face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

Your time is limited, so don't waste it living someone else's life...

L'éternité, c'est... maintenant...

04 juillet 2009

Nord2501 N160 (2)

Note aux lecteurs arrivés ici en tapant Nord Atlas, Nord2501, voire même, soyons fous, Nord2501 N160:
SVP, racontez moi... J'aimerais savoir.
L'histoire de cet avion là. Merci
Lisez aussi ce que j'ai posté un peu plus bas, dans ce post ci (cliquez sur "post ci") :)

Voici donc quelques photos en détail du numéro 160, prises par temps pourri. J'y retournerai sous le soleil...

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La queue du Nord, vue de l'Etendard IV M.

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Note pour les blondes: ceci est le CUL de l'avion, ok :)
Il est tellement symétrique, on pourrait s'y tromper. Les hélices sont de l'autre côté! :)

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T'as un beau cul tu sais!
euh...tain, je commence à avoir l'humour relou... :)

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No comment... J'en ai une d'un des chasseurs à côté qui est pire, je la poste ici même si ce n'est pas une photo du Nord:

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Revenons au Nord2501

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Voici donc la photo qui me pose problème...
Une baleine, un lévrier (ou une levrette).
Si quelqu'un sait, merci de me laisser un comm.

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Bon, là c'est l'avant hein! :)

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Nord2501 N160

Au club para, on m'avait dit: plus loin, sur la route, y a un cimetière d'avions...
Le plafond était si bas, on ne pouvait pas sauter. Alors je suis allée marcher. Pas trouvé de cimetière d'avions. J'ai peut etre mal cherché.
Pas cherché du tout en fait. Au bout de la route, soudain, dans un virage, j'ai vu l'avant de l'Avion. Et là j'ai ralenti le pas, fallait pas se presser.
çà n'était pas la première fois que j'allais en voir un. Mais cette fois ci on serait seuls, lui et moi, tout près.
Ce jour là, complètement larguée, je me suis dit: il va m'aider. Il l'a fait.
Faudra que j'y retourne dimanche, quand le musée (çà en est un) sera ouvert. Je veux connaitre l'histoire du numéro 160. Savoir d'où il vient... Je sais comment trouver la réponse, mais le forum où elle est écrite est ultra privé. Faut avoir été ou être para militaire pour y accéder.

Comment expliquer... Cet avion là et moi... Je n'en avais vu que de très loin, posés sur un rond point du Sud, je ne me souviens plus...
Cette histoire d'amour remontait à bien plus loin. Et là aussi je ne m'en souviens plus. Comme si j'étais née en l'aimant déjà.
D'ailleurs, c'était exactement çà.

A 18 ans, je sortais avec un jeune qui rentrait du service militaire. Il avait choisi les fusiliers commandos, à "perdre" un an, autant s'éclater un max. Para à Pau, puis revenu dans le Sud Est. J'avais vu quelques photos. Le Nord2501, puis son remplaçant, qui me laissait froide.
J'avais entendu parler du bruit, des cloisons d'alu qui vibraient... On a toujours eu peur qu'un rivet pète disait il...
C'était en 1985...
La Grise a été définivement réformée en 89.
La Grise, c'est son surnom affectueux, au SNCAN Nord2501.
Connu de tous sous le nom de Nord Atlas.

Je ne vais pas vous raconter son histoire, vous la lirez sur internet si vous la cherchez.
Il y a eu le Nord2500, le proto, puis le 2501, jusqu'au 2508. Certains protos ont été construits, d'autres non.
Certains ont eu une fin tragique, comme le numéro 2 du nom...
Je vous fais grace des dimensions, du nombre de cv des moteurs, je vous fais grace de tout.
Cet avion là, je l'aime, c'est tout.

La Grise, je l'aimais bien avant d'être née.
Et il y eu ce livre.... Oh mon Dieu, quand j'y repense...
Tout çà remonte loin, très loin dans une autre vie. Une vie où j'avais des amis. Le plus farouche d'entre eux, finistérien, était pire qu'un porc épic, impossible de l'approcher.
J'avais fini par y arriver, et un soir, après une course de vélo, nous étions tous (mon ex mari et mes enfants) allés chez lui. Là, il m'avait prêté ce livre, qui lui venait de son père, pilote de Grise. Dédicacé par je ne sais quel haut gradé du coin.
Il me l'avait posé dans les mains, comme on confie toute sa richesse, et je ne parle pas là d'argent.
Rien que ce geste était immense.
Les mois avaient passé, et sur moi la tempête. La folie aveugle d'un homme m'avait fait perdre tous mes amis...

L'amour du 2501, lui, était resté.
Pourquoi, je n'en sais rien. Il y avait plus beau, plus grandiose, plus puissant, plus rapide, que mon "suppositoire volant".
Car à bien le regarder, il ressemble un peu à un suppositoire volant. Non, c'est faux, puisqu'il n'a pas de "bout pointu". Il est tout rond, si rond qu'on pourrait presque se demander où est le devant et où est le derrière si on est vraiment blonde :)

Pourquoi? Pourquoi se poser la question? Je l'aime, c'est tout.
Et inconsciemment, c'est lui qui m'a poussée, à 42 ans, à filer droit vers Vannes un matin de mai, pour réserver mon stage PAC.
Rêvant, car je ne peux pas m'empêcher de rêver, de passer un jour mon brevet C, pour avoir le droit d'espérer, juste espérer...
Sauter du Nord2501.
Impossible...
Il en reste un en état de marche, qui "fait" les meetings aériens. Mais pour sauter dedans, doit falloir faire partie des bonnes asso, avoir certainement été para pro et sauté dedans avant, être ultra pistonné, être.. élu. Pas élu local hein, élu, c'est tout.
Reste le rêve.
Je saute d'un Pilatus Porter, c'est de la Grise que je rêve...

Là bas, au bout de la route, je suis allée vers le Nord2501 N160. J'ai d'abord fait des photos des autres avions, l'Etendard, le Dassault, le Vought... Avant de revenir vers la Grise, comme on s'approche avec respect et émotion de l'amour de sa vie.
D'une de mes vies :)
C'est beau d'aimer!

J'ai fait quelques photos, sous le ciel ultra gris. Un avion gris, sous un ciel gris...
J'ai voulu me prendre au retardateur, la joue contre l'alu. Puis assise devant.
En repartant, je l'ai embrassé sur le museau, le front contre l'alu, les yeux fermés, juste posé mes lèvres sur le métal tiède.

J'y suis retournée le lendemain, avec les enfants. Sous le soleil. Mais pas le temps, car je devais rentrer au club, pour ... attendre le moment où je pourrai sauter.
J'ai encore embrassé la Grise, avant de partir.
Avant, les enfants avaient fait une photo.
Maintenant, en la regardant, je comprends mon geste...

Le Nord2501 N160 ne volera plus jamais.
Je suis sous son museau, le dos courbé. Son nez repose sur mon dos, et j'ai les bras ouverts.
Lui ne volera plus jamais.
Moi je l'aime, et je lui ai donné mes ailes....

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la dernière est une "auto photo". Si vous n'y voyez pas de l'amour, alors... vous n'avez jamais aimé

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D'autres photos en détail, dans un autre post

Posté par Laouenanig à 14:09 - symboles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juillet 2009

Aùel e ben (4)

Quelques photos

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défilé de mode ridicule? mouais! casque rouge, combi noire et verte, çà fait limite power ranger!

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Quand l'avion arrive il faut courir (euh, le kéro coute cher!!). c'est moi qui suis devant, car je vais poser mes fesses au fond de l'avion. Logiquement: ceux qui sautent en premier (à 1200m) montent en dernier, assis contre la porte par terre

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Voilà mon ange suisse. Pilatus PC 6, appellé Pilatus Porter. Le meilleur avion qui existe pour sauter. Ce machin là peut décoller en situation d'urgence sur 50m, atterrir sur des glaciers. Utilisé par les Suisses dans les secours montagne.

Avant, le club sautait avec celui ci. (photo trouvée sur le Net, je m'excuse auprès de l'auteur de ne pas copier le lien, j'ai oublié)
Après réflexion, ils ont bien fait de le changer, sinon...
J'aurais vraiment raté la limite d'ouverture du pépin, trop occupée à le regarder descendre!!

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bon, çà c'est moi. Position de merde. En fait il faut avoir les bras en l'air, là je dois être en train de freiner. On dirait aussi que je suis sur un cheval invisible, limite ridicule! C'est vrai que les sangles gênent mais bon, pas à ce point!

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Et quand tu es par terre tu te dis: oh N de D de B de M... toutes ces suspentes qui vont être emmelées tout à l'heure..
Le pro, il entre dans le hangar, il secoue à peine son pépin, et hop, tout est en place!
Le mien, on dirait des guirlandes de Noel emmelées. De quoi piquer une crise! :)

Allez, on continue. Je vous montre un peu de pliage, en vous faisant grace des explications

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Les sacs vides sont à terre, les cordes (suspentes) démélées, la voile pend à un crochet. Il faut "ranger" les bords, plier, faire un joli boudin.
Les 2 gars sont des commandos, eux ils ont aucun problème. Moi?
euh?
Je suis blonde intérieure en parachutisme :)

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Il faut se coucher sur le boudin, chasser l'air, plier, plier, plier.. comme il faut. Et ensuite faire rentrer le tout DANS LE BON SENS dans un sac minuscule.
çà parait simple? ben çà l'est pas!!
Parce que ton sac de couchage, qui doit rentrer dans un sac de 15cm de long, si il est mal plié et froissé, c'est pas grave!
Là... boum

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Et ensuite il faut fermer le sac, en tirant comme un malade sur les élastiques (qui pètent, bien entendu).
En faisant çà, on love les suspentes (les cordes)
Mais attention!! Si on twiste.... quand çà va s'ouvrir, çà va vriller, vriller... et là tu essaies de détordre, çà prend du temps, et si çà marche pas faut libérer, et tirer le pépin de secours. Tout çà en quelques secondes chrono.

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Voilà donc le lovage terminé. Franchement, c'est là que je merde toujours, en mettant le sac dans le harnais, je retourne, et c'est pas bon...
Pour info, la voile de secours est dans le haut du sac, c'est plus du tout un ventral comme on disait avant.

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Après faut fermer le harnais. En tirant comme un malade sur une drisse, passée dans un loop.
Trop technique?
Bah, va t'en appeler çà autrement!
Au final, on ferme le tout par une simple "aiguille", le crochet.
Mouais, on est bien peu de choses :)

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Fin de la séance photo!
Demain, si j'ai le temps je vous montrerai l'avion de ma vie. Pas mon ange gardien suisse, non, .. celui qui m'a donné envie de sauter.
Celui que j'aimais avant même d'être née, je pense...

J'évite aussi de vous parler de "l'humour para".
Il suffit de taper quelques mots pour arriver ici, et çà pourrait être mal interprété.
Vous savez comment ils appellent les filles qui sautent?
Les sky pouffes :)
Franchement, çà m'éclate!
Moi, c'est plutôt le stade "sky gourde".
Mais maintenant que j'ai gouté au bonheur de voler...

Sauter, face au vent
Atterrir, face au vent
Vivre, aùel e ben...

Posté par Laouenanig à 17:15 - mes courses contre moi même - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Aùel e ben (3)

Oui, vous avez raison, je n'ai pas parlé des sensations.
Que dire...
Pour expliquer ce que je vis en ce moment, il me faudrait plus qu'un blog, et plus que des mots.
C'est marrant, j'ai pas du tout envie d'en parler. Si vous saviez à quel point je suis crevée...

Le premier saut...
Ah bon? j'ai sauté?
En fait, c'était presque çà...
Gros problème de gestion du stress. Et çà n'avait rien à voir avec le stress du saut. Enfin, pas à 100%.
Ce qui est effarant, c'est qu'en fait on croit que l'on va se sentir chuter. Et on ne sent rien! Rien, rien, rien... Je me suis même demandée un instant si j'avais bien quitté l'avion! Le "poids" de l'air est tel qu'on est couché dessus.
On croit être couché dessus. Mais on descend à 60m/s.
50 secondes de chute libre en apnée, la bouche ouverte, rien ne rentrait. J'ai cru mourir (sincèrement).
L'air est revenu peu à peu... Altimètre... ok
Tirer, choc.

Et je me suis retrouvée pendue à une aile...
Et là, j'ai eu le mal de mer...
Trop de stress, trop de fatigue...
J'avais peur d'atterrir, et pas de sauter.
Maintenant je savais. Sauter était LE PROBLEME. enfin, pas sauter: RESPIRER.
Manoeuvrer, atterrir, c'était doux, très doux. Trop doux puisque çà tanguait un peu :)

Et est venu le 2eme jour... Et le 3eme, et le 4eme...
Et la pluie a commencé.
Les heures, les jours passés vautrée sur un tapis, à attendre.
Je n'ai même pas le courage de vous parler du pliage du pépin. çà ne passionnera personne.
C'est une sensation étrange... C'est hyper complexe, et en plus çà te fout la trouille: car le lendemain, tu auras ce truc là sur le dos :)
Heureusement il y a des contrôles. Mais tu peux pas t'en empêcher... et si, et si...
Toi, tu mets 1h à le plier (et encore, si y a quelqu'un pour contrôler) alors que le commando marine d'à côté le fait en 10 min... c'est un métier! :)

Heureusement il y a le pépin de secours.
Et là tu te fais le film... TU DOIS TE LE FAIRE. Faut être prêt.
Je tire, rien ne se passe. Ou bien la voile merde un max. Twists, mal gonflée, corde qui pète etc...
Alors là, tu fais quoi? Tu t'évanouis? Faut réagir, savoir si c'est gérable, ou pas.
Tu chutes, à 60m/s, et tu es déjà à 1200m environ le temps de te rendre compte que ta voile a merdé.
Alors il faut gérer. Tirer sur la poignée de droite. En une seconde se dire: je libère.... Je jette au ciel ma voile inutile.
Et là, tu tires sur la poignée de gauche, celle qui libère la voile blanche, si fine, si petite, qui semble si fragile...
Le temps qu'elle se gonfle, tu en es où? Là tu sais que ton atterrissage risque de ne pas être doux du tout. Mais faut y aller...

çà, quand çà doit t'arriver, tu imagines le vide que tu dois ressentir en toi?
çà c'est de la gestion du stress...
J'ai vu un "ancien", une "figure" du para breton plier le pépin de secours (çà doit se déplier et replier 1 fois par an en France, uniquement par une personne qualifiée pour).
Je crois être restée une bonne demi heure la bouche ouverte. C'était énorme.
Me rappelant comment nous nous plions, les pros, et surtout les nazes comme moi. Notre voile principale.
Voir cet homme aligner les plis au micromètre près, calmement.. Clipser à la pince, avant de passer à l'autre côté...

On est bien peu de choses...
Un twist de trop, une connerie idiote... Faut réagir, vite et bien. Y a pas de bande d'arrêt d'urgence...

Est venu le second saut, et j'ai eu peur. Peur, terriblement peur. Peur de mourir étouffée. Au point que le mono a refermé la porte, et que j'ai gouté au bonheur pur d'atterrir en piqué, dans cet avion merveilleux capable de décoller sur 50m, d'atterrir sur les glaciers. Mon ange gardien suisse...
Ce jour là, tout mouvement était impossible. Couchée à terre, sur le carrelage, lever un bras faisait monter le coeur en flèche. Dans une combi noire, en toile genre kway, en plein soleil, vous imaginez... Et entassés à 8 dans un espace si restreint que vous n'imagineriez meme pas vous y assoir à 4...
Le soir est venu, le mono m'a dit: on y retourne?
Je suis prête.
Nous avons couru jusqu'à l'avion, couru en combi noire, sous les 40 minimum au soleil, hygrométrie maxi, le tonnerre au loin...
La porte s'est fermée.
Ils m'avaient tous dit: keep cool, zen, souffle au lieu de tenter de respirer...
J'ai regardé la porte, je l'ai regardée comme si je voulais la défoncer. A mon poignet gauche l'alti grimpait. 1200m, on largue les soldats...
2000m, on etouffe un peu plus... 3000m on met ses lunettes et son casque.. L'odeur du kérosène me fait tourner l'estomac, mais je regarde la porte. N de D de B de M....
On s'est tous tapé les mains, paumes contre paumes, puis poings contre poings.
La porte s'est ouverte. Est venu mon tour.
Si elle avait été fermée, je l'aurais défoncée du regard.
Pied droit au bord extrême de l'avion, l'air qui manque, qui manque, impossible d'en avaler une goulée. Genou gauche posé au bord, mains sur les genoux, tête en l'air.
Souffle....

J'ai fait n'importe quoi, mélangeant tous les signes... Mais j'ai soufflé, soufflé, l'air est revenu...
Et le nuage est arrivé...
Entrer dans la tiédeur blanche, épaisse, respirer de l'eau bouillante...
Si j'avais pu hurler je l'aurais fait, mais fallait que je tente de gérer... Sauf que je gérais rien :)
Sortie...
Altimètre..
Oh putain de merde!!!!!! 1500!!
La main droite lancée vers la fesse, je sens la main du mono qui était prêt à tirer à ma place. Il l'enlève, en sentant la mienne.
Choc...
Et là j'ai envie de gueuler, sauf qu'on m'entendrait à la radio, alors je gueule intérieurement.
P de M, que c'était bon!
Au prochain saut je sais que je ne mourrai pas du manque d'air, je vais enfin pouvoir me concentrer sur ma position, les gestes...

J'ai qu'une envie, c'est de voir cette satané porte s'ouvrir, s'ouvrir encore...
Finir par oublier la position, qui sera naturelle...
Enfin pouvoir regarder le paysage.
Enfin pouvoir gueuler de bonheur...

360 à droite, 360 à gauche..; je tire encore doucement, car j'ai peur de décrocher (la voile se plie, tu tombes comme une grosse merde). Mais la prochaine fois je tirerai plus fort, jusqu'à me mettre à l'horizontale (vous voyez? le corps horizontal dans l'air, et le parachute à l'horizontale aussi). Certains font même des loopings voile ouverte.

Atterrir?
Je suis pas douée :)
Un des monos qui s'était posé en tandem pas loin me dit: t'as déjà vu un avion rentrer le train AVANT l'atterrissage?
Non
Ben c'est ce que tu fais!
Après visionnage de la vidéo faite par ma fille, en effet, je rentre le train. Les jambes trop fléchies, c'est impossible d'y échapper. Les pieds se posent mais le centre de gravité est sur l'arrière, et je pose aussi mon backside :)

Après... Pliage, pliage, attente, attente..
Fin de la semaine, j'ai sauté que 2 fois. Météo abominable, combiné à un manque de monos.
Faut être patient, faut faire avec, surtout quand dès le départ on part avec un handicap: c'était pas la bonne semaine...
Absente la Laouen...
Avant le 2eme saut elle avait juré à son mono: nan promis, je regarderai la porte, et pas la plage :)
Je n'ai plus peur de la porte, plus peur du manque d'air. Il n'y a pas de portes, l'air est mon ami...

Un soir, elle avait écrit: c'est pas sur Vannes que je veux sauter, c'est dans tes bras...
Là, aussi, tout est une question d'attente....

Posté par Laouenanig à 16:43 - mes courses AVEC moi même - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 juin 2009

aùel e ben (2)

çà aurait du être un des jours les plus forts de sa vie.
En sensation.
En rêve fou, enfin à vivre.
Déjà, elle n'avait pas dormi du tout, ou presque, trop excitée.
Toute la journée, elle avait tenté de se concentrer, mémorisant les mouvements. Tout allait trop vite...

Quand ils ont couru vers l'avion, elle a marché, en rigolant: il ne partira pas sans moi.
Et la porte s'est refermé. Là dedans, personne ne pouvait plus respirer. Entassés, pire que des sardines en boite. Etouffant. Une chaleur terrible, pas un souffle d'air. En bas, le bidule censé indiquer le sens du vent pendant lamentablement.
Elle était censée atterrir face au vent. Aùel e ben...
Du vent, y en avait pas.

Dans l'avion, un des deux gars en treillis a entrouvert la porte coulissante de quelques centimètres. Elle a soupiré, enfin avalé un peu d'air.
A 1000m, les 2 soldats ont ouvert la porte en grand, et plongé. Ce n'était pas leur premier saut de la journée, ils étaient là depuis tôt ce matin, et sauteraient jusqu'au dernier avion.
La porte s'est refermée. Il fallait encore monter jusqu'à 4000m....
Etouffant...
Deux soldats en moins c'était un peu de place en plus pour tous.
L'avion a continué à grimper lentement, semblant ne pas avancer. Pourtant son moteur est puissant. Il grimpait par palier, et faisait des cercles larges...
Et là, il a suffit d'un peu de place en plus, et d'un virage, pour qu'elle voit.
Là bas, le Golfe...
Elle a toujours eu du mal à l'appeler le Golfe.
Pour elle, il est: Mor bihan... Tout simplement. Il a donné son nom au département. L'appeler Golfe du Morbihan, c'était inutile.
De là haut, on s'en rendait bien compte, qu'elle était petite, cette mer là.
Le soleil en face.. La terre qui paraissait noire, l'eau si lumineuse...
Au loin Houat, Hoedic, et Belle Ile... C'était la première fois qu'elle les voyait.
A côté, le moniteur lui faisait des gestes étranges de la main, qu'elle était censée connaître... Serrer les jambes, se cambrer, tirer sur les pieds, regarder l'altimètre, tirer sur ce -------- de machin qui déclenche l'ouverture...
Elle avait tout oublié.
Sauf la mer, qui danse, qui danse... Qui ne dansait même pas. Pas un souffle de vent, pas un vague souffle de vague...
Elle avait tout oublié.
Son regard s'est déporté vers l'Ouest... Oublié Belle Ile... Elle a vu Groix.
Et la Ria.
La Ria, si fine, vue de là haut. Si lumineuse... La Ria ressemblait à un rayon de soleil éclairant le ciel noir.
Et pourtant la terre n'était pas le ciel, la Ria n'était pas le soleil. Elle, elle était dans le ciel, à 4000m, et la porte allait s'ouvrir.
Pour elle. Fallait revenir sur Terre! Enfin, non, dans l'avion.
Mais... La Ria, un rayon de soleil...
Elle avait complètement oublié où elle était, ou presque. Suivant du coeur la longue plage, jusqu'à cette microscopique presque île de Gavres...
Elle aurait du avoir le coeur dans le rouge, le stress, la peur, l'angoisse, je ne sais pas.. C'était normal.
Mais son coeur battait trop fort, juste d'avoir vu LA PLAGE.
Si minuscule, vue de là haut, et pourtant si longue.. La plage de lumière, qui filait droit vers l'Ouest, encore et encore...
Elle a du le dire un peu fort...
Au retour, le mono lui a dit: tu n'étais pas du tout là, limite trop cool, au lieu de te concentrer, tu me nommais les Iles, et les plages...

La porte s'est ouverte.
Elle s'est avancée.
Le pied droit à ras le bord de l'avion.
Le genou gauche posé, au ras de l'avion aussi.
Les mains, sagement posées sur chaque genou.
La tête haute, regarder l'aile de l'avion, regarder en l'air...
Le mono à droite lui a demandé si elle était prête, elle a fait oui de la tête.
Le mono de gauche lui a demandé si elle était prête, elle a fait oui de la tête.
Alors, quand tu veux, lui ont ils dit...
Elle, à genoux face au vide, à 4000m, elle regardait la plage...
Encore et encore...
Encore...
Alors elle a lâché ses genoux, tendu en même temps jambes et bras...

Volé
Fait n'importe quoi
Atterri
Aùel e ben...

Posté par Laouenanig à 21:14 - mes courses AVEC moi même - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juin 2009

aùel e ben...

Ce blog s'est toujours appelé avel a benn. C'est ma bannière, indiquant son seul nom français, qui en a peu à peu gommé le vrai nom.
Avel a benn, face au vent, "vent debout, "çà sonne comme un dépliant touristique.
Il doit en exister des tonnes, des maisons portant ce nom, de jolies maisons d'hôte, faisant bien couleur locale.
Avel... Parait il que çà s'écrirait "awel".
Ceci étant confirmé par mon énoooooooooorme dico d'étymologie bretonne.
M'enfin, ce dico est il une référence? bonne question. Je teste mes connaissances bretonnes dessus, c'est tout.
Qui a dit "ce dico est il aux tests de Laouen la solution?
Là, je vois Loic lever le doigt, me trompais je? Un certain J-L, roi de la vanne, pourrait lever le doigt aussi :)

Laouen ne boit pas!!!
Enfin... çà m'arrive parfois. Soupiiiiiiiiiir...

Pourquoi ces bla bla sur "avel"? Tout est parti ce matin, sur facebook, un blabla en amenant un autre, j'ai parlé des amers.
Pas des âmes qui errent, pas de sa mère non plus, pas des sombres héros de l'amer, non, des amers.
Des amers bretons.
Tiens.. en parlant de mère! Je rentre faire la pause fraicheur, entre 2 épisodes bronzette, je regarde mes mails. Un message de facebook:
MM (ma fille, aussi surnommée MiniMoi) indique que vous êtes sa mère (elle a cliqué sur son profil, et rajouté mon nom à la case "mère") sur Facebook.
Pour confirmer ce lien de parenté, cliquez sur le lien ci dessous.

1) je suis sa mère, uniquement sur facebook, ou tout le temps?
ben oui! il est écrit "que vous êtes sa mère sur facebook"!!
2) confirmer, confirmer... On entend souvent dire "ce jour là, j'étais absente"... quand on parle du jour où a été conçu l'enfant.
Bah non, j'étais pas absente, je le reconnais donc: MM est ma fille!!!!!!!
3) mmmm... mon fiston est aussi sur FB, pour jouer à des jeux idiots. Je vais lui demander de confirmer qu'il est bien mon fils.
4) non, je n'étais pas absente non plus ce jour là
5) après avoir confirmé mutuellement, mes enfants et moi, nos liens de parentés, vais je devoir demander de confirmer à mon ex mari (qui fait partie de mes contacts FB) qu'il est bien mon ex mari?
6) mon ex(éphémère) mec faisant encore (c'est étrange, pourquoi il m'a pas virée?) partie de mes contacts FB dois je lui demander de confirmer qu'il est mon ex mec ? :D
7)... ET LE PRESENT DANS TOUT CA? argh... mon présent, il est pas sur FB, il est en mer!! çà sonne comme mère, manque juste un "e".
8) et le futur? let it be...

Attention!
J'ai indiqué, morte de rire, en comm sur mon profil FB que j'étais prête à baffer grave de chez grave le premier relou qui allait me demander de confirmer qu'il était mon futur mec.
NON MAIS OHHHHH!
Moi y en a être, mmmmm... comment dire?
La femme d'un seul homme.
Capito?
Le premier qui s'approcherait trop près verrait Laouen se transformer en chat-ninja, griffes sorties, dents acérées, tornade sifflante et crachante, et hop.. transformé en pâté le monsieur...

Revenons en à nos amers...
Il sonne bizarre ce mot. Négatif.
Alors qu'un amer, c'est toujours positif. Le repère, celui qui guide, vers la côte.
J'aurais du mal à dire quel est celui que j'aime le plus. Bon, il y a celui de Porz Theolen bien sur, mon abri de coeur, quelque part entre Douarn et Beg ar Van...
Mais je me souviens de ceux du Finistère nord, de cette côte fabuleuse entre le Conquet et Pontusval (Brignogan).
oh N de D... le coucher de soleil sur cette minuscule route, le sable qui la recouvre, du côté de Meneham à Kerlouan...

Pourquoi penser aux amers?
Parce qu'ils aident les bateaux à rentrer?
Oui, une image qui me plait.
Je me vois, plantée debout sur une plage, un amer vivant, à attendre, attendre...
Sauf que c'est pas vraiment un bateau que j'attends.
Mouais... ce mot là "amer", il sonne trop négatif. Me faudrait son équivalent breton.
Merk.. le repère. Que l'on peut aussi écrire Merch, d'après ce que j'ai compris. A ne pas confondre avec merc'h, "la fille" :)
Mais va savoir comment ils s'appellent vraiment, les amers...
Il y a "un breton" par Breton..

Tenez, mon avel a benn.. ou awel a benn...
ben...
justement, en vannetais, ce serait aùel e ben.
Mais lequel de vannetais hein? Celui de Quimperlé (29), du Faouet, de Gourin, de Baud, de Lorient, d'Auray, de la Ria, de Vannes, du Golfe des Iles?
e ben... je ne suis pas prête de m'en sortir. Pauvre Laouen, qui aime bien jouer avec les mots, coincée entre sa Bretagne et ses millions de variantes du breton, et ses vacances dans des pays où elle n'a jamais entendu 2 Suisses parler le même language... (ne pas confondre avec les 3 suisses qui eux te livrent (en toutes les langues) en 24h chrono))

Ce matin, je voulais écrire. çà m'est venu, comme la marée, irrésistible.
Sauf que face à l'écran: rien.
Oh.. ke c bo Laouen ce ke tu écris quand tu as mal....
çà ne vous rappelle rien çà?
Passé lointain...

Et là, avec cette envie d'écrire qui se déverse en moi à la vitesse d'un cheval au galop butant sur la saloperie de digue du Mont Saint Michel.. (euh, discrète revendication écologique :))) je n'arrive pas à coucher un mot.
Non, rien. Pudeur... Limite sacrilège.
Alors je retourne me coucher dehors, sur le ventre. Il y a un vent léger qui me caresse doucement le duvet du dos. Aùel e dran.. (vent arrière)
Et je rêve.

Ecrire quoi?
Je suis fatiguée de courir, d'aller chercher le plus haut, le plus loin, géographiquement parlant.
J'ai juste envie de marcher, le long des sentiers de ton corps.
Et de m'y poser

Posté par Laouenanig à 15:48 - mon âme à nu - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 juin 2009

Bro maen hir

Et toc...
Un comm de lemenhir m'a fait sourire. Comme tout le monde ici ne lit pas les comm, j'en fais profiter tout le monde:

Moi, j'ai toujours cru que l'on pouvait semer des graines de granit partout et au bout de quelques années, on obtenait de superbes menhirs...

Ce à quoi j'ai répondu:

chut... faut pas le dire ;)
sinon imagine le nombre de "Parisiens" qui vont aller faire la queue dans nos jardineries, acheter des graines de granit!

Quelques lignes, et hop, çà me donne envie de délirer un peu là dessus.
Je précise, pour mes lecteurs parisiens: ne vous sentez pas particulièrement visés. En Bretagne, le "Parisien" c'est tout individu non breton et n'ayant pas l'accent prononcé du Sud.
Le dit individu à l'accent du Sud étant bien entendu "le Marseillais".

10 ans en Finistère SUD ont laissé des traces: mon accent du sud est très marqué. Depuis que je vis dans l'extrême SUD BRETAGNE çà ne s'arrange pas.
Meuh bon, ici, en pays gallo, parfois on se demande si on y est encore, en Bretagne...

Si vous saviez avec quelle joie je "repasse la frontière", pouvant enfin lire des noms de lieux dits terminés par des "o"!
Bah oui: Morbihan (et extrême sud-est du Finistère) = terminaison pluriel en "o", et non en "ou" comme dans le reste de la vraie Bretagne.
oops... Voudrais je dire par là que la Bretagne- gallo ne serait déjà plus, enfin...
chuuuuuuuuuut ;)

Bah oui!!!
Quand on a vécu coincée entre 2 lieux dits au noms imprononçables (voire même intraduisibles), on fait quoi? on apprend le breton sur les noms des panneaux.
Certains étaient de vrais poèmes.
Ce qui est amusant, c'est que personne n'avait de vraie traduction sur le nom de ma maison. A force de franciser l'orthographe, çà avait du dériver grave... Tout ce que je savais c'est que bien entendu çà ne se prononçait pas du tout comme çà s'écrivait. En fait, çà "s'éternuait" plus que ce que çà se prononçait :)
Alors la Bretagne gallo hein... Ici, je joue presque à "re-traduire" ce que je lis.

Bon, revenons en aux menhirs..
Euh?
çà s'écrit pas menhirs bien entendu. Maen hir. C'est mieux.
re-euh?
Mein hir au pluriel?
Bon, compliquons pas hein!! Parce que si on veut compliquer, les puristes vont nous sortir que le maen hir n'existe pas, et que le "vrai" se dirait peulven. De "peul" (pieu) et ... maen :D
Qui muté (adouci) donne "ven".
Sont fous ces Bretons!
Warf, je me souviens m'être déjà demandée sur ce blog si on disait peulveno en vannetais. Mais bon.... comme avec "mon suisse allemand", il y a tellement de variantes: vannetais de l'ouest, de l'est, de la cote, du nord, du sud... pff..
Pep hini yezh e vro :)

Par chez moi, les Maen hir poussent comme de l'herbe folle. Contrairement à ceux de Carnac, on n'est pas obligé de faire la queue pour s'en approcher.
Mais bon contrairement à ceux dont parlent lemenhir dans son comm, ceux ci ne poussent pas en semant une graine de granit et en l'arrosant avec amour (le ciel s'en charge très bien merci).
Ici, il faut semer des graines de schiste rouge. Pas du gris hein!!!
Enfin, chez moi si, on sème du gris. Mais dans le champ de maen hir à 15km de là, quelqu'un avait du se balader avec les poches trouées, et des graines de schiste rouge dedans.
Un avant gout de Coet, de Brocéliande, du Val sans Retour, des hectares de landes pelées où le Parisien de base doit s'extasier (si il s'y perd): oh!!! y a des dolmens partout!
Bah non... Ici le schiste pousse de travers, çà a du remuer ferme là dessous.
Et çà continue de le faire, à chaque marée.
Là, le Parisien de base pense: meuh elle me prend pour un con???!!!
Et non. La terre bouge ici, au rythme des marées. Aucune vague ne joue à "çà s'en va et çà revient". Mais la terre se soulève, et retombe.. elle respire.
Ici, bien souvent, les grandes dalles de schistes horizontales sont passées en mode vertical.

Et çà pousse bien le schiste?
Oui, très bien.
Dommage qu'on n'ait pas vraiment le temps ici... Sinon, sur nos maisons, sur nos charpentes nues, on sèmerait quelques graines de schistes fins, celles qui, quand elles germent, se transforment en ardoises.
Pareil pour nos maisons. Si on avait le temps, le schiste pousserait tout seul. Mais bon, faut bien construire. Parce que la graine de ronce pousse bien plus vite que celle de schiste.

Et vous me prenez pour un con?
Nan, du tout...
Vous voulez me voir avec un pendule? Vous voulez que je vous mène à certains endroits bien précis? "Sentir" la Force, celle de la Terre, de la pierre...
La pierre est vivante?
Tout ce qui germe d'une graine l'est non? ;)
Si elle n'est pas vivante, c'est que je suis dingue. Elles m'en ont raconté, des histoires, les pierres!

Et le sable?
Le sable... Tu en sème un grain, et il pousse une dune. Là, le ciel n'a pas besoin d'arroser. C'est juste mon pote le vent qui bosse un peu. Semez un grain de sable, laisser faire le vent, laisser dorer doucement au soleil, parsemez de curry et..
De curry?
Cherchez pas à comprendre... Tiens, j'ai encore l'odeur du curry dans le nez...
Certaines plages bretonnes sentent le curry. Bon allez, je vous explique:
nom latin tiré de "spirale", et "or"... helichrysum stoechas. L'immortelle des dunes...
Mais je ne vous explique que le pourquoi de ce "curry" au milieu de ma phrase... Tout le reste était à vivre. Pas à écrire.
Terrible...
J'ai voulu la chercher sur le net, l'immortelle des dunes... Au hasard des pages, je suis tombée sur une photo. Celle de LA PLAGE.
Hasard?
Le hasard n'existe pas :)

Et les maen hir de granit alors?
Je reviens à mes maen hir, sinon je sens que je vais dériver lentement... Tenez, je viens de me faire une ligne de curry (pas de la plante, du vrai), histoire d'en remettre une couche.
Nan, même pas vrai. Pas besoin.
Et sincèrement, une ligne de curry c'est... woooooooooooow! Je sais, j'ai essayé (involontairement)
J'ai toujours préparé mon curry au mortier, en broyant et mélangeant les épices, sentant la chose, histoire de rajouter tel ou tel truc. Un jour j'ai mis le nez trop près. Inoubliable.. çà te file direct au cerveau! Perturbant. Jamais recommencé heureusement.
Donc, les maen hir de granit...

Y a les roses, les gris, les maen hir en microgranit, en macrogranit, en..
argh!!
j'ai fait 3 ans de géologie, je vous fais grâce de détails.
Dans les jardineries on ne trouve pas toutes les variétés. Il faut parfois chercher très loin, sur le net, l'adresse du druide, pour trouver la bonne graine.
Meuh bon, çà ne poussera que si vous la semez au bon endroit! Parfois la fleur s'adapte, pas le granit. N'allez pas faire pousser du gris dans un champ de rose! (de granit rose, pas de roses)
Alors suivez le conseil du vendeur, il connait les espèces locales.
Ou téléphonez moi: les pierres et moi on se connait. Je sais tout d'elles, de leurs surfaces jusqu'à leurs failles les plus profondes.

Donc, prochainement, dans nos jardineries, au rayon graines, le Parisien en vacances demandera à acheter des graines de maen hir. Pour embellir le jardin de sa résidence secondaire, ou tenter de le faire pousser chez lui (hérésie!!)
Et là, je dis: vive le maen hir libre!
Semez le en liberté, pas dans les espaces trop clos de vos jardins!
10 ans à s'échiner sur une terre ingrate, pour y faire pousser des fleurs, des arbres... Je voulais planter un malheureux godet 5x5, je prenais ma petite pelle, je commençais à creuser. zut, une pierre!
Là, je creusais un peu plus à droite, ou à gauche, pour tenter de dégager la pierre. Zut, elle va un peu plus loin. Je creusais plus profond, histoire de devenir l'épaisseur de la pierre. Aïe... du costaud! Il m'est parfois arrivé, pour un simple godet 5x5, de dégager la terre sur 50cm de long, la pierre continuait. Plus encore? oh oui...
Parfois je lachais prise, rebouchait le trou, et filait ailleurs planter mes fleurs. Mais ailleurs c'était souvent pareil. Ici, les graines avaient germé... sous terre :) les maen hir de schiste gris poussaient à l'horizontale. Alors parfois, têtue comme un caillou breton, je filais chercher l'ARME. Une barre à mine qui devait être aussi lourde que moi.
Je déplaçais le monstre, juste un peu, histoire de planter ma fleur. La pierre finissait là où elle avait été poussée.
Des cailloux, dans ce jardin là, çà ne manquait pas. Bizarrement j'en ai ramené d'ailleurs. Du Burren irlandais, et du pays bigouden. Du calcaire strié, restes de glaciers, et des galets arrondis de la côte.

J'ai hate de voir les résultats. Les Parisiens arriveront ils à faire pousser des maen hir?
Seuls ceux qui aiment vraiment le coin réussiront.
Quand aux autres...
Tiens, pour ceux qui ne connaissent pas. Voici une "parisienne", entendue sur le port de Douarnenez:
Un Parisien en vacances voudrait emporter un souvenir original. Etant un peu sentimental, il a pensé à rapporter de l'eau de mer. Mais ici dans le port, au milieu des bateaux de pêche, les irisations dues au gasoil ne l'inspirent guère.
Alors il demande à un pecheur qui sort en mer tous les jours, de lui ramener de l'eau du large, dans une bouteille.
Le pecheur prend la bouteille vide et quitte le port. Au retour de la marée, il tend au Parisien une bouteille à moitié pleine.
Le Parisien est déçu: bah.. j'aurais préféré une bouteille pleine, à sortir en mer pour la remplir autant le faire en plein.
Le Breton, grave, lui montre l'eau dans le port:
Vous voyez le niveau?
Bah, quoi?
Ben c'est marée basse. J'ai rempli qu'à moitié pour pas que çà déborde quand elle montera
Le Parisien, après une seconde de réflexion s'est écrié: mais oui, suis je bête.. merci beaucoup.

mmm.. combien de comm de Parisiens en colère vais je recevoir? :)
Personne ne sait vraiment si cette histoire est vrai. Mais sur la côte, on chuchote que "venant d'eux", tout est possible! :D

Quand aux graines de maen hir.. chut.. faudrait pas trop le dire fort hein?
De toute façon, allez, je l'avoue:
Celles que vous trouverez en jardinerie ne germeront jamais.
Il y a le menhir d'élevage, celui qui n'a aucun gout, qui ne parle pas, ne vole pas, ne respire pas. Graines stériles.
Et il y a le maen hir libre, élevé en plein air, sous le rude climat breton. Parfois il s'envole, d'un battement d'aile lourd, lourd... Dingue ce qu'une pierre devient gracieuse, dès qu'elle quitte le sol...  Vous croyiez quoi? Que ces pierres dressées l'étaient pour rien? La graine a germé, elle pousse, pousse, et un jour, quand la pierre sera assez grande, elle quittera le sol. Voler, et peut être se poser un peu plus loin. Rencontrer un autre menhir, et peut être faire des bébés menhir? Bah oui, produire des graines.
Oui, le maen hir libre produit des graines, à ramasser un jour bien précis. Celles ci germeront.

Pendant ce temps, en Baie de Douarn, dans Ys engloutie, les maen hir farceurs en tenue de plongée se racontent des histoires de Parisiens...
Et plus bas, bien plus bas, sur les plages qui sentent le curry, les petits oiseaux invisibles au sol, décollent, poussent leurs trilles (je ne connais aucun chant d'oiseau plus beau que celui de cet oiseau là), font un peu de sur place, descendent d'un palier, recommencent...
Au large semble flotter un immense maen hir couché, ou un bateau gigantesque. Enez Groe... sous le soleil, exactement.

An amzer a dremen
Hag an amzer ne dremeno biken

_smallAn_Intel___Ria026 

maen hir "poteau téléphonique", Queguil Brehet, Lokoal Mendon
euh? je vous prends pour des Parisiens? ;) J'adore rigoler!
En se décalant un peu çà donne çà, c'est plus logique:

_smallAn_Intel___Ria027

Il ne mesure que 3m, mais je l'adore. Une graine semée avec amour, c'est sur...
J'irai re photographier ceux qui poussent par chez moi, un matin brumeux si possible.
Pour l'instant, j'ai semé une graine. Pas une graine de granit, ni de schiste, ni même de sable...
J'ai la patience des pierres (quoi que ;))
J'espère qu'elle poussera. Le vent, la lumière, la terre, l'eau, tout est avec moi.
Et en moi est le feu.

Posté par Laouenanig à 15:26 - Breizh - Ar Mor - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juin 2009

... encore (j'ai du mal avec les titres en ce moment) :)

Ce matin, ma grande et moi avons trié une tonne et demi de bordel un carton de vieilleries enfoui sous l'escalier. Au début, ma grande ne cherchait qu'un bouton, pour recoudre un short. Dans ce genre de carton, on entasse de tout, et surtout de rien. Je lui ai dit: tu y trouveras à coup sur des boutons. Elle en a trouvé, mais pas de la bonne taille.
Pendant ce temps, j'ai remis la main sur quelques vieilles photos qui m'ont fait sourire.
Il était facile de faire la transition entre le passé lointain et le passé proche, et même, pourquoi pas, entre ce passé lointain et le présent.

La première, vous la connaissez déjà. Prise en 1970 à Saint Cyr (sur mer). Presque 40 ans près je vis près de Saint Cyr (sur terre :)), j'ai toujours aussi mal aux yeux quand je regarde le soleil en face, et je suis toujours aussi à l'aise sur un bateau (à l'arret) :)
Meuh bon, j'ai tellement évolué dans pas mal de domaines, que je ne désespère pas. Tout est dans la tête, tout est dans la tête... Le vent et moi on est copains. Je ne ferai jamais le tour du monde en bateau (quoi que...) mais j'espère bien prendre plaisir à faire un tour au bout du monde... Et ici, le bout du monde n'est pas loin.

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Celle d'après, c'est un peu mes débuts sur un vélo. 1970 peut être, quoi que, vu l'arrière plan, c'était peut être fin 69 (déménagement quand j'avais 2 ans)

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Ce sont des photos de vieilles photos, je n'ai pas de scan. Pas simple... Mais quand je regarde les photos qui suivent  (photos de très mauvaises photos argentiques datant de 2004) je me dis qu'elles sont superbes.
Car entre 69 et 2004, j'avais fait quelques progrès (très tardifs).
J'ai photographié ces 2 horribles photos mates, qui ont été prise par un ancien de mon équipe. janvier 2004. Mon premier podium lors du National. Si il ne devait rester qu'un jour, dans ma période "cycliste", ce serait celui ci.

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Les autres photos me représentent prenant la pose au jardin.
Il n'y aura aucune photo du présent, car je ne jardine plus.

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Quand je regarde ces 3 dernières photos, je tire deux conclusions:

1) 69 était vraiment une année érotique: les robes étaient mini, mini, mini... :)
2) j'étais "limite blonde" :)

Et maintenant?
Je ne jardine plus, ici, rien ne pousse.
Mon jardin c'est le ciel, je cultive les étoiles, il y en a de nouvelles chaque jour. Cool non?
Pourtant, tout au fond, et parfois çà remonte à la surface, j'ai l'envie de semer une graine, de m'assoir tout près, en silence, d'espérer, et de la voir pousser. J'ai tout ce qu'il faut en moi pour qu'elle soit forte, cette liane, qui grimperait, s'accrochant à la lumière.
Droit vers le ciel, mon autre jardin.
Même si la fleur ne dure que l'espace d'un... je ne sais pas. A vivre...

Posté par Laouenanig à 12:40 - pensée du jour - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juin 2009

...

Et vous vous dites: elle est encore repartie.. rien à dire.
Non..
Enfin, disons que si il fallait que je vous résume la semaine passée, j'en ferai un roman. Et je ne suis pas sure, j'en suis même certaine, de réussir à trouver les mots.
Parce que les mots hein? Même un académicien poussiéreux n'en a pas assez dans son dico.

Là, avant de ressortir traîner un peu au soleil, en mangeant du chocolat, je voulais juste en poser quelques uns. Mais voilà que je ne sais pas du tout quoi écrire.

Mon statut facebook du moment est un truc bien vaseux, que personne ne comprendra. Des mots qui sonnent creux, et pas creux de 12m, car un creux de 12m est... une montagne liquide.
J'ai tapé: la mer existe, je l'ai rencontrée. le ciel, la mer, si libres, et pourtant si étroitement proches, à s'aimer. Dans une autre vie, je voudrais être vague légère, celle qui en un soupir caresse le ciel du frisson de sa peau.
Pourquoi çà?
Va comprendre...
Existe il d'amants plus liés, et en même temps plus libres, que la mer et le ciel?
Et la vague... Certaines viennent jusqu'au rivage, mais la plupart restent très loin. Oui, le dos de la vague caresse le ciel, retombe, caresse encore, retombe... encore et encore. Encore est un mot fabuleux.

Je devais courir en compet ce WE, je n'ai pas couru. Non, ce WE j'ai ... va t'en résumer çà. Partagé. Partagé n'est pas mal. Disons que par pudeur j'évite l'emploi de certains verbes qui font presque mal quand on les écrit.
Euh? Bande de dépravés va!!! Si je dis par pudeur, vous pensez immédiatement que je parle là de verbes à forte connotation, comment dire... pfffffffff :)
Nan, y a juste des mots qui peuvent faire peur. Peur quand on les dit, peur quand on les entend. Tu penses: faut pas y croire, faut pas, faut pas, faut pas...
Faut pas te lacher, faut pas, faut pas...
Ce qu'il faut surtout pas, pourtant, c'est en avoir peur, de ces mots là.
Et telle la chèvre de monsieur Seguin, tu luttes un moment, sachant que l'envie est la plus forte, et que tu plongeras.
Le bonheur peut être douloureux quand il est intense, mais tu trouves l'équilibre, le fil tremble, balance, vibre, et bras ouverts tu avances. Tu es bien, et tu ne cherches plus à savoir ni pourquoi, ni comment, ni combien, ni quand, ni où, ni rien du tout qui puisse se finir par un point d'interrogation.
Tu vis l'ici et maintenant, laissant plein de points de suspension comme des silences sur une portée. Tiens... Un silence, en musique, se nomme un soupir :)
Moui, tu es bien...
Tu ne vas pas écrire des trucs définitifs du genre "si je cherchais une définition de l'infini il me suffirait de penser à telle ou telle minute"...
L'infini hein? pfffffff...
Ou bien: je suis montée si haut que même le ciel, si il avait des yeux, aurait du les lever pour me regarder.
Parce que le "si haut" hein? pfffffffff....
Ou encore: je suis allée en un instant si loin qu'il m'est désormais impossible d'employer l'expression "à plus loin".
Non, je ne vais pas écrire çà. Parce que pour écrire çà, il aurait fallu que je "mesure".
Et franchement, j'étais trop occupée à vivre!
Alors je me contente de dire que j'étais BIEN, BIEN, BIEN, BIEN, BIEN, BIEN, BIEN, et encore BIEN. Si vous en voulez plus écrivez moi, je fais des tarifs préférentiels pour grandes quantités. :)
Ah oui, c'est sur, je n'ai pas pu m'empêcher, à un moment, de chercher, amusée, à quand remontait la dernière fois où je m'étais sentie, un peu dans cet état là (bien que tout à fait différent, va comprendre!!)
mmm.. loin au siècle dernier!

Sauf qu'à cette époque, je n'avais pas tout compris... Confondant tout, envie et besoin par ex. Amour et possession, aussi. Et qu'à cette époque, le ici et maintenant n'était qu'un brouillon.
Wahhh.. çà peut faire peur à l'autre, de dire un truc pareil, que tu n'as été aussi biiiiiiiiiiien depuis un siècle (d'ailleurs je suis sure que çà lui a fait peur).
Et pourtant, y a pas de quoi! Que du bonheur...

La mer était belle, nous l'avons regardée, et elle nous a regardé elle aussi.
Et sur ce bout de plage, sur le sable tiède, ultime support solide du désir terrestre, je n'ai même pas pensé à "à plus loin". Ici me suffisait.

Nan, au lieu d'employer des mots définitifs, trop souvent écrits sans raison, et qui de toute façon sonneraient comme du "dejà lu partout" je me contenterai de dire que je viens de passer un WE qui était...
euh?
woooooooooooooow?
wahhhhhhhhhhhh?
... ... ... ... ... ... ...
moui, c'est à peu près çà.

Et maintenant, j'espère partager un "à plus loin".
Pas forcément plus loin hein, juste... bien, bien, bien, bien, bien ;)

Silence
euh, pardon: soupir ;)

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14 juin 2009

de la légèreté et de la grâce.. parkour

Hier, quelque part à Rennes... Quelques photos (au sol)

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Je posterai d'autres photos (sans effets relou cette fois) plus tard. Même si mes photos n'ont rien de spectaculaire. Allez donc saisir l'envol!
Sur le net on trouve un peu partout des vidéos de traceurs hyper expérimentés. A vous donner le vertige rien qu'en descendant votre escalier. Ou à vous donner l'envie de sauter de toit en toit, c'est au choix. :)
Hier, à Rennes, un groupe de jeunes s'est réuni pour s'éclater, s'entrainer, partager leur expérience. Je n'ai pas pu suivre partout, car seuls  les plus expérimentés d'entre eux sont allés sur certains sites interdits, afin de ne pas se faire jeter. Ils ont continué jusqu'au jour tombant, et j'étais rentrée depuis longtemps, pour cause d'enfants KO. Seule, j'aurais suivi.
Il me faut maintenant envoyer toutes ces photos par mails, avec quelques vidéos. Et les poster sur FB ou autre, pour qu'ils puissent tous les récupérer.
A tous ceux qui ralent devant les jeunes qui bougent un peu trop en bas de chez eux, en bmx, en skate, en roller, et même.. en volant:
ouvrez les yeux. La jeunesse est belle, saine, et elle a quelque part en elle ce que vous avez perdu: le rêve.
Heureusement... Je suis de ceux qui vivent les leurs.

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11 juin 2009

être guerrier...

Warf.. J'ouvre le blog, et je lis que certains se demandent où je peux bien être...
Et hop, il suffit que je recommence à écrire, et que je laisse une semaine passée, et mes lecteurs s'interrogent.
Non, je ne fais pas la grève du clavier, je ne suis pas non plus partie en retraite spirituelle dans une grotte.
Je n'ai juste.. rien à dire :)
Mais je viens vous le dire, afin que vous ne vous inquiétez pas!

Que devient Laouen?
Bah.. elle est en vrac. Mais alors, en vrac total!
Une accumulation de petits riens, et de grands beaucoup, qui fait que le moral dérape, et que donc, le corps suit.
Insomnies, fatigue, cercle vicieux.
Je n'en parle pas. Car déjà çà ne concerne que moi. Certains amis ont eu droit à un résumé maladroit. Va t'en résumer çà!
Je me suis rendue compte qu'en parler ne faisait qu'aggraver le malaise, car cela met bien les points sur les i, même sur les mots ne comptant pas de "i". :)
Comme me disait L, ce n'est pas la phrase finale, qui fait mal... C'est l'autre, celle un peu loin dans le passé, celle qui ouvre la porte.
Reste cet espace trop exigu pour s'y faufiler, et à trop se cogner, même si on sait qu'on n'entrera pas, on se blesse.

Trève de blabla sans aucune signification pour vous!
Donc, Laouen est en vrac, et n'a même plus le sport pour se remonter le moral.
Car quand on est sportif, on n'aime pas se traîner. Et quand on est HS, logique, on se traîne. A regarder son chrono, ce qui est totalement inutile car on sait où on en est au vu des sensations, on déprime encore plus.
Cette accumulation de petits ou grands trucs fait que je pense actuellement ne même pas m'aligner au départ de la course que je voulais faire. Complètement HS et HS. Le 2eme HS signifiant "hors sujet".
Courir pour courir, ok, mais courir pour souffrir et finir 1h derrière l'avant dernier, non. Car Laouen n'abandonne JAMAIS, même bien plus loin que le bout de ses forces.
M'enfin, la vie est ainsi, faut faire avec. Tu prévois, tu te donnes un objectif, et boum. On verra bien. Têtue je suis...

Que vous raconter.. aucune anecdote croustillante, une semaine à bailler et ne rien faire.
Ah si tiens, il y a eu un épisode marrant tout de même, mardi matin.
Depuis quelques jours, des camions militaires tournaient un peu partout dans les villages du coin, et sur tous les sentiers de la forêt où je cours souvent.
J'en avais parlé à un pote facebook, en 1ere année à euh.. disons à "l'euh est ce aime". (je ne mets pas les vraies initiales, histoire de ne pas attirer du lecteur ici). Bref, vous savez, l'école où l'on porte un bien joli plumeau sur la tête :D
Le jeune m'avait dit: nan, c'est pas nous! Et m'avait cité toute la liste des écoles, années par années, avec leurs localisations théoriques pour la semaine.
Mardi matin, je file en voiture à la pharmacie, pour un truc urgent. Entre ma maison et la route, un chemin de 50m bordé d'herbes hautes. 50m après la maison, au niveau du panneau indiquant le nom de la maison, un groupe de 5 guerriers armés jusqu'aux dentiers.
çà surprend! L'un d'eux avait même suspendu son fusil mitrailleur au panneau de la maison. J'aurais du descendre faire une photo, mais je n'avais rien sur moi, dommage, c'était à mourir de rire.
Je baisse ma vitre. Ils disent tous, en jeunes hommes polis qu'ils sont, "bonjour Madame".
Je rigole toujours devant la réaction des civils du village quand ils se font "encercler" par 100 bonhommes armés plein de peinture sur le visage.. Là, les gars doivent penser que je suis moi aussi terrorisée. Faut dire, je comprends les petits vieux: il m'a fallu une seconde de réflexion avant de me rendre compte que l'un des 5 était vraiment noir, sous sa peinture :D
Sure de moi (enfin, sure de ce qu'on m'avait dit!!!) je demande: vous êtes de Vannes? On m'a dit qu'il y avait peut être des gars de Vannes par chez moi, en entraînement pour l'Afgha.
Un autre pote facebook, qui lui s'était servi de ses 3 ans à Saint Cire :)) pour booster sa carrière civile avait émis cette idée..
Parfois, mon profil FB ressemble à un vrai forum militaire. Entre l'ancien sorti des Ecoles en 2007 je crois bien, et le jeune bleu, les commentaires sont parfois étranges, et aucun autre de mes contacts n'est capable de piger notre langage. Moi, je rigole, çà va, je gère!
L'un des gars me répond: non madame, nous sommes des Ecoles.
Inutile de préciser lesquelles, vu notre situation géographique.
Ah bon??? point d'interrogationnaije? Méééééééééé! J'ai un pote à "l'euh est-ce aime 3" (1ere année à Saint Cire) qui m'a dit: non,il n' y a personne de chez nous chez toi, c'est pas possible. Je cite, de mémoire, la localisation théorique de tout le monde.
Là, les gars se rendent compte que bien que civile de la brousse, j'ai une certaine culture militaire locale :)
Alors, ces jeunes guerriers si polis rigolent, et lâchent un:
"l'euh est-ce aime? pffff... des cons!"
Ecroulée de rire dans ma voiture, je ne cherche pas à continuer sur ce terrain glissant. Il me suffirait pourtant de leur dire:
bah.. "mes 2 potes disent exactement la même chose de vous", pour que çà parte en vrille.
Si un responsable quelconque passait, et voyait ses gars pliés en 2, çà ne le ferait pas... Ils sont en exam final m'ont ils dit en se présentant. C'était d'ailleurs pas la peine de le faire. Le "c'est des cons" suffisait à me faire comprendre qui ils étaient.
Je me contente de.. leur donner raison, avec un grand sourire, et sans en rajouter.
L'amour absolu règne entre ces 2 écoles, et rien ne change... C'est un petit jeu entre eux, c'est pas méchant. Les 2 écoles étant d'ailleurs d'accord pour taper ensemble sur la 3eme...
M'enfin, les gars, vous auriez pu le dire avec tact, délicatesse, classe... Bon ok, le naturel çà a du bon! :) Ils se sont lâchés quand ils ont vu que je maîtrisais le sujet.
Mon pote ex Saint Cire de FB et moi, quand on part en vrille sur nos profils respectifs sur ce sujet nous restons maîtres de notre vocabulaire. Dignes, classes, tout en finesse, c'est de la vanne de précision :)

Il m'avait dit: si tu croises un groupe en manoeuvre, amène de la bière et des gâteaux. Vu la température et la bruine, je pense que les gars auraient préféré du café. Mais n'ayant qu'une cafetière à dosettes, c'était pas le top! Dommage pour eux, 5 minutes après ils avaient changé de carrefour, et j'ai entendu une rafale de tirs. J'imaginais en rigolant la tête des vieux du hameau!
Déjà, ces camions qui nous débouchaient sans prévenir des sentiers, nous coupant souvent la route, çà devait les terroriser, alors des tirs!

Moi, je continuais à rire...
Je suis rentrée changer mon statut facebook, écrivant en gros: "l'euh est-ce aime"? c'est tous des cons!, signé "l'euh aime i-a 1" en planque dans mon jardin"
S'en est suivi un délire de force 12 sur l'échelle de l'humour. Partir en vrille, çà fait du bien!
Mais bon, vous vous ne pouvez pas comprendre ce dont je parle. Faut vivre ici, et les côtoyer parfois.

Maman Laouen qui n'a pas grandi donne plein de mauvais conseils au petit bleu par ex... Pas encore trop la grosse tête, et une mentalité de môme de 16 ans pas fini.. aïe... de quoi avoir des doutes sur l'avenir de l'armée française :) Je ne le connais que virtuellement, c'est marrant.
Change pas je lui ai dit! Avoir un grain de folie n'est pas forcément incompatible avec ta future carrière, faut juste savoir cloisonner!
Tu es tout fou, mais contrairement aux fous, c'est pas un entonnoir que tu as sur la tête, c'est un plumeau :p
Mouais, je lui cause comme une maman complice parlerait à son fils (vu les 20 ans de différence d'âge!) ou comme une vieille grande soeur déconneuse le ferait à son petit frère.
J'ai par contre promis de le surveiller de loin lors du bal de fin d'année. Il angoisse un peu devant la horde de filles à marier qui se pressent lors du grand marché aux bestiaux final. T'inquiète! Maman Laouen te défendra si une essaie de te mettre la corde au cou contre ton gré! C'est qu'il veut profiter de la vie ce garçon. Les filles ne sont pas vraiment dangereuses, le pire ce sont les mères qui poussent leurs génisses dans les bras des jeunes officiers.

Mais le môme, même si il a encore beaucoup à apprendre, m'a pourtant fait une réflexion énorme il y a quelques soirs..
Je ne sais plus comment çà a commencé, peu importe.. Encore un statut bizarre, qui fait que souvent çà part en vrille...
Je n'ai pas l'habitude de raconter ma vie sur FB, et encore moins les détails vraiment perso. Mais certains très rares petits futés comprennent, c'est une question de complicité, voire même d'empathie.
Ce soir là, pourquoi ai je parlé de chocolat... Y a tellement de manière d'en manger du chocolat... Comme un goinfre, ou avec classe.. Piquant dans la tablette, ou se faisant nourrir...
Mouais, y avait vraiment rien de précis dans cette phrase qui parlait de péché, et de chocolat. Toute en sous entendu. Ce jeune là ne sait vraiment rien de ma vie...
Aimant vanner le petit bleu, j'ai juste ajouté: "c'est çà qu'ils vous apprennent aux Ecoles?"
Faut croire que le sous entendu était parlant, il a du imaginer. Le môme a répondu: "non, çà çà s'apprend pas. çà c'est la classe naturelle".
Le sourire en réponse aurait mérité une photo.. J'ai dit "merci, tu confirmes ce que je savais déjà, mais je ne me sentais pas assez objective pour en juger".

Mouais, çà, çà s'apprend pas.
"Prends en de la graine", à rajouté ma fille, lisant mes statuts comme on lit une pièce de théâtre comique..
çà, c'est un trip mère/fille, ce "prends en de la graine", que l'on se sort souvent, en souvenir d'une gamelle mémorable en ski pendant l'hiver 2007 alors qu'elle était justement censée montrer à son frère ce qu'il fallait faire :)

Je continue dans le vrac.. Etre guerrier, ce n'est pas forcément avoir un FM à accrocher au panneau de la maison de Laouen...
Ce weekend, j'emmène mes gosses à Rennes. Quand j'ai dit pourquoi à ma fille, elle a été surprise. Puis ravie. C'est pas du tout du concert classique, c'est pas du ballet classique non plus... çà va envoyer fort, déchirer grave, et nous en mettre plein les yeux.
J'espère faire de belles photos, bien que je sache que mon appareil sera dépassé totalement.
Plus haut, plus fort, plus vite, plus loin...
C'est pas du ballet classique, c'est bien plus beau encore, c'est de l'art, de l'art sur béton, en mouvement. Ils sont jeunes, très jeunes, et ils font rêver l'aventurière que je suis. Liberté ultime...
En visionnant des vidéos sur le net, j'étais tombée sur une qui disait, à la fin:
"être un guerrier, ce n'est pas une question de perfection, ni de victoire, ni d'invulnérabilité.
Le guerrier est totalement vulnérable: c'est le seul vrai courage."

Ce matin, malgré que je sois HS, je suis allée courir en forêt. Je devais faire une séance très dure, la pire de toute la prépa.
Bien entendu, vu la fatigue, j'ai été lamentable.
Comment expliquer: un circuit de 20 min dans ce que j'appelle "une carrière". En fait, c'est un bout de forêt avec des pentes hallucinantes. Tu descends à bloc, 40% mini, dans une cuvette, et çà remonte illico à bloc, un vrai mur. Il est totalement impossible de récupérer, et le coeur s'affole même en descente. La fatigue aidant, les descentes deviennent dangereuses car tu ne gères plus rien. Le coeur tape à bloc, les jambes déclarent forfait.
J'y avais emmené ma fille l'an dernier, et elle m'avait dit: je n'y retournerai plus JAMAIS! :) Trop éprouvant. Ici, si tu passes en vtt, tu vas moins vite qu'à pied. Pour ne pas s'épuiser, il faudrait faire le circuit en marchant, et encore.. Au trot (allure jogging lent) c'est déjà mortel.
Après 40 min de chauffe, je devais faire 3 tours le plus vite possible. J'ai bouclé le 1er en 18'48", et ce n'était pas encourageant. Terrain hyper glissant et lourd du à la pluie incessante cette semaine, mais pas de sensations, si ce n'est les jambes de plomb.
Un entrainement comme çà, si près d'un objectif, çà casse le moral car çà te montre que tu n'es pas prêt, et que tu ne le seras pas.
J'ai quand même fait un 2eme tour au courage, en 17'29". J'ai cru exploser. D'ailleurs, je l'ai fait!
Le guerrier est totalement vulnérable... c'est clair...
Mais Laouen est têtue, et j'étais bien décidée à faire le 3eme, même en marchant. En fin de récup, juste avant d'attaquer le début du circuit, j'avais le regard du guerrier. A cet instant, même Mike Tyson se serait fait dessus en me voyant, sérieux! :)
Le regard du guerrier, ce n'est pas forcément un regard de tueur. Y a de la classe dedans... Je peux pas vous expliquer... Peut être même une pointe de désespoir.. non, c'est plus serein... allez, de désespoir serein :) de celui qui va donner, ou se donner, avec noblesse, en sachant que peut être...
Tu vas chercher en toi un truc immense, qui te pousse à avancer, même si ton coeur et tes jambes ont dit non. Bien sur, çà n'a pas été glorieux...
Comme d'hab, je suis allée chercher une motivation étrange, un petit jeu entre moi et moi. Je suis sure que si j'en discutais avec des ados, ils me diraient faire pareil (pas forcément pour la course). Du genre: si tu fais moins de 17'29" malgré l'épuisement, tu le...
Et si tu descends sous les 17'15", alors..
Je ne termine même pas ma phrase, autant demander à notre ami Oussama d'entrer à l'Armée du Salut, ou bien à Cindy Sans Derse de réciter la table de multiplication par 9 à l'envers sans se tromper à 9x0 = 0... :)
Oui, ces petits trucs, c'est aussi con que de faire un voeu en regardant une étoile filante... Des rêves.
Heureusement, il y a les rêves....
Et les rêves sont fait pour faire rêver...
Dur, très dur... J'entrerai dans la carrière, quand nos aînés n'y seront plus... j'y trouverai leur poussière, et la trace de leur vertus... J'y ai trouvé de la boue, des pentes encore plus raides à chaque passage, la trace de mes pas. La lumière à suivre. L'envie. Malgré TOUT.
Je ne me suis pas lâchée à 100% dans les derniers 500m qui pourtant étaient "roulants". Si je l'avais fait, j'aurais gagné une dizaine de secondes, mais brulé trop de forces. Surcompensation.. Faut en garder au cas où finalement je m'aligne à la compet.
Mais j'ai fini en accélération constante sur 500m, en gérant.
Regardé ma montre: 16'47". Souri....

Les guerriers sont vulnérables...
Je l'espère.

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06 juin 2009

free your body, free your mind (3)

Celle ci, je l'ai vu au moins un milliard de fois. Elle est de mauvaise qualité, car ancienne.
Et comme toujours, une image me met en larmes. C'est peut être pour moi l'image qui pourrait qualifier le rêve pur, la beauté pure.
Images anciennes, car cet homme est mort le 13 avril 1998 à Hawaii.
C'était plus qu'un simple Dieu du parachutisme...
J'ai vu d'autres vidéos, dont une où il évoque son futur en souriant, l'arrêt des sauts quand son corps aura trop de mal à encaisser.
Il expliquait aussi qu'en parachutisme, l'accident est rarissime si on saute dans de bonnes conditions: c'est à dire concentré, et avec un matos qu'on connait par coeur.
Mais parfois, l'ambiance fait qu'allez, on en refait un.. On rigole, on se déconcentre, on n'a pas forcément son matos, on saisit un parachute inconnu. Et boum.
Patrick de Gayardon est mort pour avoir sauté une fois de plus, avec un matos qu'il avait amélioré lui même.

Ni un génie, ni un héros... Juste un homme qui suivi sa vibration jusqu'au bout.
Mon Dieu... A quoi pense on quand on se voit mourir ainsi... C'est si long, si long...

Ceux qui l'aimaient ont continué à sauter, pour lui rendre hommage.

Quand je regarde cette courte vidéo, j'ai un couac au fond de l'estomac, c'est sur.
Mais arrive le moment où le surf quitte la neige...
Et je vole avec lui

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free your body, free your mind (2)

Euh...
çà, c'est ce que je ferai un jour...
Pas à ce niveau là.
Ride the sky!

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free your body, free your mind (1)

Je m'en vais poster quelques vidéos sur ce blog.
Vous n'êtes ABSOLUMENT PAS obligés d'aimer!
D'ailleurs, vous allez en frissonner d'horreur :)

Moi...
Je rêve!

Ce que fait ce gars est très très dangereux. Mais... No comment

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03 juin 2009

live and let live

mm... Faudrait que je fasse un peu de pub pour ce blog moi..
Quelques titres alléchants, des tags, visiter quelques blogs clés, laisser quelques comms 100% intéressés, histoire de racoler un peu..
Mais que voulez vous: la pub pour les blogs, j'aime pas. Rien à vendre, tout à donner.
Ici, je me sens un peu seule. Impression d'écrire pour moi, et quelques rares habitués.
Les tags, c'est sympa, çà aide à faire grimper l'audience. Et çà sert à quoi? çà ne renflouera pas mon compte en banque.

Mouais. Depuis longtemps j'ai fui le monde des blogs. Tout le monde en a déduit que j'avais tiré un trait sur ceux qui me lisaient.
Il n'en est rien.
Sans parler d'attachement (ce mot a tendance à me faire fuir), j'éprouve une tendresse certaine pour certains d'entre vous. Encore présent, ou absents depuis longtemps. Vous, les habitués, ou vous, ceux qui passez une fois, une seule, mais qui laissez un comm inoubliable car tombant pile poil au bon moment, au bon endroit.

Non-liens, non-attachement, tendresse, amour...

Et moi, à l'aube du 3eme jour de juin, la tête trop lourde, si mal dormi, je me sens pas vraiment à l'aise.
Un peu larguée, la Laouen, je l'avoue.
Sentiments hyper contradictoires. Sourire... certains ici m'ont dit que j'étais quelqu'un plein de contradictions. C'est certainement parce qu'ils n'avaient pas cherché à "lire" plus loin que les mots.
Tout est clair, presque trop clair. Je sais ce qu'il "faudrait" que je fasse. Sauf que Laouen et les "faudrait" hein? :)

L'été est arrivé, une année se termine. Comment? On n'est pas en janvier?
Chez moi l'année se termine quand l'été arrive. Année scolaire, déjà... Pas que çà.
L'été arrive, et avec l'été l'heure des grandes solitudes, comme toujours. Les grands oiseaux reprennent leurs vols, j'en suis un.
Pour certains, l'été est synonyme de rencontres, de fiesta, de chaleur à tous les sens du terme, peau à peau, qu'importe si il y aura un lendemain...
Pas chez moi. Quand tu as touché aux étoiles, tu ne sais pas te contenter de la lueur des réverbères...
Alors l'été, Laouen la solitaire repart vers ses montagnes. Et à mesure que Laouen grimpe le sentiment de solitude s'estompe.

Et une nouvelle année commence... Avec sérénité.
Là, je nage un peu dans l'entre saison. Laissant volontairement mes pensées errer, entre passé et rêve... Ce n'est pas douloureux, c'est même "pas du tout désagréable" parfois.
Un espèce de no man's season...

Tiens? Cette année la no Laouen's season arrive en juin, j'avais l'habitude de juillet...
Les habitudes... pffff.. çà tue tout! :D
3 juin... argh, que voulez vous, même sans calendrier, çà sonne chaud, très chaud.

Juin sera dur, mais j'ai l'habitude. Mon pote anglais m'avait dit "you live hard, you play hard"...
Et le WE qui arrive promet d'être hard, très hard.
Maintenant, Laouen a fini de se mentir. Je me mentais très mal en plus... Et le fait de l'assumer me fait un bien fou! Libérée!
Je crois bien que j'ai atteint un état rare, vraiment rare, dans la "gestion des sentiments".
Alors, y a de grandes chances que ce WE Laouen envoie balader tout ce qui la coince depuis quelque temps... Puisqu'aucun envol n'est possible. Si vous êtes largués, je vous comprends, parce qu'il n'y a aucun rapport entre la phrase qui parle de "se mentir" et la dernière :)) 2
Ensuite, je reprendrai mon vol solitaire. Sans espoir, et donc sans dépendance vis à vis de cet espoir. Prête à saisir l'ascendance quand elle se présentera. Mais sans la chercher désespérément...
Les grands oiseaux voyageurs ne peuvent croiser que des grands oiseaux voyageurs, les papillons ivres de pollen ne pourront jamais froler de leurs ailes celles des papillons cloués sur un carton, derrière une vitre.

Liberté, liberté chérie.. parfois çà fait mal. Un moment...
Le "à plus loin" est un état d'esprit. Non une quête absolue. Toute quête est douloureuse.
Live, and let live.

Mouais.. ce WE risque d'être hard. Grande question: je vais où, je fais quoi....
Naaaaaaaaan, juré, je ne retourne pas en Normandie!!
PAS LE WE DU 6 JUIN!!! Dingue, mais pas à ce point! Je n'arriverais jamais à garder mon sang froid, risquant à tout moment d'en tuer quelques uns, de foncer dans le tas. Ce WE là, là bas, les piétons seront les plus rapides :)
WE de solitude... çà fait toujours çà, quand l'été arrive... Envie d'aller loin, de bouger, de ne pas dormir, à bloc, à bloc...
Il me faut rester sage, dormir, courir dimanche matin.
Pas le moment de se disperser. Concentration, maitrise. Entrainement dur. Se vider la tête, dominer son corps.

Juin 2007 a peut être été le mois le plus dingue de ma vie... Juin 2009 ne sera pas mal non plus sur l'échelle de l'intensité.
Sauf que...
L'adrénaline ne remplacera jamais l'endorphine :)

Rien à voir mais..
Vous voulez voir un vrai dingue?
Voici le lien d'une vidéo (impossible de la poster sur le blog):
http://www.youtube.com/watch?v=FbVI3LNYR3o

Ce que fait ce type est vraiment fou... Hallucinant de penser au niveau de risque. Qu'il finisse en vie est quasi un miracle.
Fou?
Bah...
Il vit ses rêves! Chacun sa définition de la folie.

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02 juin 2009

et passent les 2 juin...

Journée étrange...
Etant dotée d'une excellent mémoire, je n'ai pas pu faire autrement: penser à un autre 2 juin...

A ces secondes où tu ne fais que rêver, en souriant, car tu crois que rien n'est possible.
Au hasard total qui te fait te dire, un matin de 3 juin, que finalement, tout est possible.

Passent les jours, et passent les semaines...
Revient un autre 2 juin, et tu continues à planer, suivant les ascendances...

Passent les jours, et passent les semaines...
Ce n'est pas un 2 juin qui te surprend, mais une aprem de mai... Le temps a passé. Beaucoup de temps. Beaucoup? Pour un vol de papillon, peut être. Mais je vis résolument hors de l'espace temps.
Tu as repris ton vol de papillon solitaire... A souvent se frôler les ailes, il y a risque d'y perdre sa poussière dorée, cadeau des étoiles. Et pourtant... Le risque est si beau. A vivre.
Vient ce nouveau 2 juin, où tu rêves doucement. Tu n'y peux rien. Tu te dis que si tu pouvais revivre en boucle un certain moment de ton existence, le 2 juin 2007 serait dans le top 3.
Le 2.. étrange. Le 2, plus que le 3?
Le rêve serait donc plus fort, dans les souvenirs, que le moment où tu bascules?
Qu'importe... Tu voles, tu vas où le rêve t'amène...
Et un 2 juin, il t'emporte en arrière, sans douleur.

Là, en pleine aprem, tu reçois un message. Sourire étrange... Comment pourrait il en être autrement?
Là bas, loin, l'autre papillon s'envole... A l'autre bout du monde.
Avant de le faire, il a pensé à toi et t'envoie un peu de poussière d'étoiles.
Tout le bonheur du monde.. j'ai souri. Répondu ma phrase habituelle: je ne te souhaite pas tout le bonheur du monde, seulement le tien...
Le bonheur, il faut le prendre quand il passe.
Je sais le faire.
Echange de poussière d'étoiles, à fleur d'ailes de papillons.

Qui sait? Un jour, une autre ascendance...
Va où le vent te mène...

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01 juin 2009

J'irai revoir ma Normandie (dernier épisode du WE)

Le retour, ahhhhhhhh, le retour!!!!!!!!!!!!!
Ecroulé de fatigue, mon fils s'endormait dans la voiture. Nous l'avons secoué, le temps du passage du pont de Normandie. Pour lui c'était une première, pas pour ma fille et moi.

Honfleur, 2eme tentative après celle d'hier.
Sans mentir, minimum 30 min pour traverser la ville. Nous avions compris qu'il était inutile d'espérer s'y poser un moment.
Partout, une foule dense. Ma fille se hasarde: il doit y avoir une manif quelconque, un rassemblement...
Les minutes passent, dans la fournaise qu'est ma bagnole sans clim. Nous nous rapprochons.
Non, ce n'est pas un rassemblement quelconque, c'est tout simplement la foule.
La foule sur les trottoirs, la foule au milieu de la route. Il est impossible de rouler, et pourtant nous sommes bien sur une route.
Là, tu dois rester zen... keep cool, keep cool....
Là tu te dis: mais N de D de B de M!! Pourquoi ai je quitté la voie rapide pour descendre sur Honfleur?
Pourquoi n'ai je pas suivi les panneaux "Caen par autoroute"?
Bah.. simple: parce que j'avais pas envie de rentrer!!!!
Parce que le temps hein, on lui disait merde!!!
Alors on allait se la taper encore une fois cette satané route côtière entre Honfleur et Caen!
Sauf que là.. On s'est rendu compte trop tard qu'on nageait en plein enfer!

Je la hais, je la hais, je me répétais à voix basse, mais parfois plus distinctement...
Comme une conne je l'ai suivie vendredi dernier, et elle m'a volé des minutes à vivre...
Comme une conne je la suis ce soir.. Sauf que là, y a 3 milliards de voitures en plus.
Je me suis dit: A Trouville tu reprends la voie rapide!
Sauf que.. fallait encore y arriver à Trouville!
Sans mentir, on a du mettre 2 bonnes heures pour faire 10km. On a pris le temps d'admirer les manoirs et autres superbes bâtisses perdues dans la verte campagne. Fabuleux! Des maisons qui semblent loin de tout, et pourtant la mer est là derrière, la mer, les palaces, les casinos.
Trouville était encore loin... On continuait à chanter pour passer le temps.

A l'approche de la ville, deux "locaux" ont pété un plomb et tourné sec à gauche dans une zone résidentielle. Un Allemand qui avait du perdre son sang froid a fait de même, et j'ai suivi.
Pas simple, c'était plein de sens interdits, mais j'ai réussi à rejoindre le rond point qui sépare Trouville de Deauville. Là haut, les voitures devaient toujours être exactement à la même place. vieilles 106 ou 500 cv sous le capot.
J'ai suivi les panneaux "Caen par autoroute", car je ne me sentais plus assez zen pour traverser Deauville.
Nous savions EXACTEMENT où nous allions...
Je ne sais plus vraiment par où nous sommes passés, mais bien entendu nous ne sommes jamais entrés sur l'autoroute :)
Mais sur cette route de campagne non cotière, c'était jouable.
Arrivés à Cabourg à l'heure de manger, nous aurions du nous précipiter au resto. Mais nous étions là pour manger une glace, et rien d'autre. Faut suivre ses envies! Le "EXACTEMENT" de tout à l'heure, c'était çà: manger une glace à Cabourg.
Repousser le moment où il faudrait la prendre, cette satanée autoroute qui nous ramènerait direction Rennes, puis la maison.

A Cabourg, il gelait grave de chez grave. Garés dans une petite rue bordée d'arbres taillés, nous avons flané en rêvant devant toutes ces adorables maisons.
Stoïques, nous avons mangé notre glace sur un banc face au Grand Hotel. Toujours en tenues estivales, jupe, robe, bras nus. Gla gla gla gla gla gla gla .

Et il a bien fallu la prendre, la direction "Caen par autoroute"?
Pffffff.. prendre l'autoroute entre Cabourg et Caen...
Caen était déserte. Les parkings étaient vides. J'ai soupiré.. que de minutes perdues à chercher une place... Là, je n'en cherchais pas.
La vie, c'est con parfois :)
C'est devant la si belle "non-cathédrale" Saint Pierre, sous la lumière du couchant cette fois, que j'ai dit aux enfants: bon, cette fois, on rentre...

mmm.. j'avais terminé ce post sur cette phrase. çà sonnait un peu trop "nostalgique", vous ne trouvez pas? :)

Sur la route, ma fille a gentiment maudit son frère. Je venais de lui dire: tu sais, j'avais vraiment pas envie de rentrer. Si tu avais été seule avec moi, on ne serait pas rentrées. On n'aurait pas couché à l'hôtel non plus..
Elle avait pigé... Adieu l'autoradio, ses radios 100% dance, sa musique qui déchire grave. Place aux vrais dancefloors.. jusqu'au bout de la nuit.
Un autre jour...

A tous, à tous ceux chez qui la vie pulse, vibre, déchire grave, même parfois dans le silence, isolés de la foule, face l'aiguille et à soi même: à plus loin.

Posté par Laouenanig à 18:48 - les petits bonheurs du jour - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

J'irai revoir ma Normandie (4)

La D982, si vous avez la chance de la trouver, je vous la conseille!
Bande de tricheurs! avec un GPS c'est simple :)
Je dois en acheter un, en version européenne, je bouge beaucoup et çà ne serait pas du luxe...

La Seine a eu la bonne idée de décrire des boucles. La nature tout autour est magnifique. Le fleuve immense, des falaises, des collines, un paysage très vallonné.
Et pour ne rien gâcher, cette route est bordée de maisons superbes. Le coin tout entier respire la douceur de vie, et une certaine qualité de vie.
Je ne visiterai pas les abbayes, mais ce n'est que partie remise. Il est de plus en plus tard, il nous faut rejoindre Etretat.
A chaque mètre je regrette de moins en moins d'avoir dormi à Rouen. Et je dis merci aux 2,5 milliards de Parisiens qui ont saturé les hôtels de la côte. Bon.. ce soir, j'aurais tendance à regretter de ne pas avoir mon vieux pote l'AMX 30 en état de marche plutôt que ma 106, c'est vrai... Boum! 4km de bouchon en moins, il n'en reste plus que 48...
Pour l'instant, nous en prenons plein les yeux.
Sur la droite, une vision fugitive me tire les larmes. Va comprendre!
Une colline, une pente recouverte de blé ondulant sous le vent. Et parmi ce blé, les taches rouges des coquelicots.
Souvenir d'enfance? Peut être..
Dans le sud calcaire, le coquelicot poussait en masse. Ici en Bretagne acide il végète en bord de mer, et fuit totalement l'intérieur des terres.
Mais ce n'est pas qu'une question d'acidité du sol.
Un champ de blé rempli de coquelicots, c'est un champ non traité. Je me souviens avoir souvent pensé qu'il n'existait pas de plus belle culture que le blé sous le vent. Rajoutez y ces merveilles rouges et on atteint une autre dimension.
Oui, ce fut une seconde de bonheur absolu, quelque part sur la D982... La Seine à gauche, le blé en vert et rouge à droite.
Les jolie pentes ont été remplacées par des falaises blanches... Nous avons vu ensuite les premiers panneaux annonçant Etretat à une trentaine de km.

Il n'y avait aucune voiture garée le long de la route, en entrant à Etretat. Mais je savais qu'aller au parking était inutile. Trop tard. Nous avons fait le tour des 2 parkings, au cas où. Puis fait demi tour, pendant que les autres continuaient à tourner, tourner, espérant un miracle. Comme si quelqu'un allait quitter Etretat à cette heure ci!
Nous nous sommes garés sur le bas côté, sur l'herbe, direction retour.

Sur les falaises le vent était difficilement supportable. Froid, vif, poussant dans "le mauvais sens". Couchés dans l'herbe, nous avons partagé notre repas avec un énorme goéland qui semblait déjà bien nourri.
Mon fils avait déjà donné un peu de pain à un autre, moins farouche. Mais il s'était fait "becquer" avec force. Le goéland confondant doigt et pain.  C'est que çà pince fort ces bestiaux là! :)

Celui ci était plus timide. Mais nous étions patients. Jo avait faim, alors il viendrait... Quel manque d'imagination! Appeler un goéland Jonathan, comme celui du livre :)
Un moment après, Jo avait des taches rouges sur son plumage blanc: le chorizo laisse des traces :)
Derrière moi un choucas venait picorer discrètement le pain que je lui lançais.

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J'y vais où j'y vais pas?

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Tain.. la fougasse au chorizo, çà a l'air bon! la baguette fraiche aussi!

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Sur son pied? Il veut que je picore sur son pied? Mais c'est trop près!

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Trop près, mais si bon.. allez, je tente

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Et toc! pas assez rapide pour saisir l'instant en photo! :)
On passe à du plus dur maintenant!

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Sur son genou?? Mais cha va pas non???
Et pourtant, tentation quand tu nous tiens!

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mmm... un bout de chorizo!! (remarquez la tache sur le poitrail de l'oiseau)

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Nous avons testé toujours plus près. Il aurait fini par venir manger dans notre bouche!

L'après midi a été consacrée à la plage. Plage de galets, où il fait bon se coucher (aie aie aie aie aie aie). Mais la taille des galets fait que l'on finit par "faire sa place".
Plage de galets où il fait bon se baigner pieds nus (aie aie aie aie aie).
Là, nous avons craqué. L'eau était froide, et le froid plus les galets çà tournait à l'intolérable.
Alors nous y sommes retournés avec nos chaussures.

Au début, l'eau semble glacée... Je n'avais pas de maillot, bien entendu (et pourtant j'avais dit aux enfants de prendre les leurs)

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çà, c'est la tête de Laouen qui cherche à braver le froid (je me retiens de gueuler) :)
Mais ensuite, tout va mieux, et on crie: de joie!
La Manche, à Etretat, est curieusement décapante: elle te laisse les cheveux comme de la paille, et la peau rèche et blanche.
Mais le chant des vagues sur les galets est tout un poème.
J'espère pouvoir y retourner un jour où çà remuera fort. Comment accéder à la plage dans ce cas? Bonne question!
Les passages seront interdits. Reste le sentier qui descend à pic le long de la falaise: un truc à se tuer les jours de grand vent.
Mais voir la mer se fracasser sur les arches, l'eau en furie les traverser, çà doit être immense.
J'ai dit tout à l'heure aux enfants: si un jour vous rentrez de l'école et que vous trouvez sur la table de la cuisine un mot du genre "je suis à Etretat, pour voir la tempête, je rentre à 1h du mat", ne vous etonnez pas.

Le gouter a été un grand moment.
Minimoi, en pure fille de Laouen a fait un geste de pur délire.
Je paressais sur les galets, en écoutant le bruit des vagues. Elle voulait étaler de la Vache qui rigole sur de la baguette.
Man, tu me passes ton tatoo? (le tatoo c'est un couteau de l'armée française qui comme son nom l'indique est hyper utile vu que t'as tout).
mmm... pas envie de bouger.
Minimoi aurait pu fouiller le sac qui était à ses côtés, mais non, elle a réagi en pure descendante des hommes des cavernes.
Man, c'est propre les galets?
Bien sur! surtout ici, ils sont lavés 2 fois par jour.
Bon, puisque tu dis que c'est propre...
Intriguée le ton de la phrase, j'ai ouvert un oeil et découvert ma fille en train de tartiner son pain de Vache qui rigole avec.. un galet.
Minimoi avait réinventé l'outil! Etretat regorge de silex, c'était normal!

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Naturellement nous avons fait de même. Et ensuite nous avons léché les galets. Un gout de mer, mélangé à la douceur étrange de la pierre, sur fond de Vache qui rigole... :)

Quand tu es allongée sur la plus belle plage de France, tu ne vois pas les minutes passer.

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Les rares touristes qui étaient venus se poser ici commençaient à partir. Ces plages là sont très près d'Etretat, mais ils s'entassent tous sur la plage principale face à la ville.
Les minutes passaient, et je les laissais passer volontairement.
L'eau montait...
Nous étions encore 4 petits groupes à profiter de l'instant.
Il a fallu se lever, la mer était montée trop haut et menaçait nos pieds.
Nous avons filé vers le tunnel sous la roche...
P'tit Troud en tête, s'était arrêté: Maaaaaaaan! On peut plus descendre sur la plage!! (celle d'Etretat - ville).
Et non.. C'était trop tard, bien trop tard!
Depuis longtemps déjà l'aiguille blanche était loin en mer, moi qui l'avait vue à marée basse, quasiment accessible à pieds.

Nous avons fait demi tour. Comme nous, ceux qui restaient ici n'étaient pas inquiets.
Sur cette plage là une échelle de métal, puis la pente. Une pente herbeuse, entre les 2 falaises à pic. Dans l'herbe, quelques creux qui permettent de grimper, et de descendre. Là haut, la semaine dernière, j'avais regardé avec envie le panneau d'interdiction barrant le sentier à pic.
Là, il était la seule issue.
Des piquets de bois et une corde dans la partie la plus pentue devaient aider la progression. Mais ici c'est Etretat, et rien n'est stable. Sous tes pieds la terre sableuse se défile, les cailloux roulent. De temps en temps, un pan de falaise tombe. Les piquets et la corde étaient à terre, inutiles.
Dans la pente un couple tentait de descendre, mais la dame a renoncé, effrayée par la pente. Il est plus simple de grimper, c'est sur.
En haut, nous avons rejoint la masse de touristes marchant le long des falaises...

Tout en bas, la plus belle plage de France entrait dans le silence.

Posté par Laouenanig à 18:16 - les petits bonheurs du jour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

J'irai revoir ma Normandie (3)

Nuit difficile. Trop chaud, trop de bruit. Mais bon, tout le monde semble avoir dormi un peu, c'est l'essentiel.
Les aprioris sont tenaces... Visiter Rouen?
On file direct sur Etretat, mais on prend la route touristique. Le hasard a voulu nous faire dormir ici, on en profite!
Nan, juré, on ne visitera pas les abbayes (j'y reviendrai seule), car çà ne fascine pas particulièrement les enfants. Ils veulent voir Etretat, se baigner, profiter de la plage.
Et à Etretat, y a un truc qui fait que tu ne peux pas faire ce que tu veux quand tu veux: la marée :)

Nous filons vers Rouen, passons un pont, je cherche cette ****** de D 982 qui file vers Jumièges, Saint Wandrille... Un autre rêve. Les boucles de la Seine.
Sur le pont, mon regard est attiré par le soleil. Levant, intense. Et dans ses rayons, la silhouette hallucinante de la cathédrale de Rouen.
çà dure 1 ou 2 secondes, et je me sens filer vers la flèche, direct vers le ciel.
Cette ombre découpée, dont on devine la dentelle, la lumière qui traverse ses ajours, c'est immense.

Ne pas perdre de temps...
Sauf que..
Nous nous perdons. Va t'en trouver la D982 sans carte! Rouen est immense.
Je me retrouve direction Dieppe, sur l'autoroute. Pas du tout çà! Sortie 1. Arrêtée en plein milieu d'un rond point en rase campagne, je réfléchis, devant ma carte de France pas du tout détaillée.
Une voiture style tuning nous double à droite, puis recule. Le jeune, me dit: "allez y dites moi tout". Je rigole, explique que nous cherchons la route des abbayes.
Il va m'expliquer la route, mais s'y reprendre tant de fois qu'à la fin je m'imagine devoir tourner 42 fois à droite puis 58 fois à gauche en re rentrant dans Rouen.
Car il nous faut retourner à Rouen, bien entendu.
Et logique, cette fois ci nous nous perdons encore, largués entre les à droite, les à gauche, et les stations services qui ne sont pas celles que l'on doit repérer.
Le long des docks, je file vers Rouen centre, sachant fort bien que la bonne direction c'est derrière.
Soudain, sur la gauche, la vision fugitive de la cathédrale. Je prends la première à gauche, déniche une place tout près. Nous descendons. La place est vide, les employés municipaux nettoient au jet. A l'intérieur, la messe est commencée.
Mais la vraie messe, elle est à l'extérieur. En levant les yeux, en suivant les courbes fabuleuses de la belle, tu files droit vers le ciel.
Nous restons muets. C'est la plus haute et la plus imposante cathédrale que je n'aie jamais vue en France.
La plus belle aussi.
La lumière était toute en contre jours, je n'ai pas réussi mes photos, mais en voici quelques unes:

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Pour info (lisez le wiki si çà vous interesse), la cathédrale de Rouen est vraiment la plus haute de France, avec une flèche de 151m.
A la fin de la construction de la dite flèche, en 1876, la cathédrale de Rouen était le monument le plus haut du Monde!
Elle a été construite entre 1020 et 1884.
Impression étrange: elle me fait penser à un immense orgue, dont Dieu jouerait en silence.

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Elle peut paraitre massive à sa base, mais à mesure que le regard s'élève on se sent emporté par un tourbillon de grâce. Je n'ai jamais vu une dentelle aussi belle.

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Un dernier regard à la Belle, avant de rentrer dans la voiture...
Nous avons fini par trouver (après un temps CERTAIN) la D982...

Déjà, je ne regrettais plus d'avoir fait le détour pour dormir à Rouen. Il avait suffit de faire le tour de la cathédrale pour se rendre compte que le centre historique était magnifique.
A découvrir, lors d'un retour en Normandie.

La cathédrale de Rouen est la plus belle de France, du moins d'après moi.
La plus belle, mais...
mmmm... comment dire...
Sentimentalement parlant....

J'ai un faible pour 2 autres.
Quimper, tout d'abord. Elle s'est "refusée" à moi pendant des années, plus de 15 ans!
Timide, cachée derrière ses échaufaudages, elle ne se montrait que petit bout par petit bout.
Alors j'éprouve pour elle une tendresse certaine.

Et il y a la deuxième, celle que je nomme en souriant "la non-cathédrale de Caen".
Et oui, ce n'est pas une cathédrale.. Une simple église, cette église Saint Pierre.
De la dentelle en lumière pure, le regard qui ne sait plus où commence la pierre, ou finit la lumière. Un micro-bijou, tout en finesse, comme la plus fine des dentelles de ND de Rouen.
Dans le matin frais, tu marches.. Une petite boule au creux de l'estomac, début de blues... Ton regard s'élève, cherchant à accrocher encore un peu de légèreté et de grâce, et tu suis la dentelle si blanche de Saint Pierre, qui te rappelle que l'essentiel est dans l'ajour.
La lumière t'emporte... A plus loin.

Posté par Laouenanig à 17:06 - les petits bonheurs du jour - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

J'irai revoir ma Normandie (2)

Suite du "j'irai revoir ma Normandie (1), un peu plus bas...
Mouais.. rouler vitres ouvertes et musique qui déchire grave à fond çà fait relou?
Déjà, elle n'était pas à fond la musique.
Et être relou, c'est un état d'esprit avant tout.
Les gosses aiment la musique qui déchire grave, et moi aussi. Avec mon vieil autoradio çà ne déchire pas vraiment, on fait avec :)

Combien d'heures entre Cabourg et Honfleur?
Oh.. plus que çà encore!!
Mais ce samedi aprem, çà allait encore. Presque supportable. Sauf Honfleur bien entendu.
Honfleur, où s'étaient donnés RDV 2,5 milliards de Parisiens minimum. Les 5,4 autres milliards étant disséminés entre Cabourg et Honfleur :)
Se garer à Honfleur, autant le dire direct:  C EST IMPOSSIBLE.
Sauf à 8h du mat, et encore.
Là, je découvre avec stupéfaction qu'il y a 1000 fois plus de monde que le WE dernier. Comment est ce possible, je ne sais pas. Les rues ne sont pas extensibles, les parkings non plus.
C'est clair, c'est net. Honfleur est un enfer.

Je repense aux petites rues de Cabourg, où il doit faire si bon vivre. Le lendemain soir nous trouverons Cabourg un peu plus "envahie", mais çà reste supportable.
Deauville, noir de monde. Trouville, noir de monde.
J'ai bien entendu pris la route côtière, celle que j'ai aimé, celle que j'ai en même temps détesté. Elle m'a volé des minutes à vivre, et ces minutes là ne se rattrapent pas.
Ce WE là, c'est net: je la hais, la route côtière :)
A Deauville nous faisons du tourist watching, c'est fascinant. Nous faisons aussi du belle bagnole watching, c'est pas désagréable.
Les enfants jouent à dénicher des stars qu'ils connaissent parmi tous les noms peints sur les cabines de bain.

Nous hésitons un moment: réserver une chambre au palace en face? Non, ce n'est pas sérieux: ma voiture est couverte de poussière, nous tenons à notre image de marque.
Alors nous reprenons la route, vers Trouville...
Là, le long des palaces, nous croisons, à demi hallucinés, un jeune homme déguisé, qui marche fièrement sur le trottoir.
Ne pigeant pas vraiment, il nous faut quelques secondes de réflexion avant de réaliser. Au moment de le croiser, il voit nos sourires et nous répond par un grand sourire lui aussi.
C'est à ce moment que nous réalisons, et hurlons tous ensemble la même chose. La circulation dingue m'empêchera de faire demi tour, et de l'immortaliser au pied des palaces.
Comment vous dire?
Ce garçon, portant un déguisement étrange. Une sorte de casque rose sur la tête, un fourreau couleur chair autour du corps, et au bas de ses jambes, deux espèces de boules qui devait tenir en marchant tant çà balotait.
En résumé... ce jeune homme était déguisé en b**e!!!
Non, vous ne rêvez pas!!! Déguisé en b**e, à Deauville, au pied des palaces!

Insouciants, nous arrivons à Honfleur. Après 30 min mini je déniche une place à moins de 1km à pied de notre hôtel. Enfin.. de l'hôtel où nous pensons dormir. Prise d'un doute, je dis aux enfants de rester dans la voiture, inutile de sortir les valises, on ne sait jamais.
J'ai eu raison..
Honfleur est saturée. Pas un lit de libre. Je retourne à ma voiture, encore optimiste.
La réceptioniste m'a dit: inutile de chercher un lit entre Cabourg et Honfleur, dans ce genre d'hotels (pas très chers, mais pas formule one non plus faut pas pousser).
Ok..
J'avais dis aux enfants: si vraiment on est dans la merde, ce soir on rentre à Caen dormir à Hérouville, là y a pas la plage y aura de la place.
Dépitée vu la distance.. (Honfleur - Caen, çà me rappelle quelque chose.. long, trop long) j'appelle Hérouville.
La réceptioniste me dit: pas un seul lit sur Caen.
Maiiiiiiiiiiiiiis???????
Vous comprenez, Obama etc..
Maiiiiiiiiiiiiis?????? c'est que la semaine prochaine!
Pffff.. Ils sont déjà tous là! Hotels réquisitionnés, 2,5 milliards de Parisiens en plus etc..

Bon, envisageons autre chose!
Fécamp?
Bondé.
Le réceptioniste me dist: vous ne trouverez pas un seul lit sur la côte entre Caen et Calais.
arghhhhh :((((((((
Nan, dis je.. ne me dites pas que même au Havre c'est plein? (amis havrais, désolée, mais avouez: Le Havre ce n'est pas touristique)
Plein!

Oh N de D...
Il n'est pas tard, mais la situation devient complexe..
Lisieux?
Plein
Bayeux?
Plein..
Evreux?
Y en a pas.
Et pourquoi pas Paris puisqu'on y est!!! Plus loin vous avez pas?
Avec ma liste d'hotels, j'ai soudain la révélation. Je ne sais pas pourquoi, je tournais autour sans la voir.
Encore un apriori à la con! Ville dortoir, ville loin des côtes, ville qui à première vue ne m'excite pas grave.

J'appelle..
Oui, me répond la fille.
Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!
Nous quittons Honfleur, soulagés. 60 bornes à se taper, pour RIEN. Mais avoir un lit, c'est important. Moi je peux dormir dans la voiture, pas les enfants.
Entrée dans l'Eure.
Comme m'avait dit l'autostoppeuse prise à Honfleur samedi dernier, et comme me le disait un Normand de ma connaissance, tu entres dans l'Eure, y a plus personne.
Mais nous ne dormirons pas dans l'Eure.
Nous dormirons dans une banlieue dortoir de Rouen, où nous mangerons avant d'aller un lit une spécialité purement normande: un bon kebab. :)
La nuit tombe, et sur l'autoroute à 10m de nos fenêtres la circulation est toujours aussi dense. çà ne se calmera pas.

Au matin, c'est encore un apriori qui tombera.

Posté par Laouenanig à 16:27 - les petits bonheurs du jour - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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