cueillette de soleils...
Cet après midi, j'ai fait quelques photos avec l'appareil de ma fille, digne d'être vendu désormais en pochette surprise.
Focale fixe, pas de zoom, aucun réglage.
De retour chez moi, j'ouvre l'appareil pour sortir la carte SD afin de la charger sur l'ordi, et là, boum!! pas de carte SD. J'avais tout enregistré sur la mémoire...
Rien de grave?
Bah si!! Je n'arrive plus à remettre la main sur le cordon, qui est très particulier.
Adieu donc les superbes photos (euh???? çà m'étonnerait qu'elles soient superbes).
J'avais pourtant tenté de trouver un angle, une vision différente des choses.
Au retour, longeant un talus, non, pas un talus, LE talus, j'aperçois une girolle.
Je suis en vélo de course, chaussures de route aux pieds. Qu'importe! Je jette le vélo, et je m'enfonce dans la forêt, poursuivant les girolles sagement immobiles. Je suis passée ici tant de fois... Il était dit que ce vendredi me verrait faire une cueillette miraculeuse, et pas avant.
Cet endroit m'a déjà tant donné...
Arrivée près de mon arbre fétiche, je fais demi tour, et juste avant de récupérer mon vélo mon regard accroche un buisson dense d'ajoncs sur ma droite.
Damned!! la tache de girolles mahousse costaude!!
A genoux, harcelée par un nuage de moustiques affamés, je pénètre dans le buisson. Stoïque, je ne gémis pas, mais à chaque girolle cueillie je dois arracher quelques épines plantées dans mes doigts, mes genoux, mon cou, mon dos...
Je ressors, avec la promesse de me gratter pendant une semaine (allergie forte aux piqures d'insectes), mais surtout avec la certitude d'une poelée de champignons royale, ce soir.
Une photo de la cueillette, que vous ne verrez jamais... Et hop, en selle, le sac plastique tapant sur la cuisse, face au vent pour 27km.
Mon écran est toujours HS, je m'arrache la peau, je meurs de faim, je vous laisse: ce soir, l'orange est à l'honneur dans la cuisine!
Ce soir, le soleil s'est posé dans la poele.