face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

28 août 2009

oscar one

pas le temps d'écrire... je pourrais en faire un livre tant j'ai à écrire ... et ce serait beau. Comme est beau ce que j'ai vécu, comme est beau cette amour entre moi et la mer maintenant...

Une phrase, mardi: "il a de la chance! il a rencontré une fille, et en plus elle fait de la voile!"

J'ai répondue à son amie avec un grand sourire: oui, depuis 15j. Avant, regarder les bateaux du port me donnait envie de vomir!

dingue elle a dit.. "Quand tu barrais tu avais l'air si à l'aise, on aurait dit que tu faisais çà depuis toujours! c'est génial, c'est comme une révélation, on voit vraiment que tu prends du plaisir à naviguer.. "

Oui.. j'aurais pu répondre, et je me suis tue. une révélation. L'amour, il vient quand tu le cherches pas.. celui de la mer, il m'a pris, je me souviens c'était un... :)

Et l'autre amour, je me souviens il m'a pris, c'était un dimanche après midi... force... infinie.

Oscar one, çà pourrait etre le petit nom de la bouée sur laquelle on s'amarre un instant, histoire d'oter le foc du voilier, et d'abaisser la grand voile avant de filer vers le ponton. Oscar one, car O1.

Cette aprem, vent de force5 fraichissant sur le Golfe. Comme toujours je suis couchée sur l'avant du bateau, tel un bout dehors, le bout dans la main, pour m'amarrer à Oscar.

Le vent était très fort, et pas vraiment régulier. Par sécurité, pas envie de foutre un gosse à la mer, le génois est resté rangé dans son sac, nous n'avons navigué qu'avec la grand voile. Alors, au lieu de ranger le génois, je reste là, à genoux sur l'avant du Guépard, contemplant mon noeud de cabestan autour de la bitte comme si c'était une spirale en train de m'hypnotiser.

Tu pries? Tu regardes ton noeud? Je ne réponds pas. Oui, je prie... Oui, je regarde ce putain de noeud car j'ai peur que ce soit le dernier noeud que j'ai fait de ma vie.

Tout à l'heure, en quittant l'ile, j'ai ramassé à la hate quelques coquillages cassés, comme on ramasse un souvenir, d'un endroit où ,l'on ne reviendra plus. Pessimiste? Peur.... C'est toujours ainsi quand on... aime.

On revenait vers le port, au près, et la mer giclait, me trempant entièrement à chaque fois. Vent fort. Elle était tiède...

J'ai eu du mal à revenir, du mal à remonter sur le Guépard, du mal à quitter l'Ile. Du mal ensuite, à sauter sur le ponton, quitter le pont, quitter le bateau.

Maintenant, sur la terre ferme, j'ai le mal de mer.

Le mal de mer, qui me tuait depuis des années, je ne l'ai pas senti tant que j'ai navigué. Ce soir j'ai le mal de mer.

Et la mer, a mal pour moi.

La mer, force5, elle m'a fait me sentir vivante. En moi, une autre mer, force infinie, qui remue, remue... La mer, elle s'est noyée en moi, et là dedans çà remue tellement fort qu'elle en a elle aussi le mal de mer.

Pas de raisons que...

Peut être.

Mais j'ai vécu 2 mois... Et ces 2 mois sont terminés. Alors j'ai le droit d'avoir peur.

J'écoute le silence de l'absence à venir...

Dérive.

J'ai aimé lutter contre le courant, sentir la barre résister. Le Guépard s'en sortait bien, dans les tourbillons de la Jument, dans les étranges zones trop tranquilles, au milieu des remous , autour de l'Ile trop belle, où je n'ai jamais posé le pied. La mer, mon amie, tu vas me manquer.

Dans mon lit trop grand, moi qui ne pouvais dormir autrement que seule, je vais me perdre, emportée par les courants, dérive, angoisse.

Moi, comment je vais m'en sortir, dans ces zones trop tranquilles, trop plates, trop vides, qui vont m'engloutir? Pas de coque de bois de 43 ans, juste un coeur de 42, qui venait à peine de recommencer de battre. Vraiment. Construire. Penser à plus loin. L'instant présent, c'est bien. Mais çà sonne souvent comme un cri de désespoir, le cri de ceux qui n'ont pas d'avenir. L'instant présent, il se vit à fond, il s'apprécie à bloc, quand on peut s'appuyer sur quelque chose.

J'ai peur... çà va remuer fort.

Si je déssale, je vais couler.

Pas de raisons que...

Peut être... Mais comprends moi... Si seul tu réalises que tu es mieux ainsi... Que j'avais pris trop de place, que.. Je ne sais plus. Toi qui ne liras pas, sache que...je. Et je veux que tu sois heureux.

Tout à l'heure, le garçon blond comme le soleil a du partir chez sa mère. Dis au revoir à Pascale... Ah bon? Pourquoi? Elle ne vient pas m'accompagner avec nous? J'ai serré les dents pour ne pas pleurer. Merci. C'était si spontané.

Un enfant, c'est pas comme Oscar One, pas comme l'Ile minuscule où j'ai noirci ma peau, pas comme le pont d'un bateau. On s'y attache autrement, et pas besoin d'un bout pour çà. Sa soeur est restée, reculant le moment où moi aussi je vais devoir partir.

Je veux que la mer gicle encore autour de moi, me recouvre, me fasse rire, entendre hurler les enfants, sentir le vent sur ma peau noire, je veux vivre...

Naviguer

Au près...

de toi

Posté par Laouenanig à 20:20 - mon âme à nu - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Quelque chose à dire?

vogue

La peur se melant a l amour ... liens passionnels qui j espere attenuera cette crainte !!

Reguliere lectrice de tes humeurs je te souhaite d evoluer bien longtemps sur cette vague du bonheur .
Amicalement.

Posté par enna, 30 août 2009 à 15:26

j'ai de très bonnes raisons d'avoir peur.
Ce soir, il doit etre en train de profiter de sa première soirée de "liberté" depuis 2 mois. Sortir en ville, manger où il veut, avec qui il veut...
Moi, ce soir, je pleure ma première soirée "en solo" depuis 2 mois.
Toute la différence est là. Respirer, ou etouffer

Posté par laouenanig, 31 août 2009 à 20:39

Je comprends ce que tu vis, ces moments que tu viens de vivre me semble tellement beaux et intenses... Dans la vie il y a des hauts et des bas, et je souhaites que tu ais terminé avec les bas, et maintenant HAUT LES COEURS!

Posté par dany, 02 septembre 2009 à 00:42

Allez y lachez vous!







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