10 mai 2008
go on...
Je survivrai à demain, qu'elle écrivait hier, la Laouen...
Mouais.
Il est bientôt 21h, donc, mis à part cataclysme, je survivrai à aujourd'hui.
De peur de ne pas survivre, je vais rester sagement chez moi ce soir.
Tout à l'heure, déchirée, j'ai eu envie de prendre ma bagnole pas vraiment en état de rouler, et de filer m'enfermer dans la première boite glauque du coin, pour tenter de noyer ma solitude au milieu d'autre solitudes suantes, finir dans les bras d'une femme peu farouche, et.. lui raconter ce qui fait bobo, là, au creux de l'estomac.
çà n'aurait pas été sympa pour la dame... même blonde à forte poitrine et dépourvue de QI. Et oui... dans ces cas là, faut toujours se trouver une proie dépourvue de QI, une qui ne va pas disserter toute la soirée, une qui va juste te regarder dans le blanc du slip, euh, pardon, de l'oeil...
Ou des deux.
Comment? Je vous choque?
Pfffff...
Vous survivrez!
Comment? Je joue la provoc? Si peu...
Mouais.. Je n'aurais pas été une compagne agréable..
Et franchement, je ne suis pas en état de conduire. J'ai mal à la tête, les yeux fatigués, et... des ampoules aux mains.
Non! Pas d'avoir trop tapé sur ce clavier.. D'avoir trop serré la binette, d'avoir passé 2h avec un fil électrique à faucher l'herbe qui devait dépasser un mètre de hauteur, à avoir tapé cette putain de terre trop plombée par les pluies incessantes du mois dernier, des jours derniers, des.. tain, c'était quand, le mois dernier? On peut pas rembobiner le film svp?
Nan!
Okaaaaaaaay....
20 mètres de patates. Comment? C'est plus la saison de les planter? Pffffff.. je ne les ai jamais plantées avant la mi mai. Même en Bretagne, les seins de glace sont parfois.. de glace.
Les miens? de glace aussi...
La terre a gliclé, et mes mains, pourtant habituées à porter du lourd, du sale, du tranchant, ont souffert.
Vas y Laouen, fait vibrer ton corps en tapant le sol de tes outils... C'est pas un dancefloor, c'est juste de la terre, mais tu sues plus qu'en bougeant tes fesses...
Mouais. Je survivrai à aujourd'hui.
Et même à demain. Si je survis à ma balade, qui est mal barrée vu que je n'ai aucune carte IGN, et que, bien que je connaisse le coin, je vais me paumer salement.
Dormir où? Je n'en sais rien.. Dans ma voiture certainement. Là bas, au milieu des Monts d'Arrée, il n'y aura aucune boite glauque pour m'accueillir à la nuit venue.
Et le jour est si long à tomber, en ce beau mois de mai...
Je savais que le 10 mai serait difficile a avaler. Il a été encore plus raide que ce que je pensais.
Maintenant, va falloir le digérer... Et ce sera encore plus dur.
Ce soir, face à cet écran, j'ai les dents qui raclent les touches du clavier.
Oh... Ce n'est pas le premier soir que je passe seule, avec personne à qui parler, et personne à l'autre bout du net.
Même depuis quelques mois. Mais là, c'est différent.. Je n'entendrai pas la sonnerie de ma messagerie instantanée demain, ni lundi, ni...
Comment?
Je commence à vous casser les pieds? Bah.. ce n'est pas fini! çà ne fait que commencer.
Rassurez vous, je ne vais pas aller me jeter sous un train.
Pourquoi le ferais-je?
Je suis là, chez moi, je vais dormir dans mon lit, et demain le miaulement de mon chat me saluera en ouvrant la porte...
Lui, va dormir je ne sais où... En enfer, ou sur la route qui y mène.
Il l'a choisi, ce chemin, je sais.
Ce matin, il m'a résumé 30 semaines de ma vie à venir...
Profite bien de la fin de ton week end, de tes vacances d'été, éclate toi à la montagne cet été, etc...
Tain... ce que je m'en foutais, de ces 30 semaines là...
Prend soin de toi qu'il m'a dit, avant de couper skype. Pour 30 semaines.
J'ai répondu: de moi? Mais ce n'est pas important...
Il avait déjà coupé. Et je suis restée là... conne, et larguée.
Y a des gens qui n'ont pas d'amis.
Ils doivent arriver à s'endormir paisiblement le soir, ils prennent soin d'eux, ils pensent à eux...
Une copine sud africaine me disait: c'est beau, de ne pas changer son message d'humeur pendant 30 semaines, c'est une belle preuve d'amitié.. Ben ouais, à part çà, je peux pas faire grand chose...
300 contacts, 300 amis? Oh que non... Faut pas confondre. C'est comme dans "la vraie" vie. Tain, que çà me gonfle cette expression.. Les gens, là, derrière leurs écrans, eux, vous, vous êtes réels!
Bref, quand tu rencontres 300 personnes, avec qui tu échanges quelques paroles, combien deviendront des amis?
Parfois aucun, parfois 5 ou 6, parfois moins.
Allez Laouen, va te faire chauffer une tisane, prend un bouquin, et va au lit.
Car si tu restes devant cet ordi, tu vas encore parler de lui au premier ou à la première qui va te dire "Hi how are you today"...
Désolée, je n'ai pas le coeur à vous lire. Je n'arriverais pas à plonger dans vos mots... çà viendra.
Et la vie continue...
Et demain j'irai sourire au soleil, grimper jusqu'au toit.. de Bretagne.
La seule "montagne" à 200km à la ronde...
A part l'autre, l'invisible...
Celle qui n'a pas de fin.
Celle sur laquelle je marche, tous les jours...
09 mai 2008
see you...
Bon.. Au risque de vous déranger pendant un long week end que je vous souhaite prolongé, me revoilà!
Kôa?
J'avais dit que je n'écrivais plus?
ppppppfffffffffff!
J'ai dit que je mettais ce blog en suspend, pas que je n'écrivais plus!
C'est à dire que désormais je ne vais pas forcément y passer tous les jours.
En fait, pour tout vous dire, parfois ce blog me pesait, je me sentais presque obligée d'y poser des mots.
Cet espace, théoriquement espace "liberté d'expression" était devenu un piège.
Quoi de neuf depuis le jenesaispluscombienMai-etjem'enmoque-unpeu?
Rien! :)
J'ai mal à la tête, je passe trop de temps à faire des puzzles...
C'est sensé occuper l'esprit les puzzles.. tu parles!
Ce matin, dans l'autre espace où je sévis (mais c'est plus discret car je n'y écris rien ou presque) j'ai mis à jour mon message d'humeur.
Vous savez, ce genre de phrase idiote du genre "Laouen tond la pelouse", ou "Laouen se réjouit de faire le pont ce WE"...
Pffffff.. mettre à jour son message d'humeur! Peuvent pas causer anglais partout non? c'est plus simple de dire: I update my status!
Après, je me demande pourquoi mon clavier est usé! Mais pour écrire la signification de 3 mots anglais il faut 12 phrases en français...
Hey! Je rigole! N'allez pas croire que je crache sur la langue française, surtout si elle est en sauce piquante...
A la suite de cet updatage de status (j'adore néologiser en franglais laouenesque) la réaction ne s'est pas faite attendre.
D'ailleurs, je ne l'attendais pas du tout! Quelle surprise!
Je dois avoir 300 contacts là dessus, dont très peu étaient présent ce matin, et bien... j'ai croulé sous une avalanche de messages, de demande de chat (pas de minou, de tchatte, en prononçant à la française!)
Pourquoi?
Personne n'avait pigé!
Un contact australien que je ne connais pas du tout a même updaté son propre status en écrivant: "X se demande ce que veut bien dire Laouen (enfin, mon pseudo de là bas) avec son étrange status". C'est pas peu dire!
Et qu'avais je écrit:
çà:
And now, what can I write?
Please, take care... I know you will, but take care.
See you later, further, and higher
I miss you
(this is my status for 30 weeks)
Traduction pour les non polyglottes:
"Et maintenant, que puis je écrire?
STP, prends soin de toi (fais gaffe quoi!). Je sais que tu le feras, mais prends soin de toi.
A te voir... plus tard, plus loin, plus haut. (ce qui correspond au "à plus loin" de JT) :-)
Tu me manques
(ceci est mon status pour les 30 semaines à venir)
Et donc, logiquement, ceux qui ont lu çà sur mon profil se sont dit: Elle va nous quitter pour 30 semaines!
Bah non! Sinon j'aurais pas mis "take care", je ne me cause pas à moi même en public noméo, juste quand je suis un peu seule, et que j'ai besoin de me motiver, ou de me mettre des baffes virtuelles...
J'ai immédiatement reçu 2 messages de 2 Françaises, puis discuté avec un Australien, un Autrichien, une Canadienne, et une Anglaise.
Et ce n'est pas fini... Plein d'autres vont suivre, quand ils seront connectés.
Il a suffit d'une phrase pour que tous soupirent... et partagent mes angoisses.
Ils ont tous compris pourquoi j'ai précisé que je ne changerai pas mon status pendant 30 semaines...
La fidélité, en amitié, c'est énorme. Pourquoi avoir précisé en amitié? Mouais, la précision était inutile!
Mouais...
Ce matin, j'écrivais: je me sens totalement impuissante, je ne peux rien faire...
Juste avant il m'avait dit "j'aurais besoin de 2 jours de plus (trop de choses à prévoir/préparer etc) et surtout, pas de stress!
Mouais.. pas simple!
J'ai tenté d'en parler, mais c'est impossible.
A chaque fois j'ai droit à "stp, ne causons pas de çà, c'est déjà assez dur"
Mais bon, quand il me demande "çà va aujourd'hui" je réponds "je ne sais pas mentir, alors non, çà va pas, je suis morte de trouille"...
Et écrire des conneries du genre "je serai toujours là si tu as besoin de moi, sache que quelque part y a quelqu'un qui pense à toi" etc.. çà sert à rien!
Salope...
J'ai voulu la hair, celle pour qui ils se battent tous, comme pour conquérir le lit d'une pute.
Et puis j'ai compris, qu'elle était une victime elle aussi. Mais elle leur fait payer cher.
Alors je me suis mise à l'aimer...
En me disant que si je l'aimais, peut être, elle l'aimerait aussi.
Pfffff... et c'est lui qui me disait, dans son premier message, "sache que si tu aimes la montagne çà ne veut pas dire qu'elle t'aime aussi"..
Mouais, mais bon...
Je voulais la haïr, mais je l'aime, et je me dis que si je l'aime, elle nous le rendra.
Vous n'imaginez pas ce qu'il y a derrière ce "nous"... C'est là toute la différence entre l'amour et l'amitié.
La femme qui aime aurait écrit "me".
L'amie écrit "nous", car elle pense à elle, mais aussi à sa femme, à son fils, à ses parents, à ses amis...
Alors voilà, rien de neuf, rien d'actuel...
Dehors, le temps est comme moi, un peu largué, fatigué.
J'aurais du prendre ma bagnole (oups, elle est cassée) ou un billet de train, ou mon pouce pour faire du stop, et me barrer, loin.
Je ne l'ai pas fait. Je reste là, près de l'ordi, comme une amie impuissante doit le faire.
Oh bien sur, je survivrai à demain!
Je survivrai même à après demain, c'est pour dire! (enfin j'espère!)
Pour l'instant, je reste là, silencieuse.
Aujourd'hui, c'est le dernier jour de sa vie d'homme normal, pour 2008.
Il doit passer du temps avec sa famille, ses amis, faire plein de trucs, je ne sais même pas si j'aurais droit à un mot de plus avant ce soir. J'ai discuté avec lui ce matin, c'était déjà énorme!
Qu'importe?
L'important, c'est ce ciel qui nous relie.
La date exacte de son retour?
Il n'en sait rien... Décembre.
J'ai répondu:
Your return will be my christmas gift...
Et ces 30 semaines à venir...
Je vais les passer à tchatter avec le ciel... Faut se mettre au gout du jour...
27 avril 2008
aux sombres zéros de l'amer...
Mouais...
Laouen sombre dans le jeu de mot réchauffé?
Tout à fait.
Pas de chapitre "Himmel 13" ce soir.
Tout ce blanc, çà cadre mal avec la couleur du moment, une espèce de gris sale, entrecoupé de traînées sanglantes.
Kôa?
Laouen fait dans le dépressif cette aprem?
Mouais...
Kôa?
Laouen parle d'elle a la troisième personne, même si çà fait pompeux, relou, vaguement ridicule?
Mouais...
Parce que, vous comprenez, parler de soi à la troisième personne, c'est un peu comme se raconter en prenant du recul, vous pigez?
çà dédramatise!
Et en être consciente, de cette dédramatisation volontaire, c'est déjà pas mal!
J'aurais pu parler de moi inconsciemment!
Parler de moi...
Tiens, çà me rappelle un truc çà.. Justement ce que je vais vous raconter!
Donc, Laouen est en vrac, physiquement et moralement. Mais ce n'est pas ma faute.
J'ai juste pris un coin de ciel sur la gueule, à force de trop m'en approcher.
Bien fait pour toi Laouen, la prochaine fois pense à ne causer qu'à des gens transparents, bien sous tous rapports (même sexuels si possibles), aussi cleans dehors que dedans, si possible avec un QI < 2,12, et avec des états d'âme aussi profonds qu'une rivière du désert en plein mois d'août.
Comment? Je métaphore à sec?
Mouais...
Donc, la Laouen, elle a pas de chance!
Dans les dernières années de sa vie tumultueuse, elle s'est rapprochée de certaines personnes.
Oh, elle peut citer les noms!
Certains ont fréquenté ce blog plus ou moins assidûment, le dernier n'y venant pas parce que ne pigeant que 3 mots de français.
Que ceux qui se sentent concernés lèvent le doigt!
Tain... Y a pas grand monde, ou alors ils sont là incognito!
Bref, la Laouen, depuis toute petite, a été la confidente des âaaaaaames tourmentés, des coeurs rafistolés, des corps blessés qu'aucun pansement miracle n'aurait pu réparer.
Déjà, en internat, elle passait des soirées à écouter ses copines pleurer, à dire ce qu'il fallait quand il le fallait, du moins, à tenter de le faire.
Car, tant que Laouen n'était qu'une confidente plus ou moins neutre, tout allait bien. D'ailleurs elle aurait du envisager ce genre de carrière: du genre Laouen à la radio, de 22h à 2h du mat, avec une voix grave, écoutant, tendant des kleenex virtuels, jetant des coups de pieds au cul quand il le fallait...
Mais la Laouen, dès qu'elle s'est réellement liée d'amitié avec ces écorchés vifs, tout s'est gâté, car en voulant trop bien faire, on finit parfois par étouffer. Soi, et l'autre!
çà a commencé il y a quelques années par un cas sur lequel je ne reviendrai pas (d'ailleurs il ne reviendra pas sur moi non plus hein..)
Qui a dit "çà a une forte connotation sexuelle cette phrase?
Pfffffffff :-)))
Pourrait aussi revenir sous moi non? (pas tapeeeeeeeer!)
Kôa? Quelqu'un a quelque chose à dire? Bah, ferait mieux de la fermer...
Monsieur mon ex meilleur ami avait tendance à se défouler sur la Laouen... Agressif quand il était à bout, elle en prenait plein la goule, la Laouen... Mais elle encaissait, et tendait l'autre joue, toujours avec les amis!
A suivi quelqu'un qui a fréquenté ce blog, et qui a finit par devenir extrêmement agressif aussi, totalement injustement.
Après une longue période de "non rien de rien, je ne me lierai d'amitié réelle avec personne", Laouen a craqué.
Le cas était trop beau! (le cas, pas lui, bande d'obsédés qui voient du sexuel partout!)
Plus déchiré, plus perturbé, plus à bout, c'était pas possible!
Laouen, belle âme, s'est dit: çà c'est pour moi! Je vais le faire rire, sourire, je ferai 10000km ( au moins çà) pour le voir 5 minutes et le faire rigoler si il le faut, mais je vais lui embellir ses derniers jours d'être humain avant.. un certain temps.
Au début, çà collait au poil.
Laouen, réservée, savait qu'elle avait à faire à une bête blessée, alors elle ne posait aucune question.
Elle aurait du... Quelle conne, mais quelle conne...
Laouen le laissait parler, mais justement, il ne disait rien.
Lui, il posait des tonnes de questions, et il était heureux quand Laouen disait qu'elle était heureuse.
Tiens, ce credi soir, la Laouen gelée dans sa bagnole à Malbun, il paraissait heureux au téléphone, quand Laouen riait, et lui disait s'éclater, et apprécier ses vacances à bloc. C'est d'ailleurs ce qu'il lui avait demandé: file, éclate, toi, profite...
Tiens, çà lui rappelle un autre cas çà...
Vous savez: le cas des gens qui ne vont pas bien dans leurs têtes, mais qui crient haut et fort qu'il ne souhaitent que votre bonheur, alors que vous allez mal.
Vous allez mieux, grâce à eux, grâce à vous aussi, et vous le dites. Au début, ils sont heureux.
Et soudain, ils se rendent compte d'un truc horrible: ils sont devenus PLUS malheureux que vous!
Alors là, ils vous en veulent!
Lui, c'est un cas différent...
Il m'a dit: tu ne verras jamais une photo de moi où je souris, c'est pas possible...
Laouen y croyait: j'y arriverai! Elle était arrivé à le faire rire au téléphone, et sur l'iNet. euh, pardon, internet!
Lui, c'est un cas terrible...
Le mec qui est bon, au fond de son coeur, et qui a vu, tout au long de sa vie, vu et peut être commis, des atrocités innommables..
Alors à l'intérieur, il est tout cassé...
Mais Laouen l'aime.
Et elle le lui dit. Il comprend, il ne va pas se faire des films, la Laouen elle est pas raide dingue amoureuse, c'est son amie!
Il lui dit toutes les 3 secondes de prendre soin d'elle, alors qu'elle lui répète: Mééééééé, c'est pas ma vie qui est dangereuse, c'est la tienne...
Laouen rentre de vacances. Lui, il rentre d'un séjour intensif en camp d'entrainement US. Samedi soir, pendant qu'elle roulait vers la Bretagne, il l'a appelée au téléphone, et elle entendait les hélicos... Take care, drive slowly qu'il lui disait...
Une semaine de vacances pour Laouen, une semaine de pré-enfer pour lui. Il a très peu dormi, il est déjà en pleine prépa, il est déjà là bas, la tête en enfer...
Quand elle tape "Basra" sur Gogole, Laouen ne lit que des horreurs... Elle ne demande rien, elle n'ose pas, çà ferait déplacé pense t'elle...
Il rentre 2 jours après elle. Le premier soir, ils rigolent sur l'iNet... Et voilà que tout bascule mercredi. Va savoir pourquoi...
Il a du trop picoler, comme toujours... D'ailleurs ce n'est pas "il a du". Elle le sait, il lui disait "je vais chercher une bière" régulièrement.
Et Laouen a le chic pour être une superbe cible. Celle qui ne se défend pas, qui tend l'autre joue, qui encaisse...
Et ce qu'il lui reproche, elle l'accepte, car il a raison. Du moins au début!
Elle essaie de se défendre, du moins de se justifier, parle de pudeur, mais rien n'y fait, l'engrenage est en route.
Bref, Laouen s'entend dire qu'elle ne parle que d'elle, alors que c'est lui qui l'avalanche sous les questions, qu'elle ne pose jamais de questions, bref, qu'il n'est qu'une curiosité du net, dont elle se fout comme de sa première culotte...
Ce à quoi Laouen proteste, sans s'exciter, car elle sait ce qu'amène ce genre d'excitation: l'autre coupe le net, le téléphone, les mails, les ponts etc...
Il n'y a pas plus sourd que quelqu'un qui ne veut pas entendre...
Laouen reconnait ses torts, tente d'en placer une, mais non... Elle croit couper le net sur un mieux, un sourire.
Pourtant le lendemain est encore pire.
Le dredi? Pfffffff...
Le samedi? y a pire que pire dans le dico?
C'est une suite de "je te bloque mon téléphone", je te débloque, je te réponds mais uniquement par oui ou par non, je t'agresse au moindre mot, et logiquement, Laouen finit par s'enterrer, on ne peut pas rester de marbre, quand on a un coeur.
Putain çà fait mal bordel de merde! C'est injuste!
Ils le savent tous, ici sur le blog, à la maison, au boulot, même les gens qu'elle a rencontré au Liechtenstein! Elle parle de lui à tout le monde!
Le jeu (et ce n'en est pas un malheureusement) finit par atteindre un certain niveau de cruauté...
Laouen devrait être une grande fille, couper le net, et surtout faire silence, mais çà, quand elle aime, elle ne sait pas faire. Ou du moins, pas longtemps, elle craque vite!
Toutes les leçons qu'elle aurait du tirer des années précédentes ne servent à rien, elle refait les mêmes conneries, en sachant qu'elle les fait.
Le genre "mail à rallonge" qui résume ce qui ne peut l'être, phrases choc en anglais, les "je serai toujours là si tu as besoin de moi" etc...
Le genre de conneries qui ne peut qu'énerver.. surtout les hommes!
Laouen pourrait lancer des coups bas, du genre: bédidon, pour un mec qui a fait et qui va faire la guerre, tu manques de courage, couper le net c'est trop facile, c'est comme çà que tu fais sur les champs de bataille, tu te débines?
Mais non, Laouen est une bonne fille. Mais ses épaules ont beau avoir des deltoïdes affirmés, elles ne peut pas porter tout le malheur du monde, et même pas tout le malheur d'un seul homme.
Parfois, elle croit que çà s'arrange, mais il dérape à chaque phrase, et Laouen se sent boite de conserve dans un jeu de massacre...
Mais elle ne dit rien. Dans 15j il sera là bas... En enfer. Pour 6 mois.
Elle comprend que dans sa tête c'est le chaos total...
Ils sont devenus trop proches... Pour s'évader de cet enfer il a certainement besoin de discuter avec des gens nouveaux, qui ne connaissent rien de sa vie. Elle aurait du les poser avant ces questions qu'il lui réclame maintenant, maintenant qu'il est un peu tard pour les poser.
A vouloir laisser l'autre libre, de peur de l'étouffer, l'autre finit vous croire égoïste...
A se justifier ces derniers jours, à vouloir lui prouver à quel point il compte pour elle, elle a du lui faire peur, à cette bête blessée, dos au mur, griffes sorties.
Etrange situation...
Il lui a reproché de ne pas s'être assez intéressé à lui, et quand elle a crié ses sentiments, elle l'a fait avec tant d'insistance, et surtout avec des phrases qui sonnent fort, très fort, qu'il s'est senti oppressé. Elle commence à savoir écrire en anglais la Laouen... Ce qu'elle écrit, traduit en français sur son blog, çà ferait pleurer les ménagères de plus et de moins 50 ans...
Mouais, étrange situation... C'est à peine contradictoire!
Tout à l'heure, le téléphone a sonné. Laouen était surprise... Elle n'aurait jamais cru qu'il appelerait, pas après ce matin...
Il lui a demandé de ne pas le pousser... Lui a réaffirmé qu'ils étaient amis... La Laouen sentait le mal être qui collait à chacun des mots...
Dès qu'elle essayait d'en placer une, il lui disait "s'il te plait, arrête, tu as déjà tout dit"... Sans agressivité. Du tout... Il a du se rendre compte qu'il était allé trop loin. Et quand on va trop loin, comment revenir en arrière?
Laouen, elle elle sait tirer un trait... Ne pas pardonner, car il n'y a rien à pardonner.
Elle a même cru l'entendre rire pourtant, quand elle même s'est mis à rire, pour une bêtise dite dans un anglais lamentable... Totalement contradictoire... A la dérive. Chaque mot criait cette vérité "je me noie"...
Elle ne pouvait plus rien.
Il lui a demandé de lui dire un truc gentil, en français... Elle l'a dit.
Et c'est elle qui a du raccrocher, comme toujours. Parce qu'il n'a jamais voulu raccrocher... A chaque fois.
Putain de bordel de merde!
Laouen qui n'avait qu'une envie, c'était de prendre sa caisse, et de faire 1500km
Et face à face ils ne seraient pas disputés, jamais!
Alors Laouen va être une grande fille, elle va arrêter de lui tendre la main, si il veut se noyer, après tout, elle ne peut pas l'en empêcher.. Elle espère simplement qu'il ne se noiera pas. La fierté de la bête qui n'en peut plus, et qui refuse la main tendue, elle connaît.
Elle lui a demandé de l'appeler encore une fois, avant qu'il ne parte. Il a dit oui.
Laouen espère qu'il le fera.
Elle a promis: elle sera une grande fille ce jour là. Elle ne pleurera pas.
Ma fille vient de descendre de sa chambre, elle joue de la flute... Et elle joue "Amazing Grace".
Je lui ai dit: s'il te plait...
Ce chant là, un chant chrétien, à la télé, est toujours associé à l'image d'une superbe boite en sapin, recouverte d'un drapeau...
Elle a compris. Elle a arrêté.
07 avril 2008
'cos we're friends...
Seules les montagnes ne se rencontrent pas parait il...
Pfff...
Internet rapproche parfois les montagnes.
C'est la montagne, et surtout l'amour de la montagne, qui m'a fait discuter, totalement par hasard, avec un Anglais, qui est devenu mon ami par la suite.
Et quand je dis ami, je pense ami, pas simplement "relation internétique à la con que tu oublies dès que tu cliques sur la croix rouge en haut à droite de ton écran).
Niark niark.. Pas de croix rouge en haut à droite sur mon écran, j'ai un Mac! :-)
Ses premières paroles furent:
"Je ne veux pas te donner de leçon, mais sache que si tu aimes la montagne, çà ne veut pas forcément dire que la montagne t'aime, alors "take care"...
Depuis, nous avons échangé plusieurs mails, et pas mal de silences partagés. L'amitié, c'est çà: un partage.
Nous ne nous rencontrerons peut être jamais.
Il vit dans un coin du monde qui ne m'attire pas (je ne parle pas là de l'Angleterre, juste du coin où il vit), et il n'a pas forcément envie de visiter la Bretagne...
Et quand nous partons en vacances, c'est pour grimper. Mais... jamais au même endroit, ni au même moment!
J'ai une famille, il en a une.
D'ailleurs, est il vraiment important que nous nous rencontrions coûte que coûte?
Vous allez peut être trouver çà curieux, mais c'est secondaire: il ne me manque pas, je ne lui manque pas, car même loin, nous sommes proches.
Et oui... c'est çà aussi, l'amitié.
Donc... çà peut donc exister, l'amitié entre un homme et une femme?
Je persiste à hurler (le mot est faible): OUI!!!!
C'est d'ailleurs le grand drame de ma vie, cette affirmation...
Si tout le monde avait pu le comprendre, certaines choses auraient été différentes, et ma vie n'aurait pas basculé.
J'ai donc un ami anglais. Plus jeune que moi (5 ans), mais usé par la vie.
Il a beau déconner, avoir un humour féroce et particulier (logique, il est anglais!), on sent entre les lignes une détresse certaine.
Et oui...
Laouen étant Laouen, elle ne pouvait pas devenir amie avec un mec formaté, du genre "Ken" bien sous tous les angles, kleen dans sa tête, au visage lifté, et surtout, sans cicatrices intérieures. Voire même extérieures...
Mais bon... Laouen, devenir amie avec un Anglais... morte de rire la Laouen!
Comment, je fais de l'anglophobie primaire? Noooooooon.... çà me fait marrer!
On est si différents, "eux", et "nous"!
Mais bon, il n'a pas que des défauts, mon ami anglais: quand il se bourre la gueule, pour oublier, il boit de la Guinness.
Comme quoi hein, on peut être Anglais, et boire irlandais.
Oublier quoi?
Son travail, certainement...
Oui, il le hait, son job, c'est tout ce qu'il me raconte, et je suis trop respectueuse pour lui en demander plus.
D'ailleurs, comment pourrions nous nous rencontrer?
Il va partir très bientôt, pour 6 mois, dans un autre monde.
6 mois sur une autre planète, sans internet.
Comment est ce possible? ben si, c'est possible...
Alors, avant son départ, on s'échange des vannes par mails... en amis.
Car il s'en tape complètement de savoir si mes yeux sont verts bordés de noisette, ou noisettes bordés de vert, si ma chute de rein dépasse en beauté celle du Z'en baise, ou si je dors seule avec mon canard en peluche le soir!
Comment?
C'est pas possible?
Méééééééé si! C'est çà l'amitié!
Il me dit que je suis belle... intérieurement.
Comment?
C'est une manière perverse de me draguer?
Naaaaaaaaaaaan! du tout! A.M.I.S
Et si nous nous draguons par mails, alors nous avons vraiment une drole de façon de le faire...
Je suis sa "silly french girl", et il est mon "stupid english boy"...
Nous ne nous épargnons rien! J'encaisse toutes les vannes (il est en train de lire un bouquin marrant sur... les Français) et je tente d'en redistribuer, avec mon anglais de pacotille. Mais va sortir une vanne en anglais...
Au milieu de toutes ses vannes, je sens les silences... Et ces mots me semblent comme des bouteilles jetées à la mer, des signaux de détresse. Tain... Moi qui déteste la flotte, et nager, et tout ce qui ressemble à un bateau...
Bon, alors disons que je suis parfois le gros Saint Bernard avec son tonneau de rhum, et que je l'aide, à avancer sur le chemin crevassé de sa vie. J'ai un tonneau plein de sourires.
Nous parlons très peu de sa vie, car il n'aime pas en parler. I hate my job, c'est tout ce qu'il sait dire...
Encore 4 ans, rajoute t'il...
Seulement 4 ans, je tente de lui faire comprendre...
Tain... çà fait 20 ans qu'il le fait ce job... Et il a 5 ans de moins que moi, vous imaginez à quel âge il a commencé?
Au début, çà doit être attirant, pour un garçon, et puis... çà vous use le corps, et encore plus l'esprit.
Sauf si à la place de votre coeur vous avez un grand bloc de glace, le genre qu'aucune crevasse ne pourra jamais fêler.
Hier soir, il me disait: je vais maigrir là bas...
La dernière fois, j'ai eu jusqu'à 56 degrés!
J'en ai frissonné.
Je lui ai parlé de mes vacances en Syrie, il y a presque 3 ans. Du désert en juillet, du vent brulant, là bas, tout près de la frontière irakienne... De ma tunique à manches longues, que je supportais car c'était une question de vie ou de mort (tu sues, ou tu brules), du foulard islamique qui me protégeait la nuque... De ce panneau "Baghdad" qui me faisait rêver...
Rêver...
J'ai presque honte...
Là bas, il a des gens qui meurent, qui s'étripent, qui souffrent, qui ... tuent.
Jamais je ne lui poserai la question, que toute personne curieuse pourrait lui poser:
"dis moi, çà fait quoi de tuer un homme"?
56 degrés... Un casque, un arnachement de guerrier, et 45kg d'équipement.
Pas d'appareil photo, pas de dromadaire pour faire le tour des sites touristiques...
Baghdad... les cris, les blindés, cette guerre idiote...
I hate my job, qu'il me répète, me re répète....
Qu'est ce que je vais lui dire, la veille de son départ?
Par pitié, prends soin des innocents, je les aime...
Par pitié, prends soin de toi, et reviens nous, je t'aime... mon ami.
Stupid english boy...
26 janvier 2008
un autre regard?
Au travail, celui que vous connaissez tous sous le nom de "çàpeutplucontinuercomçà" m'a trouvé un surnom.
En fait, j'en ai plusieurs.
Le premier, c'est Fatima. C'est original!
En effet, agressée par les vapeurs d'huile de coupe quand la machine est en surviscosité (en résumé: tout le temps) je bosse souvent avec un masque antipoussière sur la bouche et le nez, voire même un bandana.
Je suis donc "la femme voilée".
Mais je suis aussi, "elle a les yeux révolvers".
Pourquoi?
Parait il que j'ai le regard qui tue...
Et à me regarder parfois dans le rétro, sans aucun narcissisme bien sur, je dois convenir que c'est vrai.
J'ai toujours les yeux grands ouverts, comme si je voulais aspirer la dernière particule de lumière avant l'explosion du soleil.
Une sorte de regard lumineux, grave, et.. désespéré, peut être.
Enfin bref, c'est le mien!
Il y a pourtant beaucoup de douceur dans ce regard là. Et je souris souvent. Au travail, si il y en a une qui met de la bonne humeur dans l'air, c'est bien moi!
Mais dans ce regard là, les ouvriers doivent lire "femme inabordable, loin, loin, ailleurs".
Aujourd'hui, en rentrant de ma sortie "coureuse de bois", je me suis amusée à me photographier dans le rétro.
Fatiguée, les cheveux emmelés et humides, les rides au coin des yeux.
Et j'ai recherché, sur mon blog, des photos postées en 2005, dans une autre vie, un autre monde.
Cherché la différence.
Bah... deux ans, et quelques mois de plus. Un rétro de 106 à la place de celui de la béhème. Et le vieux Ricoh, remplacé par un Panasonic TZ3 :-)
Ceux qui regarderont les séries de photos qui vont suivre vont se demander:
Mais que regarde t'elle?
A quoi pense t'elle?
A m'acheter de l'antirides contour des yeux? :-)) Nooooooon...
A ...
Tout à fait...
Remplacez le ... par ce que vous voulez.
2005, variations sur le même t'aime...




2008, 41 ans moins deux jours. Un autre regard?
Non, du tout. Je suis restée la même. Juste un peu, beaucoup, passionnément, plus "en paix avec moi même".
Je n'ai pris que les yeux (mon nez était trop rougi par le froid :-))))
Certaines sont très noires, peu importe: dans le noir aussi je reste moi même.
D'ailleurs tiens, cette nuit j'irai bien balader près des étangs, si la lune se montre!











Et une avec le sourire (et donc 3 fois plus de rides)

Certains ne verront dans ce post qu'un accès aigu de narcissisme, il n'en est rien.
D'autres penseront: "elle cherche à séduire un lecteur": il n'en est rien non plus.
D'ailleurs, ce que j'ai de plus séduisant, ce n'est pas mon regard, c'est ce qu'il y a derrière.
Et çà... peu peuvent se vanter de l'avoir contemplé.
J'aurais voulu, à l'instinct, pour illustrer ce post, ajouter une chanson de Nilda Fernandez, Espagnol chantant en français. Chanson ancienne, 1991, qui m'a toujours fait frissonner. Je ne l'ai pas trouvée sur Radioblog.
Je vais tenter de la "récupérer" (ben oui, j'avais le CD dans une autre vie, alors ce ne sera pas du vol) et je la mettrai en lien ici, compressée sur audacity car la taille des doc est limitée à 1Mo.
Le titre: Mes yeux dans ton regard...
Ne me demandez pas les paroles. Je viens de m'en souvenir, et j'en ai le regard qui brille un peu trop...
Voilà, c'est fait.
mes_yeux_dans_ton_regard
Le son est atroce, car trop compressé. Mais là encore, ce n'est pas le plus important.
Le plus important, c'est ce qu'il y a derrière.
Comme ce qu'il y a derrière ces "je ne sais plus combien" photos de mes yeux.
Oui, l'important c'est ce qu'il y a derrière...
Tenez, tout à l'heure, j'ai trempé le clavier de mon Mac, juste en regardant une vidéo de Christophe Willem, une version très pure de Jacques à dit. J'étais vraiment en larmes, voilà des mois et des mois que çà ne m'était pas arrivé.
Cette chanson là, je n'en ai jamais parlé sur mon blog, résume un peu toute ma vie.
Et quelque chose me dit que celui qui avait posté cette chanson sur son blog doit dire exactement la même chose.
Tiens... Un truc partagé, même si il ne s'agit absolument pas de la même chose.
Mais à lire certains de ses posts, pour lui, il existe une réalité... Un lien, entre elle, et lui.
C'est tout ce que je lui souhaite.
18 décembre 2007
Vrac du moment
Vrac? encore?
Ben oui...
Que voulez vous, je suis en vrac, alors je ne peux pas écrire autre chose.
Patraque, sans être malade. Un ras le bol qui me sort par les pores, mais qui s'autoalimente sans problème.
Un mal être dérangeant, qui me rappelle la même époque l'année dernière.
Parfois, en pleine journée, je me dis: "tu te mens à toi même, tu n'es qu'une énorme arnaque"...
Me mentir en me disant que tout va bien, naturellement.
Je ne sais pas si la période de Noël y est pour quelque chose. Le travail par contre n'est pas étranger à ce malaise. Je deviens agressive, saute au nez de tout le monde. Et comme dans mon bled je suis entourée par une belle bande de connards patentés (confirmé par 2 de mes ex voisines de hameau), j'ai de nombreux coups de sang en ce moment.
Je me vois perdre mon sang froid, ne pas pouvoir me dominer, et çà me ronge...
Besoin d'air.
Partir à Noël?
Pffff... Les gosses font le forcing pour que je passe Noël avec eux, en famille, comme avant.
Comme si c'était possible, comme avant...
Là aussi, ce serait mentir, leur mentir.
Hier, révision de la bagnole. Le monsieur de "Feu pas rouge" me tend un devis de 700 euros, et encore, avec des promos.
Tout est naze sur ma 106: amortisseurs, pot, freins, pneus, essuie glaces.
Pour les balais, je gère.
Pour le reste, pas du tout!
Les amorto, je savais, elle tient plus la route la 106, se couche dans les virages, s'écrase au freinage.
Pour le reste, je découvre...
De quoi m'ôter mes derniers espoirs de filer à la neige pour 2 jours. Comment dépenser 250 euros (gasoil, autoroute) alors qu'on doit se fendre de 700 au retour?
J'avais eu une autre idée farfelue, en restant en France, en partant même de chez moi, mais le regard de chiens battus des gosses me perturbe.
Agressive comme je peux le devenir en ce moment, je n'ai pas besoin de çà.
Je n'ai toujours pas les cadeaux de Minimoi. Je sais, par exemple, qu'elle veut une peluche Winnie. Facile me direz vous! Et non!
Car Minimoi, fille de moi même, est une chieuse: elle veut la peluche de Winnie vue sur l'autoroute entre ici et Paris, l'an dernier.
Grand silence...
Oui: elle est d'une matière particulière!
Laouen, ce matin, a tapé "aire de service de Brocéliande" sur le Net, et a téléphoné à la station Total.
Je suis tombée sur une dame charmante, qui m'a en effet confirmé qu'elle avait eu des peluches en 2006, mais pas cette année.
Damned!!!
Sinon, je serais allée à Ploermel, j'aurais pris l'autoroute, aurais acheté ma peluche, serais sortie à la sortie suivante, puis rentrée at home.
Que ne ferions nous pas pour nos gosses! :-))
Je fais quoi moi maintenant?
La gentille dame m'a donné une piste: l'hôpital de Vannes! Ils vendent des peluches qui ressemblent à celles ci.
M'enfin, vu mon état nerveux, je risque de finir là bas. Ah non! La section psy, c'est à Saint Avé, z'ont pas de peluches là bas...
Je me sens paumée, je ne dors plus la nuit. A 5h du mat j'ai les cheveux droits sur la tête, je ne refais pas le monde, il est déjà foutu, je m'enlise...
Pourtant, il m'arrive encore de vibrer, je ne suis pas devenue hermétique à l'Amour.
Hier, par exemple, sur la longue ligne droite verglacée entre Peillac et Saint Vincent sur Oust, en allant faire réviser ma bagnole...
Car, pour tout vous dire, j'habite le Morbihan (56) et pour aller au garage, ou faire le plein (du frigo ou du réservoir) je traverse le 56, puis l'Ille et Vilaine (35) pour enfin arriver à destination en Loire Atlantique (44)
Non, je rigole... Tout est vrai, mais il faut préciser que je vis à 15km du 35, et que Redon (35) est accolée au bourg de Saint Nicolas (44) où se situe le supermarquette...
C'est d'ailleurs en marchant sur la route, entre "Feu pas rouge" et l'hypermarché "Lepasfoncé" que m'est venue l'idée saugrenue de... Nan, rien, çà tombera à l'eau aussi çà...
Donc, hier, sur la ligne droite avant Saint Vincent, j'ai oublié le verglas. Le soleil se levait, sur la droite. Enorme, bas, très bas. Rose fluo.
Un soleil immense, légèrement tremblotant vers le bas. Que l 'on pouvait enfin regarder droit dans les yeux, enfin bon, il n'en a pas, mais j'aime les images idiotes et réchauffées.
La direction de la route étant ce qu'elle était, le soleil semblait se déplacer lentement vers la gauche.
Au loin, l'église du village, son toit bien horizontal, son clocher bien vertical, et l'angle parfaitement droit entre l'horizontal du toit et le vertical du clocher. Je roulais en apesanteur, et comme d'hab, j'ai senti mes yeux picoter. Je n'y peux rien, c'est l'émotion.
Le soleil levant, surtout en hiver, çà me retourne, çà me remet ensuite dans le bon sens, et çà m'envole..
C'est la plus belle vision que l'on peut avoir au monde.
Après celle d'un sourire d'enfant..
Le soleil s'est lentement déplacé vers la gauche, et est venu s'inscrire parfaitement dans l'angle de l'église, son bord inférieur contre l'horizontal du toit, son bord gauche contre le vertical du clocher. C'était immense, et çà a duré une fraction de seconde.
J'ai lâché un "merci" silencieux.
Hier aprem, j'ai appris que le patron nous payait un repas vendredi midi. Bossant à 12h30 je me demande comment je vais faire... Et ceux qui finissent à 12h30 se le demandent aussi.
Peut être un pique nique dehors, sur la pelouse? Ainsi, nous filerons au travail plus rapidement? :-)
Il lui est venu une idée farfelue: après avoir changé tous les néons de l'atelier pour que nous soyions plus productifs, il voulait mettre des plantes vertes dans l'atelier.
J'ai eu exactement la même réaction que mon chef à qui il en avait parlé:
"si elles crèvent, çà prouvera aux ouvriers que ce que l'on respire est nocif, vaudrait mieux pas"...
Ecroulée de rire: nous n'avons pas d'outils pour bosser, mais on veut nous mettre des arbustes au milieu de la graisse corrosive pour nos poumons? Yes!
M'enfin, je vous jure, ce n'est pas réellement marrant, c'est même pitoyable, quand on bosse là bas, on rigole jaune.
Cette aprem, pour faire rire l'atelier, je vais faire un truc encore jamais réalisé là bas: me faire livrer mon cadeau de Noël au boulot pendant mes heures de tour!
Le livreur ne peut passer chez moi que l'aprem, alors il a trouvé cette solution: venir à l'usine. J'ai averti la secrétaire, morte de rire...
M'enfin... Je pense au sapin, près du lac, et mon estomac se noue.
J'étouffe... Je refuse, en même temps, l'idée de ne pouvoir respirer qu'en retournant là bas, puisque l'air est partout.
Admettre que j'ai BESOIN de cet air là, c'est si rabaissant?
Non.
Admettre que je ne puisse y aller? çà, c'est insupportable actuellement par contre.
J'ai toujours aimé Noël car j'y lis le bonheur dans les yeux des gosses. La vie m'a gâché des Noël... à un point tel que je n'en parlerai jamais.
Il y a les gosses d'un côté, et ce besoin vital de partir...
Un jour, mes enfants, quand ils seront adultes, me donneront la permission d'être réellement maitresse de ma vie.
Ce jour là, je partirai à pied...
Ni moi ni personne ne sait où, ni pour combien de temps. Ni même si je reviendrai, ni même si la mort ne me prendra pas en chemin...
10 décembre 2007
j'assume
Bon... Premier message qui risque de remuer pas mal de monde...
Je vais assurément perdre des lecteurs ce soir. C'est la vie. On se bâtit une image, mais on en bâtit surtout une aux autres. Tels que l'on voudrait les voir certainement, plus ou moins intentionnellement.
Qu'elle image avez vous de moi?
Celle de quelqu'un de déchiré intérieurement, certainement. Ce qui est faux. Ceux qui m'ont connu en 2005 peuvent voir la différence.
Mélu, qui m'a hébergée en aout 2006 peut la voir aussi.
Tout au fond, il y a bien entendu un truc qui ne partira pas. Pas la peine d'ingurgiter du vomitif, ou de faire 2578 séances de psy.
Seul le vide comble le manque, et je crois que je suis arrivée à limiter la casse, à m'en sortir plus ou moins bien, à être heureuse. Point.
A la Laouen qui avait tout perdu, et désirait perdre jusqu'à la vie a succédé la Laouen marcheuse "quand même". Puis "marcheuse", tout simplement.
Refusant les voies tracées, vivant dans la marge, les pieds sur terre, et la tête dans la lumière.
Je n'écris même pas: "je ne vis que pour l'instant présent".
Le mot "présent" fait référence au temps, notion avec laquelle j'entretiens depuis longtemps des relations étranges.
Je vis pour l'instant, c'est tout.
Parfois je cours à sa rencontre, entendant son appel, parfois il me surprend.
Certains ont donc de moi l'image d'une fêlée laissant passer la lumière en perpétuelle marche vers le "plus haut".
Je parle d'infini, je parle de Dieu, je tape ici des lignes qui sont parfois incompréhensibles.
Certains ont donc aussi de moi l'image de quelqu'un tourné vers le spirituel, l'ésotérisme, la reliance avec le Tout, appelez çà comme vous le voulez.
La Laouen qui passe des heures les yeux vers la lumière, qui ressent des trucs si infimes d'une manière si aigue, ne peut être que quelqu'un de bien, logique.
Je me souviens avoir même lu, en commentaire, que j'étais quelqu'un d'exceptionnel.
çà n'a pas fait gonfler mes chevilles, çà m'a juste gênée. Je me sens si simple... Bon, ok, à piger, je suis parfois très compliquée!
Et bien non, Laouen n'est pas forcément quelqu'un de bien, et ne sera pas sanctifiée à sa disparition. Du moins, quand je dis "bien", je pense à "bien comme il faut".
Parfois, j'en ai l'échine douloureuse, d'être quelqu'un d'exceptionnel. çà pèse lourd, l'exceptionnel.
Et çà coute très cher, d'arriver à cette sorte d'équilibre pas si fragile que çà finalement (je le teste en missions difficiles), du funambule qui est à la fois le fil, l'espace autour, et celui qui avance.
çà coute très cher, le bonheur de l'instant.
Peut être ne peut on se sentir en communion directe avec l'infini que si on a déjà du renoncer à tout. A trop de choses. A des choses qui parfois vous reviennent dans la gorge, vous nouent l'estomac, vous font briller les yeux et vous maudire.
Connasse de Laouen... Tu es un drôle d'être de lumière...
Mais j'assume.
"assume..." je le dis et je le redis, le dernier mot qu'il m'a écrit, par sms, celui qui était mon ami.
Je partais en Allemagne, en octobre 2005, c'était une folie dans l'état où j'étais.
Je ne me rappelle plus du tout quelle était la conversation. Mais il a terminé par ce mot "assume". A propos de ce voyage infernal, bien loin au delà de mes limites.
Ensuite... c'est une histoire que je ne peux vous conter.
Ce message, si celui qui a partagé ma vie pendant 15 ans, le lit, comme il le fait toujours avec mon blog, et ceci non par plaisir de me lire, vous vous en doutez, me coutera très cher.
Que perdre encore que je n'aie déjà perdu?
L'estime de mes enfants...
Ce message, si il est lu, sera répété, et ma grande aura du mal à accepter certaines phrases. Même pas "du mal", elle ne les acceptera pas, c'est tout.
Ce message, certains d'entre vous auront du mal à le digérer aussi. Même ceux qui m'apprécient seront déçus.
Je l'écris avec des mots crus, car la vie est crue, et mettre des guirlandes de Noël roses autour de mes mots pour les rendre plus doux ce serait travestir la réalité.
Mais j'assume...
Toujours.
Donc, je vous disais, y a des jours où je ne suis pas quelqu'un de bien. Ou ma solitude me semble un peu lourde, où j'ai envie de la frotter contre la solitude d'autres.
Alors, au lieu de fréquenter une association de broderie, de théatre, de philo, ou simplement un groupe de marcheurs, il m'arrive de sortir la nuit.
Parfois pour marcher, c'est vrai. La lune pleine est ma copine.
Parfois pour m'enfermer dans des lieux sombres, qui puent la cigarette, avec de la musique assourdissante.
Damned! Laouen, en fille de la nuit, sous les spots des discothèques? Tain.. çà tue le mythe.
Tu parles d'une élévation spirituelle... Tu parles d'une marche vers plus haut, vers plus fort, vers plus loin...
Parfois, il m'arrive d'aller voir les autres s'amuser. Ecrire ceci semble plus vrai.
Mais je joue le jeu... Je m'habille en fille, çà me change de mes tenues de baroudeuse, et je me maquille à peine. La version grosse pute fardée à la truelle, très peu pour moi, merci.
Je vais donc danser, seule. Il m'arrive de les regarder, adossée à un pilier, comme si j'étais en pleine mission ethnologique. Je les regarde, et je souris. Mouais, même dans ces endroits glauques, je me sens souvent "au dessus de tout çà".
Tellement au dessus de tout çà que tout ce que je vois me laisse froide.
C'est quoi une boite en fait?
Un endroit où on danse, où on sue. Mais c'est surtout un endroit où on drague, où on ferre la première fille qui passe, espérant la baiser un peu plus tard. Comment? On ne dit pas "baiser", mais "faire l'amour"?
Non, je persiste. Dans ces endroits là, on baise.
Moi, je danse. Je ne bois que du jus d'orange. Pas la peine de m'enivrer, les faux envols, très peu pour moi.
Je danse, et j'observe.
Tout autour de moi, je vois bien des hommes qui me mattent. Ils se disent "la vieille, elle est pas si mal gaulée encore, je me la taperais bien".
Sauf que... Y a comme un blème...
Sur mon visage, et dans mon regard, il doit y avoir écrit "inaccessible". Et aucun n'ose vraiment me demander si j'habite chez mes parents, où si j'aime les préservatifs gout fraise.
Certains tentent un rapprochement discret, histoire de se frotter à l'insu de leur plein gré. Je ne les vois pas, je ne les sens pas.
Je danse. Je suis bien là, sur cette piste, sous les fausses lumières, et mes pieds me font souffrir dans des godasses trop serrées.
Mais en même temps, je dois planer quelque part, dans une dimension inconnue, là haut dans le ciel noir.
Dehors c'est le déluge, et dedans, çà transpire...
Je danse, sur des musiques qui ne me passionnent pas particulièrement.
Vous devez vous demander: mais alors, pourquoi va elle danser?
Bonne question... Peut être par défi, par jeu. Me jeter au milieu des fauves, du moins de ceux qui croient en être.
Peut être pour me tester, voir si ces descentes dans l'enfer du vice me font ressortir aussi blanche que si j'étais lavée avec homo? euh, non Omo.
J'aime bien danser, et j'ai de l'endurance.
Je ne parle à personne, comment le pourrais je? Trop de bruit.
Les heures passent, et autour de moi, l'ambiance commence à chauffer. çà se colle, çà se frotte, les sueurs se mélangent.
Moi, je n'ai aucune vie sentimentale, ni sexuelle. Alors je devrais être excitée comme une chatte en chaleur, me jeter sur le premier mâle venu, quitte à me fouetter pour faire pénitence ensuite, non?
Bah non.
Le cul pour le cul, je m'en tape. çà n'apporte rien du tout.
Mais j'avoue que çà m'amuse, de les voir se regarder droit au fond du slip, si ils en ont. Et certaines n'en ont pas.
Mon regard, lui, est ailleurs.
Ils pourraient tous se jeter les uns sur les autres, et faire dégénérer la soirée en partouze géante, je ne ressentirai aucun désir.
Frigide? pfff... Faut pas confondre, désir, envie, et rut.
Les heures passent, et je danse. Les filles se déchainent, sous le regard des hommes qui n'attendent qu'un geste pour les entrainer dans un coin sombre...
Pourquoi suis je là?
Peut être pour tester mon potentiel d'élévation spirituelle? Peut être...
Pour ressentir la lumière, peut être faut il de temps en temps côtoyer le côté noir de l'homme...
Et surtout, accepter le sien.
Assumer.
Aucun de ces hommes ne sera mon amant d'un soir. D'ailleurs, je dis toujours que la solitude sera mon dernier amant.
Je ne les vois pas, ils sont transparents.
Les filles aussi sont transparentes, même si certaines ont aussi dans yeux quelque chose de différent. Un je ne sais quoi de désespéré.
Elles danseront, jusqu'au bout de la nuit...
La chaleur devient intenable. Les corps se rapprochent.
Et parfois, les mains moites d'une, ou de plusieurs filles viennent se coller sur ma peau transpirante.
Et parfois, mes doigts rugueux de trop de blessures à l'usine vont toucher la peau mouillée du ventre d'une fille que je ne vois même pas, regardant très loin, ailleurs.
Aucune de ces filles ne sera mon amante cette nuit là. Il y a un monde infini entre le sexe et le désir...
Par jeu, logiquement, parfois les lèvres d'une fille se posent sur les miennes.
Les baisers ont le gout de sueur.
Ils me laissent froide.
L'amour est si loin, si loin, vers le haut...
Je ne prends aucun plaisir physique, ni moral, à ces gesticulations de pantins.
Je ne vais pas danser pour me prouver que je suis en vie, je le sais déjà, et je vis à fond.
J'ai parfois juste ce besoin étrange de côtoyer le côté obscur de la force...
Car comme le disait sur son blog un de mes lecteurs, l'obscurité existe pour que jamais la lumière ne cesse de briller.
Je ne suis pas quelqu'un de bien. Je matte moi aussi les jupes trop courtes des filles, et je me colle moi aussi à leurs dos, à leurs ventres...
Quelqu'un de bien, c'est une dame qui a un mari, qui accomplit quand il le désire son devoir conjugal, et qui s'occupe de ses mômes.
Moi, avec ce qu'il m'arrive de faire, je peux me faire traiter de sale gouine.
Tain... çà casse le mythe. Laouen drague des filles!
Non, je ne drague pas. Et de toute façon ces filles là finiront avec des mecs, ce ne sont que des allumeuses, pas des vraies gouines.
Dans ces lieux où certains se perdent, moi je reste moi. J'y vais certainement pour çà, pour jouer un peu, et puis s'en va.
Au retour, la fatigue me rend nauséeuse. Je n'ai pas honte de ma nuit, j'assume.
La pluie s'est enfin arrêtée, et soudain les étoiles envahissent le ciel.
Il est 4h30 environ, et devant moi, une étoile filante trace sa route, dans la direction exacte qui me ramène à mon lit.
Je ne fais pas de voeu, il y a bien longtemps que j'ai cessé d'en faire: celui que je ferai aurait moins de chance de se réaliser que moi de gagner un aller retour sur Alpha du Centaure...
Il est 5h, je me couche. Je vais payer toute la semaine ma nuit glauque.
J'assume.
03 décembre 2007
le titre que je n'écrirai pas...
J'aime les lendemains de tempête.
Ce matin le ciel est innocent. Ce matin, le ciel est lavé de tout soupçon... de brouillard.
Le vent est quasi nul et je souris en regardant la carte des prévisions de Météo France pour le Morbihan.
Le calme, après la tempête, le calme, avant que la pluie ne revienne laver le bleu.
Ce matin, le thé a un gout amer. La dernière gorgée me fait frissonner.
Crispation indéfinissable. Enfin, si, mais qui ne peut se nommer, dans le sens: pouvoir = avoir la possibilité de.
Ce blog, logique espace d'expression, n'en est pas un. Je ne peux, et n'ai jamais pu y écrire ce que je voulais réellement y écrire.
Il y avait la certitude, rassurante. Je le savais, du fond de ma solitude voulue. Depuis des mois, tant de mois qu'ils avaient finis par former une année.
Si un jour je devais à nouveau vibrer, autrement que lors de ces moments de reliance avec le Tout, je savais quelle serait la source de la vibration.
Ce matin, j'ai été raisonnable. J'ai préféré ouvrir les yeux, et me dire que encore une fois j'avais du m'aveugler. Moi même. Je suis coutumière du fait.
Seules les lumières désespérées m'attirent, en dehors de la vraie. Peut être parce que, moi aussi, j'en suis une.
Il est rare de trouver son alter ego. Pas celui que l'on se fabrique, mirage, le vrai.
Personnellement, je sais que j'en ai deux.
Je ne peux pas écrire que c'est une chance, non... Il y a trop de souffrance contenue dans ces êtres là, comme en moi.
Trop de points communs. Le même passé certainement, qui fait que toute tentative de rapprochement semble impossible.
La même quête de lumière.
Debouts, souriants...
L'image qui me vient serait celle de commandants de vaisseaux, cheveux au vent, sur les ponts de navires refusant de sombrer, les yeux dans le soleil, même au coeur de l'obscurité.
Nous sommes nous même le navire.
Et nous ne coulerons pas.
En équilibre, sur un fil tissé de tragique et d'amour.
J'aurais voulu me dire "quelque part quelqu'un"...
Avant de réaliser qu'y croire est dangereux.
Alors j'ai pris un couteau, et j'ai tranché ce fil que je rêvais de tisser...
Je suis en équilibre... sur le vent.
C'est certainement mieux ainsi. Le vent peut parfois emporter où on le désire.
Ou pas.
Vous n'avez aucune idée de l'énorme pas en avant que je viens de faire ce matin...
Mais çà donne un gout amer au thé, c'est tout de même dommage...
Je comprendrai tout à fait l'absence de commentaires sur ce message. Même ceux qui me connaissent bien s'y perdront, ils n'ont pas tous les éléments :-))
24 octobre 2007
la dernière lettre...
Mery parlait de la lecture de la lettre de Guy Moquet devant les élèves, et de tous ceux qui comme lui sont tombés.
Alors j'ai enfin trouvé le courage de me mettre devant cet ordi, avec une lettre, moi aussi.
çà fait des années que j'ai envie de le faire.
Près de mon lit, un paquet de lettres jaunies. C'est tout ce qu'il me reste de la femme qui m'a aimée et élevée: ma grand mère.
Ces lettres, les lettres de son frère, elles les a conservées avec amour pendant plus de 50ans.
Lors de ma dernière visite chez elle, je les ai prises, sans rien lui dire, un appel...
Elle devait mourir peu de temps après, et je n'ai pu l'accompagner dans sa souffrance, habitant à 1200km de là.
Si "là haut" existe, elle doit être heureuse de savoir que ces lettres ont échappé à la furie destructrice de sa fille, qui a "nettoyé" la maison de tout ce qu'elle contenait, jetant à la poubelle toute mon enfance avec. Sa fille... ma mère.
La dernière de ces lettres est datée du 11 décembre 1943.
Il y en a peut être eu après, mais je ne les ai pas sauvées.
En decembre 1943, le frère de ma grand mère est prisonnier depuis 6 mois dans un stalag à Vienne, Autriche. Il travaille, tente d'en faire le moins possible, mange à peu près correctement, et n'est pas battu.
Il espère pouvoir revenir en France...
Mais l'horreur le rattrapera. Reconnu comme résistant, et déporté ensuite à Buchenwald, il y mourra en 1945.
Au village, une tombe. Vide.
Je vais vous taper la dernière de ces lettres, pleine de fautes d'orthographe, en les conservant, car mon grand oncle était un homme simple, et je me dois de garder ses mots tels qu'ils sont.
Rien de passionnant, ni de tragique dans ces lignes. Pas de tortures, pas de scènes terribles racontées, rien qui ne tire les larmes, il ne sera pas fusillé le lendemain.
Il sera... on ne le sait pas en fait. Ni quand, ni où, ni comment.
Les lettres parlent du temps, de sa famille surtout, du village et de ses habitants, du rugby, de l'espoir de revenir.
Il parle très peu de lui et de ses conditions de vie.
Depuis quelques années, la rue où j'ai vécu porte son nom.
La lettre est datée de fin novembre 43 à Vienne, mais a été posté mi décembre 43, à Francfort. Censure, etc...
Depuis une semaine je n'ai rien reçut, si la lettre de Simone qui ma fait 31 lettres que je reçoie de vous, de ce fait il m'en manque une, et moi cela fait la 35eme que j'envoie. hier j'en ai reçut une de tante Mathilde.
Je vois que vous êtes tous toujours bien partant et que tout le monde travaille et que l'usine marche toujours, et que papa est toujours à la brigade de Béda. Je vois qu'à Béda il n'y a rien de nouveau si ce n'est qu'un avion a encore capoter, ils veulent trop faire les malins.
Il parait aussi qu'il va y avoir de nouveaux mariages, la B**ard avec Jules V*** et finfin morisote avec un retraité de Montfavet. c'est les vieux qui sont à l'honneur en ce moment ils font la pige au jeunes.
J'espère qu'il fait beau au pays et que le rugby marche plein tube, il parait qu'il y a un Avignonais qui joue, Sarda. Je le connais c'est un bon joueur.
Et ma Dédée (ma mère) doit être toujours sage, et va bien bien à l'école et apprend bien à lire et à écrire. Je pense souvent à elle et à vous tous et voila bientot 6 mois que nous sommes partit et on en a marre de cette vie, il y a des fois où tu enverrai tout chier et tu taperai sur la gueule des chleus, mais on se retient.
Ici, pour la fin novembre il fait toujours beau, on a pas encore vu de la neige, et c'est une chance, d'habitude il y a un mois qu'il en ont, vous parlez si çà nous fait plaisir.
C'est toujours le même boulot que je fais et je suis le seul français avec un prisonnier qui travaillont au milieu des allemands, et il y a deux italiens auquel j'apprend le français. Vous aurez bientot les photos, je les aurais la semaine prochaine, le photographe n'y était pas jusqu'à cette date.
Ici c'est toujours pareil, la vie continue, la nourriture est toujours la même et on saura le gout des patates. Pour le travail c'est toujours pareil, je suis juste changer de place, non pas être au montage comme avant et bien je suis à la démolition.
Quand tout cela finira t'il, ici çà ne va pas on a arreté la voie qui était à coté de la mienne, ils n'ont plus de vagons parait il, et des locos en quantité alors, ils sont étaient travailler aux locomotives.
Les copains se portent tous très bien et vous envoie tous le bonjour (il doit recevoir des lettres de ses amis d'autres stalags). J'attends toujours le colis de Roger, il y en a qui mettent plus de mois à arriver alors j'ai encore le temps d'attendre. Je me porte toujours bien et j'espère que ce cauchemar finira bientot.
Vous embrassez tous les parents pour moi.
Embrassez bien ma Dédée et dites lui que je retournerai bientot qu'elle languisse pas trop.
Recevez bien cher tous de votre Nique qui vous oublieras jamais mes meilleures caresses et mes meilleurs baisers.
Bon baisers
Louis
Voilà. Merci d'avoir lu. Je retourne ranger ces lettres sur mon étagère.
19 octobre 2007
Lac... où l'heure du bonheur (jeu de mots idiot)
Il y a deux ans, j'étais vraiment mal.
Je ne savais pas que le pire était encore devant.
Pendant des mois j'ai désiré que chaque jour qui naissait soit le dernier pour moi. Au point de vouloir accélérer le mouvement.
Les cachets, çà peut faire dormir si longtemps... Et aucun prince charmant ne vient vous réveiller un siècle après.
Mais il y a deux ans, alors que le gouffre s'ouvrait sous mes pieds, après 14h de route, à 4h du matin, j'ai arrêté la voiture en pleine forêt, et j'ai attendu le jour, par moins trois degrés, paralysée par le froid au point de ne pas pouvoir saisir un pull dans le sac derrière moi.
J'ai toujours regretté de ne pas avoir marché cette nuit là, sous la pleine lune, vers le lac.
C'est à 7h du matin que j'ai réussi à bouger, et à grimper jusqu'à là haut.
Depuis, nous ne nous sommes plus quittés.
Maintenant, je vais bien.
Je ne me pose pas la question de savoir si devant, il y a pire, mieux, plus haut, plus fort...
Demain, c'est aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est l'infini.
Demain, je partirai à pieds. A 4h, à 6h, à 8h, qu'importe.
Je partirai, malgré la fatigue, pour marcher sous les étoiles, marcher sous le soleil, marcher sur et dans le ciel.
Longtemps.
Je rentrerai quand il sera temps de rentrer.
Si je m'étais écoutée, j'aurais fait l'aller retour là bas... :-)
Les yeux ouverts, le coeur ouvert, amoureuse. De chaque instant de vie.
Avec toujours, au fond du coeur, la première image que j'ai vu du lac ce matin là, ce 19 octobre...
Je l'ai vu, et je me suis enfin vue...
Et même si pendant les mois qui ont suivi j'ai touché le pire, lui, est resté le meilleur de moi même.
Infiniment, je dis merci.





































































