face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

25 février 2008

B&W

Histoire sans paroles...

Branches de chêne et ciel mêlés...

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Eau...

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Liberté... La lumière traverse ce qui semble infranchissable...

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Etoiles...

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Mouvement... Et si la beauté était dans le flou, la vérité dans l'imperfection?

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Posté par Laouenanig à 21:27 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 février 2008

instinct...

Etrange matinée, toute en sensations...

çà a commencé par ma manière de conduire, en attaquant les virages. Preuve qu'au fond de moi j'avais envie de dévorer du kilomètre...

Dès les premiers mètres de course, j'ai senti que j'allais trop vite. J'aurais du me freiner, garder un peu de forces pour plus tard, mais vous me connaissez? Carpe diem, etc, vivons l'instant...

Encore très affaiblie par mes deux semaines sans quasiment dormir (2 ou 3h par nuit maxi) j'ai vite compris que je n'irai pas loin, et surtout, qu'il me faudrait souffler après chaque côte.

J'ai fait ma première pause avant d'attaquer la grande bosse, amusée par la "décoration" du char, engin de guerre désormais porteur de paix, et d'une guirlande de mains peintes.

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De là haut, j'ai regardé plus loin que le bout de mes pieds

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J'ai sauté du char, et je me suis décidée à grimper vers le sommet. Hier, j'avais écrit que je le ferai tout en souplesse, sans souffrir..
C'était assez optimiste.
Après presque une heure de gadoue gluante (si mes trails sont propres sur la photo précédente c'est que j'évite un maximum les bourbiers, et surtout, que j'ai traversé plusieurs ruisseaux à gué!) j'étais exténuée.
Mais j'ai tenté de frapper le sol le moins fort possible, et si les derniers mètres furent difficiles, je me sentais très très bien dans ma tête.

De là haut, j'avais le choix: couper à travers bois, en se repérant au soleil, pour rejoindre l'étang, ou continuer.
J'ai continué.
Mais je n'ai plus suivi un seul sentier, je me suis enfoncée dans les bois, totalement "à l'instinct", sans but réel.
Et çà, c'est fantastique...

Ici, dans ce camp, l'homme qui n'a pas le sens de l'orientation se perdra à coup sur, même sur les sentiers. Aux croisements, il n'y aucun panneau, et quand on traverse une route non plus.
Alors couper à travers bois, çà demande un certain instinct animal, et c'est là que l'homme redevient ce qu'il est: un chasseur ou une proie, un animal, un être enfin vivant.

Ici, il se dégage des lieux quelque chose de brut.
çà fait peur, ou çà porte, c'est au choix.
Ruines de hameaux abandonnés depuis 150ans, rafales de mitraillettes lointaines (ou moins), et surtout, la forêt, quasiment "vraie", naturelle. Certaines parcelles sont exploitées, d'autres n'ont pas vu un homme s'y embourber depuis des dizaines d'années.
C'est dans ces dernières solitudes sauvages que je cours.
Un sanglier énorme, au poil noir et luisant me traverse sous le nez, à moins de 10m. Il m'observe un instant, et repart.
Plus tard, un chevreuil bondit, je fais de même...
Car ici, il est quasiment impossible de courir, de vraiment courir.

Le sol est défoncé, les arbres morts sont à terre, les bourbiers sont profonds, rien n'est net, rien n'est lisse, rien n'est fait pour le pied humain.
Ici, il faut sauter, bondir, et les chevilles se tordent, et les genoux ramassent. On avance au ralenti, on se prend des branches dans la figure, on doit parfois se frayer un chemin comme les animaux, dans des passages minuscules, qu'ils ont tracé au coeur des ronciers. Courbée, les bras devant mon visage en protection, j'avance, je suis les traces...

Un blaireau, près d'un point d'eau (enfin, une énorme flaque de boue):

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Oui, une étrange matinée, toute en sensation.
Je traverse des endroits qui n'ont rien d'extraordinaire, mais qui me bouleversent, car je sais que jamais je n'y repasserai, sauf incroyable hasard. Comment, en effet, repasser exactement à cet endroit, alors que cela fait 15min que j'avance sans aucun repère, totalement "pour avancer"?

Je sors l'appareil photo, et je souris.
J'ai le choix: format 4:3 ou format 16:9. Il n'existe pas de format ∞:∞ (infini:infini pour ceux qui ne peuvent pas lire ce caractère).
Car l'air, çà a quel format d'après vous?
Et le bonheur?
Je vais vous montrer quelques photos en 16:9 de ces endroits perdus, où je n'ai rencontré aucune trace d'homme, mais des multitudes de traces de cerfs, de chevreuils, de renards, de sangliers, de blaireaux, et de... Laouen.
Enfoncée parfois jusqu'à la cheville, mais heureuse...
Tout autour de moi, rien de fascinant, rien de merveilleux, juste la vie.

Et là, vous allez peut être comprendre ce que je veux dire en écrivant "ici on ne peut pas courir" :-)

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Est il vraiment utile de préciser que je débouche sur un sentier, exactement à l'endroit où je voulais déboucher?
Malheureusement une énorme battue m'empêche de continuer à travers bois. Je continue encore 10 minutes, et je rebrousse chemin.
Et par pur plaisir, je coupe encore à travers bois, et me retrouve face à la montée de la grande bosse, celle que je viens de descendre. Je grimpe presque jusqu'au sommet, me trainant lamentablement, et je choisis ensuite "le sentier du soleil" pour me ramener près de l'étang, c'est à dire que je lève la tête, que je repère le soleil, et que je choisis ma direction d'après lui.
Guidée par une étoile... Comme la nuit je me repère grace à certaines étoiles.
Ici des bucherons font des coupes monstres, la forêt est totalement défoncée, on se croirait dans un champ d'obus, et des tas de branches gênent la progression (comme si les trous et les bosses naturels ne suffisaient pas).
J'ai l'impression très agréable de courir dans de la glue, et d'avoir une enclume soudée à chaque cuisse...

Après un kilomètre de pure orientation, je vois l'étang briller, et je file m'y poser...

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Là, la lumière décline, les nuages s'épaississent, il va bientôt pleuvoir, le vent se renforce.
Je vais passer une heure assise face à l'eau, jouant avec mon appareil, à suivre le mouvement dans une danse en noir, et blanc.

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Je vous préviens: vous allez en voir plusieurs exemplaires, de cette photo là, enfin.. elles se ressembleront.
D'autres aussi, des lignes noires, blanches, parallèles, les étoiles de lumière flottant dessus.
Demain, seules, ou en illustration d'un message.

Merci au ciel d'avoir posé ces instans sur l'eau.


Posté par Laouenanig à 20:10 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 février 2008

Et tant... de liberté (7)

Les dernières photos?
Oui, je pense.
Je vis une semaine terrible au travail. Tout le monde craque autour de moi. Un ouvrier a déjà été mis "en vacances forcées" pendant une semaine, pour cause de pétage de plomb en pleine nuit.
Son collègue a été forcé de travailler de jour, lui aussi pète un plomb de plus en plus souvent.
Dimanche, ma fille me lisait mon horoscope, bien que je me moque de ces conneries:

mercredi 13 (aujourd'hui): vous perdez votre sang froid
vendredi 15: çà commence à se calmer
mardi 19: çà s'arrange pour vous

Traduction: aujourd'hui, je pète la gueule à un de mes chefs
vendredi, il sort de l''hosto
mardi prochain je suis virée, youpiiiiiiiiiii!

Je rigole, mais je vous jure: c'est intenable actuellement, la tension est épaisse, elle se découpe à la tronçonneuse.
Depuis 2 jours rien ne fonctionne quand je bosse dessus. de 17h à 20h30 je me retrouve seule face à une machine qui fait absolument n'importe quoi, quoi qu'on tente de lui faire comprendre. Et qu'est ce qui se passe?
Qui va t'on accuser de ne rien piger, de tout détraquer? bibi!
Quand le chef débarque le lendemain, il bidouille quelques trucs, tente de circonscrire le sinistre, tout tourne à peu près rond (en ne regardant pas de près) pendant quelques heures. Pressé, il file chez lui le soir alors que tout recommence à merder, et me revoilà seule, ne sachant plus quoi tenter car tout a déjà été tenté, et n'ayant surtout le droit de RIEN FAIRE.
A part de me la fermer...
Bref, si tout à l'heure mon chef me dit: mais noooooooon, tu dis n'importe quoi, çà marche bien, je crois que je le baffe.
Ras le bol de passer pour une incompétente, du genre "les filles pigent rien, c'est toujours avec elle que la machine merde".
çà merde aussi avec les autres, mais mes horaires de la semaine font que c'est moi qui démarre les séries à peine réglées, et donc qui essuie les premiers problèmes...

Reste zen Laouen... çà te réveille la nuit, ces injustices, cette sale ambiance de merde, mais reste zen...
De toute façon, j'ai le choix?
On va sonner demain à ma porte en me disant: Laouen, on vous a trouvé un job cool pour 3000 euros par mois?
Ou alors: George Clooney vous a trouvé craquante, vous allez vivre friquée toute votre vie?
Ou bien: voici quelques millions pour vous, partez vous acheter un chalet en Suisse, un avion pour emmener vos gosses chez leur père un WE sur deux, et profitez de la vie?

Pfff...
Keep cool Laouen. Malgré mon moral au beau fixe, çà use ces conneries là!

Alors je regarde ces photos, et je marche sur le talus...

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Un arbre à gauche, un arbre à droite, une caresse à chacun, un pied devant l'autre... Arrivée au grand chêne, il me faut l'épouser de mon corps, coller mon ventre contre son tronc, pour le contourner. Et ensuite, sauter pour rejoindre la forêt.

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Tu vois Cornus?
Je n'ai pas besoin d'appareil complexe pour te montrer les racines du chêne:
Regarde les dans le miroir de l'eau... Bizarre, elles ressemblent à ses branches... Encore un qui doit avoir ses racines dans le ciel...

Et avant de filer vers l'autre étang rejoindre ma voiture, je jette un dernier regard sur ce coin de forêt maintenant éclairé par le soleil.

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Pourtant, c'est en ombre et lumière que je préfère l'arbre. Là, c'est le coeur qui saisit les détails... L'oeil de l'intérieur.

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Posté par Laouenanig à 10:26 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 février 2008

Et tant... de liberté (6)

Non, finalement, je ne me lancerai pas dans un post sur le pourquoi du comment de la cause de la solution de etc...
Tout ce que je pourrais dire resterait confus pour vous.
Je n'ai pas fait le vide dans ma tête, je n'ai pas fait le vide dans mon coeur, mais je me suis ouverte à la liberté, et la liberté m'a envolée.

Je ne dors plus la nuit en ce moment, trop euphorique, je n'ai plus sommeil.
J'espère que çà se calmera vite...
Hier matin, je suis allée courir, pateauger dans la boue avec bonheur, faire gicler les flaques.
Je n'ai plus de forces, mais j'ai la force!

En fond d'écran, ce matin, j'ai mis cette photo:

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Comme un hymne à l'eau, à l'air, à la lumière, à la vie.

Il y a fort longtemps (une vie, au moins..) j'étais un funambule peinant sur son fil, attiré à gauche, attiré à droite, balancé par un vent vicieux, qui désespérait d'atteindre ce qui ne s'atteint pas.
Depuis, le funambule à accepté que ce qui ne s'atteignait pas ne s'atteignait pas ;-)
Et il s'est dit: c'est tant pis pour ce qui ne s'atteint pas, finalement, car le funambule a le coeur pur, et le sourire franc... (qui a rajouté "lui"? mdr)
Le funambule Laouen est alors devenu celle qui marchait, au vent, sur le fil de sa vie...
Puis celle qui marchait sur le fil, tout en étant elle même le fil, et l'espace tout autour.

Désormais, je suis le funambule qui avance, sans fil.
Celle qui vole au coeur du ciel même...

Et çà, çà vaut bien quelques nuits blanches, le coeur battant trop fort.

Dès que possible je retournerai à l'étang. Pour y courir, y rêver, y voler, y funambuler sur le talus, entre eau et lumière, entre ciel terre...

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11 février 2008

Et tant... de liberté (5)

3 photos du même arbre, 3 photos de la même branche.
Cet arbre là, vous allez le voir toute la semaine, sous tous les angles.

Une seule lumière...

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Posté par Laouenanig à 21:25 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Et tant... de liberté (4)

J'aime de plus en plus ce titre...
Hier, en roulant vers Kemper, j'en avais les larmes aux yeux.
Depuis un mois je vis si intensément que j'en tiens à peine debout.
Non, je ne fais pas un marathon par jour en plus de ma journée de boulot!
Disons, que mon cerveau frise la surchauffe, son CPU doit être utilisé à plus de 100%, sa mémoire vive explose, mais contrairement à mon Mac, il semble que là dedans, cela soit extensible, à l'infini...

Liberté...
J'ai dans la tête un post que je ne taperai pas aujourd'hui, car ce matin j'ai trop à faire. Courir dans le froid par exemple, avant d'aller bosser à midi.
Un mois de folie... Mais le résultat est là. J'ai été pessimiste... me croyant à nouveau repartie sur des chemins sans issues...
Mais c'était compter sans cette envie de "plus haut", "plus loin", plus... plus. (+ hein, pas plus du tout!)

I'm happyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy....
Là, ceux qui pensent me comprendre, doivent se dire:

1) elle est amoureuse
2) elle a quelqu'un en vue
3) ses anciens pôtes ont refait surface

Pffff...
Rien de tout çà!
Enfin, bon, c'est certainement plus complexe que çà! Je tenterai de m'expliquer dans un autre post, ou peut être pas...

Sachez seulement qu'aujourd'hui, comme hier, comme demain, mais pas comme avant, Laouen est libre.
Corps et âme.

Même si il y a des toujours qui resteront des toujours. Complexe? Pfff... c'est tout moi çà! :)
Non, ne croyez pas que ces mots sont une invitation à "séduire Laouen, le prochain challenge".

Avant d'aller courir, et courir en côte, car Laouen soigne le mal par le mal, quelques photos de l'étang. Petit matin...

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J'ouvre, la porte, l'air brule tant il est glacé. Liberté...
Je sais désormais que si, j'arrive à regarder le soleil dans les yeux, plus personne n'arrivera à me les faire baisser.

Posté par Laouenanig à 09:26 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 février 2008

Et tant... de liberté (3)

Quelques phrases envolées, au fil du vent..
- Il est des hommes (je parle là des êtres humains en général) , qui n'aiment pas recevoir. Qui se contentent de prendre.
- C'est étrange çà, un homme qui n'aime pas recevoir... Et toi, tu me donnerais quoi?
- Moi... ce que tu voudrais recevoir...

Je peux donner... de la lumière, reçue du ciel.
Celle qui m'a traversée, qui s'est envolée, s'est déposée à fleur d'eau.

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Les tiges, reliance verticale du ciel si bleu, au ciel de l'eau dorée.
Et flottant sur l'instant, des îles de lumière...

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De la lumière, et de la grâce.
La courbe fragile de la branche, l'inconnu qu'elle visite, sous la surface, la remontée vers "plus haut".
Le reflet est aussi une réalité.

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Posté par Laouenanig à 16:43 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Et tant... de liberté (2)

L'instant...
Au petit matin

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Localisation: quelque part, un samedi matin, sur la Terre...

Un samedi, fin de matinée, assise quelque part, sur la terre...
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Posté par Laouenanig à 16:28 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Et tant... de liberté

Voilà des mois que je n'étais pas retournée là bas. Depuis la fin aout en fait, ou début septembre. En vélo. J'avais ramassé 2 bons kilos de girolles, ramenés dans un sac plastique, me déchirant la peau dans les ajoncs.
Oui, 5 mois minimum, et c'est pourtant l'endroit que je préfère de toute la Bretagne. Et ce n'est qu'à 25km de chez moi.
Le travail m'a prise, m'a usée, m'a laminée, je n'ai plus le temps de respirer comme avant. Alors quand je respire, je le fais à m'en faire craquer les poumons.
J'aurais pu, depuis septembre, y retourner.
C'est ce que je me disais ce matin, avançant en posant prudement un pied après l'autre sur le talus trempé, en évitant de dégringoler. Au choix: l'étang à droite, la boue gluante à gauche.
Cet endroit là me transporte presque autant que mon lac allemand, et ce n'est pas peu dire.
Mais ici, il m'est interdit de dire: "c'est ici que je veux vivre".
Car personne ne pourra jamais vivre là.
Et c'est... tant mieux.

J'aurais pu y aller plus souvent, je ne l'ai pas fait. Pourquoi?
Parce qu'il y a un espace infini entre le besoin et l'envie.
Parce que, malgré ce job qui me tue, les problèmes qui me choient sur le coin de la tête, malgré "tout", je n'ai plus besoin d'aller là bas pour respirer, me sentir bien, planer.
Parce que le besoin est une chaine qui vous étouffe. L'addiction, une prison.
Parce que je n'ai plus besoin d'aller là bas, pas besoin d'y aller pour me prouver que je vis.
Mais ce matin, j'en ai eu envie.

Nuit agitée. Attente du jour... J'ai du dormir 2 heures, et encore... Par petits bouts, quelques minutes, réveil, quelques minutes...
Rien avalé depuis hier matin 3h30 si ce n'est une soupe minute à 10h30 hier, et grignoté un peu hier soir très tard.
Ce matin, le soleil s'est levé après moi. Dans ma voiture, un sac à dos, avec dedans mes affaires de sport.
Je dormirai un autre jour, une autre nuit, qu'importe...
La route m'emmène vers l'étang, je me change sur le bord de la route.
Dès les premiers pas je sais que je ne vais pas pouvoir courir, manque de nourriture, et surtout épuisement total. Mais je vais me trainer, en mode "super gros tas". Venue pour la lumière, et la lumière est là.

La boue aussi. Elle est glacée. Dès le premier mètres mes pieds sont trempés. On s'y habitue. Le sol est défoncé. Retourné par les sangliers, les engins, les pluies torrentielles de ces derniers temps.
Il ne faut pas courir, il faut sauter de tas en tas, en tentant d'éviter les flaques le plus possible.
L'étang est d'un calme infini.
Au loin, une rafale de fusil mitrailleur déchire?.. le silence! bravo, vous avez tout bon.

Bon, vous avez tous compris où j'étais ce matin.
Je file vers le chateau, descends dans le bois, c'est de plus en plus boueux. Je dévale un sentier qui ressemble maintenant à un torrent de boue, salue 4 chasseurs dont les chiens portent un collier à clochette...
Le mur d'escalade est dans l'ombre, dommage... Je remonte péniblement, quitte les sentiers que je connais pour ne pas déranger les chasseurs, pars dans l'inconnu... Une patrouille sur la route, je me jette dans un buisson d'ajoncs.
Ils ne m'auraient pas enguelée, mais j'évite de me faire remarquer, toute circulation civile est interdite ici.
Je retrouve facilement l'endroit où je voulais aller, en m'orientant grace au soleil.
Je grimpe vers la grande bosse, le sentier est dans un état abominable, mais pas pire qu'en plein mois de juin quand j'étais venue y courir en compet. Mes jambes sont lourdes, je me traine, si je marchais j'irai plus vite mais je cours, et c'est infiniment bon.
La grande bosse... Le coq brille sous le soleil, j'entame la longue descente.
Au loin, une autre patrouille.
Allez Laouen, oublie les sentiers, même les sentiers que tu ne connais pas, oublie les voies toutes tracées...
Je prends à droite, à travers la forêt, saute par dessus les troncs couchés, dévale les pentes, évite les trous. Je me repère grace au soleil, mais je crois bien que même le brouillard ne me ferait pas dévier de ma "non route".
La pente se calme, je cours à travers une forêt claire.
Soudain, entre deux arbres, le scintillement de l'étang. Je suis arrivée exactement où je voulais arriver.

Il fait chaud, l'étang est toujours aussi calme. Une sitelle frappe un tronc d'arbre de manière régulière.
Le chant des FM s'est éloigné. Je ne l'entends plus.
Je regarde l'eau, je respire, et l'air qui ressort de ma bouche file vers la lumière, chargé de tout mon amour pour ce coin perdu.

Ce matin, l'étang, le grand chêne, la lumière et moi, nous nous parlons en points de suspension, c'est léger comme l'air frais de l'hiver.
Léger, comme ce qui nous emmène vers plus loin... Brume d'amour...

Photo prise avant d'aller courir, au petit matin... lumière sur les marais. D'autres à venir, plus tard.

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Posté par Laouenanig à 14:20 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 janvier 2008

Avec le jour (6)

Voici les dernières photos prises lors de ma balade de dimanche matin.
Toujours l'écluse de Rieux, Saint Martin sur Oust.

Rieux, c'est ce petit coin là (côté écluse):

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Toujours au milieu de l'Oust, j'ai fait une série de photos au zoom (x15), d'un endroit précis de la rivière.
Comment vous expliquer çà?
Regardez, en cliquant sur la photo ci dessous: entre les deux arbres, l'eau bouillonne, car il y a une pente. La rivière est séparée en deux (l'autre partie est derrière les arbres, entre les arbres et les maisons au fond), et par cette pente son trop plein se déverse du côté où est situé l'écluse.

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L'eau, calme ce matin là, s'anime en prenant la pente.
On le voit ici:

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J'ai zoomé sur le flot qui commence à prendre de la vitesse, et cela donne ce rendu étonnant. On dirait un lavis de gris. Des traits de pinceau, plus ou moins contrasté (j'avais testé deux options). Eblouie, je ne voyais pas vraiment ce que je faisais.
On aime, ou on aime pas. Les photos se ressemblent toutes, mais elles sont toutes différentes.
En version très claire:

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Puis de plus en plus contrastée, et de plus en plus lumineuse

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We run like a river... to the sea...
Et l'océan? Vers où court il quand les vagues s'en vont?


Posté par Laouenanig à 09:47 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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