face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

27 mars 2008

Free Tibet

Non ce n'est pas une mode!
Non ce n'est pas un appel au boycott des J.O et après on oublie tout...
Oui ce pays me bouleverse, son histoire me bouleverse, et pas seulement depuis 5 minutes.
Ce pays n'a plus de présent, plus de futur, il n'existe plus!
Le monde entier doit réagir.
Levez vous!
Stand up!

Si vous ne l'avez pas encore fait, allez signer la pétition ici

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05 mars 2008

pfff

Comme vous pouvez vous en rendre compte, je n'ai rien à dire!
Je suis sous une avalanche de problèmes, dont l'issue sera simple: je n'aurai plus de travail en septembre.
Pourquoi?
Parce que je vis au fin fond de la brousse.
Parce que ma fille entre au lycée en septembre.
Parce qu'il n'y a aucun service de bus passant à moins de 7km de chez moi.
Parce qu'aucun de ses amis n'habite dans le village, elle ne pourra se rendre au bourg pour prendre le bus.
Parce que quand on bosse à 4h du mat, ou jusqu'à 20h30 le soir, on fait comment pour être à 7h et à 18 au bourg?
Parce que... crotte.
L'internat?
Hors de question: comment pourrais je laisser mon fils (bientôt 8ans) tout seul entre 4h et 8h du mat, ou tous les soirs entre 17h et 21h?
Dans tous les cas, je perds mon emploi.
Et sans emploi, nous vivons comment?
Alors si je fuis le blog, c'est que vraiment y a des trucs qui pèsent dans ma tête en ce moment, et je n'ai pas vraiment envie de me plaindre ici pendant des heures...
Je commençais juste à dormir un peu mieux, du genre 5h/nuit au lieu de 4...
Pfff... Je voudrais me réincarner en marmotte, dormir, jouer, rêver sur les pentes... Rien d'autre.

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01 février 2008

travailler plus pour? euh? quoi déjà?

Entendu ce matin, en zappant à la radio:

Au Japon, il existe une journée des "épouses bien aimées".
La radio parlait du cas de Madame きらぐをとせむ (j'ai tapé au hasard des caractères japonais).
Elle ne voit jamais son mari. Ce n'est pas "à peine exagéré", c'est la vérité.
Alors elle, que son mari clame qu'il l'aime (il a du prendre pour cela 2 minutes de RTT) pendant la journée des épouses, elle s'en tape.
D'ailleurs, des mecs, elle ne s'en tape même plus: ni mari, ni amants. Ils bossent tous... :-)

Certains diront: cool! plus de problèmes de couple, car justement il n'y a pas de couple! Pas de routine, pas à supporter l'haleine de fennec de votre homme le matin, ni les ragnagnas de votre femme le seul jour du mois où l'envie vous prend de la ******* de lui donner du plaisir.
Ainsi, pas de divorce! Vous vous croisez de temps en temps dans le couloir qui mène aux toilettes, vous faites un enfant le jour de la fête du travail, ou par sms si la technologie a été poussée à son stade ultime, et un jour, vous vous dites: mais c'est qui cette vieille/ce vieux qui crèche chez moi? Oups... c'est ma femme/mon mari.

Et bien non! Y a une limite. Au Japon, çà divorce en masse. Du moins, si ils ont le temps d'aller voir un avocat.
Faut comprendre...
Après le mariage d'amour, et le mariage de fric raison, il y a donc le mariage japonais.
En fait, c'est un peu comme si vous viviez à l'hotel, vous ne croisez que rarement le personnel qui nettoie votre chambre.
Le repas? Vous ne mangez pas, vous bossez. Quand vous rentrez chez vous, vous allez dormir un peu, changer de costume, vous brosser les dents, et vous repartez.
Vous pourriez vivre à l'hotel, mais bon, çà reviendrait plus cher.

Et là je m'interroge? C'est çà le "travaillez plus pour gagner plus"?
Damned...
Ok, y a des limites que nous ne sommes pas prets de franchir en France!
Mais tout de même, je m'interroge.. Et les enfants dans tout çà? Ils ne voient pas vieillir leur père. Oups, je voulais dire, le père ne voit pas grandir ses enfants.
Je conçois tout à fait que l'on soit passionné par sa vie professionnelle. Mais il ne faut pas tout lui sacrifier.
Et les Japonais, je me doute que si certains sont passionnés par leurs jobs, d'autres ne peuvent pas faire autrement.
Travailler plus, pour vivre moins, et pour désespérer plus...

Tiens? Aujourd'hui je bosse à midi, et non à midi trente. Pour avancer la production.
Hier, la pointeuse était en panne. Le patron absent. Résultat: tous les ouvriers n'ont pas pointé, on leur disait "l'employé X n'est pas en activité ce jour", ou un truc comme çà.
Nous avons tous été en vacances pendant 24h!
Mais dingue ce que l'on a bossé pendant ces 24h là.

Je suis rentrée fourbue, à 21h. Pas de mari au lit, pas de femme non plus. Le sourire de mes enfants.
Epuisée, je ne me suis pas couchée très tard. Toute ma journée est réglée sur mon travail: travail, trajet, tentative de récup, dodo, etc.
Hier, j'ai du vivre.. quelques minutes. Quelques minutes de discussion avec mes gosses. Bonne nuit, bisous, à demain.
Tout çà pour 1300 euros par mois, quand le mois est complet (les jours fériés et les jours de congés sans solde quand la boite est fermée me coutent cher!!).
Je vais immédiatement m'inscrire sur Mitique Japan... :-))

Posté par Laouenanig à 08:36 - mes rages - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 novembre 2007

in vino, quelle veritas? acétate...

Yeeeeeeeeeeeeeeeeps.......
Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiipppppppsssss......

Ce soir, la France se couchera bourrée.
C'est en effet ce soir, que le dernier cru de la chimie moderne viticulture française se verra enfin mis en vente dans nos supermarchés préférés.

Oui! enfin!
Ce soir nous aurons droit à notre cuite à l'acétate d'isoamyle au Beaujolais nouveau!

Comment? J'exagère? Il y a bien du raisin dans le Beaujolais nouveau?
Bien entendu!
Mais aucun raisin n'aura, naturellement, ce bon gout de banane, si caractéristique du beaujolpif fraichement vinifié.
Enfin, si, un petit peu, car la vinification du raisin peut parfois produire de l'acétate d'isoamyle de manière naturelle. Si si...
Profitant de l'aubaine, le beaujolpif fraichement synthétisé embaume la banane.

A poser l'oreille sur le goulot, on entendrait presque : "eh! banane! prépare ton foie, y a C7H4O2 qui arrive!
Aussi appelé ethanoate d'isopentyle, ce charmant composé chimique est le responsable de tous les aromes bananes vendus dans le monde entier: bonbons, yaourts, saloperies diverses, et.. Beaujolais nouveau.

De quoi se la mordre.. (la banane)
Sur ce forum pour étudiants, vous apprendrez comment on peut synthétiser de l'arome banane. C'est simple, et si naturel.
Par exemple, voici un tuyau donné par un prof à des étudiants un peu perdus:

Vous pouvez utiliser une méthode appelé estérification.
Réactif: Isopentanol. acide acétique pur. acide sulfurique concentré.
Matériel: montage de distillations, ampoules à décanter.
Il faut mélanger le tout en utilisant des quantités que je ne connais pas, en ajoutant l'acide sulfurique goutes à goutes et en chauffant dans un ballon à fond rond fixé sur le montage de distillation pendant deux heures. Après ça, on peut procéder à la décantation pour séparer la substance organique puis la neutraliser, ainsi que distiller le mélange pour le purifier.
CH3-C-OH + H3C-CH-CH2-CH2-OH <--H2SO4----> CH3-C-O-CH2-CH2-CH-CH3 + H2O

Sympa non?
Avouez que le mot "acide sulfurique" réjouit vos palais!

Sur wiki, on explique la synthèse la plus répandue:

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Pour ceusses qui ne sont pas familiers avec les formules développées, il s'agit de "l'addition d'isopentanol et de chlorure d'éthanoyle. Rien que le mot chlorure me  met en  joie.

Ne vous réjouissez pas en répondant: je ne bois pas de vin, tant mieux!
Sachez que le trichloroéthylène, solvant trop connu, composé chimique absoooooolument sans danger (mortel, mais bon faut bien mourir de quelque chose dirait mon patron quand nous ralons en dégraissant les pièces au trichlo SANS GANTS) est utilisé pour "fabriquer" du sucre blanc, ou de l'huile, je ne sais plus, ou bien les deux j'en ai bien peur. Enfin, "était". J'ai visité une fabrique d'huile d'olive artisanale, et on m'en avait parlé. Peut être la législation a t'elle changé?
Bizarrement, l'acétate d'isoamyle, beaujolai-isé à mort, se retrouve aussi dans la peinture...

Tu bois quoi toi?
Moi, du glycéro "vert champêtre". 29euros le litre chez Bricoducoin, c'est un peu cher, mais çà couvre bien (les cirrhoses).

Sachez que l'acétate d'isoamyle, en version pure, est inflammable.
Après, on s'étonne d'avoir l'estomac qui joue le volcan, renvoyant des coulées acides vers le haut, après avoir bu du mauvais pinard..
M'enfin, le vin lui même, puisque alcoolisé, est inflammable aussi.
Avant de nous transformer en torches, allons donc tous ce soir nous en torcher une bouteille, qui vide, pourra ensuite servir de cocktail molotov, ou d'assomme ivrogne dans les bars louches du coin.

Bref, vous l'avez compris, j'en ai ras le goulot de ces saloperies que l'on ose nous servir sous l'appellation "vin".
AOC? Appellation d'origine chimique?
La solution?
1) Ne plus boire
2) Ne se servir que chez les petits producteurs.

Faut encore connaitre un petit producteur, non maqué avec un chimiste.
Et rassurez vous: le vin n'est pas le seul concerné: TOUT CE QUE VOUS MANGEZ EST CHIMIQUE.
Les petits plaisantins répondront: logique, car tout, même le 100% bio est à la base composé d'un ensemble de molécules chimiques...
Et oui...
Alors à côté des molécules logiquement présentes dans la nourriture, disons bonjour et merci aux chlorures divers, aux acétates, aux E666 (ils méritent tous ce chiffre derrière), à la merde en branche, en poudre, en sirop, en vapeur...
Bientôt, même la merde sera chimique, je vous le promets. D'ailleurs, vous croyez qu'il est naturel le bon lisier de porc que l'on épand partout autour de chez moi?

Avant de recevoir des commentaires des viticulteurs hargneux arrivés ici sur ce blog, je tiens à préciser ceci:
Sachez messieurs, que ma formation universitaire est justement en rapport avec ce que je viens d'écrire (biologie, chimie organique ou pas, phytopathologie..)
Que j'ai travaillé dans le milieu viticole.
Que j'aime le vin. LE VRAI.

Que mes souvenirs m'entrainent loin, très loin vers l'Est... Il y a fort longtemps.
Riquewihr. Alsace. Un des plus beau villages de France, et c'est bien vrai.
C'est la fin des vendanges. Et çà se fête. J'arrive là bas par hasard. Et on me tend un verre d'une boisson dont j'ai oublié le nom exact.
Le vin blanc a commencé à fermenter. Il a encore le gout sucré du jus de raisin, avec un je ne sais quoi d'indéfinissable.. Un semblant de pétillant, la couleur de l'or, le gout du bonheur.
Je me moque bien de savoir si ils ont rajouté de l'assez tate de mes c******* dedans. Etant une fille en plus, je n'en ai pas.
C'est bon. çà se boit sans modération, et çà grise... çà grise...

Ce week end je gouterai l'alchimie chimique de l'année. Comme chaque année.
Faut bien mourir de quelque chose...

Posté par Laouenanig à 17:53 - mes rages - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 novembre 2007

Ya Ya à l'usine (2)

Voilà longtemps que je ne vous avais pas parlé de mon copain Ya Ya, tourneur de petits pois à l'usine, sur Century56 planète lointaine.
Vous savez? (lire ici pour ceux qui débarquent, et un peu partout dans le blog fin septembre)
Celui qui partage un atelier sale et exigu avec une bande d'esclaves, sous les ordres de Dieu himself, Dieu qui débarque à l'usine à 3h de l'aprem, l'air pas réveillé, et qui ose par contre demander à ses ouvriers de venir bosser le samedi...

Je ne vous en parlais plus, certainement parce que j'étais trop dépitée.
Tout va mal à l'usine, et Ya Ya en a gros sur la patate.
Tellement gros sur la patate, qu'il ne sait pas par où commencer le récit. euh.. que je ne sais pas par où commencer son récit, pardon.

Celui que tous les lecteurs fidèles connaissent sous le non de çàpeutpluscontinuercomçà a juré d'avoir la peau de Ya Ya. Et il l'aura, tout est question de temps.
Chaque jour il va se plaindre au patron. Le tour est déréglé, les pièces que Ya Ya a faites ne sont pas bonnes, etc.

Ya Ya, docile au début, commence à se dresser sur ses griffes, et à retrousser ses babines, les crocs acérés. Marre de passer pour un con.
Il sait très bien jouer au con, et sourire bêtement, mais y a des limites.
Par exemple, il sait comment modifier un réglage, quand l'outil est usé et que la pièce ne sort plus bonne. Mais il fait "celui qui ne sait pas", sinon çàpeutpluscontinuercomçà irait dire qu'il touche à tout, et qu'il plante les machines.
Le collègue de ce conn*ard fini est presque aussi con que lui. Aigri, malgré son jeune âge, il parle à Ya Ya comme si c'était une bouse fraiche recouverte de mouches.
La nuit l'usine est livrée aux mythos. Ils se prennent pour la réincarnation de Dieu, et saoulent l''atelier tout entier quand ils débarquent le soir, voire même l'aprem, pour se plaindre devant le patron.

Les têtes pensantes de l'usine courent partout, réfléchissent beaucoup, mais pas dans le bon sens.
Résultat: Ya Ya se voit tourner des pièces qui doivent être livrées en décembre, et ne pas tourner des pièces qui auraient du l'être il y a deux mois. La logique...
Yes Yes le régleur a la tête dans la machine depuis une heure, il termine son réglage, quand soudain le bras droit de Dieu lui dit: "mais pourquoi tu as réglé çà? fallait faire cette pièce là avant!!"
Yes Yes n'a même plus la force de répondre: mais c'est "Si Si qui m'a dit de le faire, faudrait savoir"!
Et c'est ainsi tous les jours...

Parfois, pour régler ses tours, Yes Yes doit fouiller les poubelles. Non, vous ne rêvez pas! Il fouille les poubelles!
Il n'y a plus un seul outil utilisable dans cette pu*tain de boite. Les "plaquettes" (sortes de lames tranchantes fixées au bout des outils) manquent. Certaines sont en commande, d'autres non, car Dieu a dit: le budget a été dépassé, on n'achète plus rien.
Alors, au lieu de laisser les machines en plan, et de  jouer à la belote, Yes Yes et les autres font les poubelles, meulent, soudent, bricolent, tentent de redonner vie (illusion de courte durée) à des outils HS jetés à la poubelle.
Avec une loupe, nous tournons et retournons les plaquettes, tentant d'en dénicher des moins usées que d'autres.

Trop facile.. Dieu est habitué à voir ses esclaves se débrouiller, bidouiller, et tirer sur les machines de manière intensive, au bord de la rupture, pour satisfaire ses ordres...
Alors, il pousse encore plus loin.
A l'usine, il n'y a aucune organisation. Tous les ouvriers sont consternés, mais font ce qu'on leur dit de faire.
Parfois, par exemple, un esclave passe 1/4h à chercher un pied à coulisse, ou alors ce put*ain de taraud de 3/4gaz borgne qui a disparu depuis 8jours et qu'il faut absolument retrouver...
Pendant ce temps: pas de production.

Ya Ya ne parle pas des conditions de travail, qui sont parfois abominables, et loin des limites de la légalité. Le taux d'huile dans les machines par exemple. 10minutes de travail, et l'esclave se sent pris de violentes migraines, a mal à la gorge, semble en pleine crise d'asthme.
Que faire? L'esclave, si il veut tenter de sauver ses poumons (de manière provisoire) va chercher un masque anti poussières, comme si c'était efficace contre un brouillard d'hydrocarbures!!
Et encore, l'esclave ne se plaint pas: c'est la première fois dans l'usine que l'on trouve des masques à poussières, tout simplement parce que les ouvriers ont hurlé pendant une semaine, en respirant un brouillard de suie huileuse, en coupant de l'acier à la scie. Dieu a enfin commandé une boite de masques, mais trop tard pour ceux qui doivent avoir les alvéoles noires de saletés, désormais.

Ya Ya a passé 3 jours le masque collé au visage, étouffant, suant, devant le tour qui dispersait loin dans ses bronches son brouillard toxique. Il ne pense plus à ses mains qui baignent dedans, à l'action du produit sur son organisme, pénétrant par ses pores.
Il a tenté les gants de type jetables, mais les pièces les transpercent après 5 minutes.

Rien ne va plus à l'usine. Les esclaves bossent de plus en plus, il y a de plus en  plus de travail, mais aucune organisation.
Alors on assiste tous les jours à des spectacles d'une absurdité rare:
Pendant que quelques esclaves débordés n'arrivent même plus à respirer, d'autres errent dans l'usine, ne sachant pas quoi faire, car aucun sous chef n'est capable de leur donner un travail urgent à accomplir.
Et chaque vendredi, le bras droit de Dieu fait le tour de l'usine, et pleure: nous avons du retard, tu viens bosser samedi?
Et là, les bras de Ya Ya tombent: toute la semaine, certains ont tourné en rond, sans travail, et on leur demande de venir le samedi!
Mais si durant les 5 jours ouvrables tout le monde travaillait avec logique, et suivant un plan, travailler le samedi serait inutile!

çà a marché une semaine, deux semaines.. Hier aprem, le bras droit de Dieu s'est approché d'un esclave et a posé sa question.
Les 2 tours tournaient, les 2 centres d'usinage aussi. Pourtant tous les esclaves ont entendu le cri de l'esclave qui répondait.
IL N' EST PAS QUESTION QUE JE VIENNE BOSSER SAMEDI!

Un vent de rébellion commence à souffler dans l'usine...
Et ce n'est pas tout...

Yes Yes, le régleur, par exemple, n'avait pas eu sa paye complète en septembre. La paye de septembre est payée par chèque le 10 octobre, bien entendu, ce qui la fait réellement dans les poches des ouvriers le 12.
Il comptait être régularisé le 10 novembre, avec la paye d'octobre.
Mais SantoSarko, président de Century56 a changé les lois. Désormais, et c'est très bien, les heures sup sont payées un peu plus.
Dieu avait donc besoin d'un logiciel spécial pour calculer la nouvelle paye, car ses ouvriers bossent 39h au lieu des 35, soit 4h sup par semaine.
Ya Ya précise, que ceux qui font plus de 39h sont payés 39h...
Yes Yes par exemple, a travaillé jeudi, de 8h du mat à 8h15 du soir! 12h15 de travail, mais payé 8h. Merci qui? Merci Dieu. Une pause de 1h au milieu. Illégal? Dites le à Dieu!
Dieu a commandé le logiciel la veille de faire les payes, ce qu'il fait qu'il n'était pas opérationnel le jour des payes.
Il a donc généreusement versé un... acompte à ses esclaves.
Yes Yes n'a pas eu son salaire complet, ni sa régularisation de septembre, ni son samedi travaillé de payés. Il était hors de lui, et est parti en claquant la porte.
Ya Ya a regardé son chèque, effaré, puis révolté.
Le mois dernier, il avait touché une certaine somme: le SMIC correspondant à 2 semaines de 39heures.
Ce mois ci, il a travaillé 4 semaines et demi, il s'attendait donc à un peu plus du double.
Et bien non:  il lui manque 300 euros!

Vous pensez que la différence sera payée la semaine prochaine? Que nenni! Il faudra attendre le 10 décembre, et la paye de novembre.
Mais va arriver à faire le tri! Parce dans le genre "j't'embrouille", Dieu est très fort..
Bref, en résumé, les esclaves vont se faire bai*ser, et grandement. Y a pas d'autre mot.

Que faire? Tous se barrer? Faire grève?
Il faudrait.
Tout le monde grogne, et personne ne fait rien. Alors Ya Ya qui est en CDD jusqu'à fin novembre ferme sa gueule... Il serait le seul à protester.
Vendredi matin Dieu lui a envoyé un message sur la  pointeuse: Ya Ya n'a pas pointé entre 15h56 et 18h23.
Parce que dans cette usine, on pointe quand on arrive, quand on part, mais aussi dès que l'on change d'activité. On peut passer devant la pointeuse 20 fois par jour parfois.
Entre 15h56 et 18h23, Yes Yes avait les 2 tours à régler. Ya Ya ne pouvait donc pas travailler. Alors il a nettoyé l'atelier, vidé les tours des copeaux de fonte, s'est détruit le dos en le faisant, a vidé la benne pleine d'inox, s'est retué le dos en le faisant, a vidé les brouettes de copeaux, s'est définitivement niqué le dos, etc...
Ya Ya a tenté d'expliquer çà à Dieu, poliment, sans lui dire: "et vous, vous faites quoi tous les jours avant de venir à l'usine, faire une apparition éclair, et oser dire qu'on devrait travailler plus vite, plus longtemps?"

Plus rien ne va dans cette putain d'annexe de Word Company... Ya Ya rigole, lance des vannes discrètes (il est interdit de se parler!!), est "à peine ironique"...
Pendant la pause de Yes Yes, une pièce du tour (du genre récupérée à la poubelle) a laché, il ne pouvait plus bosser.
Alors il est monté dans la salle de repos où Yes Yes mangeait avec d'autres esclaves, et le chef d'atelier, et a dit:
"excuse moi de te déranger, mais l'écrou soudé a laché, je ne peux plus bosser, et je ne voudrais pas recevoir un message lundi me disant que je n'ai pas pointé entre 13h16 et 13h38..."
A peine ironique le Ya Ya...
Quand il avait parlé du message à Yes Yes, celui ci lui avait répondu: "tu n'avais qu'à répondre à Dieu en tapant un gros MERDE en majuscules..."

Un vent de révolte souffle, mais l'air manque, et les esclaves étouffent...
Et certains pensent que le stress et la dépression sont des maladies répandues dans le monde du travail uniquement chez les cadres sup à responsabilités... Aveugles que vous êtes... Ceux qui pensent çà n'ont jamais du subir ce que les esclaves subissent à l'usine de Ya Ya.
D'ailleurs, que savent ils de ce monde du travail, de ce monde qui transpire et qui souffre?

Parmi les ouvriers, et Ya Ya en a la preuve et des témoignages chaque jour, certains souffrent de dépressions graves. Insomnies, stress intense, dépression, antidepresseurs, anxiolitiques, somnifères.. et pour finir, tentatives de suicide.
Et oui...
Certains ouvriers, payés au SMIC ou à peine plus, se suicident!
Parce qu'ils n'en peuvent plus, et qu'ils n'ont pas d'autre solution que de continuer ainsi, parce qu'ils n'ont pas d'autre possibilité. Le travail ne se trouve pas au coin de la rue.
Pressés, harcelés, ils craquent. Dans les usines l'ambiance devient irrespirable, certains tentant de gravir les échelons en détruisant leurs collègues...

Ya Ya le sait, ayant discuté avec les ouvriers qui connaissent bien le milieu, et la région: il bosse dans la pire usine qui existe à 50km à la ronde, minimum.
Combien de temps l'usine pourra tourner dans ces conditions? Tirant sur tout: les outils, le matériel, et surtout, oui surtout, les nerfs et le physique des ouvriers?
Traités comme des sous merdes, dans l'illégalité parfois totale, non payés à la fin du mois, bossant le samedi pour des prunes (personne n'a vu son samedi payé, il leur restera à récupérer çà en semaine, échangeant la paye d'un samedi contre celle d'un jour de semaine, à peine une arnaque)

Ah...
Pourquoi les ouvriers se plaignent ils?
Ils ont un travail, et donc la possibilité de gagner plus en travaillant plus, et en attendant plus la paye (en espérant qu'elle arrive un jour).
Oui, pourquoi se plaignent ils, alors qu'une partie (la visible) du toit de l'usine est depuis 2 soirs décorée de guirlandes lumineuses?
Un avant gout de Noël, le jour de non-paye...
Génial non?

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Lundi, en pleine nuit, les ouvriers seront heureux de recommencer le boulot.
4h30 du mat, pour être payés quand Dieu le désire, en leur jetant un chèque comme on leur jetterait à la gueule un papierQ souillé, mais avoir des guirlandes de Noël sur l'usine, quel bonheur...

SantoSarko l'a dit, non de Dieu! Ensemble, tout devient possible!

Bordel de merde!! On attend quoi pour foutre le feu aux guirlandes?

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09 novembre 2007

Dans l'espace, se cache Mir, et à Islamabad se cache Benazir...

Avec le thé du matin, je lis les dernières nouvelles du Monde sur le Net.
Un article m'apprend que Benazir Bhutto, ancien premier ministre du Pakistan a été mise en résidence surveillée.
Il lui est interdit de sortir de chez elle, un cordon de soldats entoure sa maison, joliment décorée de barbelés.

La cause?
La protéger d'un nouvel attentat (elle avait échappé à la mort en octobre)
Mais surtout: lui faire fermer sa gue*le. En effet, un grand rassemblement de son parti (opposition) est prévu.
Le pays est en état d'urgence, et tout rassemblement (sauf policier :--)) est interdit.

Et voilà. Encore une voix muselée.
Comment fera Madame Bhutto pour tenir ses meeting et faire passer ses idées désormais?

Pour illustrer cette courte note, j'ose publier la photo d'une solution envisageable.
Pas taper! Promis, après j'arrête :-)

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Posté par Laouenanig à 09:44 - mes rages - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 octobre 2007

journée ordinaire...(2)

Dredi...
Seulement 6h30 de boulot, 39h oblige!
Ah bon? Chez vous vous en êtes aux 35h? pfff... feignasses! :-))

6h30 de boulot sans reprendre son souffle, sans s'assoir 10 secondes, sans aller aux toilettes si besoin.
Pas de pause le dredi.
6h30 à une cadence hallucinante. Parfois, il me semblait m'être transformée en divinité hindoue, je me mélangeais les bras.

Le temps d'usinage de la pièce d'hier était de 1min49, il est désormais passé à 1min22. Question de réglage de la machine, mais aussi d'organisation du tourneur. Une vraie pro...

Les copeaux d'inox giclent, portés au rouge. Heureusement, mon bleu est en pur coton, je ne prends pas feu. Les mains s'avancent à peine l'outil arrêté. Avec les heures qui passent, la lucidité manque, et parfois je me dis: je vais saisir la pièce alors que le cycle ne sera pas fini, et ce sera fini de mes doigts.

Finalement, la commande impossible devrait être honorée. L'avion qui l'emporte au bout du monde ne partira que demain.
Car imaginez vous: habituellement, ce sont les petits esclaves asiatiques qui produisent pour nous les blancs.
Là, c'est l'inverse! Nous, esclaves blancs, nous faisons partir des milliers de pièces vers l'extrême Orient.

En Chine, les ateliers sont plus modernes qu'ici. Les séries concernent des milliers ou des millions de pièces, sur des machines plus évoluées. (nos machines viennent de là bas, mais ont 20ans)
Je rigole...

Toute la journée les chefs sont passés prendre des nouvelles de la production. En plus de notre travail, nous devions savoir à la pièce près combien il en manquait, le temps exact du cycle, le nombre de pièces à l'heure...

Mon tour carburait à bloc, et moi avec. Le tour d'en face n'a jamais réellement fonctionné.
Tous ceux qui se succédaient n'arrivaient pas à tenir la cadence. D'ailleurs, certains n'essayaient même pas.

A 19h, sur les rotules, j'ai enfin pu quitter l'usine... "çàpeuxpluscontinuercomçà" a pris la suite, et terminera la commande sans problème (enfin, j'espère, car c'était la dernier "lame", si elle casse c'est foutu)

Pour vous donner une idée de la fatigue générale de l'esclave: mes gants n'ont plus de doigts! usés à mort. Je n'en aurai pas d'autre, je vais devoir recoudre, mais le tissu manque, je ne peux pas l'inventer.

Pour nous remercier de nos efforts, le patron a accepté une nouvelle commande... 6 fois plus importante.
De quoi nous faire tous finir dépressifs, fous, ou à la morgue, pour avoir confondu une barre d'inox avec notre tête.

Et pour nous remercier encore plus, le patron nous a demandé de travailler AUSSI le samedi, cause trop de travail à venir.

Imaginez: vous finissez le samedi à 19h, vous recommencez le lundi à 4h30... Un rêve non?
Le dimanche, vous dormez. Si vous avez des enfants, vous les voyez 1j par semaine, et donc, vous ne dormez pas.
Dommage que l'usine ne fabrique que des pièces en métal, car nous allons bientôt avoir besoin d'un stock de cercueils.

Tout le monde proteste...
Et combien vous pariez que tout le monde dira OK?
Moi, par exemple, je suis en CDD. Si je ne dis pas OK, je n'ai aucune chance de voir prolonger mon contrat.

Je vis quand?
Mes enfants, je les mets direct à la décharge publique?
Ou alors je les emmène le week end à l'atelier, on campe tous là bas?

Ce soir, c'est moi qui crie "çàpeuxpluscontinuercomçà".
Pourtant faudra bien...

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05 octobre 2007

Total(e)ment... comme il respire... (tant qu'on peut encore respirer)

Je viens de lire un reportage qui m'a fait dresser les copeaux d'alu coincés dans mes cheveux sur la tête...
Lisez le Monde, ici.

Monsieur Total nous explique qu'il restera bosser en Birmanie (gisement de gaz) mais qu'investir encore là bas serait une provoc.
Ben oui... Sont respectueux de l'éthique, de la déontologie, du code du travail, et de tout l'univers jusqu'au fin fond de l'infini en expansion, chez Total...

Plusieurs problèmes: Total est accusé d'être pro-régime dictatorial, car il rapporte 500 millions de $ à l'état birman.
Ce à quoi Mr Total décrète que ses impôts sont des impôts, mais qu'il n'a pas l'impression de soutenir le régime politique avec cette montagne de fric.

Autre problème: Total est montré du doigt, car il aurait recours aux "travaux forcés"...
Damned!
C'est pas vrai se défend Mr Total, blessé profondément dans sa dignité et son intégrité. Lui, un homme si proche du peuple, si humain..
Plaintes non recevables à chaque fois clame t'il...
Mr Total lutte activement contre le travail forcé.
Il a aussi développé des actions humanitaires (contre le Sida par ex). Et se vante d'embaucher des locaux.
Ben oui!!!
Pourquoi embaucher des Français, ou des Chinois, alors qu'un Birman coute moins cher!!
Faisons donc bosser les locaux, çà prouvera qu'on est pas là pour se faire du fric, mais pour aider le pays.

Dis Mr Total, remet ta barbe de Père Noël, on t'a reconnu!!

Et pour prouver que Total est une entreprise chez qui l'humanitaire tient une énorme place, Mr Total est tout  heureux de nous dire que Total a reçu le prix humanitaire Helen Keller.
Franchement, je n'ai pas le temps de chercher qui est cette dame, et que récompense exactement ce prix...

Mais je dis bravo!
Ah!! Si tous les méga-maillons de Word Company voulaient se donner la main, et tendre leur 3eme main aux pauvres ouvriers, que ce serait beau, grand, immense!!
Ah bon? Même chez Word Company ils n'ont que 2 mains? Dommage...

Je pense que Mr Total a oublié de dire qu'il a aussi reçu d'autres prix humanitaires, des prix bien de chez nous cette fois ci, pour le récompenser de ses actions sur notre bonne vieille poubelle terre, en particulier en Bretagne.

Le prix Cormoran mazouté
Le prix Fou de Bassan collé
Le prix Erika Tastrof

Oh oui! Vas y Mr Total, fais nous rêver encore... Que je vienne pas chez toi par hasard...

Merde... Faudrait que je fasse le plein... 50 euros... Vivement que les bagnoles fonctionnent au brut, on ira ramasser des galets sur les plages...

Posté par Laouenanig à 13:34 - mes rages - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 octobre 2007

Laouen, sa vie, son oeuvre (de la journée) en vrac (son oeuvre, sa journée, et elle même)

No limit...
C'est un peu la constatation du jour.
Les yeux qui brulent, la tête qui brule, les poumons qui brulent...

Demain, si je dois recommencer à travailler sur la même pièce, je me nouerai un torchon autour de la bouche, pour deux raisons:

1) RESPIRER. enfin, disons, respirer "un air" qui me semble un peu filtré. (pas de lunettes malheureusement°
2) prendre en photo le torchon, juste à l'endroit de la bouche à la fin du travail... jolie couleur, due au dépôt huileux qui aurait du se retrouver au fond de mes poumons.

Je résume: Une pièce d'inox à fileter. çà fait souffrir terriblement la machine, alors il faut la protéger (la machine)
Le tourneur? pfff... encore 2 nouveaux cette semaine, on prend, on jette...

Pour économiser la machine (même ainsi la pièce ressort brulante) il n'y a pas 50 solutions:
Avant le filetage, la porte s'ouvre.
La pièce est coincée dans les mors.
Le "forêt" qui va tarauder est face à elle, à moins de 10cm.
On envoie une giclée d'un mélange d'huile lourde, mélange d'huile pour inox, et d'huile pour moteur de tour.
Et on appuie sur le bouton vert... Les mors et la pièce se mettent à tourner à toute vitesse.
Le forêt pénètre la pièce, recule de 5cm
Pendant ce temps, on approche ses deux mains.
La main droite envoie une giclée d'huile à  l'intérieur de la pièce à tarauder.
La main gauche souffle les copeaux d'inox.
Les deux mains sont à moins de 5cm des outils. La gauche des mors, la droite du taraud.
Faut garder le rythme...
Et pendant ce temps, le  mélange lourd d'huile se met à chauffer, dégageant une odeur acre.
Mon visage est recouvert d'un brouillard d'huile. Mes cheveux dégoulinent à la fin de la journée.
çà dure 30 ou 45 secondes... je n'ai pas compté, pas le temps! trop dangereux de penser à autre chose.
A partir de la 20eme, je ne peux  plus respirer, comme si j'avais de l'asthme.
Pour ne pas rester la bouche collée le plus possible, je la tourne parfois derrière moi, là où le brouillard est moins dense.
Réfléchir. Le rythme. Tourner la tête, retourner la tête, main gauche, main droite...
Le forêt, lui, entre et sors, le cycle dure 2 secondes...

J'ai fait çà  pendant 1h 10 seulement.
Si je dois le faire pendant 8h demain je ne tiendrai pas, c'est sur.
L'autre tourneur a tenu lui...
Comment sont ses poumons?
A t'il mal quand il court?
Court il encore?
A quel âge va t'il mourir....

Post note: je sais... vous allez me parler d'inspection du travail, de lois, de dénonciation... Je sais tout çà.
Savez vous à quoi ressemblent vos aisselles quand votre banquier vous appelle pour vous dire que vous avez 400€ de découvert, que çà vous coute 100€ par mois en plus, et qu'il faut encore "tenir" 10j avant la paye...
Savez vous à quoi vous ressemblez quand vous vous levez à 15h, après 1h de demi-sommeil...
Vous n'avez pas du tout envie de téléphoner partout, reprendre la voiture (y a plus de fric pour le gasoil)...
Savez vous ce que c'est que de se dire que si vous dites un mot... adieu le boulot?
Que prendre un autre job (le pain d'épice par ex) c'est pas possible, car il n'est pas question que je bosse les WE!
Autant que je mette direct mes gosses à la DDASS...
Déjà leur père n'est pas vraiment heureux de les savoir seuls une partie de la journée, et de savoir que son fils de 7ans sera bientôt seul sur la route, le matin, en pleine nuit, allant prendre son bus... ET IL A RAISON!
Alors bosser un week end sur 2 non...
Tant pis si je passe à vos yeux  pour une défaitiste, une râleuse, une branleuse même, puisque j'ai le culot de ne pas vouloir bosser le week end...

Et avant de me dire: va voir ailleurs, sachez que:

Ailleurs, c'est pareil! (petit sondage autour de moi, il existe d'autres boites du même genre)
Tous ceux qui ont travaillé dans un atelier, une usine quelconque, le savent.
Seuls ceux qui ne l'ont pas fait (attention, je ne vous en veux pas:-)))))) pensent qu'il y a des lois que l'on respecte.
A l'abattoir, par ex, on arrache des trachées de dindes pendant 8h. Résultat sur un homme costaud (témoignage d'un collège de travail): tendinite 15j après.
Je connais d'autres usines où c'est encore pire... Température insupportable (dans un sens comme dans l'autre), harcèlement, pression...

Alors je reste là.

Parce que parfois, nous sourions...
Parce que ce matin, "çànepeuxpluscontinuercomçà" n'a pas voulu nous serrer la main.
Parce qu'il risque de "saboter" le tour, et comme je viens derrière, c'est moi qui prendrait...
Parce je me battrai: je suis peut être une branleuse pour certains qui me lisent, mais si c'est le cas, je me branle la tête haute...

Et put*ain de bonheur!!!
Avec la nouvelle loi, ceux qui ont été embauchés avant moi toucheront une paire d'euros en plus!!
Car leurs 4h sup par semaine seront mieux payées!!
Ici on est moins de 19, y a une sacrée flexibilité là dessus...
Ils étaient si heureux... On a rigolé au moins... 7 secondes grâce à çà, et 7sec çà n'a pas de prix!
Et pour fêter çà, à cause de l'orage de la nuit, la pointeuse était HS jusqu'à 8h du mat..
Le patron a cru que j'avais tourné plus de 100 pièces en quelques minutes à cause de çà (au lieu des 3h30 entre 4h30 et 8h).. J'aurais au moins eu 1€ de prime si çà avait été le cas :-))))
Vivement les médoc et les consultations avec franchise, la TVA sociale, et d'autres trucs que j'ai oublié!
Parce que 2 ou 3€ de plus par mois, avouez que çà fait désordre non?

Vivement demain!!
Vous savez quoi?
Dans le  "vivement demain" il y a une part de sincèrité...

Posté par Laouenanig à 16:12 - mes rages - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 octobre 2007

Vive le chômage...

Ya Ya vient de rentrer du travail..
Il vient de tester une nouvelle formule: travailler l'aprem le lundi, et à 4h30 du mat le mardi.
Génial non?
çà lui laisse 8h pour rentrer chez lui, s'occuper de ses gosses, se faire à manger, préparer ses affaires, chercher le sommeil, le trouver difficilement, dormir, se lever, déjeuner, filer au boulot.
Dormir? pfff.. 4h maxi, sinon comment voulez vous que l'usine tourne?

Et pourquoi Ya Ya bosse t'il (à part pour payer les agios à son banquier)?

Voici un texte que je viens de recevoir par mail. Pas le temps de faire des recherches pour savoir si les chiffres sont vrais à la virgule près.
Mais la conclusion est : la France me fait gerber...

Sur ce, bonne nuit.
Il y aura toujours des lecteurs à dire que tout est faux, que j'exagère, qu'il faut les aider ces gens là...
Pas envie de polémiquer... Vous pouvez tenter de noyer le poisson:
Je m'en fous.

PREPAREZ VOUS A TRAVAILLER POUR EUX
Pour chaque député non réélu, les Français devront payer 417 120 euros = 60 mois x 6952 euros.
C'est la nouvelle indemnité chômage des députés ! Repris ce matin sur RMC par JJ BOURDIN qui souligne que les élus de la gauche à la droite sont tous d'accord ! La plupart des médias n'en parlent pas !
A l'issue des 5 ans d'indemnités, les députés non réélus percevront " à vie " 20 % de ce traitement : soit 1390 euros par mois.
Alors, faîtes des efforts, travaillez pour payer des impôts qui serviront à payer les "golden parachutes" de nos députés.
Mais pourquoi 5 ans ? C'est précisément le temps d'une alternance législative.
Ce vote intervient au moment où les candidats nous parlent des efforts que devront consentir les Français pour réduire la dette et dénoncent le train de vie dispendieux de l'Etat !
L'information sur la nouvelle indemnité "chômage" des députés a été révélée par "Le Canard Enchaîné" le 7 février 2007. Puis reprise et précisée par le Midi Libre, le 1er Mars 2007. Curieusement, ce sont les seuls médias à en avoir parlé. Silence total du côté des télés, radios ou des autres journaux, habituellement pressés de dénoncer les parachutes en or de certains grands patrons (certes avec raison...).
Pourquoi se taisent-ils sur cette affaire ? Sans doute parce que cette loi a été votée en douce, par tous les groupes politiques, UMP, PS, UDF et PCF, qui savent parfaitement s'entendre lorsqu'il s'agit de s'octroyer des avantages sur le dos des Français.
Avant de quitter son perchoir, Jean-Louis Debré a fait voter à l'unanimité et dans le silence complet, une loi pour que désormais, un député non réélu touche pendant 60 mois au lieu de 6 mois son indemnité mensuelle nette qui est à ce jour - selon info sur site Assemblée nationale - de 5178 euros, soit 6 952 euros brut. Chaque député non réélu coûte donc aux Français 417 180 euros sur 5 ans ! Sans parler ce qu'il leur coûtera " à vie " ! Ces indemnités ont été attribuées aux députés et définies par l'ordonnance n° 58-1210 du 13 décembre 1958. L'indemnité de base est calculée "par référence au traitement des fonctionnaires occupant des emplois de l'État classés dans la catégorie présentement dite hors échelle.
Elle est égale à la moyenne du traitement le plus bas et du traitement le plus élevé de cette catégorie", ce qui correspond au traitement d'un conseiller d'État ayant moins d'une année d'ancienneté dans son grade.
S'y ajoute l'indemnité de résidence, comme pour les fonctionnaires, au taux de 3 %. Selon l'article 2 de l'ordonnance précitée : "L'indemnité parlementaire est complétée par une indemnité dite de fonction".
Le montant de cette indemnité est égal au quart du montant de l'indemnité parlementaire (indemnité parlementaire proprement dite majorée de l'indemnité de résidence)
Depuis le 1er février 2007, les indemnités mensuelles brutes sont les suivantes :
- Indemnité de base : 5 400, 32 euros
- Indemnité de résidence (3 %) : 162, 01 euros
- Indemnité de fonction (25 % du total) : 1 390, 58 euros
Soit brut mensuel 6952, 91 euros.
Retenues obligatoires devant être déduites du brut mensuel diverses retenues :
- Cotisation à la caisse des pensions pendant les 15 premières années de mandat : 1 153, 08 euros
- Contribution exceptionnelle de solidarité : 55, 62 Euros
- Contribution sociale généralisée et contribution au remboursement de la dette sociale : 539,55 euros
- Cotisation au fonds de garantie de ressources : 27,00 euros
Soit net mensuel 5 177, 66 euros.
Avant de quitter la présidence de l'Assemblée Nationale, Jean Louis Debré, nouveau président du conseil constitutionnel, a fait un joli cadeau à ses amis députés de tous les partis !
Bien entendu cette généreuse "indemnité chômage" est totalement inconditionnelle, et l'heureux bénéficiaire de cette jolie rémunération de 5 ans, n'est tenu à aucun engagement quelconque, comme par exemple justifier de la recherche d'un nouvel emploi, d'une visite mensuelle auprès d'un conseiller ANPE, ou d'une activité justifiant cette "aide sociale"... bref, tout ce qui est demandé à des chômeurs ordinaires.
Voilà de quoi crève la République, de la corruption de ses élites, car évidemment aucun parti n'a protesté, vu que tous bénéficieront des largesses de M. Debré.
Si vous êtes scandalisé et refusez d'être pris pour un con, diffusez au moins ce message!
Sinon contentez-vous de payer !
Vive la République bananière ! Vive la France !


Posté par Laouenanig à 20:20 - mes rages - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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