24 août 2007
plus haut que la lumiere...
Coucou!
Je vous tape d un clavier qwerty, sans apostrophe, ni c cedille, ni autres francaiseries.
Damned! Je pete un plomb!!! Me faut une heure par phrase, et je ne sais pas reduire l interligne.
Ceux qui ont lu le post "liechtenstein verticales lumieres 4" ont peut etre lu aussi la derniere ligne:
Laouen est tetue, elle deteste ne pas aller au bout des choses commencees. Laouen est aussi felee, mais alors a un point...
Hier, rien ne tournait rond. Meteo de merde sur le 56, envies qui tombent a l eau, etc.
J avais dans la tete une idee zinzin de chez zinzin, cherchant desperement quelqu un qui me force a etre raisonnable. Pas trouve. Pas beaucoup cherche non plus.
13h... je craque. Rien n est pret, je me jette sur mon sac, prepare bouffe, cartes, fringues.
13h35 je pars.
J ai passe une nuit abominable mercredi soir, j ai du dormir 2h.
Mais je pars, et tres loin, puisque je retourne finir l ascension du Naafkopf. rien que ca. 1200km.
bouchons parisiens, fatigue dangereuse, je me traine et j arrive a Vaduz a 3h du mat. je dors 1h pas plus, gelee, fait 1 degre dehors a 1600m
Et a 8h je file marcher.
Je vous raconterai ca en detail des mon retour, ici sur ce clavier pas possible.
Je suis montee tout en haut, ascension tres dangereuse, et la fatigue en plus. Marche 8h aujourd hui.
Vecu quelque chose d inoui, comme une transe. J etais bien au dessus de moi. comme un besoin d etre a bout de forces pour me liberer de moi, de tout. peut pas expliquer comment on peut marcher 8h en montagne, 1800m de denivele positif avec rien dans le ventre ou presque, 2 nuits blanches et 14h de route. Il le fallait, c est tout.
Ce soir, je suis a l auberge de jeunesse de Vaduz, et demain je recommence, autre parcours terrible.
La personne ne va me comprendre, et vous vous dites:
1) elle exagere, nawak
2) elle dit qu elle a plus un euro et elle se tape 1200km
3) elle se pousse a bout, pourquoi? elle est ridicule.
Je ne vous explique pas ce soir, mais c etait un appel irresistible.
plus un rond? c est vrai , bonjour les problemes bancaires en rentrant. mais: ON A QU UNE VIE!
qu une vie, et je la risque
qu une vie, et je la vis. meme pas a fond, mieux encore.
j ai pleure a 2570m. trop forte emotion.
j ai pleure en redescendant quand j ai vu 9 bouquetins a maxi 15metres de moi, immobiles, me regardant
je vais rentrer dans un etat abominable, je l ai cherche
mais j ai vu les oiseaux voler plus bas que moi, tout la haut, la neige eternelle, le ciel du ciel...
bien plus que ca encore, je vous raconte lundi a mon retour. j ai un appareil jetable, je ferai numeriser les photos
mais on ne numerise pas le bonheur, ni l extase, et le mot est faible
2 jours de route, 2 jours de marche dans le ciel
n essayez pas de me comprendre ni de me juger... essayez plutot de vous detacher de vous, entrez dans votre ciel
Liechtenstein, verticales lumières...(4)
Humour des montagnes?
Non réalité, et mise en garde.
Bref, le panneau rappelle au promeneur qu'ici c'est un sentier de montagne, et qu'il ne doit pas continuer si il n'est pas équipé de bonnes chaussures et de vêtements adéquats.
Ils ont oublié de préciser: et de maitrise...
Et surtout: n'ayant pas le vertige
(pour ceux qui vraiment ne suivent pas, le sentier c'est le minuscule ruban à même l'arête de la crête, et il va comme çà filer, filer... sur des kilomètres)
Cliquez sur la photo pour accéder à mon album photo
Quand vous lirez ces mots
je serai peut être retournée là bas...
Liechtenstein, verticales lumières...(3)
J'ai presque mal de taper ces lignes... Je vais faire light, car je suis incapable d'en dire plus.
Dimanche matin. 6h. Soleil éblouissant. Il fait chaud...
Dehors, bras nus, pieds nus, je vis.
Et je pense: ceux qui parlent de la clé du paradis ont du se tromper de trip. Le paradis n'a pas de clé... pas de porte.
Après un petit dej léger (nous n'avons plus que quelques euros en poche) nous partons vers le Naafkopf.
Vous ne verrez jamais le sentier qui y monte, après la partie herbeuse. Vu d'ici, çà a l'air cool. çà ne l'est pas.
Quand on a contourné la première "butte", on atteint le pierrier. Les cailloux dégringolent.. La pente est sans fin, sur au moins 500m de haut, et se termine dans un chaos de roches. Le sentier fait 10cm de large, parfois moins! Il est "taillé" à même la pente, et les cailloux roulent sous nos pieds.
C'est terrifiant.
L'angoisse me coupe les pattes. Je sens la peur des enfants, et logiquement, ils sentent la mienne née de la leur.
Je leur explique: si vous vous sentez mal, n'hésitez pas, dites le.
Minimoi finit par s'assoir, les jambes coupées. Elle est décomposée. Je respecte sa detresse, et fait semblant de ne pas voir la larme.
P'tit Troud m'avoue: Moi aussi j'ai peur.
J'avoue que moi aussi je n'ai pas le pied très sûr sur de tels passages.
Alors je les laisse respirer un moment, et nous faisons demi tour. Dans l'autre sens c'est encore plus impressionnant, ces 3 passages où il faut passer son pied extérieur dans le vide pour avancer.
Minimoi me dit: on reste là, et tu montes. Tu es venue ici pour çà.
Pas question réponje!
L'endroit est trop dangereux pour y rester assis, vous finiriez par bouger. Je suis venue ici avec vous. J'y allais avec vous. Seule je n'ai aucune envie d'y aller. (et j'y crois à ce que je dis!)
Je fais demi tour sans photographier ce sommet que je n'atteindrai pas.
En redescendant vers le refuge, j'admire quelques belles des cimes
De retour au refuge, nous attaquons la montée vers l'Augstenberg, et là, enfin, je le regarde:
Cliquez vous verrez mieux. Vous distinguez le refuge, puis le tracé du sentier qui semble plat! Arrivé en haut de la partie herbeuse, il passe de l'autre côté, sur le pierrier à pic. Et c'est là que nous avons du rebrousser chemin, à 30 min du sommet environ.
Vers l'Augstenberg, çà ne fait pas semblant de monter!
L'herbe fait place aux cailloux, et il y a quelques passages en dévers à négocier assez chauds.
Mais Minimoi se motive: on peut pas rebrousser chemin ici aussi!
Vue de la pente
Ici, sur la ligne de crêtes à gauche, vous voyez les 3 sommets les plus hauts du Liechtenstein: le Naafkopf 2570m, le Grauspitz 2599m et le Falknis 2562m.
Je crois que la montagne au premier plan est le Gorfion, sommet autrichien, 2308m. Vous voyez la crête? Et les 2 pentes qui y naissent? Et bien c'est sur ce genre de crête que l'on marche!
Du haut de l'Augstenberg, 2365m, le Naafkopf me nargue.. Il a l'air si facile vu d'ici...
Le "tas de pierre " de l'Augstenberg:
Laouen crucifiée à 2365m: martyre des cimes!
Remarquez que la croix est fortement arrimée au sol rocheux. Ici, quand le vent souffle, il ne fait pas semblant. Et il semble que même les croix aient tendance à prendre le chemin du ciel sans cette protection.
Il est temps de redescendre vers Malbun, en longeant la crête.
Belle des cimes:
Malbun, tout en bas.
Et voici le sentier qui file sur la crête, depuis l'Augstenberg (à droite). Une idée de la pente des deux côtés?
Voici Malbun:
Sur le très long lacet qui rejoint le village, une vraie autoroute après les sentiers d'où l'on vient, je regarde les sommets
Nous venons de là haut, tout en haut, et bien plus haut même.
Et hier, nous avions grimpé par ici, jusqu'à la crête, passé de l'autre côté pour rejoindre le refuge.
Et j'ai de plus en plus de mal à résister à l'appel des pierres...
Fin théorique de mon récit de vacances.
Mais il n'y a pas de fin, je l'ai écrit hier...
Les chemins n'ont pas de fin, même les verticaux.
Les chemins n'ont pas de dimension.
Ou bien, leur dimension est en nous: suivons là.
23 août 2007
Liechtenstein, verticales lumières...(2)
Après le repas, nous remettons nos chaussures de rando, et filons marcher quelques minutes. Les marmottes ne se montrent pas.
Le soir tombe...
Les randonneurs qui devaient redescendre à Malbun sont partis depuis longtemps.
Ceux qui sont restés auront comme dessert une belle tranche de beauté.
Peu à peu, le brouillard se lève, commençant par le bas.
Les rochers prennent une autre teinte
Et vers l'Ouest, le ciel nous réchauffe le coeur
Face au refuge, le Naafkopf joue à cache cache... Il n'a l'air de rien comme çà... Mais l'atteindre est une autre histoire. Ici la roche est déchirée, elle coule le long des pentes, rebondit sur l'herbe, s'écrase...
Derrière le refuge, la brume continue de s'effilocher. Peu à peu, on
distingue les pentes de l'Augstenberg. Nous y grimperons demain. Le
long de la crête sur un sentier taillé pour les chèvres, minuscule, et
si étroit...
(vous pouvez voir des piquets à un endroit périlleux sur la première cime derrière le refuge)
Près du refuge, la croix solitaire montre le chemin du ciel.
Vers l'Ouest, le ciel n'en finit pas de nous émerveiller
Et vers l'Est, vers l'Autriche, la brume s'accroche.
En fait, le refuge est sur la frontière. Des bornes de pierre sur les crêtes la marquent. Dérisoire frontière...
Ici, la frontière existe: il y a le ciel, et la roche.
Et entre les deux, cet état de grâce sur lequel nous marchons...
Soudain, une déchirure dorée dans le mur blanc autrichien
Cet éclat de montagne me bouleverse, j'en rate la photo.
La suivante aussi d'ailleurs, puisqu'on le devine à peine, quand le brouillard se lève enfin
Le ciel prend des teintes étranges...
Note: ici, les indications sont données en heures de marche.
A partir du refuge, Malbun s'atteint en descente par Gritsch (par là où nous sommes montés) 1h45
Mais aussi par l'Augstenberg, avec une rude montée jusqu'à 2365m, puis de la descente 2h15
Les durées doivent être calculées sur une base de 3/3,5 km/h, ce qui ici est très très correct.
Dans l'autre sens, vers le Naafkopf, tout s'inverse. 1h15 d'ascension périlleuse. Et pas du tout 4km, bien moins!
Je précise pour les blondes, qu'à Malbun, le panneau n'indique pas "Pfälzerhütte 1h45 ou 2h15", car çà monte.
Il est indiqué 2h30 ou 3h...
Et avec des enfants, vous pouvez mettre une rallonge à cette durée, logique. D'ailleurs... P'tit Troud grimpe très bien pour ses 7 ans, mais il n'a pas le pied sûr, c'est normal. De nombreux adultes auraient mis beaucoup plus de temps que lui pour se hisser jusqu'au refuge.
Et vers l'Ouest, le ciel nous embrasse...
Il fait froid, nous rentrons
Vers l'Autriche, les sommets se dégagent enfin
Logiquement, ce devrait être le Panüeler Kopf, 2859m, avec un peu de neige résiduelle.
Juste avant la nuit, je sors par la petite porte à côté des chambres pour saluer le jour.
Flou intégral, photo prise sans trépied à 1 ou 2s d'ouverture, qu'importe...
Les yeux fermés, la lumière demeure...
A l'heure où je tape ces lignes (hier soir 21h48), mon sac à dos est à mes pieds. L'envie de filer là bas 2jours me poursuit. Finir cette ascension commencée, et non terminée.
Parce que je suis mère, et que les enfants avaient peur.
Parce qu'il faut savoir se retourner et redescendre.
Pour atteindre le sommet un autre jour, bientôt, ou jamais.
Il est dur de résister...
Liechtenstein, verticales lumières... (1)
Avant tout, et sur le conseil de Mélusine, une petite carte pour préciser la situation géographique du pays.
C'est vrai: un état de 25km de long, ce n'est pas forcément évident à situer!
Le Liechtenstein, en gros, c'est coincé entre la Suisse et l'Autriche, et donc, logiquement vers le côté Est de la Suisse
En gros, c'est à 250km de Mulhouse, en passant par Bale et Zurich.
Plus précisément, voici une minuscule carte plus détaillée:
Beuh... Cliquez pour ouvrir dans une autre fenêtre, sinon vous ne verrez pas grand chose.
J'ai crayonné plusieurs points:
Vaduz, la capitale
Malbun, station de ski à 1600m (au pied des pistes, 2000m en haut) point de départ de notre rando.
Pfälzerhütte, le refuge de montagne où nous avons dormi à 2108m d'altitude
Le Naafkopf, sur le point frontière entre Liechtenstein, Suisse et Autriche. Là où nous devions aller.
Pour aller de mon coin de Forêt Noire au Liechtenstein, deux solutions. Naturellement j'ai choisi la mauvaise!
Rejoindre Freiburg, puis la Suisse, par l'autoroute.
Musarder sur les routes nationales, vers le lac de Constance (Bodensee pour les germanistes), passer en Autriche, rejoindre Vaduz.
J'ai voulu jouer la touriste, je n'aurais pas du!
Rejoindre le Bodensee, ok. Mais ce lac là (que vous voyez sur la première carte) doit faire 80km de long!
En fait, c'est une succession de villes et villages, on sort d'un bourg pour rentrer dans un autre.
La circulation au mois d'aout y est indescriptible, et au plus on avance vers l'Est, au plus les bouchons sont denses.
Nous traversons des villes agréables, qui sentent bon le tourisme aisé, et la douceur de vivre. Pas le temps de faire une pause, ni même une photo, l'heure tourne... Et il nous faut dénicher de quoi se loger à Vaduz et si possible dans un budget correct (mission impossible dans ce coin là d'Europe).
Je me dis: arrivés au bout du lac, nous allons enfin pouvoir rouler!
Mais non.
Deux solutions encore: payer la vignette annuelle de l'autoroute autrichienne et rouler.
Se trainer sur la route.
Payer pour faire un si court trajet est idiot, j'essaie de ne pas m'énerver, et je bouchonne...
Côté autrichien c'est pire encore qu'en Allemagne...
Je me maudis de ne pas avoir choisi l'autoroute suisse.
Nous atteignons Vaduz exténués, avec plus de deux heures de retard sur l'horaire prévu par michelin. Les sites internet, c'est génial!
On vous dit: il faut 1h pour parcourir 90km à 90km/h...
Ouais... Et si on roule à 30? Vous croyez qu'on le fait exprès?
J'ai l'adresse de l'auberge de jeunesse de Vaduz. Il me faut d'abord la dénicher. Ensuite, je me rends compte qu'il est 15h50 et qu'elle ouvre à 17h.. Il nous faut être ici à 17h, et même avant, sinon nous risquons de rater les seuls hypothétiques lits encore dispo.
Nous décidons de rester devant la porte, il fait beau. Pendant ce temps, je file à la banque changer de l'argent.
Car ici, on paye en francs suisses.
Trouver une banque au Liechtenstein, c'est un peu comme trouver un poulet dans un élevage intensif breton: y en a une tous les 5 centimètres.
Je débourse une somme "certaine" pour dormir à l'auberge, mais je m'estime heureuse. En fait, ce n'est pas si cher que çà, mais à 3, çà grimpe vite vu que l'on paye "au lit".
Balade à Vaduz ensuite, où nous découvrons un... tournoi de beach volley en pleine ville.
Vaduz est une exquise petite ville, propre, calme, raffinée. Dans les commerces, vous avez le choix:
- Souvenirs du coin made in... pas d'ici (comme partout)
- Bijoux somptueux, souvent des pièces uniques
Minimoi contemple une étiquette, sur une "petite pièce". Man? Ce n'est pas le prix j'espère?
Je jette un oeil: si si.. Mais ce sont des francs suisses, en euro çà fait beaucoup moins cher! Oui, seulement le prix d'une petite voiture neuve...
Les plus belles pièces ne portent aucune indication de prix bien entendu.
Vaduz, pour le touriste rmi-iste que je suis, c'est un peu comme un musée: on regarde, on ne touche pas, on repart la tête pleine de belles images.
Heureusement nous nous rattrapons sur les touristeries de base, faut bien dépenser nos derniers euros. Ici, on accepte les euros bien entendu, tout argent est bon à prendre.
Balade dans les rues, aux jolis jardins, et aux garages bien garnis. Vivre ici doit être vraiment agréable. Un peu de classe, beaucoup d'argent, et c'est une place au paradis (fiscal).
Ecroulés de rire, nous découvrons dans une cour, une superbe voiture: une Super5 rouge!
Tiens? Ils n'ont pas mis tout leur argent dans leur voiture ceux ci!
Minimoi et moi nous sommes d'accord: à choisir, on se prend une maison à Vaduz, et adieu grosse voiture!
Bah... çà coute combien une maison à Vaduz?
Autre chose remarquable: en pleine zone résidentielle, loin des batiments modernes qui abritent des banques somptueuses, des petits panneaux discrets indiquant des maisons tout ce qu'il y a de plus discrètes elles aussi.
"banque X", ou "société Y".
Minimoi point d'interrogationne: une banque dans cette maison, méééééé?
Je lui explique, les adresses postales des sociétés basées ici pour le paradis fiscal, les banques très privées où l'on arrive en grosse voiture, sur RDV, avec sa mallette. Le genre de maison où ni elle ni moi ne rentrerons jamais. Enfin, si elle y arrive, j'en serai heureuse!
Oui, Vaduz est un musée. Le musée du bien vivre, avec élégance.
Vaduz est aussi mondialement connue pour le nombre astronomique de lettres oblitérées ici: les timbres du Liechtenstein sont très très côtés.
Petite précision politique: le pays est une principauté, sur laquelle règne une famille princière.
Sur les hauteurs, le superbe château est en rénovation, et la grue gâche "à peine" la photo.
La montagne est truffée de demeures plus somptueuses les unes que les autres. Nous n'avons pas la tenue adéquate pour en faire le tour!
Déjà prets pour la montagne!
Samedi matin, 6h...
Il pleut. C'était prévu, je ne suis pas surprise. Mais j'angoisse à la vue des montagnes totalement invisibles.
Hier, en Allemagne, j'avais regardé une chaine tv satellite avec les webcam de toutes les stations de ski et les stations touristiques suisses. Une vraie cata en temps de brouillard!
A 2800m-3000m, il faisait -5°C, et la neige était abondante.
Sur le Liechtenstein, point de neige mais un temps à sortir sa scie électrique pour tenter de découper le brouillard en rondelles.
6h... Par la fenêtre des toilettes j'aperçois un mirabellier. Bien garni. Les mirabelles sont notre gourmandise favorite.
Je file dehors, avec un petit sac, ramasser toutes celles tombées à terre.
Mais, mue par mon estomac, j'oublie que la porte n'ouvre pas avant 7h, et que si il est possible de sortir, on ne peut rentrer qu'avec le code. Code qui est resté dans la chambre bien entendu.
Le sac bien rempli, je suis bien ennuyée.. Il est 6h35.
La fenêtre de notre chambre est au deuxième étage. Si je grimpe sur le muret étroit, je pourrai peut être jeter des cailloux sur la vitre et réveiller ma fille? Sinon il me faudra attendre, et il fait froid!
Je suis debout sur le muret, il pleut. Soudain, un bruit: une jeune fille d'origine asiatique sort de l'auberge. La porte automatique se referme lentement... Je cours!! Il faut que j'atteigne la porte avant qu'elle ne soit refermée. La jeune fille point d'interrogationne aussi.
Il pleut... Et le sol est trempé. Mes baskets sont lisses.
Je dérape, tombe sur le cul, et glisse lamentablement jusqu'à la porte, que... je referme moi même du pied.
Ecroulée par terre, je m'attends à entendre la jeune fille hurler de rire.
Digne, je lui explique: le code, la porte fermée etc.
Elle garde son self control, et me dit qu'elle n'a pas le code, mais que la porte va bientôt être dévérouillée. Elle, elle part faire une petite balade et reviendra quand ce sera ouvert.
Je me relève, la remercie, et la regarde passer le coin de l'auberge.
Je ne vérifie pas, mais j'imagine qu'à peine hors de ma vue elle a du se plier en deux et décéder de rire sur le champ.
Ah ces Asiatiques! Quelle maitrise! Perso, je n'aurais pas pu me retenir.
De retour dans ma chambre, j'évite de raconter l'incident pour ne pas que Minimoi réveille toute l'auberge en hurlant de rire.
Cela fera le bonheur des enfants ce soir, au refuge.
Nous partons vers Malbun, avec la ferme intention de marcher jusqu'à ce que le temps, ou la pente nous fasse rebrousser chemin.
Arrivés au village après une quinzaine de kilomètres à couper le souffle (et toute force dans le moteur de ma 106) c'est la consternation.
On ne voit pas les montagnes!
La pluie se calme, mais le brouillard est bien installé.
Nous entrons dans l'office du tourisme, et demandons des nouvelles du temps à la jeune fille.
Aucune amélioration aujourd'hui, et pluie forte cette aprem. Yes!!!
Je lui demande si il est raisonnable de faire de la rando par un temps pareil, et ce qu'elle nous conseille, elle qui connait l'état et le danger des sentiers du coin.
Naafkopf? pas question, sauf si vraiment costaud. Et franchement, vous ne verrez rien du tout, pas la peine.
Pfälzerhütte? Bah.. Pas par l'Augstenberg, trop risqué, glissant, et vue totalement bouchée.
Elle nous conseille de monter par Täli Höhe, c'est très pentu, mais moins risqué.
Après concertation, nous décidons d'y aller. N de D! Même sans rien voir, nous passerons les 2000m, et nous entendrons les vaches à défaut de les voir brouter.
Car ici, les vaches ont toutes une cloche.
Voici l'extrême limite du village de Malbun, en grimpant sur le minuscule sentier
En regardant vers les poteaux du téléphérique, nous apercevons un paisible taureau
J'arrive encore à faire quelques photos de jolies fleurs alpines, avant que le brouillard ne nous avale définitivement.
La dernière est une orchidée, bien entendu, mais j'avoue ne rien savoir de plus.
Je peste: autour de moi des fleurs totalement inconnues, voisinent avec des aconits, et d'autres qui me sont familières. Et ce temps abominable m'empêche de les photographier, et surtout de les admirer.
Après ces photos là, je ne sortirai plus l'appareil. Le brouillard nous digère, et nous ne voyons plus rien du tout.
A Täli Höhe nous rejoignons un groupe assez nombreux de randonneurs qui grimpe vers Pfälzerhütte. Je décide de suivre ce groupe: avec le brouillard le balisage est invisible (peint sur les roches), et ils ont peut être un téléphone qui fonctionne (le mien ne capte plus ici).
Et... ils se perdent!
Quand le lendemain je verrai la crête où ils nous emmenaient, j'en tremblerai!
Chose amusante: pour rejoindre le bon sentier, ils coupent par la pente, qui est défoncée et vertigineuse.
Sagement, nous rebroussons chemin jusqu'au croisement, et... nous arrivons avant eux. Comme quoi, en montagne, la ligne droite est peut être le chemin le plus court, mais pas toujours le plus rapide.
Nous atteignons le refuge, et je ne distingue ses murs de pierre qu'en étant à moins de 2 mètres.
Le groupe va manger ici, car le refuge fait resto, et redescendre par le difficile sentier qui passe par l'Augstenberg, cette aprem.
Dans ma tête, le disque dur surchauffe.
Je demande aux "refugistes" (on dit bien aubergistes!!): et le temps?
Pluie forte cette aprem, demain beau.
çà surchauffe de plus en plus...
Etre montés si haut, et ne rien voir, redescendre sur un sentier casse gueule (et encore, j'étais loin de la réalité), renoncer à tout, à la vue, au plaisir... NON.
Mééééé, gros problème: je n'ai plus que 50 euros en poche! C'est tout ce qu'il me reste, et ici on ne prend pas la carte bleue bien entendu.
J'assume: je tente d'expliquer que je n'avais pas prévu du tout de rester une nuit, et je demande le prix des lits en précisant que je n'ai qu'un seul sac de couchage.
Car j'ai emporté mon sac de couchage, ainsi qu'un minimatelas. Pourquoi? Pour le cas où nous devrions dormir au refuge justement. Ou pire: si nous étions bloqués dehors. Les enfants auraient partagé le sac, serrés comme des anchois, et moi j'aurais rêvé à un peu de chaleur.
Le prix est convenable. La dame nous montre notre chambre, glacée, mais superbe.
Minimoi gémit: méééééé? quelqu'un va peut être partager nos lits?
Ben oui! ici c'est un refuge de montagne, et en pleine saison tout le monde s'entasse. La chambre d'à côté contient 21 places!
Nous squattons un lit chacun, en espérant ne pas avoir à le partager avec quelqu'un d'autre. çà doit être très sympa, mais les enfants se sentiraient génés.
Problème numéro 2:
J'ai emporté de la nourriture, mais pas pour 2 jours.
Il y a de quoi manger frugalement ce midi, gouter, grignoter deux barres de céréales et une pomme pour le petit dej demain, et finir le sac à midi. Il faudra donc manger ici ce soir.
Je compte et recompte mon argent. çà peut le faire!
Dehors, la pluie s'intensifie. Nous mangeons un peu, et filons nous mettre au lit pendant que nos vêtements sèchent dans la chaufferie, seule pièce chauffée du refuge. (nous avons portés des habits propres)
Ici, il y a l'électricité, et l'eau courante. J'ai cru comprendre que l'eau était de l'eau des montagnes, traitée par un procédé compliqué.
Elle est bonne...
Je repense à toutes les crottes de vaches, de bouquetins, et de mulets (j'en ai vu plein) qu'il y a autour du refuge, et je bois...
Petite sieste. Jeux. Ennui.
La montagne est là, et mes jambes brulent d'inaction.
En fin d'après midi, je tente une sortie. La pluie s'est arrêtée, mais le brouillard est toujours aussi dense.
Voici le refuge:
Si si, je vous le jure: il y a un refuge! Et encore, la visibilité est meilleure que tout à l'heure.
Voici le sentier par lequel nous sommes arrivés ( à flanc de montagne) , en descendant de la crête que vous ne pouvez pas voir (et nous non plus nous n'avons rien vu)
Je grimpe quelques minutes en direction de l'invisible Naafkopf. Le sentiers est superbe. Un tas de cailloux, et de la terre trempée et lissée. En montée çà passe, dans l'autre sens quasiment impossible de ne pas se vautrer.
Les fleurs sont magnifiques, j'en bave.
Je redescends pour ne pas laisser les enfants seuls au refuge.
Et là, sur ma droite, un cri. Je pense à un oiseau, du genre corbeau.
Non! Sur un rocher, une silhouette dressée.
J'en crierais de joie si je n'avais pas peur de la faire fuir: une marmotte!!!
Justement, nous avons de quoi manger, mais pas de chocolat. Et comme nous sommes au pays du chocolat, je m'avance vers le pierrier où vit la marmotte, celle qui met le chocolat dans le papier alu.
Tout à l'heure, dans la brume, nous entendions les cloches des vaches tinter. Si le brouillard s'était levé, je n'aurais pas été étonnée de découvrir une vache mauve...
MIIIIIIIIIIIIIIIIIILLLLKAAAAAAAA!!!!!!
En fait, nous avons même du pousser les vaches sur le sentier pour passer
Je m'approche... Je suis à 5 mètres maxi. Accroupie, je ne bouge plus. Photo, floue, car le zoom numérique c'est vraiment de la daube.
Mais quelle émotion!
Sérieux: j'en laisse couler une larme. Va expliquer pourquoi..
Un fil empeche l'accès au trou de la marmotte, trop près du refuge.
J'avance encore un peu. Elle finit par retourner dans son home sweet home.
Retour au refuge...
Ici, le repas du soir est servi entre 18h et 19h.
Après un rapide calcul, je commande la spécialité du refuge: pates revenues à la poele, limite grillées, courgettes, carottes, et saucisse coupée.
Le patron me montre la taille "pour une personne", c'est à dire une poele de 26cm mini. J'hallucine...
Nous nous mettons à table, sous le regard discret des locaux qui doutent de notre capacité ( 2 faibles femmes maigres) à torcher nos deux poeles.
Et pourtant, nous les torchons...
(L'assiette faisait plus de 35cm de diamètre)
Je valide le post, avant de vous montrer les photos du soir
22 août 2007
il n'y a pas de fin...
Comment?
J'ai écrit "fin" dans le titre, et vous pensez qu'enfin mon récit de voyage va se terminer?
Non.
Je vais simplement changer de pays, pour passer au Liechtenstein.
Et... si nous poussons l'image un peu plus loin: quand je serai rentrée en France, il continuera. Le voyage n'a pas de fin.
La mort?
La vie est si intense... Laissez moi, et laissez vous la vivre.
It is the night
My body's weak
I'm on the run
No time for sleep
I've got to ride
Ride like the wind
To be free again...
Aujourd'hui, donc, dernier jour en Allemagne. Pour être plus précis, nous partons demain 10h, mais la journée se passera sur la route. D'ailleurs elle sera bien plus longue et éprouvante que prévue cette route! Je reviendrai là dessus demain.
Jeudi matin.
Là, ceux qui n'ont rien compris depuis le début et qui pensent que je suis actuellement en vacances avec mon ordi portable réalisent enfin!!
Ou alors ils pensent que j'ai du retard
Ou qu'en Allemagne le décalage horaire est tel que nous sommes encore mercredi
M'enfin!!
1) je n'ai pas d'ordi portable, d'ailleurs je lance un Laouenthon afin de réunir les fonds pour me payer un iBook, ou un MacBook si çà marche bien, et enfin pouvoir poster mes messages allongée sur mon tapis rugueux (d'ailleurs, j'ai mal partout à me vautrer là dessus moi...)
2) si j'avais un portable, croyez vous que je perdrais du temps durant mes vacances pour poster plus d'un millier de photos?
J'aime m'égarer dans des considérations n'ayant aucun rapport avec le récit du jour... C'est déstabilisant et çà énerve le lecteur pressé.
Revenons ensemble sur le sentier...
Il pleut...
Qui sait? Une belle journée ensoleillée m'aurait peut être fait plus mal. C'est toujours un déchirement de quitter cet endroit. En Avril j'en suis partie avec une larme coincée, qui a fini par sortir au moment même où je repassais la frontière.
Je savais que je viendrais ici en Juillet ou Aout, alors je repartais sans vraiment repartir.
Là... Grande question. Qui finalement n'en est pas une:
Il n'y a pas de fin. Je suis ici, je suis là bas. Quand je quitte le lac, rien ne se termine, mais commence au contraire l'attente, et chaque seconde qui passe nous rapproche au lieu de nous éloigner.
J'aime jusqu'à ce temps qui nous sépare, qui nous empare, qui nous rapprochera.
J'aime jusqu'à ces kilomètres qui me lient à lui.
J'aime ce silence, car le lac ne peut ni me téléphoner, ni me mailer, ni m'écrire. J'aime ce silence qui nous unit, car l'amour est silence.
Et lumière.
Et ce jeudi, la lumière s'est invitée dans une autre dimension.
Il pleut, et d'un commun accord nous convenons qu'il est impossible de quitter l'Allemagne sans aller saluer le lac.
Chacun le saluera à sa manière. Les enfants aiment aussi cet endroit, çà se voit.
Nous choisissons le sentier le plus court (j'oublie le véritable plus court, celui qui part du parking de Glaswald), celui qui grimpe de Freiersberg, sur 1m300 à 19% de moyenne (calculés d'après indications topo). Et qui descend ensuite sur 1km 200.
Sur les bords du lac, on distingue à peine le lac...
Et les sapins sont tellement gorgés d'eau qu'on les croirait légèrement enneigés. Le lichen a gonflé
Le niveau de l'eau est très haut. Bien plus haut qu'en Avril 2007 juste après la fonte des neiges, ou qu'en Octobre 2005 au coeur d'un automne pourtant pas mal arrosé.
Je n'ai jamais vu la cascade qui se jette dans le lac aussi vive
Il pleut, et le grand sapin contre lequel je me pose des heures a le tronc dégoulinant. Je ne m'assieds pas.
Je vais faire le tour du lac, ramassant petits cailloux, et petites branches recouvertes de lichens. Quand elles seront sèches, loin, très loin d'ici, je poserai mon nez sur le lichen pour sentir la forêt.
Minimoi trempe ses pieds, et ressort car la douleur est trop forte. Pourtant elle n'a pas hésité à nager longuement dans le lac, elle n'est pas frileuse.
Je ne me mouille pas. Peut être aurais je du? L'amour rend superstitieux :-)
C'est la pluie qui me mouille.
D'un commun accord, nous décidons de remonter (jusqu'au point de vue), puis de redescendre vers la voiture.
Le lac silencieux est vide... Nous sommes les seuls à être venus l'aimer aujourd'hui. J'ai vu un couple passer rapidement, et repartir après 1 minute à peine vers le parking.
Ah non... un vététiste arrive. Etonnée je le vois se diriger vers nous. Il parle trop vite, je ne pige pas tout mais comprend ce que je crois être l'essentiel: il cherche quelqu'un, un homme.
Je lui réponds: non, je n'ai vu qu'un couple. Je pense qu'il a perdu un de ses amis cyclistes.
Nous montons au point de vue. Et logiquement, du point de vue on ne voit rien.
Je pourrais penser: c'est un signe! Le lac se refuse à me dire au revoir, c'est que c'est un adieu!
Ou bien: il est là, mais je ne le vois pas, c'est qu'il n'est déjà plus là!
Ou plein d'autres phrases noires...
Non. Je l'aime, et je pense: je ne le vois pas, mais il est là. Et alors tout change, je le vois.
Je le vois, même si le brouillard n'a jamais été aussi dense. Je n'arriverais pas à distinguer un séquoia géant et fluo au milieu de ce rideau grisâtre, mais je vois le lac. En fait, le lac est dans chaque gouttelette d'eau, dans chaque molécule de brouillard.
En moi.
Ceux qui ont regardé mes albums, et lu mon blog savent quelle est la vue que l'on découvre logiquement ici, entre les sapins.
Descente longue et ennuyeuse vers la voiture...
Faut vraiment pas que je sois superstitieuse, sinon cette journée m'aurait terrifiée.
J'y aurais vraiment vu un signe de fin.
Quasiment arrivés à Freiersberg, nous croisons un homme qui grimpe.
Vous venez d'où?
Ben, du lac!
Vous avez vu quelqu'un?
Peu de monde: un couple, et un vététiste
Pas un homme seul?
Non...
Nous continuons notre descente, perplexes... Mais qu'est ce qu'ils ont tous? Pourquoi ces questions?
Arrivés près du refuge, stupeur...
Le petit coin de forêt en bordure de route est rempli de voitures de police qui encerclent la notre (damned!), de camions de pompiers, de véhicules de secours, et de voitures particulières.
C'est la ruée vers nous!
Un, deux, trois, un nous lâche, un autre groupe arrive, tous les policiers se jettent sur nous. Les piétons, les motorisés, ceux qui ont des chiens pistards...
Toujours le même interrogatoire:
On vient d'où?
A t'on vu quelqu'un?
Non, pas de couples, on cherche un homme seul.
Quelqu'un qui aurait besoin d'aide?
Je pense: si j'avais vu un homme en détresse, j'aurai appelé les secours...
Il me semble que les gens ne savent pas du tout où chercher. çà doit faire des heures qu'ils sont là.
Je comprends que le vététiste est monté jusqu'au lac pour chercher lui aussi.
Il me faut plusieurs interrogatoires de police, pour commencer à deviner l'histoire. Au bord de la route, deux femmes inquiètes.
L'homme n'a pas appelé les secours, sinon il aurait dit "je suis au lac, ou bien, à tel endroit précis"
Il a du dire à sa famille: "je vais à Freiersberg balader, je reviens pour manger", par exemple.
Et il n'est pas rentré, il est plus de 16h.
La famille a alors alerté les secours, mais personne ne sait exactement où est le disparu.
Bien entendu, il a pu "oublier" sa balade et partir avec une copine folâtrer dans une pièce chauffée et sèche, ou bien est il ivre mort dans un bar du coin, mais il a pu réellement se blesser. Et ici le portable passe très mal. Si il a glissé, et s'est retrouvé bien plus bas assommé, va le retrouver!
Drole de couic dans nos gorges... Minimoi semble choquée. Elle pense à cet homme, mais doit aussi penser à sa mère qui est partie seule ici pendant une semaine dans des conditions difficiles, voire même très inhospitalières...
J'avais précisé: je serai sur le Westweg... C'est déjà une piste. Je ne m'en suis éloignée que pour descendre au lac, à l'aller et au retour.
Mais la rando en solitaire comporte des risques qu'il faut prévoir. La vie en comporte aussi... Aller chercher son pain en voiture, c'est déjà risquer de ne pas rentrer.
Nous tentons de ne pas penser à cet homme... Espérons la fausse alerte. Nous ne saurons jamais si il avait vraiment disparu..
interlude resto
Nous en étions restés à la divine glace ingurgitée hier soir...
Une petite pause (aujourd'hui je vais faire léger sur le blog!) pour vous faire sourire:
Je me rends aux toilettes du resto avec P'tit Troud, et j'en reviens écroulée de rire...
Minimoi me voit lui faire un signe, puis filer dehors. Je retourne m'assoir avec mon appareil photo.
Quelques minutes après je retourne aux toilettes (mes voisins de resto doivent me croire incontinente, ou ayant abusé de bière) pour immortaliser "la chose"
Le WC porte une marque gravée sur la cuvette.
Quand on tire la chasse d'eau, comme dans tous les WC, une cascade nettoie la cuvette.
Voici la cascade, la cuvette, et la marque du WC
:-)
Pour ceux qui ont suivi tout mon récit, avouez que c'est autre chose que la cascade de Triberg et ses 163m de haut!
21 août 2007
Brouillard... (2) le Feldberg, comme si vous l'aviez vu (ben nous on l'a pas vu mais on était dessus)
Slurp, miam, slurp, miam...
Deux yaourts natures, avec une cuillère de confiture de pêches dedans.
Maison la confiture!
Je fais de la trèèèèèèèèèès bonne confiture de pêches...
(remarque ciblée :-)) j'ai fini le pot... niark niark. Il en reste 8...)
Retour au récit après la pause miam du midi.
Mercredi 8 aout. Contente de le savoir, j'enfile une polaire sur mon tee shirt, et mon k-way par dessus.
Lever tôt, direction le Sud, et Hinterzarten, superbe station de ski très c'estçlaoui, puis le Feldberg.
Les 100km nous prennent un temps fou: je suis parfois obligée de rouler à 30km/h en ligne droite, le nez sur le pare brise, tant le brouillard est dense. Partout des voitures arrêtées qui balisent: les touristes non habitués au brouillard déclarent forfait.
çà promet...
Et çà tient ses promesses.
Pour éviter à mes enfants une rando de 30km (au départ de Hinterzarten) nous nous rapprochons du Feldberg en cherchant le petit hameau de Rinken, qui nous ramène l'aller retour à 14km.
Au départ du sentier, visibilité 10 mètres... On y croit!!
çà grimpe, çà grimpe... parfois très fort.
Vision (ou non-vision) terrible: la visibilité se réduit bientôt à.. la pointe de nos batons.
Comment se repérer là dedans?
Le balisage dans le coin est présent, mais rare car la végétation est rare. En temps normal, on voit le Feldberg, la tour, l'emetteur.
Il est facile de se perdre, mais on peut toujours se récupérer.
Là... Rien.
Nous suivons un sentier sans savoir réellement où nous sommes.
Le nez dans ma carte au 1/25000 je me dis: un virage à gauche, c'est donc que l'on doit être ici.. etc.
Nous débouchons sur ce que je devine être la microscopique route goudronnée qui relie le Feldberg au Seebuck.
Petit vent glacé, visibilité totalement nulle.
Cette "route", j'ai marché dessus en Avril, mais je la devinais par endroits quand il y avait un trou dans la neige. Ici filaient des skieurs de fond.
Question: OU EST LE FELDBERG?
A gauche, ou à droite?
L'emetteur immense doit être là, tout près. Nous ne le voyons pas!
Pas question de se repérer grace à la carte car tout est assez hasardeux à cet endroit, les sentiers sont mal représentés sur ce type de carte, qui n'est pas une carte topo (une simple carte de rando avec des traits de couleurs reliant des balises).
Alors je réfléchis: je suis venue ici...
L'emetteur est au point le plus haut, ainsi que le panneau annonçant le sommet du Feldberg, il suffit donc de choisir le côté qui monte.
Y a des jours où je regrette de ne pas avoir de boussole!
Nous marchons... Toujours rien!
Soudain je crie: Je le vois!! l'emetteur!
Où? demandent les gosses?
Avancez encore de quelques mètres, vous allez distinguer un semblant de silhouette.
Damned.. c'est réellement terrifiant: nous sommes dessus et nous n'avons rien vu!!
J'immortalise les enfants au pied du panneau indiquant 1493m. Jour blanc...
Même le haut du panneau est difficile à voir!
Voici le même début Avril, sous un soleil magnifique, les pieds dans la neige:
Fou non?
L'emetteur du Feldberg, en Avril:
Ne me demandez pas la photo du mois d'aout! ou alors imaginez vous même un carré gris de 450 px...
Nous marchons vers le Seebuck, plus de 1400m aussi, qui est un kilomètre et demi plus à droite...
Euh?
Oùùùùùùùùùùùùù?
Le haut du Seebuck, c'est aussi le haut de la station de ski de Felberg (le village).
Habituellement, on suit le sentier qui longe la petite piste bitumée, ou on suit les traces de ski.
Bah.. Là, on ne peut même pas se repérer en avançant vers la Felbergturm (jolie tour où l'on peut grimper)
La voici en Avril
Et en aout? Pareil: rectangle gris de 450px
J'explique aux enfants: alors vous voyez, d'ici, vous regardez loin par là, et vous voyez toute la chaine des Alpes!!
Et là, je déprime... Je suis désolée pour eux, je le leur dis, le leur redis.
Promis juré on reviendra. On reviendra même skier ici si j'arrive à trouver le fric pour çà...
Nous descendons par le Westweg, pour retrouver un croisement de sentier qui me tient à coeur.
C'est ici qu'un soir d'Avril, après avoir renoncé à atteindre le Felberg, enfoncée à chaque pas dans la neige jusqu'en haut des guêtres, j'avais renoncé, pour mieux y retourner le lendemain.
C'est ici que ce même soir d'Avril, j'avais emprunté le plus beau sentier du Sud Schwarzwald, le Felsenweg.
C'est ici que je n'avais pas lu le panneau indiquant: "sentier impraticable et dangereux en hiver"...
C'est ici que j'avais mis plus d'une heure à parcourir ce kilomètre et demi de pure merveille, tombant parfois dans la neige jusqu'à l'entrejambe, devant lutter, épuisée, pour en ressortir.
En le parcourant cet été, sous la pluie, je me remémore chaque pas, et découvre avec un grand sourire sur QUOI j'ai marché quelques mois auparavant.
Je reconnais chaque arbre, chaque arbuste assez haut, car il y avait tellement de neige ici que les petits étaient recouverts.
Je me souviens exactement des endroits où j'ai plongé, et comprends alors que je n'étais plus sur le sentier (invisible dans la pente) mais SUR la pente. J'explique aux enfants: la recherche des trous de rochers, l'idée de passer la nuit là, dehors, sans protection, en voyant le jour décliner et me croyant perdue. L'absence de peur. Assumer. Toujours.
çà ce n'est pas le sentier, c'est un peu avant. Sur le sentier j'étais trop occupée à mettre un pied devant l'autre!
1m15 de neige mini...
Et au mois d'aout, une glissade continue sur un sentier qui s'éboule parfois tant il a plu. Mais qu'il est beau... (photos prises dans les passages sans difficultés, sinon je surveillais P'tit Troud!)

De ce sentier on a habituellement une jolie vue, si on est observateur, du Feldsee, sublimissime lac de montagne encaissé, ceinturé par un cercle continu de sapins (comme le Glaswaldsee) et défendu par des falaises de pierres qui obligent le promeneur à emprunter le seul sentier qui y mène, descente tortueuse au possible.
En fait, il en existe un autre plus facile, mais il n'a aucun interêt par rapport à la descente folle!!
Bah... ce mercredi là, même en se tordant le cou: rien.
Pire: après avoir dévalé la longue descente, du bord du Feldsee on ne voit pas le Feldsee!!
Un peu comme quand vous vous faites arnaquer grave en payant pour monter au dernier étage de la Tour Eiffel en espérant voir tout Paris: VOUS NE VOYEZ MEME PAS LA TOUR EIFFEL!!!
Et je re désespère... J'essaie d'expliquer aux enfants, le dénivelé vertigineux, les pierres dressées, la beauté du lac.
çà en devient tellement risible que Minimoi me demande amusée:
"ferais tu des infidélités au Glaswaldsee"?
Nonnnnnnnnnn!! réponge!
Bon ok, le Feldsee est un lac merveilleux. Sous la neige c'est à tomber par terre, et je ne m'en suis pas privée.
Mais l'amour a ses raisons etc...
Et c'est vers l'autre lac que va tout mon amour.
D'ailleurs les enfants confirmeront à la fin du voyage: c'était bien le plus beau de tous les lacs, et on te passe pas la brosse.
Pourquoi?
Eux même ne peuvent pas le dire... Parce que. Ils ont compris maintenant pourquoi leur mère est raide dingue de ce coin. Compris avec les tripes, pas avec les mots.
Revenons au Feldsee qui joue les Arlésiennes.
On en distingue la rive quand on est sur la rive.
Nous esperons un lever de brume sans espoir. Parfois, un mouvement des nuages laisse entrevoir un bout de rocher dressé, mais rien de plus
Ici, il est interdit de se baigner. Mais Minimoi, qui voulait aller se percher sur un rocher à 3 mètres du bord glisse sur un cailloux moussu, et plouf..
niark niark...
Ce n'est pas fini: elle laisse tomber son baton près du lac, dans.. une bouse
P'tit Troud et moi hurlons de rire...
Vous voyez, les rochers que l'on aperçoit (mal) sur la photo d'avant? ben...
bon on reprend! Cette photo est trompeuse, car on croit que le ciel commence au bord du semblant de rocher que l'on aperçoit.
Non. Les pierres montent bien plus haut.
Voici la photo du Feldsee en Avril
Vous comprenez mieux?
Je dois certainement lasser ceux qui épluchent mon blog régulièrement, car ces photos enneigées vous les avez déjà vues.
Mais çà fait du bien de les revoir!! Un peu de ciel bleu, de clarté! (je ne vous dis pas ce qu'il tombe sur la Bretagne à la minute où je tape cette phrase..)
Regardez encore une fois la photo du Feldsee en aout: vous y voyez un bout de bois mort sortir des herbes qui poussent dans l'eau.
Voici le bois mort en question en avril. J'avais eu une envie folle de "tester" la glace!!
Un dernier regard au lac avant de remonter...
Comme nous sommes des casse cous, nous remontons par ici:
Non, je rigole!
Nous oublions les rochers verticaux (donc ici on ne devine même pas le pied) pour prendre le sage sentier qui contourne le lac, et rejoint Rinken.
Et cette voie à travers les pierres me fait penser à d'autres rochers, ceux du Glaswaldsee.
Un jour, j'oublierai le sentier tortueux qui y descend, pour couper par la pente. Du point de vue, elle est verticale.
Mais je trouverai la voie...
Je n'ai pas pu le faire cet été (à cause des enfants) ni cet hiver (trop lourdement chargée)
De retour à Schapbach, nous allons nous régaler au resto.
Goulash... de cerf
J'ai une pensée émue pour le cerf rencontré hier.
Nous nous consolons avec une glace spécial Forêt Noire: 2 boules vanille, 2 boules choco, une tonne de griottes, un mètre de chantilly maison, le tout noyé de kirch...
Brouillard...
Parfois, la montagne prend des airs bretons.
Le brouillard envahit tout, la pluie se met à déluger, et on se dit: çà y est, les vacances sont finies.
Mardi. Nous quittons l'Allemagne vendredi matin, et nous ne reverrons pas le soleil d'ici là.
Il nous faudra même traverser 3 autres pays, et attendre le matin du 12 aout, le dimanche du retour, pour sortir du brouillard.
Entendu hier au journal télévisé, en parlant de je ne sais quel pays de l'hémisphère sud: "l'hiver austral est rude".
Bah... Ici c'est l'été qui est rude!
Hier, par exemple, pas pu mettre le nez dehors 5 minutes. Ce matin je suis allée courir une heure vingt, dans les flaques, sur les sentiers du coin, sous un vent de dingue et un froid polaire. (10 degrés hier à 11h du mat)
Bien que je n'aie qu'une envie, puisque retourner à la montagne est exclu: me rouler sur les tapis, au milieu des coussins, et y attendre un peu de chaleur.
euh? je me fais des films là...
Courir dans la nature c'est vivifiant, très bon pour la circulation du sang puisque les ajoncs tranchent mes chevilles de zébrures sanguinolentes. Et quand je retourne à ma voiture, et qu'assise au volant je vois cet autocollant dans le coin droit de mon pare brise, représentant un symbole autoroutier suivi du chiffre "07", je dois encore me forcer à retourner vers la maison, et non vers la Suisse pour rentabiliser mon autocollant annuel (encore une fois, vive la France et ses péages)
Revenons au récit
Un mardi, en Allemagne, quelque part dans le Nord de la Forêt Noire. Nous sommes courageux, nous sortons sous des trombes d'eau, et mangeons nos sandwiches dans la voiture, espérant une accalmie.
Elle ne durera guère, mais nous permettra de faire 7km dans la brume, sous une bruine légère mais bien présente.
Au départ, un cerf nous salue
Encore une pauvre bête qui finira en steak, ou en goulash. Il a déjà "de la chance" de ne pas être né porc, ou veau, et de finir sa vie vivre entassé dans un mouroir batiment trop petit sans jamais pouvoir se lever.
Nous marchons vers un parc protégé, à travers une zone humide (comme si l'humidité du ciel ne suffisait pas)
Ici, de nombreux animaux sont susceptibles de traverser les sentiers sans prévenir, il faut être vigilant.
Mais rassurons nous, aucun vilain méchant ne poussera l'animal vers l'autoroute pour qu'il s'y fasse écraser:
1) Ici il n'y a pas d'ours
2) Ici il n'y a pas d'autoroutes
(allusion au massacre de Franska, ourse déracinée, sur une autoroute française)
Donc, des animaux bizarres traversent les sentiers et il faut s'en méfier. La preuve, ce panneau:
Signification de ce panneau:
"Attention, traversée de trolls dévoreurs d'enfants" (kinder, c'est enfant, pas "chocolat")
Nan, en fait il s'agit du balisage d'un sentier découverte pour les enfants. Il leur suffit de suivre les trolls peints sur les arbres.
Entrée dans le parc protégé du Wildsee. Un autre Wildsee! Un lac sur un terrain plat cette fois ci, bien que nous devons être à plus de 900m d'altitude. Pas de descente vertigineuse pour y accéder. Mais impossible d'y accéder justement: ici, c'est Bannwald, interdiction stricte de sortir des planches.
Et... tout le monde respecte l'interdiction.
J'imagine la même interdiction sur un sentier franç... bon ok, j'arrête, sinon je vais vous vexer.
Les pins qui poussent ici ne sont pas une espèce exotique adaptée au coin de force, mais une variété locale remarquable (d'après les panneaux d'information)
Marcher sur ce genre de planches disjointes quand il pleut est un régal, glissades assurées.
En sortant du périmètre protégé, nous longeons des sapins abattus attendant le camion
Dans ce tas, par exemple, le plus gros a 160 ans vérifiés, minimum.
Il est interessant de se rendre compte que ces sapins poussent très fort entre leur cinquantième et leur soixante quinzième année par exemple.
Je suis toujours émue à la vue de ces géants morts. La gestion forestière me semble ici assez correcte. Les arbres sont abattus proprements, les jeunes sont préservés. Mais la vue d'une parcelle immense où tous les vieux sapins sont à terre me touche.
Avant que les jeunes aient atteint une belle taille il faudra de très nombreuses années.
J'aime me tordre le cou pour tenter d'apercevoir les cimes des arbres, pas ces hectares trop clairs.
La pluie recommence, remplaçant la bruine. Il est temps de presser le pas.
Bientôt, nous ne verrons plus rien.
Les enfants se sentent mal à l'aise dans cette lumière trouble, blafarde, qui les etouffe.
Ils aiment voir, et non deviner, et le brouillard les angoisse un peu.
Moi, je le connais le brouillard. Et je sais voir la forêt lumineuse à travers ce rideau compact. Il faut dire que la lumière, je la vois aussi dans le noir total. Alors...
De quoi angoisser non?
Ce qui me désole, c'est que mes enfants se mouillent, qu'ils ne peuvent pas prendre du plaisir à marcher là dessous, et que demain, ils iront promener sur un des plus beaux sentiers d'Allemagne, sans RIEN voir, à peine le bout de leurs pieds.
Gachis... Nous n'y pouvons rien.
Nous reviendrons...
Au retour, la nature nous fait un joli cadeau:
P'tit Troud, toujours à l'affut, traque la myrtille malgré la pluie.
Soudain, il m'appelle: Maaaaaaaaaaaaaaaaaan!!! regarde!!!!
Je m'approche, appareil photo ouvert, zoom sorti.
Cache cache....
Tu me vois pas!!
Tu me vois!!!
Je crois la "souris" (je ne sais pas de quelle bestiole il s'agit) mourante. Pourquoi reste elle ainsi? Si près de nous?
Je la touche, elle se laisse caresser.
Pour la protéger, je courbe la tige de la fougère jusqu'à la faire toucher le sol. La bestiole file se cacher, d'un pas vif.
Merci la vie
Rajout à 13h30 après le commentaire de François Paradis: il s'agit d'un lérot, petit rongeur strictement nocturne. Merci la logique! et merci François d'avoir confirmé mes doutes.20 août 2007
Glaswald...
Glaswald est le plus beau hameau de mon monde...
Je n'ai pas écrit "du monde", car il n'y a pas un monde, il y en a un pour chacun de nous.
Glaswald, c'est le hameau qui a donné son nom au lac.
Ce matin là, grand soleil. La météo est pessimiste: le reste de la semaine sera foutu, foutu, foutu...
Il faut savoir faire des choix.
Nous irons donc voir le Feldberg sous la pluie. Il est à prévoir que les enfants ne verront rien du paysage. (en fait ce fut encore pire! mais c'est une autre histoire)
Je leur ai donné à choisir, ils ont préféré retourner aujourd'hui au lac, pour profiter du soleil, et de la baignade en eau glacée.
J'exagère?
Non non: on trempe les pieds, le froid paralyse, et la douleur s'installe.
Au plus fort de la chaleur çà devient supportable.
Et c'est un peu comme une communion avec le lac.
Nous laissons notre voiture entre Bad Rippoldsau et Schapbach. Et nous prenons la route qui monte vers le lac. Et oui... Une route existe, qui amène les voitures jusqu'à un kilomètre et demi du lac. Parking obligatoire, puis lente grimpette sur un chemin très caillouteux.
Nous rentrerons par là ce soir, sur ce ruban de bitume de 5 kilomètres et demi, qui traverse un paysage enchanteur.
Cette route là est si belle qu'elle est balisée comme sentier de rando.
Mais pour l'instant, nous oublions le bitume pour grimper par les sentiers. La pente est très forte, et les enfants sont épuisés. Moi aussi d'ailleurs: la journée à Stuttgart nous a mis sur les rotules.
Après 3 kilomètres harassants, un banc. Une trouée dans la forêt, une pente herbeuse folle, la vue.
Et sur la gauche, une maison. Nous sommes unanimes: c'est la maison rêvée. La vue, la proximité du lac, un terrain immense, et une piscine creusée (çà c'est accessoire!!)
La maison est déserte. Maison de vacances, ou résidence principale vide pour cause de mois d'aout?
Seul bémol, même si je finis par comprendre la raison de cela: une clôture de barbelés entoure la maison.
Evident: une maison vide avec une piscine, au mois d'aout, çà tente...
Ici les gens sont respectueux. Envers la nature, et envers les autres. Mais il doit être tentant d'aller faire un petit plongeon après une grimpette sous un tel soleil.
Au risque de paraitre mauvaise langue, la même maison dans le sud de la France, et les proprios la retrouvent squattée à leur retour. Si encore ils la retrouvent entière!
Non je ne fais pas de l'anti-nationalisme! Je suis réaliste.
Le mot respect a été rayé du vocabulaire de pas mal de nos concitoyens. Il y a des cons partout, ok. J'ai juste l'impression que la mentalité des gens de l'Est est différente, plus proche de certaines valeurs que je partage.
Petite descente pour rejoindre les maisons les plus hautes du hameau de Glaswald, en longeant une minuscule chapelle
Rien d'exceptionnel certainement, mais c'est ici que je veux vivre.
Une cabane de jardin, une vieille grange, n'importe quoi.
Je ne peux même pas vous dire pourquoi.
Moi qui rêve de traverser l'Asie à pieds, c'est ici, dans cette simplicité, que je veux vivre.
Pas "que je rêve de vivre".
Après les sables mauves pailletés d'or du désert, après tout ce que j'ai vu de plus beau que çà, et après tout ce qui sera, il y aura ce coin de montagne.
Zoom sur le bonheur
Avant de replonger dans la forêt, nous longeons un champ, et discrètement je prends une photo (zoom optique et numérique à bloc) des personnages qui se tiennent sous le grand arbre.
La scène que nous contemplons me touche particulièrement. Et elle me prouve qu'ici, pas si loin que çà finalement de mon coin de Bretagne, "quelque chose" est différent. Une autre façon de vivre, et d'être. Une manière de penser qui a disparu de nos campagnes, qui survit encore dans quelques coins reculés de France.
Ici on est pas dans un pays "arriéré", mais certaines scènes semblent tirées d'un autre temps.
Ici, les champs sont en pentes fortes. Trop fortes parfois pour que le tracteur puisse les faucher. Je ricane en pensant à tous les connards qui détruisent nos talus bretons, car "ils nous empêchent de tourner avec le tracteur, 50cm de terre gâchée".
Alors ici, pour faucher, bien souvent, on prend une faux.
J'ai vu des hommes âgés, dans la pente, balancer l'instrument lentement, d'un geste sur et régulier.
Une excellente manière de se démettre le dos. Celui qui n'a jamais fauché ne tiendrait pas un quart d'heure.
Et les pâturages sont étendus. Alors, bien souvent, on fauche à plusieurs. La famille se regroupe.
Et... chose extraordinaire, les voisins viennent aider. Tout le monde bavarde, et travaille en même temps. Et ils rient, et sourient, au lieu de maudire leurs pentes, leurs faux, le travail dur de la terre.
Ensuite, ils iront tous faucher le champ d'à côté.
On appelle çà "l'entraide". On pourrait appeler çà "la logique". Voire même "la vie à la campagne".
Bizarre... Toute notion de profit, de rentabilité, de cout/horaire est écartée.
Après la fauche, on ratisse l'herbe coupée. On la met en lignes. Si la machine arrive à grimper, elle fait les bottes de paille. Sinon çà sera fait artisanalement.
Sous le grand arbre, 3 personnes se reposent auprès d'un superbe motoculteur rouge. L'engin n'est pas jeune, mais il a digéré la pente. Deux vieilles dames en robes colorées soufflent un peu, appuyées sur leurs outils.
Au retour, nous les retrouveront sous l'arbre, mais le travail aura bien avancé.
Le motoculteur sera reparti, récupéré par son proprio, qui ira le faire travailler sur une autre pente.
L'herbe sera rentrée au sec. Et demain, on "donnera la main" pour faucher chez le voisin. On parlera de X, qui nous a quitté, des potins du coin, et on refera la vie du village...
Et la journée se terminera certainement par un repas pris en commun, avec du vin blanc du Rhin.
Je pense aux champs trop plats, aux hectares pollués, aux tracteurs de 400 chevaux, à la vie, au "progrès" qui fait que celui qui n'a plus le fric pour investir crève dans son coin, sous le regard des autres.
Si l'humanité savait encore tendre la main, se parler, partager.
Si...
Arrête de rêver Laouen.
Va te plonger dans le lac glacé...
Noméo!
Vous croyiez pas que j'allais mettre ma photo en maillot de bain non bidouillée?
Surtout que... elle est super moche la photo originale
Je cligne des yeux
On voit mes grandes dents
Les cheveux mal noués pour pas les mouiller c'est beurk
Je viens de me mettre en maillot, et j'ai une marque disgracieuse sur le ventre (l'élastique du short)
Pis on voit bien qu'entre un air bag et moi y a une énorme différence
Pis mon maillot l'est vieux, tout détendu, tout moche
Pis....
Pis crotte!! Pas envie de me montrer en petite tenue.
Pis... Va falloir que j'invente la teinture camouflage pour le corps
:-))










