01 avril 2008
sourire d'Avril
Je suis très silencieuse cette semaine.
Que voulez vous...
Souffrant toujours de terribles insomnies, je n'arrive à m'endormir que vers 2h du mat.
Et cette semaine, décalage horaire oblige, je me lève à 2h30 du mat (désormais 3h30).
De quoi péter la forme, voire même un cable.
Ce matin, comme tous les jours, j'avais de quoi désespérer au travail.
La gestion exemplaire de cette entreprise fait que nous travaillons dans des conditions optimales.
Pourquoi, pour me sentir "au dessus de tout çà", fais je comme si tout allait bien au boulot?
Parce que çà pourrait encore être pire, c'est une des solutions.
Ce matin, premier avril!
Malheureusement, les cadences infernales demandées pour la pièce que je vais fabriquer toute la semaine (si nous recevons enfin du rab en outillage!!!) m'a interdit de bidouiller le second tour pour qu'il soit en panne lors de l'arrivée du régleur.
Dommage! Je voulais le mettre en alarme (sans dommages), et enduire sa poignée de graisse noire (invisible sur le noir)
Niark niark...
J'ai tout de même trouvé 2 minutes pour découper rapidement un poisson rouge dans une étiquette servant à repérer les pièces "non conformes".
Après l'avoir collé dans le dos de mon chef, qui s'en est rendu compte, j'ai, avec son concours, réussi à décorer le dos d'un de nos collègue de travail, un gars qui ne peut pas me souffrir (et c'est logiquement réciproque!).
Il s'est baladé, toute la matinée, sous le regard de ses collègues et de ses chefs avec un poisson rouge décoré de la mention "non conforme"...
Et cet imbécile (vraiment, il le mérite ce qualificatif) osait parler de poisson d'avril en se moquant d'un air dédaigneux d'un travail que lui avait donné son supérieur... niark niark...
Minimoi étant partie en Allemagne avec le collège pour une semaine, je suis, à la maison, la seule cible de P'tit Troud qui s'en est donné à coeur joie.
La preuve, voici mon dos:

Une vraie épuisette la Laouen! (épuisée aussi d'ailleurs)
16 mars 2008
bleu...
Quelque part sur un stade breton...
Le ciel a parfois des lignes à suivre... mais rarement droites.
Mon oeil est attiré par un coin de la piste, où les paquerettes flirtent avec le bleu

Elle porte du bleu, bleu comme la piste, et ses chaussures jaune vif brillent comme un autre soleil...

(ma fille ne veut pas que je l'exhibe en photo sur mon blog, alors.. je triche! :-))
10 mars 2008
riding on the storm (3)
A 10h, la pluie s'est arrêtée, et le soleil a envahi tout l'espace.
Je devais aller au supermarché, le frigo est absolument vide, mais je n'ai pas pu résister.
Je suis partie courir, enfin, trotter, car je suis vraiment totalement épuisée en ce moment.
Le vent était fort, je me suis trainée, mais quel bonheur... J'avais l'impression de surfer sur la dernière vague de la tempête.
Je rentre, 11h...
J'enlève mes chaussures, mon maillot, je m'assieds 2 minutes, et je tourne la tête vers la porte, un bruit, brutal.
La pluie cingle les vitres. J'ai à peine eu le temps de tirer sur la fermeture éclair du maillot...
La vie est merveilleuse...
Merci
01 mars 2008
Himmel... (heaven)
Une de mes "amies" de Facebook, Carol, Sud-Africaine, a commenté une de mes photos.
Une photo du Glaswaldsee, ce lac que j'aime tant, en Allemagne.
Celle ci:
Nous n'avons jamais parlé de ce lac, elle ne connait rien de ma vie.
Elle a écrit:
"Now this is what I call died and went to heaven"...
Carol...
Pas besoin de mourir.
Vis, tu es au paradis... Le ciel est autour de toi et dans ton coeur.
Lire ces quelques mots m'a bouleversée. Il faut croire que ce lac ne fait pas que "me" toucher. Mes enfants ont "senti" quelque chose de très fort là bas.
Carol, if you're reading my blog, I wrote:
One of my facebook's friends commented one of my photos.
She wrote: Now this is what I call died and went to heaven...
Carol, you don't have to die.. Live, you're in paradize, heaven is around you, and in your heart.
Sorry for my english, but I didn't speak english since... 1984 :-))) (l'année de mon bac)
29 février 2008
Frühling...
Journée pénible, qui clôt cette semaine pénible.
Cette après midi j'ai du soulever encore plus de 2 tonnes en quelques heures.
Et que l'on ne vienne pas me dire de plier les jambes pour soulever le poids, ou de mettre mon dos comme ci ou comme çà: il nous est impossible de faire autrement.
Hier, ce blog fêtait ses 3 ans. Je n'ai rien écrit, je ne suis même pas venue lire mes commentaires: je ne fête pas les anniversaires, à part ceux de mes enfants.
Un jour de plus, un jour de moins, çà ne changera ni la face du monde ni celle de ce blog.
Aujourd'hui, vendredi 29 février, je fête "ce jour de plus"?
Pas vraiment.
Cela m'amuse, c'est tout.
Je suis tellement détruite, j'ai tellement mal au dos, que je vais passer le week end à tenter de récupérer.
Tout à l'heure j'ai vu mon patron tenter de recoller une courroie crantée à l'aide de colle pour rustine à vélo...
On croit rêver.
Le tour est en ruine, rien ne va plus, faites vos jeux...
Je ne sais même pas si je vais bosser à 4h30 lundi, ou si je dois attendre 8h, car pour l'instant je n'ai aucun travail.
Bref... vive les vendredis, et vive les 29 février, car février a le droit d'être presque aussi grand que ses camarades.
Cette aprem, je devais nettoyer ma machine toutes les demi heures, enlever des tonnes de copeaux d'acier lourds, coupants, et denses. Un poids fou.
Toutes les demi heures je traversais l'atelier en portant une caisse pleine, peinant, zigzaguant entre les caisses.
Devant la porte coulissante, je devais poser ma caisse, et pousser de toutes mes forces pour l'ouvrir, car naturellement elle est coincée, et bien coincée.
Ensuite il me fallait soulever la caisse, la jeter dans la benne (en hauteur), et repousser le portail dans l'autre sens.
J'ai fait çà un nombre incalculable de fois cette semaine, car j'ai usiné les mêmes pièces toute la semaine.
Plein après midi. Une fois de plus je traverse l'atelier, je peste en silence, je m'arqueboute pour pousser ce put**n de portail, je reprends ma caisse, je la pose sur la benne, et je la retourne.
Là, un oiseau siffle, comme il le faisait tout à l'heure.
Là, je respire à pleins poumons l'air frais, mais si chaud pour cette fin février, comme je le fais à chaque demi heure.
Mais là, 16h40, tout semble avoir changé.
L'air a une saveur différente, le chant de l'oiseau est différent.
çà y est...
Comme chaque année, j'ai cette révélation, qui me vient souvent un matin en ouvrant la fenêtre.
29 février 2008, journée de misère, harassée, sale, puant la graisse, je respire et je me dis: c'est le printemps.
Ne venez pas me dire que l'équinoxe de printemps est en mars, je le sais bien.
Le printemps c'était aujourd'hui à 16h40, dans cette cour sale, souillée, pleine de ferraille et de sueur humaine...
Merci
16 février 2008
fly me to the moon...
Vacances oblige, j'ai demandé à mes chefs de changer d'horaires la semaine prochaine.
Comment voulez vous obliger des enfants en vacances à se coucher à 20h, et à rester dans leurs chambres l'après midi pendant que j'essaie de faire la sieste?
Je rappelle à mes lecteurs que n'ayant que 2 chambres, je les ai laissées à mes enfants, pour dormir dans la pièce principale.
Je bosserai donc de 12h30 à 20h30 la semaine prochaine...
Mais jeudi "matin" je me lèverai tôt.
Ohhhhhh... au moins à 1h du mat... C'est à dire que je ne me coucherai pas.
Pourquoi?
Parce que, comme des millions de gens dans le monde, j'ai un rendez vous cette nuit là.
Rendez vous "total"...
J'espère que le ciel sera clair. Inch' Allah.
Et si le ciel est clair, il fera très très froid. J'irai marcher pour ne pas gêler sur place.
Je ne pense même pas à la journée de boulot qui m'attend après.. ce sera du "plus de 24h non stop" :-)
Et si le ciel est clair, voilà ce que des millions de gens à travers le monde verront, dans la nuit de mercredi à jeudi:
(photos tirées de fotocommunity.de, lien ici)



wow... L'idée que des millions de gens lèveront la tête, ensemble, au même moment...
Je vais m'en aller saluer le soleil, en fredonnant "fly me to the moon"...
(photo de la pochette de l'album mythique de Pink Floyd "Dark side of the moon")
14 février 2008
mon agneau...
J'espère dormir un peu cette nuit.
Dans l'état d'épuisement dans lequel je suis, impossible d'écrire ici, ni d'aller commenter chez vous.
Au travail l'ambiance est toujours aussi bonne, j'étais à deux doigts de repartir chez moi à midi, mais heureusement j'ai encore un peu de self control.
Le problème, c'est qu'à force de mettre le frein, de se controler, de garder son sang froid au boulot, c'est la nuit que tout çà ressort en bouffées de chaleur.
Heureusement, mis à part çà, tout va bien.
Euh?
Juré, c'est hyper optimiste cette phrase! Car si vous me voyiez, vous comprendriez. Ma fatigue se lit aisément sur mon visage.
Alors ce soir, je n'écris rien.
Je me contente de sourire en regardant les photos que Mélu m'a mailées, celles de mon fils P'tit Troud, qu'elle a gardé hier aprem.
Je rigole, en voyant à quel point il se la pète avec ses lunettes de soleil trop petites, mais c'est un bon gars, et je suis fière d'être sa mère...
C'est tout ce que j'ai à vous montrer ce soir, mais pour moi, c'est... le bonheur
22 décembre 2007
solstice
Kerzu (Décembre) touche à sa fin.
L'heure est venue de fêter silencieusement le solstice d'hiver.
N'ayant jamais fait d'astronomie, et ayant une culture générale correcte, mais logiquement limitée, je ne sais pas, sans tricher, vous expliquer pourquoi l'hiver tombe cette année le 22 décembre à 6h08, si jeune ma buse (faucon va!)
Car si je regarde un éphéméride, je me rends compte que le 22 décembre a bien une particularité: c'est la nuit la plus longue de l'année.
Mais il n'est pas le seul!
Je peux aussi citer le 18, le 19, le 20, le 21, le 23, le 24, et le 25 décembre. Pour l'éphéméride de Rennes, 8h21 de "jour", contre tout le reste de nuit.
Les coupeurs de cheveux en quatre rétorqueront que si on passe à l'échelle des secondes, le 22 doit logiquement être réellement le jour où la nuit est la plus longue, car situé exactement entre le 18 et le 25 décembre.
M'enfin, d'un point de vue optimiste, tout à commencé à bouger le 18 décembre. Sur Rennes, le jour qui, le 17, décidait de filer au lit à 17h13 s'est permis de rester une minute de plus. Il le pouvait bien, car en même temps il flemmardait dans les draps une minute de plus chaque matin, et ceci jusqu'à la date bénie du 4 janvier 2008, où il se lèvera à 8h56 au lieu de 8h57 la veille.
Tu parles d'une grasse matinée! Noméo! Je me lève à 3h30 moué, et je me couche plus tard que lui.
Aujourd'hui, 22 décembre, c'est le plus beau jour de l'année.
L'apogée du noir, sur fond de certitude lumineuse. L'éloge de la patience.
Depuis 6h08 ce matin, les jours augmentent, de quelques secondes peut être, même si, curieusement, le soleil continue à se lever une minute plus tard chaque jour.
Et pour fêter cet élan vers le jour, la lune a décidé de se mettre en mode {pleine}: on, la nuit prochaine, le 24 décembre à 1h du mat je crois bien..
Déjà les nuits sont d'une clarté incomparable. C'est le gel qui me pousse dans mon lit, souriante, déclarant forfait sans lutter.
Cette nuit, les chouettes ont fêté le solstice d'hiver. Je n'avais jamais vu un tel spectacle. Dès la nuit, elles se sont massées sur le kilomètre de route qui traverse la forêt, tout près de chez moi.
Des chouettes en groupes, des chouettes solitaires, des chouettes chouettes.
Quasiment invisibles dans la lumière blafarde des phares ou des lampes, elles décollent lourdement, vers la forêt et vers la nuit dès que je m'approche un peu trop.
Une douzaine, une vingtaine, je ne sais plus, je voguais en plein rêve, je volais avec elles, un immense sourire éclairant mon visage.
Que faisaient ces chouettes sur le bitume, sur le bas côté des routes, en bordure de champs?
Il y en avait une vingtaine de visibles, mais combien étaient elles vraiment?
Quelle célébration nocturne ai je dérangé? Sinon la vie, toute simple, belle et aérienne comme un battement d'ailes?
Les chouettes, Vénus, les milliards d'étoiles, les étoiles filantes si rapides qu'elles dépassent la limite de perception de l'oeil. La nuit est lumineuse, vivante, la nuit ne lutte pas contre le jour, et le jour ne cherche pas à écraser la nuit, ils s'équilibrent, s'enchainent, se repoussent un peu plus loin.
Pendant qu'ici je fête le solstice d'hiver le long de la nuit glacée, à l'autre bout du monde le solstice d'été marque le début de l'avancée de la nuit.
Ce soir, le jour qui décline va maintenant lentement traverser l'océan, et réveiller ceux qui vont fêter l'été..
Nous partageons la même lumière, et la même nuit.
Ce soir, levez la tête, et regardez le ciel. Aimez chaque minute de cette nuit, chaque minute de toutes celles qui viendront.
Comme la chouette, je ne suis plus de celles que la nuit Effraie.
Euh?
Je dois sortir, vraiment?
Bon, attendez, je remets Mac Hulotte.
Vous voulez aussi une vanne avec "Chevêche" et "Hibou grand duc"? Pfff....
21 décembre 2007
pas besoin de chasser l'instant, laissons le se poser
La vie est un collier fait de perles d'instants...
Hier, j'ai eu le bonheur de découvrir cette photo dont je vous parlais dans mon post précédent.
Mais le matin m'avait offert un autre cadeau.
Onze heures, je roule vers Rochefort, sur une minuscule route de campagne bordée d'arbres. Tout est gelé, à commencer par moi.
Sur le bas côté de droite, un mouvement furtif. Je reconnais la bête.
Le temps de réagir (vu le froid), d'établir une connexion neuronale correcte, d'appuyer sur le frein, j'avais déjà fait 300m.
Je fais marche arrière doucement, elle ne bouge pas.
J'ouvre la porte de la 106, contourne la voiture par l'arrière, et je la regarde.
Pauvre bécasse! Je comprends pourquoi les surnoms d'oiseau sont souvent péjoratifs.
Les bécasses du coin, comme les perdrix rouges, sont persuadées que leur plumage est invisible, si elles s'aplatissent sur un sol de feuilles mortes.
La bécasse en question est la plus grosse bécasse que je n'ai jamais vu.
L'hiver est rude, et la bécasse des bois est un oiseau d'hiver, comme les vanneaux huppés qui picorent dans le champ à 10 mètres de chez moi.
Les vanneaux sont nombreux et faciles à repérer, la bécasse est rare, a un plumage neutre (marron strié).
Elle est facilement identifiable par son bec très fin et très long.
C'est avant tout un oiseau des zones humides.
Et surtout, pour son malheur, Scolopax rusticola est un oiseau très très prisé par les chasseurs. Au marché noir, une bécasse se négocie à prix d'or dans les resto, et certains chasseurs en profitent :-) Non, chasseurs égarés sur ce blog, ne protestez pas! Je connais des chasseurs qui ont confirmé écouler parfois les produits de leurs chasses de cette manière!
Celle ci s'aplatit le plus possible, pose sa tête sur les feuilles, le bec étalé, et espère.
Elle me rappelle les nombreuses perdrix que je "lève" en courant dans les bois. Je les vois, elles sont prises au dépourvu, et leur seule réaction c'est de se coller au sol, pensant être invisibles.
Quand j'arrive à 2 mètres d'elles, elles se disent: "damned! çà ne marche pas, elle m'a trouvé!" Et elles décollent lourdement.
La bécasse n'est pas totalement immobile. Elle me surveille de son oeil brillant. Je fais un pas lent, un autre, elle bouge.
Encore un pas. L'oiseau terrifié oublie son mimétisme qui parfois lui sauve la vie (si le chasseur n'a pas de chien, sinon c'est foutu), se relève, court quelques pas, et décolle à ras du sol, peinant à prendre de l'altitude.
Je souris en la regardant filer vers les bois.
Un pépé à vélo, que j'avais doublé un peu avant, arrive à ma hauteur. La voiture est au milieu de la route, porte ouverte. Je m'excuse.
Il s'inquiète: "vous êtes en panne?".
Oh non réponje, il y avait une bécasse énorme sur le bas côté.
J'aurais pu être en panne d'essence, mais ce qui est sur, c'est que je ne suis pas en panne de sens!
Même miro comme je suis, je reste aux aguets, et ce genre de spectacle me remplit de bonheur.
Je lui raconte la bête, son envol. Le pépé est étonné, c'est rare une bécasse, mais bon, ici c'est un coin humide.
Soudain il s'inquiète et me demande: "vous n'êtes pas chasseuse au moins?"
Nooooooooooon! sourije (j'adore écrire les verbes ainsi)
Le Vieux m'explique: "autour de chez moi, y a des battues, on peut plus passer, ils sont en fluo, avec des cornes, des sifflets, on se croirait au défilé militaire.. Les bêtes n'ont plus aucune chance! Le chasseur solitaire, sans chiens, çà passe encore, mais çà, c'est lamentable"...
Je sais lui dis je, c'est pareil chez moi.
Nous parlons des cerfs, des sangliers, des perdrix, du dur statut de gibier dans cette partie du Morbihan.
Puis, parce qu'il ne fait pas bon se refroidir quand on pédale, et surtout parce que ma voiture gêne la voiture qui arrive derrière, il repart, et moi de même.
C'était une fin de matinée ordinaire, dans un coin ordinaire.
Mais parfois, l'ordinaire, quand on sait le voir, et l'apprécier, se transforme en instant de bonheur.
Deux rencontres sympa ce matin là, une bécasse, un pépé à vélo, la vie...
20 décembre 2007
Merci H et P (pas Harry Potter, ni Hewlett Packard :-))
Je rentre du travail. Un coup d'oeil vers le courrier, comme tous le soirs, histoire de me couper l'appétit.
Une enveloppe attire mon regard. Des timbres étrangers: Deux coeurs de Marie. Dans le coin de l'enveloppe, un faut timbre motif Père Noël, et la mention "Fröhliche Weihnachten".
Tiens?
Une lettre d'Allemagne? Mais qui m'écrit?
Je retourne l'enveloppe, et je lis "Familie P* et H* R. suivi de l'adresse, un minuscule village de Forêt Noire, que je ne connais pas.
Moment d'émerveillement... Je sais ce qu'il y a à l'intérieur.
P, H, et leurs 3 enfants, je les ai rencontré le dernier soir de mon périple à pied en Forêt Noire, en avril 2007. Lire ici
Je remontais la terrible côte, lourdement chargée, vers le Glaswaldsee, pour y passer ma dernière nuit. En tête à tête, le lac et moi.
Ils descendaient, rejoindre leur voiture, au parking de Freiersberg.
J'étais tout d'abord restée muette, impressionnée par l'appareillage complexe qui équipait les deux jambes de P.
Opéré des deux genoux 15j avant, il avait grimpé cette terrible côte de plus d'un kilomètre, avec des passages entre 13 et 20%. Là, il la redescendait, les jambes raidies par les attèles.
Nous avions discuté, un peu en allemand, un peu en français, un peu en anglais, un peu par gestes, les sourires faisaient le reste.
H avait noté mon adresse sur sa flore, et j'avais noté la sienne sur un minuscule bout de papier (5cm sur 2!), je n'avais rien d'autre.
Ils m'avaient questionnée longuement. Mon voyage, les kilomètres, le froid, les nuits dehors, la neige, le bonheur...
Le pourquoi de ce voyage jusqu'au bout de... tant de choses.
La solitude, le choix du froid, le choix de la difficulté, tout les étonnait.
Ensuite, ils avaient réglé leur numérique sur le retardateur, et pris la photo.
Le soleil déclinait, nous l'avions dans la figure.
J'avais continué vers le lac, d'un pas léger. Le soir tombait, j'avais installé mon duvet dans la cabane ouverte au vent, au froid, et à l'espace tout entier.
J'ai souvent pensé à eux depuis mon retour. J'avais malheureusement perdu ce bout de papier portant leur adresse.
Je pensais qu'ils avaient aussi égaré la mienne.
Ce soir, je viens de recevoir la photo, avec un petit mot, que mes enfants ont eu du mal à comprendre, leur français est absolument fabuleux, un vrai délice à déchiffrer :-)
Je vais prendre le temps de leur répondre, et j'espère bien aller leur rendre visite lors de mon prochain séjour.
Les enfants ont une préférence pour Paris, pour la fin d'année, je crois que je vais encore m'incliner, bien que je n'ai pas particulièrement envie d'y aller. J'avais tant envie de montagne...
Cette photo, que je reçois maintenant, c'est de la pure provoc! J'ai tant envie d'aller là bas, et "la bas" se rappelle à moi, en force!
Nooooooooooon, c'est trop dur, je craque! :-)
J'ai pris la photo en photo avec le Nikon, et je vous la livre.
On m'y voit fatiguée, mais on ne devine pas l'état de saleté du pantalon :-))
On ne le devine peut être pas, mais je suis radieuse...
Après une journée de travail terrible, cette photo m'apporte un grand bol d'air frais.
Les enfants? Franchement, vous savez, Paris, fin décembre hein... :-))
Les boutiques de Freudenstadt, Minimoi, çà te tente pas? :-))
Vrouuuuuuuuuuum...

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