Un mercredi ordinaire chez Laouen...
Hier soir, j'ai consulté le site de Météo France. Une belle journée était prévue, vent de sud, nuages en vue pour la fin d'après midi.
Un mercredi à rester vautré sur une chaise longue à l'abri, en plein soleil?
Pfff...
Allez hop! un sac à dos, du jambon, quelques euros pour acheter du pain, deux bidons d'eau, un vélo, et c'est parti.
Je n'ai pas roulé plus d'une heure par semaine pendant quasiment un an, qu'importe. Je vais me faire un petit 100km tranquille, avec pauses photos.
Le vent vient du sud? bah... pourquoi pas se compliquer encore le programme? je partirai donc droit vers le nord, me tapant le vent de face sur tout le retour.
Au menu, les routes-toboggans qui sillonnent les bois du coin, et la forêt de Paimpont. Avec comme dessert, juste après le sandwich jambon: le terrible mur de Paimpont. On ne rigole pas, venez le voir vous comprendrez.
Je crois bien que je ne ferai jamais de progrès en vélo si je persiste à sortir avec mon appareil. Et si chaque sentier, chaque crête, chaque étang m'attire comme un aimant.
Oui, vous avez bien deviné! Vous allez encore vous taper pas mal de photos.
En attendant, je vous raconte une anecdote amusante, très "Laouen-attitude", c'est à dire pas vraiment "comme tout le monde".
J'ai un énorme faible pour le camp militaire de Coëtquidan. Pas pour le camp lui même, pour les hectares de forêts et de landes.
11h du mat, je traverse le camp en vélo, les barrières sont ouvertes, c'est permis.
En approchant d'un baraquement, en plein virage, me débouche sous le nez un individu en treillis camouflage, le visage peint entièrement de vert et de brun, le casque camouflé, et le fusil mitrailleur en bandoulière.
Même po peur! Le vélo ne dévie pas de sa trajectoire...
Quelques mètres plus loin, 2 véhicules en pleine forêt. Sur le bitume, un fusil mitrailleur est posé, comme si son propriétaire allait s'allonger et mitrailler toute la route. Des soldats se préparent. Aujourd'hui, à Coëtquidan, c'est manœuvres et tirs à gogo!
1km plus loin, sur la gauche, je m'arrête près de l'étang que j'ai déjà mitraillé en octobre. Les chaussures de vélo dans la boue, le vélo dans la boue aussi, je m'avance vers l'étang, pour refaire quelques photos.
Un pur "routier" en tomberait à la renverse, en voyant où j'ose mettre mes roues, mais bon hein, je fais ce que je veux!
Près de l'étang, la lumière est toujours aussi fabuleuse. L'eau chantonne gaiement, au loin un faucon pousse un cri aigu, et en fond sonore, les fusils mitrailleurs donnent le rythme.
Oui, vraiment, un coin agréable Coëtquidan, fait pour la balade bucolique, en toute sécurité.
Je remonte sur mon vélo, et j'avance... En haut de la petite côte, les tirs redoublent d'intensité. Ils ont beau jouer à la guéguerre, c'est impressionnant. Sans mentir, je suis obligée de zigzaguer entre les douilles sur la route!
Même po peur non plus, juste peur d'entailler un pneu.
La route est ouverte qu'elle disait... C'est sans risque.
Soudain, sur ma gauche, j'entends une voix:
"Ennemi en vue, feu à volonté!!!!!!!!!"
1/4 de seconde après:
"nan, je rigole"...
Un "buisson" bouge. Ce n'est pas un buisson, c'est la tête camouflée d'un soldat qui rigole en me voyant passer.
Même po peur.. L'idée qu'un de ses camarades ait pu prendre sa phrase au sérieux et tirer ne m'effleure pas un seul instant: si moi je les vois, eux me voient encore mieux, vu la couleur de ma tenue de vélo!!
Je ricane: c'est de la triche, moi je suis en fluo! et je continue ma route...
Pleine forêt... Un groupe de 5 ou 6 soldats armés jusqu'au casque (c'est plus haut que les dents) jouent à se cacher derrière les arbres. Et vas y que je rase un arbre, je suis à découvert 1/4 de seconde, non, c'est bon, je te couvre, mets toi à l'abri etc...
Ils sont à 5m maximum de moi, font comme si ils ne m'avaient pas vue, et continuent à se confondre avec la végétation. Lui a t'on demandé son avis à la végétation hein?
Un peu plus haut, 2 soldats en tenue font leur jogging dans l'indifférence générale... L'un des deux est plus noir que le charbon le plus noir. A Coëtquidan, pour se fondre dans la végétation certains ont des avantages naturels...
Fin de la zone de manœuvres.. Le calme revient, je quitte le camp et prend la direction de Paimpont.
Suite de la journée dans la prochaine note!
Avec au programme: Paimpont, son étang, son mur, Brocéliande en long en large et en travers, l'Arbre d'Or, le Val sans Retour le vélo sur le dos (j'en suis retournée pourtant, juré), et mon coin incendié enfin inondé de soleil...
Digue, ding don, don, ce sont les filles des forges
Des forges de Paimpont, digue ding dondaine
Des forges de Paimpont, dingue ding dondon
Reflets sur l'étang - Coëtquidan