face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

24 février 2011

ever est

Bon...

Comme d'hab, il suffira que je l'écrive pour que le ciel me tombe sur la tête, il en est toujours ainsi. Mais je ne vais pas me taire plus longtemps, ce serait ridicule.

Je ne suis pas du tout supersticieuse, mais en général, il suffit que j'écrive un truc, un espoir, un projet d'avenir, pour que tout s'écroule.

Là, que pourrait il se passer? Une maladie grave qui me bloquerait ici, ou le bloquerait ici, ou pire...

Ou alors, un ras le bol qui le ferait me faire passer par la fenêtre? C'est toujours envisageable. Rien n'est éternel, ni la vie, ni l'amour...

Donc, voilà, ce blog breton ne sera bientôt plus un blog breton.

Si... rien ne me tombe sur le rable avant cet été, je vais quitter la Bretagne après 15 ans de vie ici. Bien que j'ai eu un peu l'impression de la quitter déjà quand j'ai déménagé du Finistère vers le Morhihan gallo.

3 ans de vie là bas, dans un pays où les panneaux sont écrits en français, c'était déjà plus la Bretagne. Et pourtant le coin était magnifique, un vrai rêve pour qui aime la nature, la forêt, et les balades loin des cons.

Seul blème immense: le pays était peuplé de cons... Et je pèse mes mots!!!! Oui, Plouc sur Oust était un bled de cons!!! Je le dis, et je le redis!!

Une honte... Je ne sais pas si j'avais osé l'écrire ici, mais voici ce qu'on avait dit à mon fils, pourtant élève dans une école bien comme il faut, c'est à dire privée, et catho:

IL VAUT MIEUX AVOIR DES PARENTS MORTS QUE DES PARENTS DIVORCES.

Tout est dit non? Tout était dit... Moi, la RMI-iste, puis ouvrière d'usine aux travaux forcés, moi vivant seule avec mes gosses, moi trop bronzée, à l'accent du sud (Sud...Finistère), j'étais la femme que l'on montre du doigt.

Alors j'avais fini par fuir, vers la ville. Tu parles... Ultra catho, la belle Vannetaise... Un diamant breton? Non, un zircon... l'éclat du beau, rien derrière...

Mon homme est Lorrain. Lorrain de là haut, de chez les pauvres, de chez les gueules sales, ceux qui ont grandi dans le charbon et la misère. Un accent lorrain, un nom polak... De quoi être aimé, dans cette belle ville ultra ouverte... (raclement de gorge). 

Puis mon homme hein, c'est de la chair à canons, du vétéran d'Afgha, de quoi encore augmenter le mépris des gens bien comme il faut.

Est venue la mutation, comme une bouffée d'air. Pas forcément parce que çà le fait quitter cette ville qu'il déteste, mais surtout parce qu'ici il y a perdu la vie. Et je sais ce que je dis. Alors s'éloigner du mal, c'est aider à guérir. En espérant que cela soit possible.

C'est repartir vraiment. Pas de zéro, de moins que zéro.

Faut juste espèrer que ce soit possible aussi...

Parfois, en agriculture, on brule pour mieux semer. Faudrait pouvoir bruler le passé, semer sur les cendres. Faudrait.

Donc, si cette putain de vie impitoyable ne me fauche pas en plein élan, cet été je serai Alsacienne. Alsacienne du sud, même si j'aurais préféré Strasbourg. 

Un rêve? Je l'avais toujours dit: quand mon fils sera grand (ma fille l'est déjà) je déménagerai en Alsace. çà arrive bien plus tôt que prévu. 

Géographiquement, c'est vrai, c'est génial. La grande plaine alsaco (beurk, j'aime pas les plaines), mais des vignobles autour, des villages magnifiques, un coin vraiment superbe, mes Vosges adorées tout près. Chose amusante, quand j'ai du changer la plaque d'immatriculation de ma voiture, au lieu de choisir le "56" final, j'ai opté pour le "88". J'ai donc une voiture immatriculé dans les Vosges. Lorraine des bois :)

Oui, génial.. Mes Vosges tout près, et bien mieux: à 130km de mon lac adoré, mon paradis allemand. Les WE au bord du lac, les balades en forêt, ma forêt! 

Et si on regarde plus loin, je serai à moins de 3h de Vaduz, au Liechtenstein. Là où je commence tous les étés ma semaine de marche en haute montagne. Là aussi, il sera possible de filer à Malbun l'aprem, de monter au refuge le soir, d'y manger le meilleur Bergsteigeressen du monde, et de revenir à Colmar le dimanche soir.

L'Allemagne à 10km, la Suisse à moins de 50... On peut rêver mieux quand on s'appelle Laouen, pirate des cimes? Non.

Et belle-maman, à Forbach, à 2h de route. On pourra aller la voir souvent.

OUI J'ADORE MA BELLE MERE!!! OUI C'EST POSSIBLE!!!

mmm... Et derrière çà?

Derrière çà, mon homme laisse ici ses 3 filles. Majeures, mais.... çà déchire.

Et moi, je laisse aussi la mienne, qui aura 18 ans cet été. Elle a choisi de faire kiné, filera en prépa l'an prochain, ou en première année de médecine. De toute façon elle ne serait pas restée avec moi, logique, les écoles sont loins. Mais... çà déchire aussi.

Les enfants sont faits pour partir, le couple pour durer, j'ai lu quelque part. Mais... Bobo.

Le petit va avoir 11 ans. Il va désormais vivre loin de son père, et çà aussi çà déchire.

Mais je vais lui construire un nid, là bas, dans l'Est.

Ever est, c'était le titre de mon premier bouquin. Ecrit, mais jamais tenté de le publier. 

J'avais écrit, sur la page "citations" en tête du livre, une connerie du genre "à force de regarder loin vers l'Est on finit par voir derrière soi".

Je vais désormais vivre dans l'Est.

Quelle phrase idiote... Colmar, c'est l'Ouest, quand on est en Allemagne. L'Ouest, quand on est au Liechtenstein. Le far far ouest lointain, quand on est au Tibet.

On est toujours l'Ouest de quelqu'un, comme on est toujours l'Est de quelqu'un aussi.

Reste à être soi même, nous même.

Love is all...

Sur nos chevilles gauches, un edelweiss tatoué. Double signe d'amour. Protège nous.... Ne laisse pas nos démons nous déchirer...

Posté par Laouenanig à 11:26 - mon âme à nu - Permalien [#]