20 décembre 2007
Merci H et P (pas Harry Potter, ni Hewlett Packard :-))
Je rentre du travail. Un coup d'oeil vers le courrier, comme tous le soirs, histoire de me couper l'appétit.
Une enveloppe attire mon regard. Des timbres étrangers: Deux coeurs de Marie. Dans le coin de l'enveloppe, un faut timbre motif Père Noël, et la mention "Fröhliche Weihnachten".
Tiens?
Une lettre d'Allemagne? Mais qui m'écrit?
Je retourne l'enveloppe, et je lis "Familie P* et H* R. suivi de l'adresse, un minuscule village de Forêt Noire, que je ne connais pas.
Moment d'émerveillement... Je sais ce qu'il y a à l'intérieur.
P, H, et leurs 3 enfants, je les ai rencontré le dernier soir de mon périple à pied en Forêt Noire, en avril 2007. Lire ici
Je remontais la terrible côte, lourdement chargée, vers le Glaswaldsee, pour y passer ma dernière nuit. En tête à tête, le lac et moi.
Ils descendaient, rejoindre leur voiture, au parking de Freiersberg.
J'étais tout d'abord restée muette, impressionnée par l'appareillage complexe qui équipait les deux jambes de P.
Opéré des deux genoux 15j avant, il avait grimpé cette terrible côte de plus d'un kilomètre, avec des passages entre 13 et 20%. Là, il la redescendait, les jambes raidies par les attèles.
Nous avions discuté, un peu en allemand, un peu en français, un peu en anglais, un peu par gestes, les sourires faisaient le reste.
H avait noté mon adresse sur sa flore, et j'avais noté la sienne sur un minuscule bout de papier (5cm sur 2!), je n'avais rien d'autre.
Ils m'avaient questionnée longuement. Mon voyage, les kilomètres, le froid, les nuits dehors, la neige, le bonheur...
Le pourquoi de ce voyage jusqu'au bout de... tant de choses.
La solitude, le choix du froid, le choix de la difficulté, tout les étonnait.
Ensuite, ils avaient réglé leur numérique sur le retardateur, et pris la photo.
Le soleil déclinait, nous l'avions dans la figure.
J'avais continué vers le lac, d'un pas léger. Le soir tombait, j'avais installé mon duvet dans la cabane ouverte au vent, au froid, et à l'espace tout entier.
J'ai souvent pensé à eux depuis mon retour. J'avais malheureusement perdu ce bout de papier portant leur adresse.
Je pensais qu'ils avaient aussi égaré la mienne.
Ce soir, je viens de recevoir la photo, avec un petit mot, que mes enfants ont eu du mal à comprendre, leur français est absolument fabuleux, un vrai délice à déchiffrer :-)
Je vais prendre le temps de leur répondre, et j'espère bien aller leur rendre visite lors de mon prochain séjour.
Les enfants ont une préférence pour Paris, pour la fin d'année, je crois que je vais encore m'incliner, bien que je n'ai pas particulièrement envie d'y aller. J'avais tant envie de montagne...
Cette photo, que je reçois maintenant, c'est de la pure provoc! J'ai tant envie d'aller là bas, et "la bas" se rappelle à moi, en force!
Nooooooooooon, c'est trop dur, je craque! :-)
J'ai pris la photo en photo avec le Nikon, et je vous la livre.
On m'y voit fatiguée, mais on ne devine pas l'état de saleté du pantalon :-))
On ne le devine peut être pas, mais je suis radieuse...
Après une journée de travail terrible, cette photo m'apporte un grand bol d'air frais.
Les enfants? Franchement, vous savez, Paris, fin décembre hein... :-))
Les boutiques de Freudenstadt, Minimoi, çà te tente pas? :-))
Vrouuuuuuuuuuum...

.
Quelque chose à dire?
Comme quoi, il y a encore de bonnes surprises à attendre. Alors bonne fin d'année à toi et "à l'an que vient".
c'est ça la vie... de sacrés coups durs de durs et puis des petits bonheurs comme celui qui t'attendait dans ta boîte à lettres et qui sait... demain ou peut être après demain... un autre bonheur et encore un autre...
je te souhaite de très grands moments de bonheur avec tes enfants en cette fin d'année. Paris est pleines de surprises magnifiques pour qui sait regarder et "fouiner"
Tu es magnifique sur cette photos. Je te souhaite beaucoup de moments heureux comme devait l'être celui-là...
j'imagine assez la joie que procurent ces petites attentions inattendues. Le photo, c'en st étonant, est un archétype de ces moments fugaces fixés, elle raconte bien ce que tu as décrit juste avant.
Quant à Paris, j'ai fuit cette ville il y a 18 ans très exactement ces jours ci et l'irnonie veut que j'y retourne assez régulièrement aujourd'hui. J'ai pris du recul, l'endroit m'opresse moins mais j'ai du mal à y trouver quelque intérêt. Joyeuses fêtes du solstice d'hiver à toi.
Belle surprise que de découvrir ce genre de lettre heureux pour toi :o)
Ancien parisien j'aime cette ville même si je ne regrette pas de vivre en Alsace mais j'y retourne avec plaisir il y a ces vieilles galeries ou les anciens quartiers qui sont toujours aussi agréables.
J'aime Paris! Peut être parce que je n'y vis pas.
Je me suis jamais sentie oppressée à Paris.
J'y marche, plus que ce que j'y prends le métro.
J'aime avant tout les quartiers populaires (bon, je l'avoue, en journée, la nuit c'est peut être plus dur), comme Barbes, la Goutte d'Or, Belleville.
Et le coin où j'allais vivre, quand j'y passais mes vacances, tout près de Gambetta, un havre de paix, la rue des Pyrénées filant droit vers Belleville, au loin.
Et le Père Lachaise! Pas pour le cimetière, non. Pour le parc, le calme, les oiseaux, le silence...
J'aurais aimé y courir, je n'ai jamais osé le faire, par respect. Pourtant, quelque chose me dit que vivre à fond au milieu des tombes c'est aussi du respect.
Qu'est ce qui serait plus choquant d'après vous, pour la population qui balade dans ces parcs?
Laouen en survet, courant au Père Lachaise, ou Laouen dans le même survet troué, courant au parc Monceau, parc parisien où la densité de sac Vuitton au mètre carré est la plus forte?
:-))
Chaud au coeur...
Et un petit bonheur du jour, un!
Ah ouais, c'est bien de garder le contact, ils ont l'air adorables.
Père lachaise et souvenirs
C'est drôle, je vais au père lachaise dimanche prochain...
ma môman habite à deux pas dudit cimetière et c'est là que j'ai grandi. Avec les copains, on jouait aux contrebandiers dans la partie ancienne du cimetière (avant restauration) où il y avait plein de tombes et de caveaux abandonnés. les chats faisaient office de loups, de tigres et autres dangereux fauves. les mamies étaient d'involontaires douanieres, sans parler des gardiens du cimetières, à qui nous avons fait un bon gros paquet de farces.
on pourrait même se croiser dis-donc !
bises.
Très chouette photo ! Ils ne t'ont pas oubliée... C'est émouvant... Très bonnes fêtes à toi et à ceux que tu aimes !
Leila: si tu es là bas, et que j'y suis aussi, ce serait avec plaisir!
la tombe que je préfère, là bas, je l'ai trouvée par hasard, et je ne suis plus jamais retombée dessus ensuite. Une tombe simple, vieille, abimée, au nom effacé. Mais tout autour, et même dessus, poussent des herbes aromatiques. thym, sauge, menthe, petites fleurs..
c'est une tombe qui sent bon. Celui qui a besoin d'un bout de menthe pour le taboulé peut aller en cueillir. Et ce n'est pas sacrilège, au contraire!
C'est un beau cadeau aux vivants, un partage au delà de la mort
Allez-y: lachez vous!
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