face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

21 décembre 2007

pas besoin de chasser l'instant, laissons le se poser

La vie est un collier fait de perles d'instants...
Hier, j'ai eu le bonheur de découvrir cette photo dont je vous parlais dans mon post précédent.
Mais le matin m'avait offert un autre cadeau.

Onze heures, je roule vers Rochefort, sur une minuscule route de campagne bordée d'arbres. Tout est gelé, à commencer par moi.
Sur le bas côté de droite, un mouvement furtif. Je reconnais la bête.
Le temps de réagir (vu le froid), d'établir une connexion neuronale correcte, d'appuyer sur le frein, j'avais déjà fait 300m.
Je fais marche arrière doucement, elle ne bouge pas.
J'ouvre la porte de la 106, contourne la voiture par l'arrière, et je la regarde.
Pauvre bécasse! Je comprends pourquoi les surnoms d'oiseau sont souvent péjoratifs.
Les bécasses du coin, comme les perdrix rouges, sont persuadées que leur  plumage est invisible, si elles s'aplatissent sur un sol de feuilles mortes.
La bécasse en question est la plus grosse bécasse que je n'ai jamais vu.
L'hiver est rude, et la bécasse des bois est un oiseau d'hiver, comme les vanneaux huppés qui picorent dans le champ à 10 mètres de chez moi.
Les vanneaux sont nombreux et faciles  à repérer, la bécasse est rare, a un plumage neutre (marron strié).
Elle est facilement identifiable par son bec très fin et très long.
C'est avant tout un oiseau des zones humides.
Et surtout,  pour son malheur, Scolopax rusticola est un oiseau très très prisé par les chasseurs. Au marché noir, une bécasse se négocie à prix d'or dans les resto, et certains chasseurs en profitent :-) Non, chasseurs égarés sur ce blog, ne protestez pas! Je connais des chasseurs qui ont confirmé écouler parfois les produits de leurs chasses de cette manière!

Celle ci s'aplatit le plus possible, pose sa tête sur les feuilles, le bec étalé, et espère.
Elle me rappelle les nombreuses perdrix que je "lève" en courant dans les bois. Je les vois, elles sont prises au dépourvu, et leur seule réaction c'est de se coller au sol, pensant être invisibles.
Quand  j'arrive à 2 mètres d'elles, elles se disent: "damned! çà ne marche pas, elle m'a trouvé!" Et elles décollent lourdement.

La bécasse n'est pas totalement immobile. Elle me surveille de son oeil brillant. Je fais un pas lent, un autre, elle bouge.
Encore un pas. L'oiseau terrifié oublie son mimétisme qui parfois lui sauve la vie (si le chasseur n'a pas de chien, sinon c'est foutu), se relève, court quelques pas, et décolle à ras du sol, peinant à prendre de l'altitude.

Je souris en la regardant filer vers les bois.
Un pépé à vélo, que j'avais doublé un peu avant, arrive à ma hauteur. La voiture est au milieu de la route, porte ouverte. Je m'excuse.
Il s'inquiète: "vous êtes en panne?".
Oh non réponje, il y avait une bécasse énorme sur le bas côté.
J'aurais pu être en panne d'essence, mais ce qui est sur, c'est que je ne suis pas en panne de sens!
Même miro comme je suis, je reste aux aguets, et ce genre de spectacle me remplit de bonheur.
Je lui raconte la bête, son envol. Le pépé est étonné, c'est rare une bécasse, mais bon, ici c'est un coin humide.
Soudain il s'inquiète et me demande: "vous n'êtes pas chasseuse au moins?"
Nooooooooooon! sourije (j'adore écrire les verbes ainsi)
Le Vieux m'explique: "autour de chez moi, y a des battues, on peut plus passer, ils sont en fluo, avec des cornes, des sifflets, on se croirait au défilé militaire.. Les bêtes n'ont plus aucune chance! Le chasseur solitaire, sans chiens, çà  passe encore, mais çà, c'est lamentable"...
Je sais lui dis je, c'est pareil chez moi.
Nous parlons des cerfs, des sangliers, des perdrix, du dur statut de gibier dans cette partie du Morbihan.
Puis, parce qu'il ne fait pas bon se refroidir quand on pédale, et surtout parce que ma voiture gêne la voiture qui arrive derrière, il repart, et moi de même.

C'était une fin de matinée ordinaire, dans un coin ordinaire.
Mais parfois, l'ordinaire, quand on sait le voir, et l'apprécier, se transforme en instant de bonheur.
Deux rencontres sympa ce matin là, une bécasse, un pépé à vélo, la vie...

becasse

Ecrit par Laouenanig à 09:15 - les petits bonheurs du jour - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Quelque chose à dire?

Belle rencontre en effet, c'est agréable de prendre le temps d'observer la Nature c'est une chose qui se perd et c'est dommage car in perd le lien avec ce qui nous entoure et puis passer trois minutes a discuter avec un autre humain de tout et de rien c'est une bonne chose !

Ecrit par Jipes, 21 décembre 2007 à 09:30

Le verbe et la vie

Sont résumés dans ce billet!
;-)

Au fait c'est à quel heure le repas du patron pour que tous les employés puissent s'y remplir la panse?
Comme tu vois, je pense! LOL

Ecrit par JT, 21 décembre 2007 à 10:16

A midi et demi.
Vous aurez tout le conte rendu ce soir!
avec photos à l'appui, à l'insu des photographiés, bien entendu!
j'espère pouvoir faire quelques photos dans l'atelier, discrètement, la semaine prochaine (nous serons en comité restreint).
comme le calendrier de femmes à poil dans le placard, par ex...
ou moins amusant, nos outils récupérés dans la poubelle.
notre vestiaire glacé aussi? ah méééééé!! faudrait pas tout de même étaler toute la misère du monde le même jour! :-)

Ecrit par laouen, 21 décembre 2007 à 10:28

Bonjour, j'ai tapé dans Gougueule "bécasse du morbihan poilue" et je suis arrivé ici : pouvez-vous m'expliquer ???

;-)

OUps, désolé de briser le charme de cette très belle note...

Ecrit par Serge Dalaï Lama, 21 décembre 2007 à 11:28

N de D!!!!!!!!!!
Je suis morte de rire!
Voilà que j'en pleure!
C'est malin, je venais de me mettre un peu de maquillage, afin de séduire le patron, euh, non, plutôt mourir! :-))
Le pseudo n'est pas mal non plus, je ne savais pas que le Dalaï Lama se prénommait Serge, comme l'autre Lama.
Moi qui rêvait d'être lu par Sa Sainteté le Dalaï Lama, mon voeux est exaucé.

Bécasse du Morbihan poilue.. foi de volatile, çà doit être exceptionnel!
Et pourquoi pas plumes de vigognes épilées, hein, puisqu'on est dans les Lamas?
Ou bien: moumoute en queue d'alpaga rose?
Je précise, pour les ceusses qui ne connaissent pas les bestiaux: l'alpaga et la vigogne sont des sortes de lamas.
Bon, je vais me ravaler la façade, et je file au repas de l'usine.
J'ai un manteau en poils de queues d'écureuils caduques (leurs poils tombent en automne), une robe en papier alu Milka (volé chez les marmottes suisses cet été).
De quoi amuser Google pendant un moment..
niark niark
:-)))

Ecrit par laouen, 21 décembre 2007 à 11:38

Bon, je me décide. Je suis ton chemin épistolaire "bloggaire" et je me reconnais dans beaucoup mais aujourd'hui c'est simple, le partage des petits bonheurs que je glane aussi...
Vole, cours, fonces!
L'écriture n'est pas mon fort. J'arrête là. A +

Ecrit par Nanou, 21 décembre 2007 à 14:53

oui cette double rencontre m'aurait enchanté aussi. Kenavo.

Ecrit par karagar, 21 décembre 2007 à 16:21

ça ne refroidit pas!

Et deux petits bonheurs du jour, deux!

Ecrit par Yoyo, 21 décembre 2007 à 16:30

Ordinaire extraordinaire...

" Parfois, l'ordinaire, quand on sait le voir, et l'apprécier, se transforme en instant de bonheur. " ; d'ailleurs, la vie peut être une suite (un peu discontinue) de ces "instant(ané)s de bonheur-là... Passe de très bonnes fêtes de bonheur "ordinaire" avec les tiens, ma chère Laouen ! Merci de tes mots précieux là où tu es et là où tu vas !

Ecrit par dourvac'h, 21 décembre 2007 à 19:16

Scolopax rusticola + Homo sapiens sympa = deux bons ingrédients pour démarrer une bonne chouette petite journée. Ce ne serait pas le moment de se repasser "Le p'tit bonheur" de Félix Leclerc?

Ecrit par gem, 21 décembre 2007 à 20:33

Quelle jolie journée ! J'ai cru reconnaître un vieil homme sage de mon ancien voisinage.
A part ça, je fais une proposition de cadeau sur le blog à K. ( en comm ) Si ça te branche, de sapin ...

Ecrit par klegdouarn, 21 décembre 2007 à 22:50

Quelle belle, généreuse, et sensible Laouen tu fais. Tu vibres dans la sensibilité, tu es à l'affût du moindre moment de bonheur tu le trouves parfois. Je dis toujours, même au coin de sa rue il y a une lueur.

Joyeux Noël Laouen

Bisous de fête de zibulinette

Ecrit par zibulinette, 22 décembre 2007 à 11:40

Salut Lalou! :)
Bon, j'ai appris au moins trois choses en lisant ta note: tu es miro (mouais...moi aussi "un peu"), tu as un 106 et tu drague les p'tits vieux à vélo en inventant des histoires de bécasses!!!

Bravo! ;)

Ecrit par Christophe, 22 décembre 2007 à 17:12

hier soir,en roulant sur cette presquemême route..j'ai vu un spactacle magique aussi...et comme une "bécasse"..j'ai pas osé m'arreter pour faire la photo!!
:))))
il y avait la pleine lune et des nappes de brouillard qui serpentaient dans les champs et les arbustes..c'était magnifique..je n'avais jamis vu au aussi beau spectacle de la nature la nuit..et j'aurais aimé que tu passes sur cette route,pour raconter comme tu le fais si bien,ce que tes yeux ont vu...
en arrivant à la maison,(22h30),j'ai proposé à mon chéri de retourner à l'entrée de malensac pour faire une photo avec mon pied...
il a préféré prendre l'autre...
:))))))))))))
passes un bon noel
gros bisoux

Ecrit par melusine, 24 décembre 2007 à 09:58

vu la température, il a peut être eu raison :-)
passe un bon Noël au chaud!
tu n'as pas osé t'arrêter? alors c'est parce que tu regardais trop à fond, quand on est à fond dans l'instant on ne pense plus à l'appareil.
Je vois tout à fait le genre de spectacle dont tu parles, c'est merveilleux.
ici, le brouillard est partout, dingue la différence de climat entre notre coin, et les montagnes noires du finistère.
bisous à vous deux

Ecrit par laouen, 24 décembre 2007 à 17:10

Eh bien je proteste.
J'aime bien que les bécasses vivent.
J'aime bien aussi manger de la bécasse.
Terrible paradoxe.

Je suis contre le braconnage que tu décris. Ce n'est pas à proprement parler de la chasse. Du moins, ce n'est pas l'idée que je m'en fais et cela me dégoûte.
La chasse, il me semble que c'est autre chose, quelque chose où l'animal a beaucoup plus de chance de s'en sortir. Les battues, ce n'est pas de la chasse, c'est pas loin d'être un braconnage réel et autorisé.
Autrement, moi la Bécasse des bois, je connais, j'en ai observé en assez grand nombre depuis des années. J'ai eu une expérience assez similaire à la tienne. Et puis j'aime tellement cet oiseau que j'en ai fait une sorte de héros dans l'une des premières notes de mon blog. Bien sûr, c'était du temps de mes terribles cryptages...

Ecrit par Cornus, 03 janvier 2008 à 21:54

Allez-y: lachez vous!







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