j'ai le mal du temps qui passe, passe...

Toi qui a si souvent plongé, longtemps, longtemps, si profond, ne me coule pas.

Posté par Laouenanig à 12:35 - pensée du jour - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 août 2009

aùel a ben (encore)

décidément ce blog porte bien son nom. Je n'ai pas le temps d'écrire, l'ordi bug et je ne suis pas chez moi.

Que dire...

Depuis toujours j'ai le mal de mer, de la terre, en regardant les bateaux. sur les bateaux, je regarde le chrono pour voir si je vais battre mon propre record: tenir 4 minutes sans vomir :)

Depuis 4j je navigue. A la voile. Sur le Golfe. Et j'aime çà! Je ne suis pas particulièrement douée, persiste à appeler droite et gauche les tribords et babords, et à nommer corde les bouts.

Mais je n'ai pas le mal de mer, et au plus çà va vite, au plus j'aime çà. J'ai déjà appris la patience en montagne, fait l'éloge de la lenteur. Ici çà me sert, car du vent il y en a peu.

Bateau, pique nique sur les iles presques désertes, bateau encore..  Je barre presque comme une grande. La preuve: les 2 enfants blonds comme le soleil qui m'entourent m'ont dit: tu as manqué nous tuer 2 fois.

2 fois, c'est bien non? j'aurais cru pire!

Comment? mes enfants ne sont pas blonds? Les miens non. Ceux ci le sont, et je les aime...

Demain je retourne faire de la voile sur le Golfe, parfois pas très clair. Je vous raconterai. Un jour.

Au plus fort de la tempête, j'ai le doute en moi.. parfois le vent se lève, parfois une éclaircie. Je pense au futur, et j'ai peur. Mais sur l'eau, j'oublie le futur, reste le vent, l'eau, le bruit des voiles, la barre qui parfois résiste, le courant, les bateaux qui vont qui viennent, qui me coupent la route, oh N de D! mais qui a la priorité ici? :)

On ne peut pas naviguer face au vent, aùel a ben.. Mais curieusement, on navigue mal par vent arrière. Hier j'avançais très vite. Au près. Enfin, si çà s'écrit comme çà. Parce que au pré, hein, çà veut rien dire... Au près, c'est " presque face au vent". Là, je filais comme le vent. Surveiller le bout de laine sur le fil, surveiller le foc, surveiller la grand voile, qui a tendance à passer de l'autre coté sans prévenir si on fait des conneries (et j'en fais)

Je n'ai pas le temps de vous raconter... Le temps, il me fait peur,  il me mène à septembre.

Pour l'instant il y a aout..

Hier soir à Vannes, j'ai regardé le feu d'artifice. Il était magnifique. Mais au fond de mes yeux le soleil, et en moi le bruit des vagues et le claquement des voiles. La coque de bois qui tape quand elle prend les vagues de face, l'ivresse de la vitesse quand le bateau penche, penche, à se retrouver le haut de la coque au ras de l'eau.

Et l'odeur de la peau, le soir, après une journée de voile, le sel, le soleil...

Demain je retourne naviguer..

J'espère juste ne pas couler bientot

Sache que... je

Posté par Laouenanig à 20:22 - Breizh - Ar Mor - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juillet 2009

passage express

Plus aucun commentaire depuis début juillet...
En général, quand je m'absente de ce blog pendant un long moment, je retrouve quelques comm me demandant où je suis passée.
Là, disons que mon absence est passée inaperçue :)
Je croise rarement un ordi, et quand j'en croise un je n'ai rien à y dire.
Je n'ai pas re sauté en parachute depuis. Météo pourrie.
Début août je vais filer une petite semaine à la montagne. Mes pas ont besoin de légèreté.
A part çà...
Je ne suis pas chez moi depuis des jours. Combien? je serais bien incapable de le dire.. Les jours passent si vite, et en même temps, rien ne passe. Etrange mois de juillet, comme le fut juin, à un autre niveau.

Internet ne me manque pas.
Faudrait que...
Je raconte?
Oui, certainement.
Mais pas ici. Et comme je ne passe jamais devant un ordi, je suis encore moins souvent sur msn.
Tiens... Werewolf, si tu savais... Y a un truc que j'ai envie de te dire...Il s'est passé tellement de choses ces derniers temps, et çà te ferait sourire je pense. Faudrait que je t'envoie un sms, mais résumer tout çà par sms... impossible.

Bon.. fin de la pause internet.
Je ne sais pas si je repasserai avant août.
Sinon: bonnes vacances à tous. Et à ceux qui reviennent: bon courage :)

Posté par Laouenanig à 11:11 - pensée du jour - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 juillet 2009

Nord2501 N160 (2)

Note aux lecteurs arrivés ici en tapant Nord Atlas, Nord2501, voire même, soyons fous, Nord2501 N160:
SVP, racontez moi... J'aimerais savoir.
L'histoire de cet avion là. Merci
Lisez aussi ce que j'ai posté un peu plus bas, dans ce post ci (cliquez sur "post ci") :)

Voici donc quelques photos en détail du numéro 160, prises par temps pourri. J'y retournerai sous le soleil...

_smallP1070592

_smallP1070618

La queue du Nord, vue de l'Etendard IV M.

_smallP1070619

_smallP1070620

_smallP1070622

Note pour les blondes: ceci est le CUL de l'avion, ok :)
Il est tellement symétrique, on pourrait s'y tromper. Les hélices sont de l'autre côté! :)

_smallP1070623

T'as un beau cul tu sais!
euh...tain, je commence à avoir l'humour relou... :)

_smallP1070625

_smallP1070627

_smallP1070628

_smallP1070629

_smallP1070631

_smallP1070632

_smallP1070633

_smallP1070634

No comment... J'en ai une d'un des chasseurs à côté qui est pire, je la poste ici même si ce n'est pas une photo du Nord:

_smallP1070603

Revenons au Nord2501

_smallP1070635

Voici donc la photo qui me pose problème...
Une baleine, un lévrier (ou une levrette).
Si quelqu'un sait, merci de me laisser un comm.

_smallP1070636

Bon, là c'est l'avant hein! :)

_smallP1070637

_smallP1070638

_smallP1070639

_smallP1070642

_smallP1070643

_smallP1070647

_smallP1070649

_smallP1070651

_smallP1070655

_smallP1070659

_small_smallP1070666

_small_smallP1070668

_small_smallP1070676

_small_smallP1070670

_small_smallP1070675

_smallP1070684

_smallP1070685

Posté par Laouenanig à 15:05 - symboles - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

Nord2501 N160

Au club para, on m'avait dit: plus loin, sur la route, y a un cimetière d'avions...
Le plafond était si bas, on ne pouvait pas sauter. Alors je suis allée marcher. Pas trouvé de cimetière d'avions. J'ai peut etre mal cherché.
Pas cherché du tout en fait. Au bout de la route, soudain, dans un virage, j'ai vu l'avant de l'Avion. Et là j'ai ralenti le pas, fallait pas se presser.
çà n'était pas la première fois que j'allais en voir un. Mais cette fois ci on serait seuls, lui et moi, tout près.
Ce jour là, complètement larguée, je me suis dit: il va m'aider. Il l'a fait.
Faudra que j'y retourne dimanche, quand le musée (çà en est un) sera ouvert. Je veux connaitre l'histoire du numéro 160. Savoir d'où il vient... Je sais comment trouver la réponse, mais le forum où elle est écrite est ultra privé. Faut avoir été ou être para militaire pour y accéder.

Comment expliquer... Cet avion là et moi... Je n'en avais vu que de très loin, posés sur un rond point du Sud, je ne me souviens plus...
Cette histoire d'amour remontait à bien plus loin. Et là aussi je ne m'en souviens plus. Comme si j'étais née en l'aimant déjà.
D'ailleurs, c'était exactement çà.

A 18 ans, je sortais avec un jeune qui rentrait du service militaire. Il avait choisi les paras, à "perdre" un an, autant s'éclater un max. Para à Pau, puis revenu dans le Sud Est. J'avais vu quelques photos. Le Nord2501, puis son remplaçant, qui me laissait froide.
J'avais entendu parler du bruit, des cloisons d'alu qui vibraient... On a toujours eu peur qu'un rivet pète disait il...
C'était en 1985...
La Grise a été définivement réformée en 89.
La Grise, c'est son surnom affectueux, au SNCAN Nord2501.
Connu de tous sous le nom de Nord Atlas.

Je ne vais pas vous raconter son histoire, vous la lirez sur internet si vous la cherchez.
Il y a eu le Nord2500, le proto, puis le 2501, jusqu'au 2508. Certains protos ont été construits, d'autres non.
Certains ont eu une fin tragique, comme le numéro 2 du nom...
Je vous fais grace des dimensions, du nombre de cv des moteurs, je vous fais grace de tout.
Cet avion là, je l'aime, c'est tout.

La Grise, je l'aimais bien avant d'être née.
Et il y eu ce livre.... Oh mon Dieu, quand j'y repense...
Tout çà remonte loin, très loin dans une autre vie. Une vie où j'avais des amis. Le plus farouche d'entre eux, finistérien, était pire qu'un porc épic, impossible de l'approcher.
J'avais fini par y arriver, et un soir, après une course de vélo, nous étions tous (mon ex mari et mes enfants) allés chez lui. Là, il m'avait prêté ce livre, qui lui venait de son père, pilote de Grise. Dédicacé par je ne sais quel haut gradé du coin.
Il me l'avait posé dans les mains, comme on confie toute sa richesse, et je ne parle pas là d'argent.
Rien que ce geste était immense.
Les mois avaient passé, et sur moi la tempête. La folie aveugle d'un homme m'avait fait perdre tous mes amis...

L'amour du 2501, lui, était resté.
Pourquoi, je n'en sais rien. Il y avait plus beau, plus grandiose, plus puissant, plus rapide, que mon "suppositoire volant".
Car à bien le regarder, il ressemble un peu à un suppositoire volant. Non, c'est faux, puisqu'il n'a pas de "bout pointu". Il est tout rond, si rond qu'on pourrait presque se demander où est le devant et où est le derrière si on est vraiment blonde :)

Pourquoi? Pourquoi se poser la question? Je l'aime, c'est tout.
Et inconsciemment, c'est lui qui m'a poussée, à 42 ans, à filer droit vers Vannes un matin de mai, pour réserver mon stage PAC.
Rêvant, car je ne peux pas m'empêcher de rêver, de passer un jour mon brevet C, pour avoir le droit d'espérer, juste espérer...
Sauter du Nord2501.
Impossible...
Il en reste un en état de marche, qui "fait" les meetings aériens. Mais pour sauter dedans, doit falloir faire partie des bonnes asso, avoir certainement été para pro et sauté dedans avant, être ultra pistonné, être.. élu. Pas élu local hein, élu, c'est tout.
Reste le rêve.
Je saute d'un Pilatus Porter, c'est de la Grise que je rêve...

Là bas, au bout de la route, je suis allée vers le Nord2501 N160. J'ai d'abord fait des photos des autres avions, l'Etendard, le Dassault, le Vought... Avant de revenir vers la Grise, comme on s'approche avec respect et émotion de l'amour de sa vie.
D'une de mes vies :)
C'est beau d'aimer!

J'ai fait quelques photos, sous le ciel ultra gris. Un avion gris, sous un ciel gris...
J'ai voulu me prendre au retardateur, la joue contre l'alu. Puis assise devant.
En repartant, je l'ai embrassé sur le museau, le front contre l'alu, les yeux fermés, juste posé mes lèvres sur le métal tiède.

J'y suis retournée le lendemain, avec les enfants. Sous le soleil. Mais pas le temps, car je devais rentrer au club, pour ... attendre le moment où je pourrai sauter.
J'ai encore embrassé la Grise, avant de partir.
Avant, les enfants avaient fait une photo.
Maintenant, en la regardant, je comprends mon geste...

Le Nord2501 N160 ne volera plus jamais.
Je suis sous son museau, le dos courbé. Son nez repose sur mon dos, et j'ai les bras ouverts.
Lui ne volera plus jamais.
Moi je l'aime, et je lui ai donné mes ailes....

_smallP1070695

_smallP1070688

_smallP1070690

_smallP1070694

la dernière est une "auto photo". Si vous n'y voyez pas de l'amour, alors... vous n'avez jamais aimé

_smallP1070657

D'autres photos en détail, dans un autre post

Posté par Laouenanig à 14:09 - symboles - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juillet 2009

Aùel e ben (3)

Quelques photos

_smallP1070581

défilé de mode ridicule? mouais! casque rouge, combi noire et verte, çà fait limite power ranger!

_smallP1070591

_smallP1070709

Quand l'avion arrive il faut courir (euh, le kéro coute cher!!). c'est moi qui suis devant, car je vais poser mes fesses au fond de l'avion. Logiquement: ceux qui sautent en premier (à 1200m) montent en dernier, assis contre la porte par terre

_smallP1070711

Voilà mon ange suisse. Pilatus PC 6, appellé Pilatus Porter. Le meilleur avion qui existe pour sauter. Ce machin là peut décoller en situation d'urgence sur 50m, atterrir sur des glaciers. Utilisé par les Suisses dans les secours montagne.

Avant, le club sautait avec celui ci. (photo trouvée sur le Net, je m'excuse auprès de l'auteur de ne pas copier le lien, j'ai oublié)
Après réflexion, ils ont bien fait de le changer, sinon...
J'aurais vraiment raté la limite d'ouverture du pépin, trop occupée à le regarder descendre!!

_smallimage001

_smallP1070779

bon, çà c'est moi. Position de merde. En fait il faut avoir les bras en l'air, là je dois être en train de freiner. On dirait aussi que je suis sur un cheval invisible, limite ridicule! C'est vrai que les sangles gênent mais bon, pas à ce point!

_smallP1070780

Et quand tu es par terre tu te dis: oh N de D de B de M... toutes ces suspentes qui vont être emmelées tout à l'heure..
Le pro, il entre dans le hangar, il secoue à peine son pépin, et hop, tout est en place!
Le mien, on dirait des guirlandes de Noel emmelées. De quoi piquer une crise! :)

Allez, on continue. Je vous montre un peu de pliage, en vous faisant grace des explications

_smallP1070586

Les sacs vides sont à terre, les cordes (suspentes) démélées, la voile pend à un crochet. Il faut "ranger" les bords, plier, faire un joli boudin.
Les 2 gars sont des commandos, eux ils ont aucun problème. Moi?
euh?
Je suis blonde intérieure en parachutisme :)

_smallP1070793

Il faut se coucher sur le boudin, chasser l'air, plier, plier, plier.. comme il faut. Et ensuite faire rentrer le tout DANS LE BON SENS dans un sac minuscule.
çà parait simple? ben çà l'est pas!!
Parce que ton sac de couchage, qui doit rentrer dans un sac de 15cm de long, si il est mal plié et froissé, c'est pas grave!
Là... boum

_smallP1070792

Et ensuite il faut fermer le sac, en tirant comme un malade sur les élastiques (qui pètent, bien entendu).
En faisant çà, on love les suspentes (les cordes)
Mais attention!! Si on twiste.... quand çà va s'ouvrir, çà va vriller, vriller... et là tu essaies de détordre, çà prend du temps, et si çà marche pas faut libérer, et tirer le pépin de secours. Tout çà en quelques secondes chrono.

_smallP1070790

Voilà donc le lovage terminé. Franchement, c'est là que je merde toujours, en mettant le sac dans le harnais, je retourne, et c'est pas bon...
Pour info, la voile de secours est dans le haut du sac, c'est plus du tout un ventral comme on disait avant.

_smallP1070789

Après faut fermer le harnais. En tirant comme un malade sur une drisse, passée dans un loop.
Trop technique?
Bah, va t'en appeler çà autrement!
Au final, on ferme le tout par une simple "aiguille", le crochet.
Mouais, on est bien peu de choses :)

_smallP1070787

Fin de la séance photo!
Demain, si j'ai le temps je vous montrerai l'avion de ma vie. Pas mon ange gardien suisse, non, .. celui qui m'a donné envie de sauter.
Celui que j'aimais avant même d'être née, je pense...

J'évite aussi de vous parler de "l'humour para".
Il suffit de taper quelques mots pour arriver ici, et çà pourrait être mal interprété.
Vous savez comment ils appellent les filles qui sautent?
Les sky pouffes :)
Franchement, çà m'éclate!
Moi, c'est plutôt le stade "sky gourde".
Mais maintenant que j'ai gouté au bonheur de voler...

Sauter, face au vent
Atterrir, face au vent
Vivre, aùel e ben...

Posté par Laouenanig à 17:15 - mes courses contre moi même - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Aùel e ben (2)

Oui, vous avez raison, je n'ai pas parlé des sensations.
Que dire...
Pour expliquer ce que je vis en ce moment, il me faudrait plus qu'un blog, et plus que des mots.
C'est marrant, j'ai pas du tout envie d'en parler. Si vous saviez à quel point je suis crevée...

Le premier saut...
Ah bon? j'ai sauté?
En fait, c'était presque çà...
Gros problème de gestion du stress. Et çà n'avait rien à voir avec le stress du saut. Enfin, pas à 100%.
Ce qui est effarant, c'est qu'en fait on croit que l'on va se sentir chuter. Et on ne sent rien! Rien, rien, rien... Je me suis même demandée un instant si j'avais bien quitté l'avion! Le "poids" de l'air est tel qu'on est couché dessus.
On croit être couché dessus. Mais on descend à 60m/s.
50 secondes de chute libre en apnée, la bouche ouverte, rien ne rentrait. J'ai cru mourir (sincèrement).
L'air est revenu peu à peu... Altimètre... ok
Tirer, choc.

Et je me suis retrouvée pendue à une aile...
Et là, j'ai eu le mal de mer...
Trop de stress, trop de fatigue...
J'avais peur d'atterrir, et pas de sauter.
Maintenant je savais. Sauter était LE PROBLEME. enfin, pas sauter: RESPIRER.
Manoeuvrer, atterrir, c'était doux, très doux. Trop doux puisque çà tanguait un peu :)

Et est venu le 2eme jour... Et le 3eme, et le 4eme...
Et la pluie a commencé.
Les heures, les jours passés vautrée sur un tapis, à attendre.
Je n'ai même pas le courage de vous parler du pliage du pépin. çà ne passionnera personne.
C'est une sensation étrange... C'est hyper complexe, et en plus çà te fout la trouille: car le lendemain, tu auras ce truc là sur le dos :)
Heureusement il y a des contrôles. Mais tu peux pas t'en empêcher... et si, et si...
Toi, tu mets 1h à le plier (et encore, si y a quelqu'un pour contrôler) alors que le commando marine d'à côté le fait en 10 min... c'est un métier! :)

Heureusement il y a le pépin de secours.
Et là tu te fais le film... TU DOIS TE LE FAIRE. Faut être prêt.
Je tire, rien ne se passe. Ou bien la voile merde un max. Twists, mal gonflée, corde qui pète etc...
Alors là, tu fais quoi? Tu t'évanouis? Faut réagir, savoir si c'est gérable, ou pas.
Tu chutes, à 60m/s, et tu es déjà à 1200m environ le temps de te rendre compte que ta voile a merdé.
Alors il faut gérer. Tirer sur la poignée de droite. En une seconde se dire: je libère.... Je jette au ciel ma voile inutile.
Et là, tu tires sur la poignée de gauche, celle qui libère la voile blanche, si fine, si petite, qui semble si fragile...
Le temps qu'elle se gonfle, tu en es où? Là tu sais que ton atterrissage risque de ne pas être doux du tout. Mais faut y aller...

çà, quand çà doit t'arriver, tu imagines le vide que tu dois ressentir en toi?
çà c'est de la gestion du stress...
J'ai vu un "ancien", une "figure" du para breton plier le pépin de secours (çà doit se déplier et replier 1 fois par an en France, uniquement par une personne qualifiée pour).
Je crois être restée une bonne demi heure la bouche ouverte. C'était énorme.
Me rappelant comment nous nous plions, les pros, et surtout les nazes comme moi. Notre voile principale.
Voir cet homme aligner les plis au micromètre près, calmement.. Clipser à la pince, avant de passer à l'autre côté...

On est bien peu de choses...
Un twist de trop, une connerie idiote... Faut réagir, vite et bien. Y a pas de bande d'arrêt d'urgence...

Est venu le second saut, et j'ai eu peur. Peur, terriblement peur. Peur de mourir étouffée. Au point que le mono a refermé la porte, et que j'ai gouté au bonheur pur d'atterrir en piqué, dans cet avion merveilleux capable de décoller sur 50m, d'atterrir sur les glaciers. Mon ange gardien suisse...
Ce jour là, tout mouvement était impossible. Couchée à terre, sur le carrelage, lever un bras faisait monter le coeur en flèche. Dans une combi noire, en toile genre kway, en plein soleil, vous imaginez... Et entassés à 8 dans un espace si restreint que vous n'imagineriez meme pas vous y assoir à 4...
Le soir est venu, le mono m'a dit: on y retourne?
Je suis prête.
Nous avons couru jusqu'à l'avion, couru en combi noire, sous les 40 minimum au soleil, hygrométrie maxi, le tonnerre au loin...
La porte s'est fermée.
Ils m'avaient tous dit: keep cool, zen, souffle au lieu de tenter de respirer...
J'ai regardé la porte, je l'ai regardée comme si je voulais la défoncer. A mon poignet gauche l'alti grimpait. 1200m, on largue les soldats...
2000m, on etouffe un peu plus... 3000m on met ses lunettes et son casque.. L'odeur du kérosène me fait tourner l'estomac, mais je regarde la porte. N de D de B de M....
On s'est tous tapé les mains, paumes contre paumes, puis poings contre poings.
La porte s'est ouverte. Est venu mon tour.
Si elle avait été fermée, je l'aurais défoncée du regard.
Pied droit au bord extrême de l'avion, l'air qui manque, qui manque, impossible d'en avaler une goulée. Genou gauche posé au bord, mains sur les genoux, tête en l'air.
Souffle....

J'ai fait n'importe quoi, mélangeant tous les signes... Mais j'ai soufflé, soufflé, l'air est revenu...
Et le nuage est arrivé...
Entrer dans la tiédeur blanche, épaisse, respirer de l'eau bouillante...
Si j'avais pu hurler je l'aurais fait, mais fallait que je tente de gérer... Sauf que je gérais rien :)
Sortie...
Altimètre..
Oh putain de merde!!!!!! 1500!!
La main droite lancée vers la fesse, je sens la main du mono qui était prêt à tirer à ma place. Il l'enlève, en sentant la mienne.
Choc...
Et là j'ai envie de gueuler, sauf qu'on m'entendrait à la radio, alors je gueule intérieurement.
P de M, que c'était bon!
Au prochain saut je sais que je ne mourrai pas du manque d'air, je vais enfin pouvoir me concentrer sur ma position, les gestes...

J'ai qu'une envie, c'est de voir cette satané porte s'ouvrir, s'ouvrir encore...
Finir par oublier la position, qui sera naturelle...
Enfin pouvoir regarder le paysage.
Enfin pouvoir gueuler de bonheur...

360 à droite, 360 à gauche..; je tire encore doucement, car j'ai peur de décrocher (la voile se plie, tu tombes comme une grosse merde). Mais la prochaine fois je tirerai plus fort, jusqu'à me mettre à l'horizontale (vous voyez? le corps horizontal dans l'air, et le parachute à l'horizontale aussi). Certains font même des loopings voile ouverte.

Atterrir?
Je suis pas douée :)
Un des monos qui s'était posé en tandem pas loin me dit: t'as déjà vu un avion rentrer le train AVANT l'atterrissage?
Non
Ben c'est ce que tu fais!
Après visionnage de la vidéo faite par ma fille, en effet, je rentre le train. Les jambes trop fléchies, c'est impossible d'y échapper. Les pieds se posent mais le centre de gravité est sur l'arrière, et je pose aussi mon backside :)

Après... Pliage, pliage, attente, attente..
Fin de la semaine, j'ai sauté que 2 fois. Météo abominable, combiné à un manque de monos.
Faut être patient, faut faire avec, surtout quand dès le départ on part avec un handicap: c'était pas la bonne semaine...
Absente la Laouen...
Avant le 2eme saut elle avait juré à son mono: nan promis, je regarderai la porte, et pas la plage :)
Je n'ai plus peur de la porte, plus peur du manque d'air. Il n'y a pas de portes, l'air est mon ami...

Posté par Laouenanig à 16:43 - mes courses AVEC moi même - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 juin 2009

aùel e ben

çà aurait du être un des jours les plus forts de sa vie.
En sensation.
En rêve fou, enfin à vivre.
Déjà, elle n'avait pas dormi du tout, ou presque, trop excitée.
Toute la journée, elle avait tenté de se concentrer, mémorisant les mouvements. Tout allait trop vite...

Quand ils ont couru vers l'avion, elle a marché, en rigolant: il ne partira pas sans moi.
Et la porte s'est refermé. Là dedans, personne ne pouvait plus respirer. Entassés, pire que des sardines en boite. Etouffant. Une chaleur terrible, pas un souffle d'air. En bas, le bidule censé indiquer le sens du vent pendant lamentablement.
Elle était censée atterrir face au vent. Aùel e ben...
Du vent, y en avait pas.

Dans l'avion, un des deux gars en treillis a entrouvert la porte coulissante de quelques centimètres. Elle a soupiré, enfin avalé un peu d'air.
A 1000m, les 2 soldats ont ouvert la porte en grand, et plongé. Ce n'était pas leur premier saut de la journée, ils étaient là depuis tôt ce matin, et sauteraient jusqu'au dernier avion.
La porte s'est refermée. Il fallait encore monter jusqu'à 4000m....
Etouffant...
Deux soldats en moins c'était un peu de place en plus pour tous.
L'avion a continué à grimper lentement, semblant ne pas avancer. Pourtant son moteur est puissant. Il grimpait par palier, et faisait des cercles larges...
Et là, il a suffit d'un peu de place en plus, et d'un virage, pour qu'elle voit.
Là bas, le Golfe...
Elle a toujours eu du mal à l'appeler le Golfe.
Pour elle, il est: Mor bihan... Tout simplement. Il a donné son nom au département. L'appeler Golfe du Morbihan, c'était inutile.
De là haut, on s'en rendait bien compte, qu'elle était petite, cette mer là.
Le soleil en face.. La terre qui paraissait noire, l'eau si lumineuse...
Au loin Houat, Hoedic, et Belle Ile... C'était la première fois qu'elle les voyait.
A côté, le moniteur lui faisait des gestes étranges de la main, qu'elle était censée connaître... Serrer les jambes, se cambrer, tirer sur les pieds, regarder l'altimètre, tirer sur ce -------- de machin qui déclenche l'ouverture...
Elle avait tout oublié.
Sauf la mer, qui danse, qui danse... Qui ne dansait même pas. Pas un souffle de vent, pas un vague souffle de vague...
Elle avait tout oublié.
Son regard s'est déporté vers l'Ouest... Oublié Belle Ile... Elle a vu Groix.
Et la Ria.
La Ria, si fine, vue de là haut. Si lumineuse... La Ria ressemblait à un rayon de soleil éclairant le ciel noir.
Et pourtant la terre n'était pas le ciel, la Ria n'était pas le soleil. Elle, elle était dans le ciel, à 4000m, et la porte allait s'ouvrir.
Pour elle. Fallait revenir sur Terre! Enfin, non, dans l'avion.
Mais... La Ria, un rayon de soleil...
Elle avait complètement oublié où elle était, ou presque. Suivant du coeur la longue plage, jusqu'à cette microscopique presque île de Gavres...
Elle aurait du avoir le coeur dans le rouge, le stress, la peur, l'angoisse, je ne sais pas.. C'était normal.
Mais son coeur battait trop fort, juste d'avoir vu LA PLAGE.
Si minuscule, vue de là haut, et pourtant si longue.. La plage de lumière, qui filait droit vers l'Ouest, encore et encore...
Elle a du le dire un peu fort...
Au retour, le mono lui a dit: tu n'étais pas du tout là, limite trop cool, au lieu de te concentrer, tu me nommais les Iles, et les plages...

La porte s'est ouverte.
Elle s'est avancée.
Le pied droit à ras le bord de l'avion.
Le genou gauche posé, au ras de l'avion aussi.
Les mains, sagement posées sur chaque genou.
La tête haute, regarder l'aile de l'avion, regarder en l'air...
Le mono à droite lui a demandé si elle était prête, elle a fait oui de la tête.
Le mono de gauche lui a demandé si elle était prête, elle a fait oui de la tête.
Alors, quand tu veux, lui ont ils dit...
Elle, à genoux face au vide, à 4000m, elle regardait la plage...
Encore et encore...
Encore...
Alors elle a lâché ses genoux, tendu en même temps jambes et bras...

Volé
Fait n'importe quoi
Atterri
Aùel e ben...

Posté par Laouenanig à 21:14 - mes courses AVEC moi même - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 juin 2009

Bro maen hir

Et toc...
Un comm de lemenhir m'a fait sourire. Comme tout le monde ici ne lit pas les comm, j'en fais profiter tout le monde:

Moi, j'ai toujours cru que l'on pouvait semer des graines de granit partout et au bout de quelques années, on obtenait de superbes menhirs...

Ce à quoi j'ai répondu:

chut... faut pas le dire ;)
sinon imagine le nombre de "Parisiens" qui vont aller faire la queue dans nos jardineries, acheter des graines de granit!

Quelques lignes, et hop, çà me donne envie de délirer un peu là dessus.
Je précise, pour mes lecteurs parisiens: ne vous sentez pas particulièrement visés. En Bretagne, le "Parisien" c'est tout individu non breton et n'ayant pas l'accent prononcé du Sud.
Le dit individu à l'accent du Sud étant bien entendu "le Marseillais".

10 ans en Finistère SUD ont laissé des traces: mon accent du sud est très marqué. Depuis que je vis dans l'extrême SUD BRETAGNE çà ne s'arrange pas.
Meuh bon, ici, en pays gallo, parfois on se demande si on y est encore, en Bretagne...

Si vous saviez avec quelle joie je "repasse la frontière", pouvant enfin lire des noms de lieux dits terminés par des "o"!
Bah oui: Morbihan (et extrême sud-est du Finistère) = terminaison pluriel en "o", et non en "ou" comme dans le reste de la vraie Bretagne.
oops... Voudrais je dire par là que la Bretagne- gallo ne serait déjà plus, enfin...
chuuuuuuuuuut ;)

Bah oui!!!
Quand on a vécu coincée entre 2 lieux dits au noms imprononçables (voire même intraduisibles), on fait quoi? on apprend le breton sur les noms des panneaux.
Certains étaient de vrais poèmes.
Ce qui est amusant, c'est que personne n'avait de vraie traduction sur le nom de ma maison. A force de franciser l'orthographe, çà avait du dériver grave... Tout ce que je savais c'est que bien entendu çà ne se prononçait pas du tout comme çà s'écrivait. En fait, çà "s'éternuait" plus que ce que çà se prononçait :)
Alors la Bretagne gallo hein... Ici, je joue presque à "re-traduire" ce que je lis.

Bon, revenons en aux menhirs..
Euh?
çà s'écrit pas menhirs bien entendu. Maen hir. C'est mieux.
re-euh?
Mein hir au pluriel?
Bon, compliquons pas hein!! Parce que si on veut compliquer, les puristes vont nous sortir que le maen hir n'existe pas, et que le "vrai" se dirait peulven. De "peul" (pieu) et ... maen :D
Qui muté (adouci) donne "ven".
Sont fous ces Bretons!
Warf, je me souviens m'être déjà demandée sur ce blog si on disait peulveno en vannetais. Mais bon.... comme avec "mon suisse allemand", il y a tellement de variantes: vannetais de l'ouest, de l'est, de la cote, du nord, du sud... pff..
Pep hini yezh e vro :)

Par chez moi, les Maen hir poussent comme de l'herbe folle. Contrairement à ceux de Carnac, on n'est pas obligé de faire la queue pour s'en approcher.
Mais bon contrairement à ceux dont parlent lemenhir dans son comm, ceux ci ne poussent pas en semant une graine de granit et en l'arrosant avec amour (le ciel s'en charge très bien merci).
Ici, il faut semer des graines de schiste rouge. Pas du gris hein!!!
Enfin, chez moi si, on sème du gris. Mais dans le champ de maen hir à 15km de là, quelqu'un avait du se balader avec les poches trouées, et des graines de schiste rouge dedans.
Un avant gout de Coet, de Brocéliande, du Val sans Retour, des hectares de landes pelées où le Parisien de base doit s'extasier (si il s'y perd): oh!!! y a des dolmens partout!
Bah non... Ici le schiste pousse de travers, çà a du remuer ferme là dessous.
Et çà continue de le faire, à chaque marée.
Là, le Parisien de base pense: meuh elle me prend pour un con???!!!
Et non. La terre bouge ici, au rythme des marées. Aucune vague ne joue à "çà s'en va et çà revient". Mais la terre se soulève, et retombe.. elle respire.
Ici, bien souvent, les grandes dalles de schistes horizontales sont passées en mode vertical.

Et çà pousse bien le schiste?
Oui, très bien.
Dommage qu'on n'ait pas vraiment le temps ici... Sinon, sur nos maisons, sur nos charpentes nues, on sèmerait quelques graines de schistes fins, celles qui, quand elles germent, se transforment en ardoises.
Pareil pour nos maisons. Si on avait le temps, le schiste pousserait tout seul. Mais bon, faut bien construire. Parce que la graine de ronce pousse bien plus vite que celle de schiste.

Et vous me prenez pour un con?
Nan, du tout...
Vous voulez me voir avec un pendule? Vous voulez que je vous mène à certains endroits bien précis? "Sentir" la Force, celle de la Terre, de la pierre...
La pierre est vivante?
Tout ce qui germe d'une graine l'est non? ;)
Si elle n'est pas vivante, c'est que je suis dingue. Elles m'en ont raconté, des histoires, les pierres!

Et le sable?
Le sable... Tu en sème un grain, et il pousse une dune. Là, le ciel n'a pas besoin d'arroser. C'est juste mon pote le vent qui bosse un peu. Semez un grain de sable, laisser faire le vent, laisser dorer doucement au soleil, parsemez de curry et..
De curry?
Cherchez pas à comprendre... Tiens, j'ai encore l'odeur du curry dans le nez...
Certaines plages bretonnes sentent le curry. Bon allez, je vous explique:
nom latin tiré de "spirale", et "or"... helichrysum stoechas. L'immortelle des dunes...
Mais je ne vous explique que le pourquoi de ce "curry" au milieu de ma phrase... Tout le reste était à vivre. Pas à écrire.
Terrible...
J'ai voulu la chercher sur le net, l'immortelle des dunes... Au hasard des pages, je suis tombée sur une photo. Celle de LA PLAGE.
Hasard?
Le hasard n'existe pas :)

Et les maen hir de granit alors?
Je reviens à mes maen hir, sinon je sens que je vais dériver lentement... Tenez, je viens de me faire une ligne de curry (pas de la plante, du vrai), histoire d'en remettre une couche.
Nan, même pas vrai. Pas besoin.
Et sincèrement, une ligne de curry c'est... woooooooooooow! Je sais, j'ai essayé (involontairement)
J'ai toujours préparé mon curry au mortier, en broyant et mélangeant les épices, sentant la chose, histoire de rajouter tel ou tel truc. Un jour j'ai mis le nez trop près. Inoubliable.. çà te file direct au cerveau! Perturbant. Jamais recommencé heureusement.
Donc, les maen hir de granit...

Y a les roses, les gris, les maen hir en microgranit, en macrogranit, en..
argh!!
j'ai fait 3 ans de géologie, je vous fais grâce de détails.
Dans les jardineries on ne trouve pas toutes les variétés. Il faut parfois chercher très loin, sur le net, l'adresse du druide, pour trouver la bonne graine.
Meuh bon, çà ne poussera que si vous la semez au bon endroit! Parfois la fleur s'adapte, pas le granit. N'allez pas faire pousser du gris dans un champ de rose! (de granit rose, pas de roses)
Alors suivez le conseil du vendeur, il connait les espèces locales.
Ou téléphonez moi: les pierres et moi on se connait. Je sais tout d'elles, de leurs surfaces jusqu'à leurs failles les plus profondes.

Donc, prochainement, dans nos jardineries, au rayon graines, le Parisien en vacances demandera à acheter des graines de maen hir. Pour embellir le jardin de sa résidence secondaire, ou tenter de le faire pousser chez lui (hérésie!!)
Et là, je dis: vive le maen hir libre!
Semez le en liberté, pas dans les espaces trop clos de vos jardins!
10 ans à s'échiner sur une terre ingrate, pour y faire pousser des fleurs, des arbres... Je voulais planter un malheureux godet 5x5, je prenais ma petite pelle, je commençais à creuser. zut, une pierre!
Là, je creusais un peu plus à droite, ou à gauche, pour tenter de dégager la pierre. Zut, elle va un peu plus loin. Je creusais plus profond, histoire de devenir l'épaisseur de la pierre. Aïe... du costaud! Il m'est parfois arrivé, pour un simple godet 5x5, de dégager la terre sur 50cm de long, la pierre continuait. Plus encore? oh oui...
Parfois je lachais prise, rebouchait le trou, et filait ailleurs planter mes fleurs. Mais ailleurs c'était souvent pareil. Ici, les graines avaient germé... sous terre :) les maen hir de schiste gris poussaient à l'horizontale. Alors parfois, têtue comme un caillou breton, je filais chercher l'ARME. Une barre à mine qui devait être aussi lourde que moi.
Je déplaçais le monstre, juste un peu, histoire de planter ma fleur. La pierre finissait là où elle avait été poussée.
Des cailloux, dans ce jardin là, çà ne manquait pas. Bizarrement j'en ai ramené d'ailleurs. Du Burren irlandais, et du pays bigouden. Du calcaire strié, restes de glaciers, et des galets arrondis de la côte.

J'ai hate de voir les résultats. Les Parisiens arriveront ils à faire pousser des maen hir?
Seuls ceux qui aiment vraiment le coin réussiront.
Quand aux autres...
Tiens, pour ceux qui ne connaissent pas. Voici une "parisienne", entendue sur le port de Douarnenez:
Un Parisien en vacances voudrait emporter un souvenir original. Etant un peu sentimental, il a pensé à rapporter de l'eau de mer. Mais ici dans le port, au milieu des bateaux de pêche, les irisations dues au gasoil ne l'inspirent guère.
Alors il demande à un pecheur qui sort en mer tous les jours, de lui ramener de l'eau du large, dans une bouteille.
Le pecheur prend la bouteille vide et quitte le port. Au retour de la marée, il tend au Parisien une bouteille à moitié pleine.
Le Parisien est déçu: bah.. j'aurais préféré une bouteille pleine, à sortir en mer pour la remplir autant le faire en plein.
Le Breton, grave, lui montre l'eau dans le port:
Vous voyez le niveau?
Bah, quoi?
Ben c'est marée basse. J'ai rempli qu'à moitié pour pas que çà déborde quand elle montera
Le Parisien, après une seconde de réflexion s'est écrié: mais oui, suis je bête.. merci beaucoup.

mmm.. combien de comm de Parisiens en colère vais je recevoir? :)
Personne ne sait vraiment si cette histoire est vrai. Mais sur la côte, on chuchote que "venant d'eux", tout est possible! :D

Quand aux graines de maen hir.. chut.. faudrait pas trop le dire fort hein?
De toute façon, allez, je l'avoue:
Celles que vous trouverez en jardinerie ne germeront jamais.
Il y a le menhir d'élevage, celui qui n'a aucun gout, qui ne parle pas, ne vole pas, ne respire pas. Graines stériles.
Et il y a le maen hir libre, élevé en plein air, sous le rude climat breton. Parfois il s'envole, d'un battement d'aile lourd, lourd... Dingue ce qu'une pierre devient gracieuse, dès qu'elle quitte le sol...  Vous croyiez quoi? Que ces pierres dressées l'étaient pour rien? La graine a germé, elle pousse, pousse, et un jour, quand la pierre sera assez grande, elle quittera le sol. Voler, et peut être se poser un peu plus loin. Rencontrer un autre menhir, et peut être faire des bébés menhir? Bah oui, produire des graines.
Oui, le maen hir libre produit des graines, à ramasser un jour bien précis. Celles ci germeront.

Pendant ce temps, en Baie de Douarn, dans Ys engloutie, les maen hir farceurs en tenue de plongée se racontent des histoires de Parisiens...
Et plus bas, bien plus bas, sur les plages qui sentent le curry, les petits oiseaux invisibles au sol, décollent, poussent leurs trilles (je ne connais aucun chant d'oiseau plus beau que celui de cet oiseau là), font un peu de sur place, descendent d'un palier, recommencent...
Au large semble flotter un immense maen hir couché, ou un bateau gigantesque. Enez Groe... sous le soleil, exactement.

An amzer a dremen
Hag an amzer ne dremeno biken

_smallAn_Intel___Ria026 

maen hir "poteau téléphonique", Queguil Brehet, Lokoal Mendon
euh? je vous prends pour des Parisiens? ;) J'adore rigoler!
En se décalant un peu çà donne çà, c'est plus logique:

_smallAn_Intel___Ria027

Il ne mesure que 3m, mais je l'adore. Une graine semée avec amour, c'est sur...

Posté par Laouenanig à 15:26 - Breizh - Ar Mor - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juin 2009

... encore (j'ai du mal avec les titres en ce moment) :)

Ce matin, ma grande et moi avons trié une tonne et demi de bordel un carton de vieilleries enfoui sous l'escalier. Au début, ma grande ne cherchait qu'un bouton, pour recoudre un short. Dans ce genre de carton, on entasse de tout, et surtout de rien. Je lui ai dit: tu y trouveras à coup sur des boutons. Elle en a trouvé, mais pas de la bonne taille.
Pendant ce temps, j'ai remis la main sur quelques vieilles photos qui m'ont fait sourire.
Il était facile de faire la transition entre le passé lointain et le passé proche, et même, pourquoi pas, entre ce passé lointain et le présent.

La première, vous la connaissez déjà. Prise en 1970 à Saint Cyr (sur mer). Presque 40 ans près je vis près de Saint Cyr (sur terre :)), j'ai toujours aussi mal aux yeux quand je regarde le soleil en face, et je suis toujours aussi à l'aise sur un bateau (à l'arret) :)
Meuh bon, j'ai tellement évolué dans pas mal de domaines, que je ne désespère pas. Tout est dans la tête, tout est dans la tête... Le vent et moi on est copains. Je ne ferai jamais le tour du monde en bateau (quoi que...) mais j'espère bien prendre plaisir à faire un tour au bout du monde... Et ici, le bout du monde n'est pas loin.

_smallP1060562

Celle d'après, c'est un peu mes débuts sur un vélo. 1970 peut être, quoi que, vu l'arrière plan, c'était peut être fin 69 (déménagement quand j'avais 2 ans)

_smallP1070525

Ce sont des photos de vieilles photos, je n'ai pas de scan. Pas simple... Mais quand je regarde les photos qui suivent  (photos de très mauvaises photos argentiques datant de 2004) je me dis qu'elles sont superbes.
Car entre 69 et 2004, j'avais fait quelques progrès (très tardifs).
J'ai photographié ces 2 horribles photos mates, qui ont été prise par un ancien de mon équipe. janvier 2004. Mon premier podium lors du National. Si il ne devait rester qu'un jour, dans ma période "cycliste", ce serait celui ci.

_smallP1070537

_smallP1070544

Les autres photos me représentent prenant la pose au jardin.
Il n'y aura aucune photo du présent, car je ne jardine plus.

_smallP1070517

_smallP1070532

_smallP1070548

Quand je regarde ces 3 dernières photos, je tire deux conclusions:

1) 69 était vraiment une année érotique: les robes étaient mini, mini, mini... :)
2) j'étais "limite blonde" :)

Et maintenant?
Je ne jardine plus, ici, rien ne pousse.
Mon jardin c'est le ciel, je cultive les étoiles, il y en a de nouvelles chaque jour. Cool non?
Pourtant, tout au fond, et parfois çà remonte à la surface, j'ai l'envie de semer une graine, de m'assoir tout près, en silence, d'espérer, et de la voir pousser. J'ai tout ce qu'il faut en moi pour qu'elle soit forte, cette liane, qui grimperait, s'accrochant à la lumière.
Droit vers le ciel, mon autre jardin.
Même si la fleur ne dure que l'espace d'un... je ne sais pas. A vivre...

Posté par Laouenanig à 12:40 - pensée du jour - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 juin 2009

de la légèreté et de la grâce.. parkour

Hier, quelque part à Rennes... Quelques photos (au sol)

_smallP1070462_22

Je posterai d'autres photos (sans effets relou cette fois) plus tard. Même si mes photos n'ont rien de spectaculaire. Allez donc saisir l'envol!
Sur le net on trouve un peu partout des vidéos de traceurs hyper expérimentés. A vous donner le vertige rien qu'en descendant votre escalier. Ou à vous donner l'envie de sauter de toit en toit, c'est au choix. :)
Hier, à Rennes, un groupe de jeunes s'est réuni pour s'éclater, s'entrainer, partager leur expérience. Je n'ai pas pu suivre partout, car seuls  les plus expérimentés d'entre eux sont allés sur certains sites interdits, afin de ne pas se faire jeter. Ils ont continué jusqu'au jour tombant, et j'étais rentrée depuis longtemps, pour cause d'enfants KO. Seule, j'aurais suivi.
Il me faut maintenant envoyer toutes ces photos par mails, avec quelques vidéos. Et les poster sur FB ou autre, pour qu'ils puissent tous les récupérer.
A tous ceux qui ralent devant les jeunes qui bougent un peu trop en bas de chez eux, en bmx, en skate, en roller, et même.. en volant:
ouvrez les yeux. La jeunesse est belle, saine, et elle a quelque part en elle ce que vous avez perdu: le rêve.
Heureusement... Je suis de ceux qui vivent les leurs.

_smallP1070387_22

_smallP1070366_22

_smallP1070371_22

Posté par Laouenanig à 08:20 - symboles - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juin 2009

être guerrier...

Warf.. J'ouvre le blog, et je lis que certains se demandent où je peux bien être...
Et hop, il suffit que je recommence à écrire, et que je laisse une semaine passée, et mes lecteurs s'interrogent.
Non, je ne fais pas la grève du clavier, je ne suis pas non plus partie en retraite spirituelle dans une grotte.
Je n'ai juste.. rien à dire :)
Mais je viens vous le dire, afin que vous ne vous inquiétez pas!

Que devient Laouen?
Bah.. elle est en vrac. Mais alors, en vrac total!
Une accumulation de petits riens, et de grands beaucoup, qui fait que le moral dérape, et que donc, le corps suit.
Insomnies, fatigue, cercle vicieux.
Je n'en parle pas. Car déjà çà ne concerne que moi. Certains amis ont eu droit à un résumé maladroit. Va t'en résumer çà!
Je me suis rendue compte qu'en parler ne faisait qu'aggraver le malaise, car cela met bien les points sur les i, même sur les mots ne comptant pas de "i". :)
Comme me disait L, ce n'est pas la phrase finale, qui fait mal... C'est l'autre, celle un peu loin dans le passé, celle qui ouvre la porte.
Reste cet espace trop exigu pour s'y faufiler, et à trop se cogner, même si on sait qu'on n'entrera pas, on se blesse.

Trève de blabla sans aucune signification pour vous!
Donc, Laouen est en vrac, et n'a même plus le sport pour se remonter le moral.
Car quand on est sportif, on n'aime pas se traîner. Et quand on est HS, logique, on se traîne. A regarder son chrono, ce qui est totalement inutile car on sait où on en est au vu des sensations, on déprime encore plus.
Cette accumulation de petits ou grands trucs fait que je pense actuellement ne même pas m'aligner au départ de la course que je voulais faire. Complètement HS et HS. Le 2eme HS signifiant "hors sujet".
Courir pour courir, ok, mais courir pour souffrir et finir 1h derrière l'avant dernier, non. Car Laouen n'abandonne JAMAIS, même bien plus loin que le bout de ses forces.
M'enfin, la vie est ainsi, faut faire avec. Tu prévois, tu te donnes un objectif, et boum. On verra bien. Têtue je suis...

Que vous raconter.. aucune anecdote croustillante, une semaine à bailler et ne rien faire.
Ah si tiens, il y a eu un épisode marrant tout de même, mardi matin.
Depuis quelques jours, des camions militaires tournaient un peu partout dans les villages du coin, et sur tous les sentiers de la forêt où je cours souvent.
J'en avais parlé à un pote facebook, en 1ere année à euh.. disons à "l'euh est ce aime". (je ne mets pas les vraies initiales, histoire de ne pas attirer du lecteur ici). Bref, vous savez, l'école où l'on porte un bien joli plumeau sur la tête :D
Le jeune m'avait dit: nan, c'est pas nous! Et m'avait cité toute la liste des écoles, années par années, avec leurs localisations théoriques pour la semaine.
Mardi matin, je file en voiture à la pharmacie, pour un truc urgent. Entre ma maison et la route, un chemin de 50m bordé d'herbes hautes. 50m après la maison, au niveau du panneau indiquant le nom de la maison, un groupe de 5 guerriers armés jusqu'aux dentiers.
çà surprend! L'un d'eux avait même suspendu son fusil mitrailleur au panneau de la maison. J'aurais du descendre faire une photo, mais je n'avais rien sur moi, dommage, c'était à mourir de rire.
Je baisse ma vitre. Ils disent tous, en jeunes hommes polis qu'ils sont, "bonjour Madame".
Je rigole toujours devant la réaction des civils du village quand ils se font "encercler" par 100 bonhommes armés plein de peinture sur le visage.. Là, les gars doivent penser que je suis moi aussi terrorisée. Faut dire, je comprends les petits vieux: il m'a fallu une seconde de réflexion avant de me rendre compte que l'un des 5 était vraiment noir, sous sa peinture :D
Sure de moi (enfin, sure de ce qu'on m'avait dit!!!) je demande: vous êtes de Vannes? On m'a dit qu'il y avait peut être des gars de Vannes par chez moi, en entraînement pour l'Afgha.
Un autre pote facebook, qui lui s'était servi de ses 3 ans à Saint Cire :)) pour booster sa carrière civile avait émis cette idée..
Parfois, mon profil FB ressemble à un vrai forum militaire. Entre l'ancien sorti des Ecoles en 2007 je crois bien, et le jeune bleu, les commentaires sont parfois étranges, et aucun autre de mes contacts n'est capable de piger notre langage. Moi, je rigole, çà va, je gère!
L'un des gars me répond: non madame, nous sommes des Ecoles.
Inutile de préciser lesquelles, vu notre situation géographique.
Ah bon??? point d'interrogationnaije? Méééééééééé! J'ai un pote à "l'euh est-ce aime 3" (1ere année à Saint Cire) qui m'a dit: non,il n' y a personne de chez nous chez toi, c'est pas possible. Je cite, de mémoire, la localisation théorique de tout le monde.
Là, les gars se rendent compte que bien que civile de la brousse, j'ai une certaine culture militaire locale :)
Alors, ces jeunes guerriers si polis rigolent, et lâchent un:
"l'euh est-ce aime? pffff... des cons!"
Ecroulée de rire dans ma voiture, je ne cherche pas à continuer sur ce terrain glissant. Il me suffirait pourtant de leur dire:
bah.. "mes 2 potes disent exactement la même chose de vous", pour que çà parte en vrille.
Si un responsable quelconque passait, et voyait ses gars pliés en 2, çà ne le ferait pas... Ils sont en exam final m'ont ils dit en se présentant. C'était d'ailleurs pas la peine de le faire. Le "c'est des cons" suffisait à me faire comprendre qui ils étaient.
Je me contente de.. leur donner raison, avec un grand sourire, et sans en rajouter.
L'amour absolu règne entre ces 2 écoles, et rien ne change... C'est un petit jeu entre eux, c'est pas méchant. Les 2 écoles étant d'ailleurs d'accord pour taper ensemble sur la 3eme...
M'enfin, les gars, vous auriez pu le dire avec tact, délicatesse, classe... Bon ok, le naturel çà a du bon! :) Ils se sont lâchés quand ils ont vu que je maîtrisais le sujet.
Mon pote ex Saint Cire de FB et moi, quand on part en vrille sur nos profils respectifs sur ce sujet nous restons maîtres de notre vocabulaire. Dignes, classes, tout en finesse, c'est de la vanne de précision :)

Il m'avait dit: si tu croises un groupe en manoeuvre, amène de la bière et des gâteaux. Vu la température et la bruine, je pense que les gars auraient préféré du café. Mais n'ayant qu'une cafetière à dosettes, c'était pas le top! Dommage pour eux, 5 minutes après ils avaient changé de carrefour, et j'ai entendu une rafale de tirs. J'imaginais en rigolant la tête des vieux du hameau!
Déjà, ces camions qui nous débouchaient sans prévenir des sentiers, nous coupant souvent la route, çà devait les terroriser, alors des tirs!

Moi, je continuais à rire...
Je suis rentrée changer mon statut facebook, écrivant en gros: "l'euh est-ce aime"? c'est tous des cons!, signé "l'euh aime i-a 1" en planque dans mon jardin"
S'en est suivi un délire de force 12 sur l'échelle de l'humour. Partir en vrille, çà fait du bien!
Mais bon, vous vous ne pouvez pas comprendre ce dont je parle. Faut vivre ici, et les côtoyer parfois.

Maman Laouen qui n'a pas grandi donne plein de mauvais conseils au petit bleu par ex... Pas encore trop la grosse tête, et une mentalité de môme de 16 ans pas fini.. aïe... de quoi avoir des doutes sur l'avenir de l'armée française :) Je ne le connais que virtuellement, c'est marrant.
Change pas je lui ai dit! Avoir un grain de folie n'est pas forcément incompatible avec ta future carrière, faut juste savoir cloisonner!
Tu es tout fou, mais contrairement aux fous, c'est pas un entonnoir que tu as sur la tête, c'est un plumeau :p
Mouais, je lui cause comme une maman complice parlerait à son fils (vu les 20 ans de différence d'âge!) ou comme une vieille grande soeur déconneuse le ferait à son petit frère.
J'ai par contre promis de le surveiller de loin lors du bal de fin d'année. Il angoisse un peu devant la horde de filles à marier qui se pressent lors du grand marché aux bestiaux final. T'inquiète! Maman Laouen te défendra si une essaie de te mettre la corde au cou contre ton gré! C'est qu'il veut profiter de la vie ce garçon. Les filles ne sont pas vraiment dangereuses, le pire ce sont les mères qui poussent leurs génisses dans les bras des jeunes officiers.

Mais le môme, même si il a encore beaucoup à apprendre, m'a pourtant fait une réflexion énorme il y a quelques soirs..
Je ne sais plus comment çà a commencé, peu importe.. Encore un statut bizarre, qui fait que souvent çà part en vrille...
Je n'ai pas l'habitude de raconter ma vie sur FB, et encore moins les détails vraiment perso. Mais certains très rares petits futés comprennent, c'est une question de complicité, voire même d'empathie.
Ce soir là, pourquoi ai je parlé de chocolat... Y a tellement de manière d'en manger du chocolat... Comme un goinfre, ou avec classe.. Piquant dans la tablette, ou se faisant nourrir...
Mouais, y avait vraiment rien de précis dans cette phrase qui parlait de péché, et de chocolat. Toute en sous entendu. Ce jeune là ne sait vraiment rien de ma vie...
Aimant vanner le petit bleu, j'ai juste ajouté: "c'est çà qu'ils vous apprennent aux Ecoles?"
Faut croire que le sous entendu était parlant, il a du imaginer. Le môme a répondu: "non, çà çà s'apprend pas. çà c'est la classe naturelle".
Le sourire en réponse aurait mérité une photo.. J'ai dit "merci, tu confirmes ce que je savais déjà, mais je ne me sentais pas assez objective pour en juger".

Mouais, çà, çà s'apprend pas.
"Prends en de la graine", à rajouté ma fille, lisant mes statuts comme on lit une pièce de théâtre comique..
çà, c'est un trip mère/fille, ce "prends en de la graine", que l'on se sort souvent, en souvenir d'une gamelle mémorable en ski pendant l'hiver 2007 alors qu'elle était justement censée montrer à son frère ce qu'il fallait faire :)

Je continue dans le vrac.. Etre guerrier, ce n'est pas forcément avoir un FM à accrocher au panneau de la maison de Laouen...
Ce weekend, j'emmène mes gosses à Rennes. Quand j'ai dit pourquoi à ma fille, elle a été surprise. Puis ravie. C'est pas du tout du concert classique, c'est pas du ballet classique non plus... çà va envoyer fort, déchirer grave, et nous en mettre plein les yeux.
J'espère faire de belles photos, bien que je sache que mon appareil sera dépassé totalement.
Plus haut, plus fort, plus vite, plus loin...
C'est pas du ballet classique, c'est bien plus beau encore, c'est de l'art, de l'art sur béton, en mouvement. Ils sont jeunes, très jeunes, et ils font rêver l'aventurière que je suis. Liberté ultime...
En visionnant des vidéos sur le net, j'étais tombée sur une qui disait, à la fin:
"être un guerrier, ce n'est pas une question de perfection, ni de victoire, ni d'invulnérabilité.
Le guerrier est totalement vulnérable: c'est le seul vrai courage."

Ce matin, malgré que je sois HS, je suis allée courir en forêt. Je devais faire une séance très dure, la pire de toute la prépa.
Bien entendu, vu la fatigue, j'ai été lamentable.
Comment expliquer: un circuit de 20 min dans ce que j'appelle "une carrière". En fait, c'est un bout de forêt avec des pentes hallucinantes. Tu descends à bloc, 40% mini, dans une cuvette, et çà remonte illico à bloc, un vrai mur. Il est totalement impossible de récupérer, et le coeur s'affole même en descente. La fatigue aidant, les descentes deviennent dangereuses car tu ne gères plus rien. Le coeur tape à bloc, les jambes déclarent forfait.
J'y avais emmené ma fille l'an dernier, et elle m'avait dit: je n'y retournerai plus JAMAIS! :) Trop éprouvant. Ici, si tu passes en vtt, tu vas moins vite qu'à pied. Pour ne pas s'épuiser, il faudrait faire le circuit en marchant, et encore.. Au trot (allure jogging lent) c'est déjà mortel.
Après 40 min de chauffe, je devais faire 3 tours le plus vite possible. J'ai bouclé le 1er en 18'48", et ce n'était pas encourageant. Terrain hyper glissant et lourd du à la pluie incessante cette semaine, mais pas de sensations, si ce n'est les jambes de plomb.
Un entrainement comme çà, si près d'un objectif, çà casse le moral car çà te montre que tu n'es pas prêt, et que tu ne le seras pas.
J'ai quand même fait un 2eme tour au courage, en 17'29". J'ai cru exploser. D'ailleurs, je l'ai fait!
Le guerrier est totalement vulnérable... c'est clair...
Mais Laouen est têtue, et j'étais bien décidée à faire le 3eme, même en marchant. En fin de récup, juste avant d'attaquer le début du circuit, j'avais le regard du guerrier. A cet instant, même Mike Tyson se serait fait dessus en me voyant, sérieux! :)
Le regard du guerrier, ce n'est pas forcément un regard de tueur. Y a de la classe dedans... Je peux pas vous expliquer... Peut être même une pointe de désespoir.. non, c'est plus serein... allez, de désespoir serein :) de celui qui va donner, ou se donner, avec noblesse, en sachant que peut être...
Tu vas chercher en toi un truc immense, qui te pousse à avancer, même si ton coeur et tes jambes ont dit non. Bien sur, çà n'a pas été glorieux...
Comme d'hab, je suis allée chercher une motivation étrange, un petit jeu entre moi et moi. Je suis sure que si j'en discutais avec des ados, ils me diraient faire pareil (pas forcément pour la course). Du genre: si tu fais moins de 17'29" malgré l'épuisement, tu le...
Et si tu descends sous les 17'15", alors..
Je ne termine même pas ma phrase, autant demander à notre ami Oussama d'entrer à l'Armée du Salut, ou bien à Cindy Sans Derse de réciter la table de multiplication par 9 à l'envers sans se tromper à 9x0 = 0... :)
Oui, ces petits trucs, c'est aussi con que de faire un voeu en regardant une étoile filante... Des rêves.
Heureusement, il y a les rêves....
Et les rêves sont fait pour faire rêver...
Dur, très dur... J'entrerai dans la carrière, quand nos aînés n'y seront plus... j'y trouverai leur poussière, et la trace de leur vertus... J'y ai trouvé de la boue, des pentes encore plus raides à chaque passage, la trace de mes pas. La lumière à suivre. L'envie. Malgré TOUT.
Je ne me suis pas lâchée à 100% dans les derniers 500m qui pourtant étaient "roulants". Si je l'avais fait, j'aurais gagné une dizaine de secondes, mais brulé trop de forces. Surcompensation.. Faut en garder au cas où finalement je m'aligne à la compet.
Mais j'ai fini en accélération constante sur 500m, en gérant.
Regardé ma montre: 16'47". Souri....

Les guerriers sont vulnérables...
Je l'espère.

Posté par Laouenanig à 15:56 - pensée du jour - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »