28 février 2011
La fin de la terre est aussi son début

La fin de la terre est aussi son début

La fin de la terre est aussi son début

La fin de la terre est aussi son début

La fin de la terre est aussi son début

La fin de la terre est aussi son début

La fin de la terre est aussi son début
Si je n'aurai aucun regret à quitter le coin où je vis actuellement, je peux vous dire que m'éloigner du Finistère sera douloureux.
Voilà plus de 4 ans que j'ai quitté la fin de la terre, et çà me bouleverse toujours d'y retourner. J'adore le Morbihan des bois, mais pas celui des côtes, trop bétonnées.
Hier donc, j'ai voulu faire découvrir à mon compagnon un coin du bout du monde, le bout du pays bigouden, Penmarc'h, son phare, St Guénolé, la Torche.
Nous étions en moto, nous avons été douchés. Heureusement, nous ne sommes ni en sucre ni en sel, nous n'avons donc pas fondu. En fait, la pluie, nous ne l'avons même pas sentie.
Ne restait que la lumière....
J'ai fini par craquer, et poster un album, le PC ayant décidé de charger quelques photos. En fait, c'est la publication de photos dans les messages qui est horriblement longue.
Allez donc vous balader vers là bas.
Finalement, la fin de la terre, c'est aussi son début non?
(Cliquez sur l'image pour accéder à l'album)
14 décembre 2010
face au vent, 18 ans après
Ce bateau là je l'avais rencontré en 1992 dans le port musée de Douarnenez. A l'époque je n'étais pas encore mariée, et je vivais dans le sud est.
On m'aurait dit ce jour là : "tu viendras vivre ici, tout près", j'aurais douté. Pourtant, nous avions déménagé dans le Finistère en 1996, et j'ai vécu 10 ans près de Douarn.
Lui, Face au Vent, je ne l'ai plus jamais revu.
Il a fallu que je tourne la tête vers la gauche, en repartant de Saint Malo, un dimanche d'octobre, en moto. 18 ans sont passés. Je me suis mariée, puis séparée, j'ai quitté le Finistère pour le Morbihan, déménagé 50 fois, connu galère et re galère.
Rencontré celui avec lequel j'espère finir ma vie.
Et revu Face au Vent. Il a changé de couleurs, est plus discret, mais c'est toujours le même.
Comme moi.
Et Face au Vent, à Douarnenez en 1992
Ayant perdu une grosse demi heure pour poster quelques photos, vous comprendrez facilement que vous allez désormais échapper à mes albums fleuves. Sur facebook il me faut quelques secondes pour faire la même chose. Grrrr....
16 août 2009
aùel a ben (encore)
décidément ce blog porte bien son nom. Je n'ai pas le temps d'écrire, l'ordi bug et je ne suis pas chez moi.
Que dire...
Depuis toujours j'ai le mal de mer, de la terre, en regardant les bateaux. sur les bateaux, je regarde le chrono pour voir si je vais battre mon propre record: tenir 4 minutes sans vomir :)
Depuis 4j je navigue. A la voile. Sur le Golfe. Et j'aime çà! Je ne suis pas particulièrement douée, persiste à appeler droite et gauche les tribords et babords, et à nommer corde les bouts.
Mais je n'ai pas le mal de mer, et au plus çà va vite, au plus j'aime çà. J'ai déjà appris la patience en montagne, fait l'éloge de la lenteur. Ici çà me sert, car du vent il y en a peu.
Bateau, pique nique sur les iles presques désertes, bateau encore.. Je barre presque comme une grande. La preuve: les 2 enfants blonds comme le soleil qui m'entourent m'ont dit: tu as manqué nous tuer 2 fois.
2 fois, c'est bien non? j'aurais cru pire!
Comment? mes enfants ne sont pas blonds? Les miens non. Ceux ci le sont, et je les aime...
Demain je retourne faire de la voile sur le Golfe, parfois pas très clair. Je vous raconterai. Un jour.
Au plus fort de la tempête, j'ai le doute en moi.. parfois le vent se lève, parfois une éclaircie. Je pense au futur, et j'ai peur. Mais sur l'eau, j'oublie le futur, reste le vent, l'eau, le bruit des voiles, la barre qui parfois résiste, le courant, les bateaux qui vont qui viennent, qui me coupent la route, oh N de D! mais qui a la priorité ici? :)
On ne peut pas naviguer face au vent, aùel a ben.. Mais curieusement, on navigue mal par vent arrière. Hier j'avançais très vite. Au près. Enfin, si çà s'écrit comme çà. Parce que au pré, hein, çà veut rien dire... Au près, c'est " presque face au vent". Là, je filais comme le vent. Surveiller le bout de laine sur le fil, surveiller le foc, surveiller la grand voile, qui a tendance à passer de l'autre coté sans prévenir si on fait des conneries (et j'en fais)
Je n'ai pas le temps de vous raconter... Le temps, il me fait peur, il me mène à septembre.
Pour l'instant il y a aout..
Hier soir à Vannes, j'ai regardé le feu d'artifice. Il était magnifique. Mais au fond de mes yeux le soleil, et en moi le bruit des vagues et le claquement des voiles. La coque de bois qui tape quand elle prend les vagues de face, l'ivresse de la vitesse quand le bateau penche, penche, à se retrouver le haut de la coque au ras de l'eau.
Et l'odeur de la peau, le soir, après une journée de voile, le sel, le soleil...
Demain je retourne naviguer..
J'espère juste ne pas couler bientot
Sache que... je
24 juin 2009
Bro maen hir
Et toc...
Un comm de lemenhir m'a fait sourire. Comme tout le monde ici ne lit pas les comm, j'en fais profiter tout le monde:
Moi, j'ai toujours cru que l'on pouvait semer des graines de granit partout et au bout de quelques années, on obtenait de superbes menhirs...
Ce à quoi j'ai répondu:
chut... faut pas le dire ;)
sinon imagine le nombre de "Parisiens" qui vont aller faire la queue dans nos jardineries, acheter des graines de granit!
Quelques lignes, et hop, çà me donne envie de délirer un peu là dessus.
Je précise, pour mes lecteurs parisiens: ne vous sentez pas particulièrement visés. En Bretagne, le "Parisien" c'est tout individu non breton et n'ayant pas l'accent prononcé du Sud.
Le dit individu à l'accent du Sud étant bien entendu "le Marseillais".
10 ans en Finistère SUD ont laissé des traces: mon accent du sud est très marqué. Depuis que je vis dans l'extrême SUD BRETAGNE çà ne s'arrange pas.
Meuh bon, ici, en pays gallo, parfois on se demande si on y est encore, en Bretagne...
Si vous saviez avec quelle joie je "repasse la frontière", pouvant enfin lire des noms de lieux dits terminés par des "o"!
Bah oui: Morbihan (et extrême sud-est du Finistère) = terminaison pluriel en "o", et non en "ou" comme dans le reste de la vraie Bretagne.
oops... Voudrais je dire par là que la Bretagne- gallo ne serait déjà plus, enfin...
chuuuuuuuuuut ;)
Bah oui!!!
Quand on a vécu coincée entre 2 lieux dits au noms imprononçables (voire même intraduisibles), on fait quoi? on apprend le breton sur les noms des panneaux.
Certains étaient de vrais poèmes.
Ce qui est amusant, c'est que personne n'avait de vraie traduction sur le nom de ma maison. A force de franciser l'orthographe, çà avait du dériver grave... Tout ce que je savais c'est que bien entendu çà ne se prononçait pas du tout comme çà s'écrivait. En fait, çà "s'éternuait" plus que ce que çà se prononçait :)
Alors la Bretagne gallo hein... Ici, je joue presque à "re-traduire" ce que je lis.
Bon, revenons en aux menhirs..
Euh?
çà s'écrit pas menhirs bien entendu. Maen hir. C'est mieux.
re-euh?
Mein hir au pluriel?
Bon, compliquons pas hein!! Parce que si on veut compliquer, les puristes vont nous sortir que le maen hir n'existe pas, et que le "vrai" se dirait peulven. De "peul" (pieu) et ... maen :D
Qui muté (adouci) donne "ven".
Sont fous ces Bretons!
Warf, je me souviens m'être déjà demandée sur ce blog si on disait peulveno en vannetais. Mais bon.... comme avec "mon suisse allemand", il y a tellement de variantes: vannetais de l'ouest, de l'est, de la cote, du nord, du sud... pff..
Pep hini yezh e vro :)
Par chez moi, les Maen hir poussent comme de l'herbe folle. Contrairement à ceux de Carnac, on n'est pas obligé de faire la queue pour s'en approcher.
Mais bon contrairement à ceux dont parlent lemenhir dans son comm, ceux ci ne poussent pas en semant une graine de granit et en l'arrosant avec amour (le ciel s'en charge très bien merci).
Ici, il faut semer des graines de schiste rouge. Pas du gris hein!!!
Enfin, chez moi si, on sème du gris. Mais dans le champ de maen hir à 15km de là, quelqu'un avait du se balader avec les poches trouées, et des graines de schiste rouge dedans.
Un avant gout de Coet, de Brocéliande, du Val sans Retour, des hectares de landes pelées où le Parisien de base doit s'extasier (si il s'y perd): oh!!! y a des dolmens partout!
Bah non... Ici le schiste pousse de travers, çà a du remuer ferme là dessous.
Et çà continue de le faire, à chaque marée.
Là, le Parisien de base pense: meuh elle me prend pour un con???!!!
Et non. La terre bouge ici, au rythme des marées. Aucune vague ne joue à "çà s'en va et çà revient". Mais la terre se soulève, et retombe.. elle respire.
Ici, bien souvent, les grandes dalles de schistes horizontales sont passées en mode vertical.
Et çà pousse bien le schiste?
Oui, très bien.
Dommage qu'on n'ait pas vraiment le temps ici... Sinon, sur nos maisons, sur nos charpentes nues, on sèmerait quelques graines de schistes fins, celles qui, quand elles germent, se transforment en ardoises.
Pareil pour nos maisons. Si on avait le temps, le schiste pousserait tout seul. Mais bon, faut bien construire. Parce que la graine de ronce pousse bien plus vite que celle de schiste.
Et vous me prenez pour un con?
Nan, du tout...
Vous voulez me voir avec un pendule? Vous voulez que je vous mène à certains endroits bien précis? "Sentir" la Force, celle de la Terre, de la pierre...
La pierre est vivante?
Tout ce qui germe d'une graine l'est non? ;)
Si elle n'est pas vivante, c'est que je suis dingue. Elles m'en ont raconté, des histoires, les pierres!
Et le sable?
Le sable... Tu en sème un grain, et il pousse une dune. Là, le ciel n'a pas besoin d'arroser. C'est juste mon pote le vent qui bosse un peu. Semez un grain de sable, laisser faire le vent, laisser dorer doucement au soleil, parsemez de curry et..
De curry?
Cherchez pas à comprendre... Tiens, j'ai encore l'odeur du curry dans le nez...
Certaines plages bretonnes sentent le curry. Bon allez, je vous explique:
nom latin tiré de "spirale", et "or"... helichrysum stoechas. L'immortelle des dunes...
Mais je ne vous explique que le pourquoi de ce "curry" au milieu de ma phrase... Tout le reste était à vivre. Pas à écrire.
Terrible...
J'ai voulu la chercher sur le net, l'immortelle des dunes... Au hasard des pages, je suis tombée sur une photo. Celle de LA PLAGE.
Hasard?
Le hasard n'existe pas :)
Et les maen hir de granit alors?
Je reviens à mes maen hir, sinon je sens que je vais dériver lentement... Tenez, je viens de me faire une ligne de curry (pas de la plante, du vrai), histoire d'en remettre une couche.
Nan, même pas vrai. Pas besoin.
Et sincèrement, une ligne de curry c'est... woooooooooooow! Je sais, j'ai essayé (involontairement)
J'ai toujours préparé mon curry au mortier, en broyant et mélangeant les épices, sentant la chose, histoire de rajouter tel ou tel truc. Un jour j'ai mis le nez trop près. Inoubliable.. çà te file direct au cerveau! Perturbant. Jamais recommencé heureusement.
Donc, les maen hir de granit...
Y a les roses, les gris, les maen hir en microgranit, en macrogranit, en..
argh!!
j'ai fait 3 ans de géologie, je vous fais grâce de détails.
Dans les jardineries on ne trouve pas toutes les variétés. Il faut parfois chercher très loin, sur le net, l'adresse du druide, pour trouver la bonne graine.
Meuh bon, çà ne poussera que si vous la semez au bon endroit! Parfois la fleur s'adapte, pas le granit. N'allez pas faire pousser du gris dans un champ de rose! (de granit rose, pas de roses)
Alors suivez le conseil du vendeur, il connait les espèces locales.
Ou téléphonez moi: les pierres et moi on se connait. Je sais tout d'elles, de leurs surfaces jusqu'à leurs failles les plus profondes.
Donc, prochainement, dans nos jardineries, au rayon graines, le Parisien en vacances demandera à acheter des graines de maen hir. Pour embellir le jardin de sa résidence secondaire, ou tenter de le faire pousser chez lui (hérésie!!)
Et là, je dis: vive le maen hir libre!
Semez le en liberté, pas dans les espaces trop clos de vos jardins!
10 ans à s'échiner sur une terre ingrate, pour y faire pousser des fleurs, des arbres... Je voulais planter un malheureux godet 5x5, je prenais ma petite pelle, je commençais à creuser. zut, une pierre!
Là, je creusais un peu plus à droite, ou à gauche, pour tenter de dégager la pierre. Zut, elle va un peu plus loin. Je creusais plus profond, histoire de devenir l'épaisseur de la pierre. Aïe... du costaud! Il m'est parfois arrivé, pour un simple godet 5x5, de dégager la terre sur 50cm de long, la pierre continuait. Plus encore? oh oui...
Parfois je lachais prise, rebouchait le trou, et filait ailleurs planter mes fleurs. Mais ailleurs c'était souvent pareil. Ici, les graines avaient germé... sous terre :) les maen hir de schiste gris poussaient à l'horizontale. Alors parfois, têtue comme un caillou breton, je filais chercher l'ARME. Une barre à mine qui devait être aussi lourde que moi.
Je déplaçais le monstre, juste un peu, histoire de planter ma fleur. La pierre finissait là où elle avait été poussée.
Des cailloux, dans ce jardin là, çà ne manquait pas. Bizarrement j'en ai ramené d'ailleurs. Du Burren irlandais, et du pays bigouden. Du calcaire strié, restes de glaciers, et des galets arrondis de la côte.
J'ai hate de voir les résultats. Les Parisiens arriveront ils à faire pousser des maen hir?
Seuls ceux qui aiment vraiment le coin réussiront.
Quand aux autres...
Tiens, pour ceux qui ne connaissent pas. Voici une "parisienne", entendue sur le port de Douarnenez:
Un Parisien en vacances voudrait emporter un souvenir original. Etant un peu sentimental, il a pensé à rapporter de l'eau de mer. Mais ici dans le port, au milieu des bateaux de pêche, les irisations dues au gasoil ne l'inspirent guère.
Alors il demande à un pecheur qui sort en mer tous les jours, de lui ramener de l'eau du large, dans une bouteille.
Le pecheur prend la bouteille vide et quitte le port. Au retour de la marée, il tend au Parisien une bouteille à moitié pleine.
Le Parisien est déçu: bah.. j'aurais préféré une bouteille pleine, à sortir en mer pour la remplir autant le faire en plein.
Le Breton, grave, lui montre l'eau dans le port:
Vous voyez le niveau?
Bah, quoi?
Ben c'est marée basse. J'ai rempli qu'à moitié pour pas que çà déborde quand elle montera
Le Parisien, après une seconde de réflexion s'est écrié: mais oui, suis je bête.. merci beaucoup.
mmm.. combien de comm de Parisiens en colère vais je recevoir? :)
Personne ne sait vraiment si cette histoire est vrai. Mais sur la côte, on chuchote que "venant d'eux", tout est possible! :D
Quand aux graines de maen hir.. chut.. faudrait pas trop le dire fort hein?
De toute façon, allez, je l'avoue:
Celles que vous trouverez en jardinerie ne germeront jamais.
Il y a le menhir d'élevage, celui qui n'a aucun gout, qui ne parle pas, ne vole pas, ne respire pas. Graines stériles.
Et il y a le maen hir libre, élevé en plein air, sous le rude climat breton. Parfois il s'envole, d'un battement d'aile lourd, lourd... Dingue ce qu'une pierre devient gracieuse, dès qu'elle quitte le sol... Vous croyiez quoi? Que ces pierres dressées l'étaient pour rien? La graine a germé, elle pousse, pousse, et un jour, quand la pierre sera assez grande, elle quittera le sol. Voler, et peut être se poser un peu plus loin. Rencontrer un autre menhir, et peut être faire des bébés menhir? Bah oui, produire des graines.
Oui, le maen hir libre produit des graines, à ramasser un jour bien précis. Celles ci germeront.
Pendant ce temps, en Baie de Douarn, dans Ys engloutie, les maen hir farceurs en tenue de plongée se racontent des histoires de Parisiens...
Et plus bas, bien plus bas, sur les plages qui sentent le curry, les petits oiseaux invisibles au sol, décollent, poussent leurs trilles (je ne connais aucun chant d'oiseau plus beau que celui de cet oiseau là), font un peu de sur place, descendent d'un palier, recommencent...
Au large semble flotter un immense maen hir couché, ou un bateau gigantesque. Enez Groe... sous le soleil, exactement.
An amzer a dremen
Hag an amzer ne dremeno biken
maen hir "poteau téléphonique", Queguil Brehet, Lokoal Mendon
euh? je vous prends pour des Parisiens? ;) J'adore rigoler!
En se décalant un peu çà donne çà, c'est plus logique:
Il ne mesure que 3m, mais je l'adore. Une graine semée avec amour, c'est sur...
















































































