face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

29 avril 2008

Himmel... à plus loin

Et bien non!
Il n'y aura pas de "Himmel 13"!
J'en prends déjà assez sur la gueule comme çà en ce moment!

Ce sera juste "Himmel.. à plus loin".
Car il y aura des nouveaux épisodes, si le ciel le veut bien...

Je reviens donc à du plus léger, la fin de mes photos de vacances, tout ce que j'ai écrit ces derniers jours devant vous paraitre lourd et complexe...
Je vous rassure: c'est aussi lourd et complexe pour moi!
Il vous suffirait de discuter en tête avec moi quelques minutes pour recaler le film à la bonne vitesse, dans les bons crans, avec l'exposition qui convient.
Car pour "expliquer", je crois qu'il me faudrait des pages et des pages, sans forcément arriver au résultat escompté, et là, franchement, je déclare forfait.

Je suis crevée ce soir.. Pourtant hier je me suis couchée assez tôt. Enfin... 22h, c'est très tard pour quelqu'un qui se lève à 3h du mat! Surtout quand on tourne dans son lit "un temps certain" avant de s'endormir!

Rassurez vous, Laouen n'est pas en train de faire de l'autodestruction, ni de se lancer dans les causes désespérées.
Je sais bien que ne peut être aidé que celui qui veut l'être...

A Mélu, qui me proposait de faire moi aussi la grève du net en réaction à une certaine agressivité sans raison, je répondrai:
Mélu, souviens toi d'aout 2006... J'étais larguée, plus qu'à la dérive.. Pas forcément facile à vivre, et parfois agressive.
Bon, ok, à mon niveau.
Mais tu ne m'as pas fait la grève de ton hospitalité...

De toute façon, Mai arrive...
Le plus beau moi de l'année, enfin, pour moi.
Cette année, il va me rester en travers de la gorge, le joli mois de Mai...

Bon, revenons en à la montagne, à ce qui élève très haut, loin de la boue...
A part çà, tout va bien, je viens de me payer deux beaux pneus neufs, ma voiture roule à peu près droit, mais çà coince toujours là dessous, le pare choc traine, traine...
Mais bon, je suis en vie!
Vous me direz, mon fils avait réponse à tout: si tu étais morte, on aurait téléphoné à Papa, il serait venu nous chercher, et on aurait habité chez lui...

Vous voyez que c'est facile la vie!

Où en étais je...
Un certain samedi, à Malbun, Liechtenstein, Europe... 1600 au dessus du niveau de l'amer...
Il fait un temps abominable, on se croirait mardi! Le jour où j'ai rencontré J, et où nous avons renoncé à grimper jusqu'à 2000m, pour cause de visibilité nulle.

Je commence la grimpette avec une visibilité correcte, mais le Föhn souffle fort, et les nuages se rapprochent des cimes.
Plus haut que moi, deux hommes, qui semblent vouloir filer vers l'Augstenberg...
Hier, sur ces mêmes pentes, j'ai entendu tant d'avalanches que je ne peux qu'être consternée...

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Au moment où j'attaque la pente brute, tentant de mettre mes raquettes dans les traces tassées de celles d'hier, le Föhn pousse les nuages sur le massif, et le blanc commence à tout envahir. Il se met à neiger...

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C'est fini... Je sais que le soleil ressortira, mais seulement par saccades...
La neige s'intensifie. Je lutte.
Première halte, une minute, près d'un piquet de bois, que j'arrive encore à discerner dans le grand blanc. La pente s'accentue encore, et la neige s'acharne... Je doute un instant: et si elle recouvre les traces, je ne verrai même plus où est le chemin, celui qui fait tant de détours que je ne le prends jamais... Celui que l'on ne pouvait pas voir mardi.
Mais je grimpe...
J'enfile une cagoule stop-vent sous mon bonnet, le vent devient fort, la neige brule les yeux, les joues...
J'arrive à Sareis courbée en deux, et je regarde ma montre: sourire... 1h04.
Presque une semaine après, j'ai grimpé ici à une vitesse dingue, dans des conditions difficiles, et par la pente forte.

J'essaie de me blottir contre le chalet, mais il n'y a aucun abri, le Föhn envahit tout l'espace, la neige me recouvre...
J'enfile mon k-way, et un pantalon de k-way, je me plie en deux, et j'attends...

Je pense aux deux hommes que j'ai vu tout à l'heure, ils doivent être blottis derrière un rocher, sur le Spitz, là où j'ai fait demi tour dimanche. Inconscients! Fous... Pourtant, à l'allure où ils progressaient, ils sont en bonne forme, et ils connaissent le chemin.
Mais les avalanches adorent tuer les locaux, ceux qui finissent par se croire plus fort que la montagne.

J'ai froid, très froid.. Humide, car j'ai transpiré énormément, je suis maintenant gelée.
Peu à peu les nuages se dissipent. Et je retrouve les deux hommes, qui étaient bien sur le Spitz.
Les fous...
Bon ok, je suis un peu jalouse, car je sais qu'ils vont arriver au refuge. Ils n'ont pas de sacs, ils sont deux...
Mais ils risquent leurs vies à chaque pas.
La montagne est pleine de fous...
Je suis folle, et sage en même temps.

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Je les vois se hater vers l'Augstenberg.. Mais ils n'y arriveront pas avant que le Föhn ne les recouvre encore une fois de nuages...
Sur la droite, un autre dingue grimpe lourdement vers le Silberhorn.
Je soupire...
D'ici, je contemple un de ses flancs, recouvert de trainées d'avalanches...
Hommes de peu de neurones...
Je le vois, se retourner souvent. Vers moi. Il hésite à chaque pas, continue, s'arrête, se retourne...
Je ne ferai aucun signe, lui dire qu'il est cinglé ne changera rien.
Peut être a t'il la trouille, peut être se dit il: il y a quelqu'un en bas, sur la pente, qui me voit, et qui pourra donner l'alerte si j'ai un problème...

Ce qu'il fait je m'en fous...
Moi, je suis face au vide, à ces peut être 60 degrés, à cette descente folle. Les raquettes attachées au sac, seule, je fais le premier pas... Parfois je vais poser les pieds là où je les ai posés hier, parfois je plongerai dans la neige vierge.
Bonheur...

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Vu d'en bas, c'est nettement moins impressionnant!

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Je pose mes fesses sur un bout de talus déneigé, plein de terre.. Et j'ouvre mon coeur.
Ces montagnes, voilà une semaine que les contemple, ce sont les mêmes, mais chaque seconde me les rend plus belles.
Comme jeudi, à Himmel, le Naafkopf inaccessible...
A cet instant, ce malheureux bout de rocher à cheval sur 3 pays était plus beau que le Matterhorn, plus beau que le Fitzroy, plus beau que le K2, plus beau que toutes les montagnes du monde...
Parce qu'il était là, parce que j'étais là.

Alors ce samedi, avant de redescendre à ma voiture, et de me taper 1100km et 12h mini de route vers la France, j'ouvre mon coeur à l'Augstenberg, et il y fait son nid, tout recouvert du coton des nuages que le Föhn accroche à sa cime...

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Le Gorfion, que l'on devine derrière.

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Le Föhn souffle, siffle, jusque dans la vallée, comme un chien fou qui fait glisser la neige des montagnes.. Heureux soient ceux qui ne souffrent pas de ses effets...

C'est une phrase résumé, tirés de plusieurs texte que j'ai lu...

Dä pfieft dr Fön durch Täler düre.. Selig nume no die wone ned düe gspüre...
Wie ein läufiger Hund leckt der Föhn den Schnee von den Bergen...
La première phrase en "allémanique", la seconde en allemand...

L'ombre devient lumière... L'ombre est lumière.

Je suis heureuse, je ne souffre pas de ses effets, je l'aime...

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Posté par Laouenanig à 19:47 - rêves de montagnes - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 avril 2008

vrac en vrac...mais alors vraiment en vrac! et sourires

Je posterai les dernières photos de mes vacances ce soir, ou demain... Si je trouve le temps.
çà va si vite en ce moment...

Mon fils a 8 ans aujourd'hui.
A part çà.. tout va bien.
Enfin... si on veut!

J'ai un index en sang, et çà fait très mal pour taper.
Non, je ne me suis pas blessée au travail! c'est pire!

Mais j'ai la pêche...
Faut croire que l'adrénaline dope.
L'endorphine aussi.. d'une autre manière.

Rien ne va, tout va, comme rien ne compte, où est le problème hein?
Dingue...
Tout à l'heure, sur skype, je rigolais...
J'ai finis par taper ce genre de phrase:
Je suis une fille bizarre.. Je suis trempée des pieds à la tête, j'ai les mains pleines de terre, et je suis là, à coller des smileys sur skype, alors que je devrais m'arracher les cheveux, pleurer, me lamenter, me faire plaindre, bouffer 4 tablettes de chocolat, voire plus, ou au mieux, aller dormir!
Là, il m'a demandé "çà va pas, qu'est ce qui s'est passé"?
Mais bon, je ne me suis pas jetée sur l'iNet pour le lui dire...
Dormir... Pfffff

Parce que, pour tout vous dire, je ne dors pas beaucoup!
Et je m'en fous!
Dans 2 semaines, j'aurais tout le temps de dormir, des mois...
Alors, pour l'instant, je veille un peu.
Mais le manque de sommeil n'est pas la cause du blème du jour.. J'étais bien réveillée tout à l'heure! Trop peut être. Dingue ce que j'ai la pêche en ce moment.. L'effet montagne/privations: on se sent fort dans son corps... Et dans sa tête aussi.
Même si parfois, je roule sur la jante... Quand mes épaules sont trop frêles pour tout porter.

Tiens.. mes jantes vont bien!
Demain, je vais changer mes pneus avant. çà fait des mois que je dois le faire. Trop tard... Quand j'ai acheté cette caisse, elle avait des pneus de merde, des premiers prix, durs, qui n'accrochaient pas. Je me suis dis: je les changerai quand ils seront usés.
Trop tard...
Juste quelques mètres de trop.

Tout à l'heure, je n'ai rien pu faire, et c'est ma faute. Je le connais ce virage, il parait si doux.. il est traître.
La route était trempée, les pneus ont décollé, j'ai tourné le volant, rien ne s'est passé.
Dingue ce que le temps se ralentit dans ces moments là...
Dingue ce que l'on se sent... à la fois là, et en train de se regarder d'en haut.
180°... la voiture tangue, commence à se retourner.. tiens, je fais quoi dans ce sens là moi? Bonne question!
L'arrière part au fossé, çà y est, c'est parti... L'herbe trempé gicle, elle continue à glisser...

Je vais me le prendre, je vais me le prendre...
çà y est. Je me le suis pris!
Le panneau de signalisation. Y avait marqué quoi dessus? Pas eu le temps de lire...
Tiens! la voiture est repartie pour un 180°, sous le choc...
Vais je partir en tonneau?
ah non.
Hop, dans le bon sens!
çà est? c'est fini?
Ben oui!
Bon... On respire.
On tourne la clé, on met le moteur...
Le pieds souple sur l'embrayage... doucement, sinon çà va patiner, ce n'est pas un fossé, c'est un champ de labour, faut doser...
Les roues patinent un peu mais çà accroche.
La bagnole sort du fossé comme une grande.
Je file me garer, et enfin, je sors contempler le résultat.

Arrière: pare choc déboîté, ce n'est rien.
Les côtés? Tout est ok, les portes n'ont pas tapé.
On avance doucement, on sait que le pire est à venir.
Aile gauche: enfoncée sur l'avant. Rien du tout...
Le phare gauche est rempli de terre, en miettes, mais il fonctionne toujours.
Il en veut! :)
Le pare choc avant est coupé en deux sur une partie. Dommage.. J'aurais pu le faire remboîter, en achetant des clips. Le capot n'est plus aligné, mais c'est un effet optique du au pare choc défoncé.
Je redémarre...
40.. 60.. 80... Ligne droite.
Je lâche le volant. Elle roule droit...
Seul problème: le volant, lui, n'est pas droit du tout!
Aïe.. parallélisme, train avant, barre de direction...

Même pas un éclat de peinture en moins! Je souris...
Re aïe: quand je tourne à droite, quelque chose frotte dessous.
Va falloir que je m'en occupe demain!
Cette aprem, faut que je m'occupe de l'annif de mon petit.

Mon coeur bat, un peu vite, c'est vrai.
C'est bon signe non? Je suis en vie!

Laouen sourit.. Elle va vider son compte en banque pour réparer sa caisse... Pffffff... le fric! J'aurais pu crever, alors hein!
Laouen sourit... Elle tape, tape des mots, sagement ou moins sagement alignés, pour réparer les bobos de ceux qu'elle aime...
Qui répare ceux de Laouen?
Ce matin, Laouen, au travail, disait à son chef: tu sais... je prends la vie différemment.. Tout mon fric, je le brûle...
Quand on a voulu mourir une fois, quand on a tenté de le faire, quand enfin on a vu que la lumière n'était pas au bout du tunnel, mais que le tunnel lui même pouvait être de lumière...
On sourit.
Même trempée, et crotté de terre.

Quelle conne!
çà m'apprendra à ne pas changer ces maudits pneus avant l'hiver breton, celui qui commence en avril et qui finit en mars! :)

çà va être dur de dormir ce soir! L'adrénaline, çà excite!
Alors je vais blablater un peu, histoire d'envoyer quelques smileys...
Dans 15 jours, il sera loin...

Hier soir, c'est lui qui a insisté pour me parler. Moi, je pensais ne plus avoir de ses nouvelles avant son départ.
Mais ce que j'avais écrit dans mon "message d'humeur" sur facebook, je savais que çà allait faire tilt...
Le titre d'une chanson de Police, un groupe qu'il aime, et que j'aime, et qui collait bien à l'ambiance du moment.
Et bizarrement, j'ai fait une fôoooooote d'orthographe non intentionnelle, direct en provenance "from" mon subconscient.
C'est çà qui l'a fait tiquer... Tu veux pas répondre, parce que je t'ignorais ce matin?
Non, parce que je n'étais pas devant l'ordi.
Tu t'es plantée dans les paroles...
Là, je regarde ce que j'ai écrit, et j'éclate de rire!
Dingue!
En français je n'aurais pas pu faire cette faute là. Vous savez, un truc du genre : je vis désormais sans toi, au lieu de sans toit.
Quand ce sont vos tripes qui vous poussent à oublier ce "t" final...Votre coeur prend la place de vos doigts...

Le titre réel de la chanson était:
When the world is running down, you make the best of what's still around...

J'ai tout simplement oublié le "l" de world...
Ce qui donnait, au lieu de "quand le monde s'arrête" (du genre quand tout va mal, que tout s'écroule..)
"quand les mots s'arrêtent".

Mon subconscient me dicte donc des fôooooootes en anglais! Faut le faire!
Je savais que cette phrase allait frapper fort, elle l'a fait.
Il a du comprendre, à quel point je ne voulais que son bonheur, que j'étais bonne, quoi.. (good girl quoi!)
oups.. cette phrase a une étrange connotation!
D'ailleurs, je vous le précise: quand vous dite "I'm good"! çà veut dire que vous êtes quelqu'un de bien, mais çà veut dire aussi que vous êtes bonne... Damned, si quand on tape un truc en anglais, çà a aussi des connotations ... où va t'on?
M'enfin, çà permet de rigoler..
Et d'ailleurs, parait il que je me suis surpassée hier, dans le genre "phrase à double sens".

Il me dit: je me suis rasé la tête, faut que je bronze avant l'Irak!
Ce à quoi je réponds: imbécile, c'est pas de bronzer que tu as besoin, c'est d'un chapeau, le soleil est trop fort là bas!
Et je rajoute, bonne fille: bon, puisque tu t'es rasé la tête, je vais aller dormir, et avant je te fais un "kiss on your head".
Ce à quoi je reçois en réponse une volée de smileys pliés en deux de rire...

Je poindintéroggationne, et je pige: le mot "head" a aussi une autre signification en anglais, à très très forte connotation si vous voyez ce dont je vous cause..
Roooooooooo! Laouen éclate de rire, et râle, pour la forme: ah c'est malin! Allez, on va causer allemand alors, on verra bien si tu feras mieux que moi! Trop facile! Vas y, cause moi français, on va voir!
Ah bravo!
M'enfin, si on peut rigoler entre potes hein.. Et on a beau dire, le "forte connotation etc", c'est quand même un sacré sujet de rigolade...

Quand est venue l'heure du "bonne nuit, bises", il a osé demander: où? avec un grand :D
Ce à quoi j'ai répondu: N de D! je vais mettre mes godasses de montagne et venir te botter le cul comme jamais personne ne l'a encore fait!

Aujourd'hui, je n'ai pas fait mieux, mais mon "I'm wet" a déclenché des rires aussi...
Arghhhhh... Maintenant va falloir que je réfléchisse à chaque mot que je tape!

Et voilà, çà c'est du Laouen 100% pur jus.
Elle a planté sa caisse, et elle rigole...

Ben quoi, vous voudriez aussi que je chiale?
Pffffff...
Vous ne trouvez pas qu'on a déjà assez de raisons de chialer dans notre vie?

Laouen préfère faire rire... Elle quand elle y arrive, elle est heureuse.
Mais je vous rassure: je sais aussi être heureuse par moi même!
Désormais, mon bonheur je ne le trouve plus à travers celui des autres, ma vie ne dépend plus de personne. Je sais saisir au vol les instants de bonheur...
Parce que, je vous connais, certains doivent s'interroger, quand ils lisent ce que je viens d'écrire, et ce que j'ai écrit hier soir.

Non, je suis son amie, tout simplement.
Non, je n'ai pas BESOIN de lui.
Mais je suis là si IL a besoin de moi. C'est tout.
Oui, je suis heureuse si j'arrive à le faire sourire, c'est tout.
Non, je ne vais pas me rouler par terre pour qu'il me demande: viens me faire rire, avant que je parte là bas.
Je n'ai pas besoin de çà! du tout!
Mais j'irai si il en a vraiment besoin.
Vous sentez la différence?

Il y a des erreurs que je ne referai pas.


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27 avril 2008

aux sombres zéros de l'amer...

Mouais...
Laouen sombre dans le jeu de mot réchauffé?
Tout à fait.

Pas de chapitre "Himmel 13" ce soir.
Tout ce blanc, çà cadre mal avec la couleur du moment, une espèce de gris sale, entrecoupé de traînées sanglantes.
Kôa?
Laouen fait dans le dépressif cette aprem?
Mouais...
Kôa?
Laouen parle d'elle a la troisième personne, même si çà fait pompeux, relou, vaguement ridicule?
Mouais...
Parce que, vous comprenez, parler de soi à la troisième personne, c'est un peu comme se raconter en prenant du recul, vous pigez?
çà dédramatise!
Et en être consciente, de cette dédramatisation volontaire, c'est déjà pas mal!
J'aurais pu parler de moi inconsciemment!

Parler de moi...
Tiens, çà me rappelle un truc çà.. Justement ce que je vais vous raconter!

Donc, Laouen est en vrac, physiquement et moralement. Mais ce n'est pas ma faute.
J'ai juste pris un coin de ciel sur la gueule, à force de trop m'en approcher.
Bien fait pour toi Laouen, la prochaine fois pense à ne causer qu'à des gens transparents, bien sous tous rapports (même sexuels si possibles), aussi cleans dehors que dedans, si possible avec un QI < 2,12, et avec des états d'âme aussi profonds qu'une rivière du désert en plein mois d'août.
Comment? Je métaphore à sec?
Mouais...


Donc, la Laouen, elle a pas de chance!
Dans les dernières années de sa vie tumultueuse, elle s'est rapprochée de certaines personnes.
Oh, elle peut citer les noms!
Certains ont fréquenté ce blog plus ou moins assidûment, le dernier n'y venant pas parce que ne pigeant que 3 mots de français.
Que ceux qui se sentent concernés lèvent le doigt!
Tain... Y a pas grand monde, ou alors ils sont là incognito!

Bref, la Laouen, depuis toute petite, a été la confidente des âaaaaaames tourmentés, des coeurs rafistolés, des corps blessés qu'aucun pansement miracle n'aurait pu réparer.
Déjà, en internat, elle passait des soirées à écouter ses copines pleurer, à dire ce qu'il fallait quand il le fallait, du moins, à tenter de le faire.
Car, tant que Laouen n'était qu'une confidente plus ou moins neutre, tout allait bien. D'ailleurs elle aurait du envisager ce genre de carrière: du genre Laouen à la radio, de 22h à 2h du mat, avec une voix grave, écoutant, tendant des kleenex virtuels, jetant des coups de pieds au cul quand il le fallait...
Mais la Laouen, dès qu'elle s'est réellement liée d'amitié avec ces écorchés vifs, tout s'est gâté, car en voulant trop bien faire, on finit parfois par étouffer. Soi, et l'autre!

çà a commencé il y a quelques années par un cas sur lequel je ne reviendrai pas (d'ailleurs il ne reviendra pas sur moi non plus hein..)
Qui a dit "çà a une forte connotation sexuelle cette phrase?
Pfffffffff :-)))
Pourrait aussi revenir sous moi non? (pas tapeeeeeeeer!)
Kôa? Quelqu'un a quelque chose à dire? Bah, ferait mieux de la fermer...
Monsieur mon ex meilleur ami avait tendance à se défouler sur la Laouen... Agressif quand il était à bout, elle en prenait plein la goule, la Laouen... Mais elle encaissait, et tendait l'autre joue, toujours avec les amis!
A suivi quelqu'un qui a fréquenté ce blog, et qui a finit par devenir extrêmement agressif aussi, totalement injustement.

Après une longue période de "non rien de rien, je ne me lierai d'amitié réelle avec personne", Laouen a craqué.
Le cas était trop beau! (le cas, pas lui, bande d'obsédés qui voient du sexuel partout!)
Plus déchiré, plus perturbé, plus à bout, c'était pas possible!
Laouen, belle âme, s'est dit: çà c'est pour moi! Je vais le faire rire, sourire, je ferai 10000km ( au moins çà) pour le voir 5 minutes et le faire rigoler si il le faut, mais je vais lui embellir ses derniers jours d'être humain avant.. un certain temps.

Au début, çà collait au poil.
Laouen, réservée, savait qu'elle avait à faire à une bête blessée, alors elle ne posait aucune question.
Elle aurait du... Quelle conne, mais quelle conne...
Laouen le laissait parler, mais justement, il ne disait rien.
Lui, il posait des tonnes de questions, et il était heureux quand Laouen disait qu'elle était heureuse.
Tiens, ce credi soir, la Laouen gelée dans sa bagnole à Malbun, il paraissait heureux au téléphone, quand Laouen riait, et lui disait s'éclater, et apprécier ses vacances à bloc. C'est d'ailleurs ce qu'il lui avait demandé: file, éclate, toi, profite...
Tiens, çà lui rappelle un autre cas çà...
Vous savez: le cas des gens qui ne vont pas bien dans leurs têtes, mais qui crient haut et fort qu'il ne souhaitent que votre bonheur, alors que vous allez mal.
Vous allez mieux, grâce à eux, grâce à vous aussi, et vous le dites. Au début, ils sont heureux.
Et soudain, ils se rendent compte d'un truc horrible: ils sont devenus PLUS malheureux que vous!
Alors là, ils vous en veulent!

Lui, c'est un cas différent...
Il m'a dit: tu ne verras jamais une photo de moi où je souris, c'est pas possible...
Laouen y croyait: j'y arriverai! Elle était arrivé à le faire rire au téléphone, et sur l'iNet. euh, pardon, internet!
Lui, c'est un cas terrible...
Le mec qui est bon, au fond de son coeur, et qui a vu, tout au long de sa vie, vu et peut être commis, des atrocités innommables..
Alors à l'intérieur, il est tout cassé...
Mais Laouen l'aime.
Et elle le lui dit. Il comprend, il ne va pas se faire des films, la Laouen elle est pas raide dingue amoureuse, c'est son amie!
Il lui dit toutes les 3 secondes de prendre soin d'elle, alors qu'elle lui répète: Mééééééé, c'est pas ma vie qui est dangereuse, c'est la tienne...

Laouen rentre de vacances. Lui, il rentre d'un séjour intensif en camp d'entrainement US. Samedi soir, pendant qu'elle roulait vers la Bretagne, il l'a appelée au téléphone, et elle entendait les hélicos... Take care, drive slowly qu'il lui disait...
Une semaine de vacances pour Laouen, une semaine de pré-enfer pour lui. Il a très peu dormi, il est déjà en pleine prépa, il est déjà là bas, la tête en enfer...
Quand elle tape "Basra" sur Gogole, Laouen ne lit que des horreurs... Elle ne demande rien, elle n'ose pas, çà ferait déplacé pense t'elle...

Il rentre 2 jours après elle. Le premier soir, ils rigolent sur l'iNet... Et voilà que tout bascule mercredi. Va savoir pourquoi...
Il a du trop picoler, comme toujours... D'ailleurs ce n'est pas "il a du". Elle le sait, il lui disait "je vais chercher une bière" régulièrement.
Et Laouen a le chic pour être une superbe cible. Celle qui ne se défend pas, qui tend l'autre joue, qui encaisse...
Et ce qu'il lui reproche, elle l'accepte, car il a raison. Du moins au début!
Elle essaie de se défendre, du moins de se justifier, parle de pudeur, mais rien n'y fait, l'engrenage est en route.
Bref, Laouen s'entend dire qu'elle ne parle que d'elle, alors que c'est lui qui l'avalanche sous les questions, qu'elle ne pose jamais de questions, bref, qu'il n'est qu'une curiosité du net, dont elle se fout comme de sa première culotte...
Ce à quoi Laouen proteste, sans s'exciter, car elle sait ce qu'amène ce genre d'excitation: l'autre coupe le net, le téléphone, les mails, les ponts etc...
Il n'y a pas plus sourd que quelqu'un qui ne veut pas entendre...
Laouen reconnait ses torts, tente d'en placer une, mais non... Elle croit couper le net sur un mieux, un sourire.
Pourtant le lendemain est encore pire.
Le dredi? Pfffffff...
Le samedi? y a pire que pire dans le dico?
C'est une suite de "je te bloque mon téléphone", je te débloque, je te réponds mais uniquement par oui ou par non, je t'agresse au moindre mot, et logiquement, Laouen finit par s'enterrer, on ne peut pas rester de marbre, quand on a un coeur.
Putain çà fait mal bordel de merde! C'est injuste!
Ils le savent tous, ici sur le blog, à la maison, au boulot, même les gens qu'elle a rencontré au Liechtenstein! Elle parle de lui à tout le monde!
Le jeu (et ce n'en est pas un malheureusement) finit par atteindre un certain niveau de cruauté...
Laouen devrait être une grande fille, couper le net, et surtout faire silence, mais çà, quand elle aime, elle ne sait pas faire. Ou du moins, pas longtemps, elle craque vite!
Toutes les leçons qu'elle aurait du tirer des années précédentes ne servent à rien, elle refait les mêmes conneries, en sachant qu'elle les fait.
Le genre "mail à rallonge" qui résume ce qui ne peut l'être, phrases choc en anglais, les "je serai toujours là si tu as besoin de moi" etc...
Le genre de conneries qui ne peut qu'énerver.. surtout les hommes!
Laouen pourrait lancer des coups bas, du genre: bédidon, pour un mec qui a fait et qui va faire la guerre, tu manques de courage, couper le net c'est trop facile, c'est comme çà que tu fais sur les champs de bataille, tu te débines?
Mais non, Laouen est une bonne fille. Mais ses épaules ont beau avoir des deltoïdes affirmés, elles ne peut pas porter tout le malheur du monde, et même pas tout le malheur d'un seul homme.

Parfois, elle croit que çà s'arrange, mais il dérape à chaque phrase, et Laouen se sent boite de conserve dans un jeu de massacre...

Mais elle ne dit rien. Dans 15j il sera là bas... En enfer. Pour 6 mois.
Elle comprend que dans sa tête c'est le chaos total...
Ils sont devenus trop proches... Pour s'évader de cet enfer il a certainement besoin de discuter avec des gens nouveaux, qui ne connaissent rien de sa vie. Elle aurait du les poser avant ces questions qu'il lui réclame maintenant, maintenant qu'il est un peu tard pour les poser.
A vouloir laisser l'autre libre, de peur de l'étouffer, l'autre finit vous croire égoïste...
A se justifier ces derniers jours, à vouloir lui prouver à quel point il compte pour elle, elle a du lui faire peur, à cette bête blessée, dos au mur, griffes sorties.
Etrange situation...
Il lui a reproché de ne pas s'être assez intéressé à lui, et quand elle a crié ses sentiments, elle l'a fait avec tant d'insistance, et surtout avec des phrases qui sonnent fort, très fort, qu'il s'est senti oppressé. Elle commence à savoir écrire en anglais la Laouen... Ce qu'elle écrit, traduit en français sur son blog, çà ferait pleurer les ménagères de plus et de moins 50 ans...
Mouais, étrange situation... C'est à peine contradictoire!

Tout à l'heure, le téléphone a sonné. Laouen était surprise... Elle n'aurait jamais cru qu'il appelerait, pas après ce matin...
Il lui a demandé de ne pas le pousser... Lui a réaffirmé qu'ils étaient amis... La Laouen sentait le mal être qui collait à chacun des mots...
Dès qu'elle essayait d'en placer une, il lui disait "s'il te plait, arrête, tu as déjà tout dit"... Sans agressivité. Du tout... Il a du se rendre compte qu'il était allé trop loin. Et quand on va trop loin, comment revenir en arrière?
Laouen, elle elle sait tirer un trait... Ne pas pardonner, car il n'y a rien à pardonner.
Elle a même cru l'entendre rire pourtant, quand elle même s'est mis à rire, pour une bêtise dite dans un anglais lamentable... Totalement contradictoire... A la dérive. Chaque mot criait cette vérité "je me noie"...
Elle ne pouvait plus rien.
Il lui a demandé de lui dire un truc gentil, en français... Elle l'a dit.
Et c'est elle qui a du raccrocher, comme toujours. Parce qu'il n'a jamais voulu raccrocher... A chaque fois.
Putain de bordel de merde!
Laouen qui n'avait qu'une envie, c'était de prendre sa caisse, et de faire 1500km
Et face à face ils ne seraient pas disputés, jamais!

Alors Laouen va être une grande fille, elle va arrêter de lui tendre la main, si il veut se noyer, après tout, elle ne peut pas l'en empêcher.. Elle espère simplement qu'il ne se noiera pas. La fierté de la bête qui n'en peut plus, et qui refuse la main tendue, elle connaît.
Elle lui a demandé de l'appeler encore une fois, avant qu'il ne parte. Il a dit oui.
Laouen espère qu'il le fera.
Elle a promis: elle sera une grande fille ce jour là. Elle ne pleurera pas.

Ma fille vient de descendre de sa chambre, elle joue de la flute... Et elle joue "Amazing Grace".
Je lui ai dit: s'il te plait...
Ce chant là, un chant chrétien, à la télé, est toujours associé à l'image d'une superbe boite en sapin, recouverte d'un drapeau...
Elle a compris. Elle a arrêté.
kandahar2


Posté par Laouenanig à 18:08 - mon âme à nu - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Himmel... (12)

Tiens?
Nous en sommes au 12eme épisode!
Il y aura donc un Himmel 13! Et ce sera le dernier.
Après, on se demande pourquoi j'ai les blèmes qui me tombent sur la tête plus rapidement encore que la pluie bretonne!

Nous sommes dredi, enfin, si vous suivez, jeudi dernier, bref, prenez un calendrier, je déclare forfait!

Il fait un temps absolument splendide!
Chaud, très chaud.. Enfin, disons qu'à Vaduz il doit faire 16-18° l'aprem, et qu'à Malbun, à 1600m, il fait beaucoup moins, mais le soleil va taper très très fort!

Dommage... Hier je n'ai pas fait les achats que je comptais faire, il me faudra donc descendre en ville cette aprem. Comment rentrer à la maison sans cadeaux pour les gosses?

Je roule vers Malbun, je m'arrête un moment sur le bord de la route, pour regarder la ligne des montagnes face à moi. Le bus me double.
Quand j'arrive au parking, je vois J assis près de l'arrêt, qui me fait un coucou de la main.

J'ai reconnu ta voiture me dit il... Tu montes à Sareis?
Oui, où puis je aller sinon?

Ce matin, nous n'aurons pas de mal à trouver le sentier.
Nous grimpons à même la pente, cherchant la difficulté brute. Il me montre ses traces d'hier, quand il est redescendu de Sareis, par une pente encore plus pure. De la folie! çà le fait rire.

Ready for Himalaya?
Oh que non...
Il me parle d'Alaska, du Mc Kinley.. Et je souris. Celui là aussi, c'est un rêve...

Je me sens beaucoup mieux que mardi! C'est l'effet "montagne", privations..
Au moins je mange, au plus je vole!

Là haut, je ne me rends pas compte que mon appareil ne s'ouvre pas totalement. çà va me donner des photos étranges, avec des coins noirs:

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Comment?
Je poste des photos et je n'écris rien?
C'est certainement que je n'ai rien à dire! :)

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L'Ochsenkopf... Une merveille verticale

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Le Galinakopf a la tête blanche...

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Vu d'en haut, le terminus de la station de ski de Sareis ressemble à un vaisseau spatial.

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Et parfois, le Föhn pousse les nuages sur les sommets... Instant lumière, les ombres avalanchent... Du verbe avalancher, néologisme laouenesque :)

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Nous allons rester à Sareis un certain temps, que je ne saurais évaluer. Le plancher de la terrasse est tiède, il est bon y rêver, couché au soleil.
Même pas peur des coups de soleil, j'ai acheté de la crème!

Conversation grave, rêves de sommets, entrecoupés de silences, car rien ne vaut un bon silence pour commenter ce que l'on voit.
De temps en temps, le grondement sourd d'une avalanche nous fait dresser l'oreille.
Une, une autre, encore une autre...
Le Föhn continue son travail, il est, d'après un poète local, comme un chien fou qui fait s'écrouler la neige de sommets vers la vallée... Trop de chaleur, l'hiver renonce, la neige cède, et pourtant, il neigera encore la semaine prochaine.
Je serai loin...

J doit redescendre, il a promis à un ami de l'aider à faire des travaux chez lui. Je descends avec lui, j'ai des achats à faire à Vaduz..
On va descendre comme des wild sow dit il!
C'est péjoratif, mais c'est génial!
Etrange comparaison... Que viendrait faire un sanglier sur ces pentes?
Nous entamons la descente par le sentier, et il s'arrête net face à la pente pure.
C'est ici me dit il.
Je regarde et je dis: j'ai peur!
Noooon! You can do it!
J'accroche mes raquettes à mon sac, ici elles ne servent à rien, sinon à augmenter le danger.
Je sais que je vais plonger, jusqu'à l'entrejambe parfois.
Il me montre, dévale une partie de pente, glisse sur les fesses, se rattrappe aux pins.
Damned..
Je pose un pied sur la pente, un autre...

Avant j'ai fait une photo:

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çà, c'est un croisement de lumière qui m'a attiré l'oeil.
Mais la pente, c'est çà:

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J'ose demander: quel pourcentage?
45 mini me dit il. Parfois 60! C'est de l'hyper piste noire...
arghhhhh...
Elle descend de la montagne à ........ piiiiiiiiiiiiiieeeeeeeeeeds!!!!!!!
Cris, rires, chutes, plongeons...
Première étape franchie...
La pente se corse encore.
Je vais parfois plonger très très profond, mettre 10 minutes à ressortir ma jambe. Il faut réfléchir, tirer dans le bon sens, et parfois çà coince, le pied est prisonnier. Bouger lentement, tordre la cheville doucement, tenter de creuser avec les batons.

Snowshoes are for the weaks! lançais je!
(les raquettes c'est pour les faibles)...

Re cris, re rires...
Je finis par rejoindre le sentier en bas. Trempée.
Génial...
Car ce soir je vais dormir dans la voiture.
Pourquoi?
Parce que ce sera la dernière nuit, et que je veux voir la montagne en ouvrant un oeil, voire les deux.
Rien ne sera sec, tant pis.
Je reviendrai demain, avec un autre pantalon, regrimper ici, et redescendre par là.
Avec le sale temps, je le sais, j'ai vu la météo...

En bas, nous rencontrons un couple sympa: des Néo Zélandais en vacances un peu partout en Europe. Ils sont très heureux: ils ne rencontrent que des gens qui parlent anglais, çà a l'air de les etonner.
Nous les conseillons sur leurs futures destinations, et ils tiennent à nous prendre en photo.
Souvenir: deux grimpeurs du coin, un peu zinzin, voire beaucoup.

J a raté son bus.. Mon ami va raler dit il!
C'est po grave, je te descends à Vaduz, et je remonte ici ensuite!
çà fait des bornes!
Naaaaaan... Faut que je mette du gasoil, et de toute façon je dois remonter à Malbun pour me laver.
?????
Ben oui, ce soir je dors dans ma voiture, mais ce soir je dois peut être rencontrer un gars d'ici avec sa copine, à Vaduz. Je ne peux pas les voir comme çà, je dois me laver les cheveux, le corps, me changer..
Et comme je ne suis plus à l'AJ, je vais aller dans les toilettes de Malbun, qui sont chauffées, et je me laverai ici.

J rigole...
Il me dit que je pourrais faire son job. Que je survivrai au tiers monde (du moins physiquement) car je dors n'importe où, mange peu et n'importe quoi, me débrouille...
Pour le côté moral, c'est une autre histoire. La misère... çà fait mal.

Me voilà à Vaduz. J me serre la main. Qui sait, peut être nous croiserons nous un jour à Sareis...

Je remonte à Malbun, m'enferme dans les toilettes (pas à clé, juste la porte), monte le chauffage, me lave les cheveux dans le lavabo, et le corps avec un gant, me change...
Si une femme rentrait, elle serait surprise!
Mais personne ne viendra: le Föhn souffle fort, Malbun sera désert ce soir.

Je descends à Triesenberg, où j'ai RDV avec un pote.
J'ai de la chance: ils sont tous coincés au Liechtenstein, mais celui ci est un cas à part. Il bosse pour le tiers monde aussi, revient de un mois au Malawi, et a le style mec cool avec une boucle d'oreille.
Et il ne roule que dans une Béhème série 3!
Sa copine ne sort pas de Kalashnikov en voyant débarquer son mec avec une autre fille dans sa voiture.
Ah bon? çà existe çà? Naaaaaan, j'y crois pas!
Elle ne fusille pas, me salue, et pousse même le vice à dire qu'elle est heureuse de me rencontrer.
Dingue non?
Bon ok, c'est vrai, son mec est vraiment hyper .. pas mal du tout, mais bon, c'est un pote, et il est casé, na!
D'ailleurs, elle est hyper mignonne aussi, d'ailleurs... roooooo, Laouen!

Nous allons écouter de la musique, une belle Africaine de Cote d'Ivoire, dont je vous donnerai le nom, qui va mettre le feu à la salle, par sa voix forte et magique, et sa manière de bouger son corps. Quelle souplesse! Elle est musclée, vive, agile, et danse fabuleusement bien.
Certains mecs vont faire des rêves torrides ce soir, je vous le dis!
Elle parle à la salle en français, je traduis à mes deux compagnons de soirée.

A l'entracte je rigole: je suis obligée de tenir mon pantalon sinon il me tombe sur les chevilles: j'ai perdu du poids!
La fille est morte de rire. Tu as 41ans? Oui. çà doit pas se voir, c'est ce que je comprends...

Fin du concert. Nous allons boire une bière à Vaduz. Je ressors du bar un peu ... pétée..
Les efforts, le manque de sommeil et de bouffe, et hop! une bière et çà suffit.
Le gars me ramène à ma voiture en demandant: tu peux conduire, tu es sure que tu vas dormir là dedans à Malbun?
No problem!
Il me salue, et me dit: mes salutations aux marmottes!

Je grimpe à Malbun, je suis... wow!
Je m'enfile dans mon sac de couchage, me plie en deux.
La voiture bouge... Le Föhn s'en donne à coeur joie.
Moi...
Ne pas penser à demain...

Posté par Laouenanig à 12:16 - rêves de montagnes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 avril 2008

Himmel... (11)

Mouais...
Revenons en à ce récit...
Ce qui suivent, levez le doigt!
Pas tous en même temps, svp, la semaine a été rude...
Et le WE le sera aussi.
Quand à la semaine prochaine, je ne préfère même pas y penser!
Ni à celle d'après d'ailleurs.
Là, c'est du "ici et maintenant" version survie!

Revenons en donc à Himmel... Enfin, à Nenzinger Himmel, ce village autrichien perdu, enfoui sous 2 mètres de neige, au bout d'une route minuscule de 20km de long, fermée, mais ouverte sur le ciel.

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L'eau coule à Himmel... Elle est glacée, pure.

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Le village est curieusement coupé en deux. coupé en deux par rien du tout.. Une étendue blanche en hiver, des prés en été...

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C'est derrière cette petite chapelle que je vais aller m'assoir, face au Naafkopf dont on peut distinguer la pente, au loin...
Le toit de la chapelle semble avoir été utilisé comme tremplin de ski par les oiseaux...

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Derrière la chapelle, en plein soleil, le vent est moins fort. Disons qu'il est supportable...
Voici ce que j'ai devant mes yeux:

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Tout au fond, son sommet dans la brume, le Naafkopf. Sur la droite, le Gorfion, sommet autrichien.
Si faible altitude.. L'un fait 2670m, l'autre 2300! Mais totalement inaccessibles...

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Comment? c'est la même photo que celle plus haut?
M'en fous!!!

Tenez, regardez le au zoom 15...

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Arghhhhh...
Si on s'approche un peu, on devine le chemin qui va ensuite s'enfoncer dans la forêt, puis grimper, grimper, grimper...

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Je joue à zoomer sur l'arête, la crête sur laquelle je me promenais dimanche après midi...

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Sans commentaires...

Le temps passe, et je sais qu'il me faut compter 3h (en étant large) pour descendre à ma voiture. J'ai des achats à faire à Vaduz avant 18h (ici les magasins ferment tôt hors saison!), alors il me faut rentrer...
Je me lève au moment même où un gros paquet de neige s'écrase à 10cm de ma tête...

En retournant vers la route, je reste un moment rêveuse devant ces panneaux:

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Sourire..
A bientôt...
Cet été je grimperai vers vous... même si j'ai bien noté le "nur für Geübte" :-) (seulement pour les experts)

Sur la route du retour, l'Autriche me salue...

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Himmel, le ciel, m'a fait un cadeau de paix et d'amour... Il m'a permis d'arriver jusqu'à lui, et de son coeur, de contempler cette montagne que je n'ai pu atteindre cette semaine.
Seul s'atteignait.. le ciel. Cette semaine là...
Vous ne croyez pas que c'était suffisant? ;-)

Himmel va me faire un second cadeau, au retour.
J'en tomberai en larmes, mais tout en silence... Fallait pas gacher l'instant! Quel partage... J'en ai les larmes aux yeux rien que de commencer à en parler.

Je marche depuis une heure.
Sur la gauche, une "vacherie" vide (une vacherie étant l'équivalent laouenesque d'une bergerie, mais pour les vaches).
Elle n'est utilisée que l'été.
Et face à elle, une croix, et le Christ.
Je reviens de Himmel, du ciel...

Sur la gauche, devant la bergerie, je distingue un mouvement furtif. Je suis myope, mais çà m'attire l'oeil.
Noooooooooooooooooooooon!
Je me souviens des paroles de J, mardi:
Elles dorment encore pour 15j au moins, trop de neige. Mais si tu as de la chance, tu peux parfois en voir une.
She puts her head out of the hole, she looks at the snow, and she says: Shit! I keep on sleeping for 2 weeks"!

J'avais rigolé... çà aussi, c'était raté. Elles dormaient encore, et se réveilleraient en Mai, quand je serai loin...

Mais non, Himmel m'offre ce cadeau. Ne me demandez pas pourquoi çà me bouleverse, je suis incapable de vous le dire.
La première est dans son trou, mais plus haut, sur la pente, un drole de cailloux, immobile.
Je vois mal, mais je sais que ce cailloux n'est pas un cailloux.
Je fais un pas. Elle prend la fuite, et.. elle crie.
Ah.. ce cri!
Si vous saviez! Ce bonheur!

Je reste immobile. Elle ressort...
Alors je sors mon zoom.

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Elle court...

Je m'approche. Lentement. J'ai jeté les batons, je m'enfonce dans la neige.
5 mètres...
Elle me regarde...

4 mètres... C'est pas possible...
3 mètres...
2 mètres...

Je pleure.
Et j'appuie sur le déclancheur.

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Elle me regarde, droit dans les yeux

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C'est à genoux dans la neige que je franchis le dernier mètre...
Elle est rentrée dans son trou.
Je jette des petits bouts de barre de céréale...
Je suis à un mètre du trou, moins même..
La preuve: je vais faire des photos floues! Parce qu'à cette distance, il me fallait le macro!

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Droit dans les yeux, je vous le dis! C'est immense!

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Je suis si près que...
Je me vois dans ses yeux.
Après, ma vue se brouille...

Merci Himmel

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Il me faut redescendre... Elle a fini par prendre peur, j'ai du inconsciemment vouloir la prendre dans mes bras...

Plus bas, une autre marmotte galope

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Et une fleur me dit à bientôt

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Je vais marcher en apesanteur...
Tout à l'heure, pendant que j'étais près de la marmotte, un 4X4 est passé, il grimpait vers Himmel.
J'entends la voiture redescendre maintenant.

Elle freine. L'homme ne baisse pas la vitre, il ouvre la porte et me dit en allemand: descend dans la voiture!
Comment refuser?
Comment lui dire que cette route qui m'a menée vers Himmel doit me ramener vers ma voiture?
Je grimpe.
C'est un ouvrier, ils font des travaux sur la route, cimentent ce qui peux être stabilisé. Il s'arrête pour ramasser des sacs de ciment vides.
Il me dit: demain, ou après demain, nous ouvrons la route, mais seulement pour les gens de Nenzig..
Je souris.
Demain... Et c'est aujourd'hui que je suis venue! Merci.......

Je lui dis " ma voiture est en bas après la barrière". Je sais dit il, immatriculée en France..
C'est quoi ce sous entendu? Y a qu'une Française pour être aussi dingue et se taper la route jusqu'à Himmel?

Certainement!

Vous n'avez pas vu un homme seul me demande t'il? Il marchait tout à l'heure, je ne le vois plus.
Non.. bizarre.
Ici, c'est marrant, ils se soucient des touristes égarés...
Ils savent que si la nuit vous prend sur ce morceau de route, elle sera rude, et glacée.
C'est à se demander si les deux hommes de ce matin n'ont pas dit à celui ci "va jusqu'à Himmel, tu trouveras une dingue là bas, seule, elle risque de se faire prendre par la nuit"...

Faudrait que j'apprenne leur langue... Cet horrible dialecte que j'aime! Je n'ai jamais rencontré deux personnes qui parlaient la même langue ici! Je suis sure que parfois, entre mari et femme ils ne se comprennent pas!

Ma voiture... Nenzig... La frontière.. Vaduz.

Dans mon coeur souffle le Föhn... Celui qui s'accroche aux cimes blanches...
Celui qui rend fou...
Je le suis.
Merci

Posté par Laouenanig à 13:44 - rêves de montagnes - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

interlude...

Fin de semaine.
Et la prochaine commence lundi, avant l'aube...
Yes!

Vous me direz, tant mieux... Pas la tête à internéter en ce moment.

Mais je voulais vous faire partager un passage lu hier. J'ai toujours adoré les polars de San Antonio, et je peux vous dire que quand on sait lire entre les lignes, y a autre chose là dedans que du suce pence, et du sexe.

Voici ce qu'il raconte sur Dieu.
De quoi faire la transition avec ma série "Himmel"...

Vois tu, à la base, on patauge dans un malentendu, nous, les hommes. On espère un Dieu dans l'autre monde, alors que Dieu n'est que de celui ci.
Dieu est parmi nous, parce qu'il n'y a pas d'ailleurs. Tous les pensionnés de la prière se foutent l'oraison dans l'oeil: ils thésaurisent à blanc, à vide, en avide, en divin.
Moi, çà m'est apparu l'autre soir,avant de me zoner. Boum, je me dis: "Dieu est ici, recta! L'éternité, c'est en ce moment.
After? Nib d'auréole. Zob et zob.
Les gentils vers dans le pardingue à manettes, ultimes animaux domestiques.
Dieu? Illico! Avec nous! Vive Dieu! Bravo! Voilà Magloire!
Dieu et mon doigt! Pas aux calendes: maintenant. En exercice, 24h/24. En ce moment que je te cause, il ligote par dessus mon épaule. Opine. Se renchérit. Pense: "Tiens, en v'la un qu'a enfin pigé."
Il est content.
L'épargne prière? Du fond russe! Les tickets d'imploration sont à honorer sur le champ. Faut les présenter au contrôle. Pas attendre que tu deviennes os, que tu vires poudre d'escampette.
Hé, mon Dieu! N'est ce pas?

Merci San Antonio.... Merci, ici, et maintenant.


Posté par Laouenanig à 12:53 - pensée du jour - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 avril 2008

Himmel... (10)

Moi? faire un break?
pffffffffff
de toute façon, vous êtes quoi? une dizaine à me lire actuellement?
Alors prenez des vitamines, reposez vous, et tentez de suivre! :)

Car cette journée là, je ne peux pas attendre pour en parler, pas possible!
J'ai bien déjeuné, comme toujours à l'AJ, où je m'empifre de fromage, de charcuterie, et de pain complet avec de la confiture..
Ici, à midi, tu n'as jamais faim!
Et je file vers l'Autriche.
D'abord Feldkirch, une jolie ville, agréable et sympa.
Tiens... Je viendrais bien habiter ici moi! et tenter de trouver un job de l''autre côté de la frontière!
Pfffff.. la frontière!
Si vous saviez ce qu'elle est ridicule, cette frontière! là, au milieu des montagnes!

J'arrive à Nenzing, ville modeste. Ici, plus d'habitants que de banques, et les voitures sont parfois aussi pourries que la mienne.
N'ayant aucune carte, mais un certain sens de l'orientation, j'arrive immédiatement face au minuscule panneau annonçant "Nenzinger Himmel".
Et c'est parti!
Tain... çà grimpe fort! La bagnole peine... Je regarde le paysage, encore dans l'ombre, car le soleil est bien caché derrière les pentes.
Devant moi, un vieux 4X4 pick up. Ici, quand on roule là dedans, ce n'est pas pour se garer plus facilement sur le terre plein devant le Lidl... C'est parce qu'on en a besoin! Vraiment besoin!

Quelques virages, une paire de kilomètres, et soudain je stoppe. Au milieu de la route, une barrière, et ce sublimissime panneau rond, cerclé de rouge, ne contenant rien à l'intérieur:
CIRCULATION INTERDITE.
Le 4X4 est de l'autre côté, les deux gars mettent le cadenas sur la barrière.
Assommée, je cours vers eux, et ressors mon allemand rudimentaire. Voilà des mois que je cause anglais, j'ai tout oublié!

Résumé:
oui, c'est bien la route pour Nenziger Himmel, mais elle est fermée, et personne ne passe.
La route est abimée, on bosse dessus, trous, pierres, effondrements, neige, chaines obligatoires sur la fin etc...

Ils parlent cet abominable dialecte (je l'adore!) dont je ne pige pas un mot...
Alors comment leur expliquer?

L'homme demande:
Mais pourquoi vouloir aller à Himmel?
Il n'y a personne là bas, le village est vide, vous ne trouverez ni resto, ni bar, ni hotel...
Et il y a plein de balades plus belles!
Ici, il n'y a qu'une route, la vallée est trop étroite, pas de sentier!
Et la route fait 16km, elle grimpe fort, vous en avez pour 4 heures!
Et ensuite il vous faudra revenir!

Méééééé... je veux aller à Himmel, j'ai des raquettes, je...

çà ne vous servira à rien, à part là bas. Ici, c'est du bitume interminable...
Pourquoi aller là bas?

Je ne parle que très peu allemand, et encore moins l'allémanique du coin, alors comment dire:

Pourquoi Himmel?
Parce que Himmel!
Parce que je suis venue ici rêvant de méditation devant Pfälzer Hütte, devant le Naafkopf, et que je ne peux pas y aller.
Parce que Himmel est le plus beau nom que l'on puisse donner à un village.
Parce que là bas, je pourrais le voir, m'assoir face à lui, et dire merci, merci, merci...

Je réponds simplement: c'est un endroit merveilleux, et je veux y aller. A pieds, puisqu'il le faut!
L'Autrichien n'insiste pas, il devine qu'il est devant une variété rare de Touristus tetusdurus... sp Laouenus.
Il doit penser: stupide femelle...

Mon sac n'est pas prêt, je crois comprendre que si çà avait été le cas j'aurais pu grimper un peu avec eu en voiture...
Je les regarde partir, prépare mon sac, accroche mes raquettes derrière, et attaque ces 16km de bitume.
Je regarde ma montre. Je calcule le temps, le temps que je vais passer là bas, le temps qu'il me faudra pour retourner ici, les pieds bouillants, abimés par le bitume.
Ok...

La route est dans l'ombre.
Sur la gauche, elle est taillée à même le roc, à même la terre, et çà déboule sur le bitume...
A droite, elle tombe à pic. Au fond, une rivière en furie, et en face, des falaises torturées, des cascades.
C'est d'une sauvagerie incroyable, à peine imaginable dans ce coin là du monde.
Je ne sais pas pourquoi, mais çà me fait penser à certains coins du Canada, ou de l'ouest des USA, vus à la télé.
Rien de grandiose, juste une nature brute, sans jolies broderies autour.
Immense...

Je ne prendrai pas de photos des falaises, car il me faudrait descendre à pic, et j'ai peur de ne pas avoir ensuite le temps de filer à Himmel et surtout d'en revenir.

Voici quelques photos de la route:

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Peu à peu la route sort de l'ombre.
Je suis la rivière, dont j'ignore le nom

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Et peu à peu, la route se couvre de blanc.
Je ne sens pas le bitume, je ne pense pas aux heures de marche, aux quelques minutes que je passerai là bas, car je sais que je ne pourrai pas quitter Himmel et marcher vers le Naafkopf, pas le temps.
J'aime chaque mètre de bitume. Il fait un temps merveilleux, je ne marche pas vers le ciel, j'y suis déjà depuis longtemps.

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Peu à peu, la brume se lève, restant accrochée aux cimes autrichiennes. Vers l'Est, la lumière est si vive que la regarder fait mal... et en même temps vous transforme vous même en rayon de lumière.

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La route aussi, se couvre de blanc, parfois.

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Je pense que c'est le massif du Panüeler.. Je l'ai tant admiré, quand j'étais sur les pentes du Naafkopf!

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Je ne veux pas savoir si il existe des endroits plus beaux...
Cette route là, est la plus belle route du monde qui est le mien, à cet instant là. Et c'est tout ce qui importe.
Je me sens devenir cette route, cette neige, ces montagnes, cette rivière, ce soleil, et la brume qui les embrasse tour à tour.

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Entre les sapins, il me sourit, le Panüeler, je vous le jure, il me sourit!
Il me dit à bientôt, il me dit "au mois d'aout tu viendras te frotter à moi"...
Cette rando là, elle est énorme! Sur les panneaux, là bas, à Himmel, il est écrit: "seulement pour les experts", en parlant des ascension du Panüeler, de Schesaplana, de la balade jusqu'à Mannheimer hütte, Oberzalimhütte, et de l'ascension du Naafkopf.
C'est là que j'irai cet été.

Pour l'instant, je me contente de l'aimer.
Et l'aimer, çà ne veut pas dire qu'il m'aimera.. je sais!

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paradis...

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Oui, c'est là haut que je serai cet été... et de là haut j'aimerai cette route où je marche ce matin.

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Au fait, vous savez quoi:
Il y a des ours en Autriche!
Oh.. Ils sont aussi bien traités qu'en France, ils ont du mal à zigzaguer entre les balles...
Si vous saviez ce que çà m'a fait, quand j'ai appris çà!
Bien entendu, j'imagine qu'il n'y en aura pas sur le Panüeler... Ni autour de Mannheimer Hütte.
Peur?
Mais de quoi?

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Je vous fait défiler ces photos, comme si c'était de simples photos...
Si vous saviez, combien mes yeux étaient brillants, quand je contemplais cette ligne de roches déchirées, comme j'étais heureuse, comme je me sentais ici, là, et maintenant, et en même temps au coeur du ciel!

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Qu'est ce que je peux ajouter à une photo comme celle là? à part une série de ...?

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Himmel est au pied de cette montagne là, la route est encore longue...

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Soudain, sur la droite, j'entends un bruit sourd, un grondement venu de coeur de la terre...
Je ne vois rien, mais je comprends.
De l'autre côté de la ligne des crêtes, vers le Liechtenstein, une avalanche...
Grand moment de silence.
C'est à la fois terrifiant et grandiose._smallP1020786

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Au fond, toute la ligne qui barre la vallée. Et sur la droite, les pentes du Naafkopf, encore invisible..
La route est encore longue!

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jeux de brume...

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Je souris! Ce piquet que vous voyez là, sur la pente blanche, c'est la station de ski de Sareis à Malbun!
J'ai marché là haut dimanche!

çà y est... encore un peu, et la route va descendre à peine, et je verrai les premiers chalets de Nenzinger Himmel...

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Et voilà...
Là, je vais devoir m'enfoncer dans la neige fraiche avec bonheur, marcher lentement au milieu des chalets, m'assoir derrière la chapelle, et aimer.
Mais il est 11h30 bientôt, et je dois penser à manger, à aller bosser...
Vous découvrirez Himmel demain matin...

Himmel, et ses cadeaux.
Je devais mettre 4h, j'ai atteint le village en 2h40 en comptant les pauses photos. Rythme "entrainement militaire".
Intensément vivante...
Maintenant, place au silence, et au vent glacé du paradis.

Posté par Laouenanig à 11:23 - rêves de montagnes - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Himmel... (9)

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que vous fatiguez!
Un peu perdu dans mon récit non?
Je vous l'avoue, j'ai besoin d'un break moi aussi.
L'effet magique "je reviens de la montagne" s'estompe plus ou moins lentement, et certaines personnes s'acharnent à tenter de me noyer en ce moment...
Alors écrire, ce matin, çà va être hard!

Je ne sais même plus où j'en étais!
Ah oui... à mercredi aprem.
Bah... Je suis redescendue dans la vallée, car là haut la neige tombait. En bas, il faisait beau, juste un petit vent glacé qui me fouettait le visage.
J'aime trainer dans Vaduz, la tête haute, les godasses de montagne sales, le battle dress taché..
Vaduz, c'est un grand défilé de mode. Mode automobile d'abord, et mode vestimentaire ensuite.
Dingue le nombre de beaux mecs et de belles femmes qui s'y baladent. Normal... Des habits de classe et de prix, des soins esthétiques, çà vous embellit rapidement.
Ensuite, reste à embellir l'intérieur, et là c'est plus hard...

Moi, là bas, je me sens à l'aise. A l'aise dans ma différence. Je traine dans les rues avec un manteau sans manche, un chapeau rigolo, et je ressemble à une princesse sauvage...
Et si on me regarde, ce n'est pas avec mépris, c'est avec curiosité, et qui sait... Je suis vivante, et çà se sent!

Ils sont transparents.. La neige des montagnes a un gout plus pur, plus puissant...
Ma 106 zigzague dans les ruelles, se gare sans rougir entre des Porsche et des grosses Audi...

Avant de rejoindre Vaduz, je suis retournée à Triesen, sur les hauteurs du village, là où les vignes s'accrochent aux pentes.
Un village qui respire la paix.

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Là haut, les bruyères (roses hein Cornus!) peinent pour sortir de la neige, et ici le printemps est là, et bien là!
J'adore les coucous! (ce sont les primevères jaunes sur la photo)

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Bon, ok, au Liechtenstein aussi certains ont des gouts de chiottes!

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Si on vous dit que cette photo a été prise dans un des pays les plus riches du monde, vous le croyez? et bien si...

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En grimpant vers la petite chapelle, je longe les vignobles. Des sarments secs sont entassés au pieds des ceps, j'en ramasse 3 petits bouts.

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Un tel tapis de fleurs donne envie de se mettre à quatre pattes, de se rouler dedans, de bouffer du pissenlit (pas par la racine)...

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Sur cette photo vous pouvez voir le seul immeuble de tout le pays! :)

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Oui, le printemps est bien là!

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Le soir tombe sur Schaan, et je me demande: où vais je aller demain?
Soudain, c'est la révélation...
J'ai marché sur le ciel tombé à terre depuis des jours, je n'ai pu que froler le vrai, les cimes étant trop dangereuses, alors demain je vais aller AU ciel... Himmel... C'est le nom du village!
En fait, non, c'est plus complexe.
Dans un coin perdu de l'Autriche, tout près d'ici, il existe une petite ville nommée Nenzing.
Après 20km de route étroite et zigzaguante, vous arrivez au ciel de Nenzing: Nenzinger Himmel...
Un paradis posé à 1300-1400m, pas plus... Coincé entre des murs de roches, de neiges, coincé entre les géants autrichiens comme le Panüelerkopf, et la frontière du Liechtenstein, frontière des cimes... Ochsenkopf, Sareiserjoch, Spitz, Augstenberg, Gorfion... Naafkopf.
Himmel... Pourquoi quand je parle de ce village (quelques chalets, et un hotel en été) j'oublie le "Nenzinger"?
Pour moi, c'est Himmel... tout court!
J'y suis descendue, en redescendant du Naafkopf, un jour d'aout. Je venais de toucher le ciel, là haut, sur cette montagne aimée...
Et à Himmel, j'ai repris le sentier étroit et terriblement pentu qui grimpe brutalement vers le Sareiserjoch, pour rejoindre Malbun de l'autre côté.
Alors je le sais:
Je n'irai jamais à Pfälzer Hütte, du moins pas cette semaine!
Mais de Himmel, de sa minuscule chapelle blanche, je verrai le sentier qui grimpe vers le Naafkopf à travers la forêt, et je pourrai marcher vers là, avant de m'arrêter sur le dévers, car ici les risques d'avalanches sont au maximum.
Himmel est le seul coin du monde où je pourrai voir cette montagne qui m'a fait rouler 3000km l'an dernier pour quelques minutes à son sommet, avant de retourner en France...

Alors demain matin, je vais filer en Autriche, je tenterai de trouver cette route qui mène à Nenzinger Himmel (je n'ai pas de carte), et j'irai. Et là je vais enfin pouvoir méditer face à la montagne. Il fera beau demain, ce sera merveilleux.

Laouen ne doute de rien... :-)
Demain sera pourtant le plus beau jour de toute ma semaine...
Et je peux vous le dire: on peut atteindre le ciel, on peut atteindre Himmel, c'est juste une question.. d'amour.

Posté par Laouenanig à 10:19 - rêves de montagnes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 avril 2008

Himmel... (8)

Et nous voilà credi!
Belle journée en perspective!
Car il fait très beau ce matin.
Mais çà ne durera pas! Dans la vallée oui, j'ai regardé la météo de Vaduz, mais pas ici, entre 1600 et 2000m.
Je vois les nuages noirs au loin, la neige arrive.

Pause "office de tourisme".
Je pose, encore une fois (comme si je ne me doutais pas de la réponse!!): puis je aller à Pfälzer Hütte?
Là, j'étale ma carte, montre la voie de l'Augstenberg, dis que j'étais là dimanche, parle de Täli Höhe, et de Valüna.

La dame est désolée, elle m'avoue ne rien connaitre du tout à la montagne, et remplacer son collègue.
Devant mon air désappointé, elle me dit d'attendre, et me sert un café.
Là, elle va passer 20 minutes au téléphone, appelant Vaduz, différents organisme, causant à pas mal de monde, pour finir par des pro de la montagne. Je pige à peu près vu qu'elle cause allemand. Dingue! Enfin quelqu'un qui ne cause pas le dialecte local ici!

Le résultat est net et bien tranché: pas question!
Même si vous êtes "fit" (en forme, en anglais)
Même si vous avez des snowshoes, enfin, des schneeschuh, bon bref, des raquettes quoi!
Lawine, lawine, lawine....
Tiens, c'est amusant çà aussi!
Quand un étranger tente de prononcer "Laouen", çà ressemble un peu à ce mot là "Lawine"...
Cette ressemblance étrange me fait rire... Lawine, c'est "avalanche" en allemand.

Elle me site tous les sentiers (le mot est mal choisi), disons, tous les anciens sentiers recouverts sous 2m de neige que je peux emprunter sans risques.
J'avais fait mon gros sac, optimiste que j'étais...
Je remercie la dame, un zeste de regret dans la voie, un zeste bien amer, et je lui affirme que je vais obéir à ces pros: j'irai me balader jusqu'à Sassförkle, et pas plus loin.
Quand je referme la porte de l'office de tourisme, que je vois le soleil, les pentes blanches où personne n'a encore marché depuis les chutes de neige d'hier, quelque chose se déchire...
Je sais que je vais apprécier chaque pas, même si je ne grimperai pas, même si je vais devoir rebrousser chemin au croisement des pistes de Sassförkle, là où des invisibles sentiers m'emmeraient vers le sommet blanc pur du Gallinakopf, ou du Stachlerkopf et du Schönberg, et vers... les emmerdes.

Voici ma chambre:

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Il a neigé très peu cette nuit. Je marche dos au soleil, dommage, mon beau bronzage ne rougira pas plus!

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Laouen?
Ok... Sassförkle! :)

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Neige vierge.
Etrange sensation...
Au début, on hésite presque.
C'est le ciel descendu sur terre, et on va le piétiner!
Ensuite, on pose le premier pas... Et on dit merci, merci, merci, merci...
Pardon aussi, pardon d'oser marcher sur le ciel.
Mais en fait, le ciel est heureux, il sourit... Et il n'a pas besoin d'écouter mes "je t'aime", il le sait!

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Comme hier vers Valüna, neige pure... Mais je me sens différente. Paix...
Je m'enfonce, même avec les raquettes c'est fatiguant, ce faux plat qui n'en finit pas. Je ne dépasserai pas 1850m, mais chaque mètre sera un cadeau.

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A force de faire des photos, et de m'émerveiller en silence devant le paysage, je me fais rejoindre par un vieil homme, qui porte dans le dos des raquettes de bois.
Pointe de jalousie... :) Je veux fouler la neige pure!
Naaaaaan, je rigole...
Il mettra rapidement ses raquettes, marcher ici est épuisant.

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Certains ont peur de leur ombre disait J...
Oui, et pire: certains ont même peur de la lumière!

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Ne me demandez pas de vous parler de ce que j'ai ressenti en prenant cette photo. C'était un pur instant vertical.

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L'homme s'est arrêté, a ôté la neige d'un banc, et m'a dit: je reste ici.
J'ai continué...
Peu après l'instant lumière, sur la droite, tout en haut d'un grand sapin, un oiseau a poussé un sifflement. Je lui ai répondu.
Une seconde de silence... L'oiseau siffle à nouveau, et je souris.
Je vais passer 10 bonnes minutes à lui parler, et il me répondra.
Le silence est intense, aucun autre oiseau ne chante. C'est donc à moi qu'il parle, au ciel, au soleil...
Si vous saviez... (certains savent), le silence...
Le silence des cimes, le silence le plus pur, celui que la neige rend encore plus... silencieux.
Oui, quand le silence se tait vraiment, c'est là qu'il nous parle le mieux.

Kôa? Faut que j'arrête de fumer la moquette?
Naaaaaan! Moi je bouffe de la neige, chacun son truc!

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Comment? mes photos se ressemblent toutes, j'aurais du choisir?
Bah...
Non!

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Ecureuil noir joueur...

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Vous avez vu la couleur du ciel: la neige arrive! C'est merveilleux.

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Pourquoi cette photo?
Parce que çà:

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En fait, sous l'étendue blanche de la photo, il y a un minuscule lac. Interdiction de marcher ici. Dangereux, certainement, mais je pense aussi que le site est protégé.
Hier, en marchant vers Valüna j'ai eu la surprise de découvrir un panneau fabuleux qui expliquait en allemand que toute la zone était une zone de silence. On a le droit d'y marcher, sans sortir des sentiers balisés, mais on doit aussi rester silencieux, car toute la zone appartient à ses véritables propriétaires: les animaux.
Les animaux dorment en hiver, et même le reste de l'année ils en ont ras le bol des gloussements des touristes...

Ce matin, un panneau rappelait aux marcheur de controler leurs chiens, voire même de les garder en laisse. Tout ceci était résumé par une photo très trash: une biche éventrée par un chien...

Revenons en au paradis blanc.

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Il n'est pas beau ce sentier?
Il brille... Je repense, comme cet hiver en Allemagne, à ces fous qui se tuent pour chercher les diamants de la Terre, alors que ceux du ciel sont là... à perte de vue. Que l'on peut les toucher, les sentir, les gouter...

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Le piquet que vous voyez mesure 2 mètres :)
Et encore, on peut trouver plus de neige!

Grand moment "ici et maintenant"...
Au détour d'un virage, apparait sous la neige, une bruyère d'hiver, une vulgaire bruyère "de base"...
C'est tout simple, mais j'en frissonne.

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Quelques pas de plus, et l'émotion me reprend.
Je sais qu'il y a des rhododendrons ici, j'en ai rencontré l'an dernier, bien plus haut encore, à 2000m vers Täli Höhe.
Ici, le rhodo des Alpes est chez lui, mais il lutte, lutte...
Celui ci est assez pitoyable, certaines de ses branches sont sèches, mortes. Il est bien moins étalé et plein de force que les touffes immenses des pentes qui montaient vers le refuge...

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A genoux dans la neige, je vais manger avec bonheur ce blanc qui le recouvre... C'est un geste d'amour pur.
Ok... sous la neige il était peut être plus au chaud! :)

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J'arrive à Sass... Sass, c'est un paradis constitué de sapins, de pentes, de plusieurs mètres de neige, et de deux chalets dont l'accès serait impossible même si les portes en étaient ouvertes vu l'épaisseur de neige devant.
Ensuite, je vais marcher jusqu'à Sassförkle, le "carrefour de Sass", là où les sentiers se séparent, avant de devenir minuscules sentiers, grimpant vers les sommets.
Là, il me faudra stopper. Plus aucun balisage visible, le danger, et la solitude. Interdit ils m'ont dit! ok.

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Laouen?
Viiiiiiiiiiii!
500m encore et je fais demi tour, j'ai promis!

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Je marche sur le tourniquet :) Si vous saviez! j'ai aussi marché "sur" des barrières de 1m50 de haut, que je devinais car je connaissais leurs présences!

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Et voilà... Je ne fais pas un pas de plus. Tout droit, c'est le Gallinakopf, une merveille!
A gauche, c'est le Schönberg, où je voulais aller, mais où je n'irai pas.
Demi tour...

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Je plonge dans les vagues douces de la neige

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Je m'approche des chalets

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Je regarderais bien à travers la porte, mais bon...

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Bon, maintenant il me faut retrouver l'autre sentier qui descend vers Malbun.. cherchons un poteau!

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En voilà un autre

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Zoom sur le paradis de Sass...

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Bon, je retourne à mon jeu de piste...

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Là, c'était limite! :)
çà n'a l'air de rien comme çà, mais je vous jure: il faut une bonne carte, et un certain sens de l'orientation.
Et du.. feeling.
De l'amour? Est il vraiment necessaire que je le précise?
Sans amour, vous pouvez marcher ici, mais il y a des choses que l'on ne sent qu'avec le coeur.
Ici, j'ai aimé avec mes yeux, mes pieds, ma peau, mes mains, ma bouche, mon coeur...

Autoportrait ridicule:

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Je continue ma descente

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Je suis des traces d'animaux...
Petite parenthèse: voici quelques traces:

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L'abri d'un petit animal, et ses traces.
J'ai vu un renard gris hier soir, superbe!

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Descente...

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Et là, en pleine descente, encore un moment d'émotion. Perchée sur le vide, une minuscule cabane de bois, un refuge, un vrai.
J'imagine sans peine la chaleur qui doit envahir le coeur de celui qui a marché, qui s'est perdu, qui tremble de froid, devant ce qu'il va trouver à l'intérieur.
Ce n'est pas mon cas, je n'ai pas froid, ni faim, et je ne suis pas perdu, mais cette minuscule pièce me bouleverse.

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Une porte qui s'ouvre (miracle). Une chaise, une table de bois...
Impossible de dormir ici, sans virer les meubles dehors!

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A terre, en vrac, du bois coupé. Et des vieux journaux.
Et dans le coin près de l'entrée, ceci:

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Et bien, c'est à pleurer, je vous le jure!
Un toit, du bois pour se chauffer, et faire chauffer de l'eau...
Kôa?
Et si vous êtes perdus, gelés, épuisés, et sans eau?
CITADINS VA!!!!!!
:D

La suite ce soir, ou demain..
Pour l'instant le supermarché ma pelle.
oups.. m'appelle.
Je crois que j'ai trop vu de neige moi! et de pelles pour la déblayer...
Ici, il y a un balai dans l'entrée des resto, et des magasins. Tu tapes tes pieds dehors, tu prends le balai, et tu te nettoies les chaussures.

Vous savez quoi?
L'infini me m'appelle plus...
J'y suis.


Posté par Laouenanig à 10:12 - rêves de montagnes - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Himmel (7)

Mercredi...
Tiens? c'est amusant. Je vais vous raconter mon mercredi, et nous sommes mercredi.
Et quel mercredi! (enfin, celui de mon récit!)
Oh, il ne se passera pas grand chose de grandiose. Je ne vais pas grimper l'Everest sans oxygène, juste une jolie balade, toute en ... sagesse.

Vous savez quoi?
J'ai tout mélangé!
En fait, c'est mardi soir que tout va basculer dans ma tête...
Mais j'ai vécu tant de choses que je me suis plantée dans mon récit.
Revenons en donc à mardi soir...
Il est 17h. Le temps est pourri, mais alors, pourri...
Je décide, sur un coup de tête, de partir.
Si je ne peux pas aller où je désire aller, je ne vais donc pas grimper à Sareis tous les jours?
Alors je prends la route du sud ouest... Celle qui file en Suisse, vers Chur, puis vers le pays Romanche, et bien plus loin, bien plus bas, tout près de l'Italie, vers Zermatt.
Demain matin, je vais me lever face à lui, enfin!
Lui, c'est le pic ultime. J'en ai parlé avec J, qui m'a confirmé: des tas de gens meurent chaque année pour vouloir le grimper. C'est le sommet le plus technique d'Europe, un des plus durs du monde, et il y a pire: le réchauffement climatique rend ses glaciers très instables. La barrière de la langue nous gène, il me parle de permafrost, je comprends ce qu'il veut me dire.

Mardi soir...
Je roule, découvrant une région de Suisse que je ne connais pas. Une région qui parait rude, très rude. Ici, les montagnes grimpent jusqu'à 3600m et on peut skier jusqu'en juin.
La pluie ne me lache pas, c'est bon signe, il va neiger bientôt, je m'attends à une route difficile.
Mais Laouen ne doute de rien!
Laouen passe devant un panneau étrange, qu'elle lit, qu'elle comprend, mais elle ne doute toujours de rien...
Pourtant c'est très clair!
Je n'ai pas de carte routière, j'ai toute la Suisse à traverser. Si j'en avais eu une, je serais restée à Vaduz, c'est évident...
Mais je roule...
Je traverse des petites villes magnifiques, pleines de maisons de bois, ou de maisons peintes, c'est très ancien.
C'est la Suisse sauvage, sans 1456 Porsche au mètre carré, sans 478563 banques par villes...
Les panneaux, les inscriptions sur les maisons, tout est écrit dans un dialecte étrange, qui ressemble à de l'Italien, qui n'en est pas, qui a quelque chose de méridional, un mélange qui sonne doux, mais qui n'arrive pas du tout à cacher la dureté de la vie ici.
Et ce sera confirmé par J, quand on discutera de ce coin de Suisse jeudi.
Oups, je vais trop vite là!
Nous sommes mardi, je vais à Zermatt, comment puis je discuter avec J jeudi hein? Pfffffff, Laouen m'enfin!

Je roule, émerveillée, repasse devant un autre panneau, le lit, le comprend, continue ma route...
Y a un truc qui s'est cassé dans la tête à Laouen, c'est pas possible!
Puis il me faut me rendre à l'évidence, je finis par assimiler ce que j'ai lu.
A ce moment là, je devrais immédiatement faire demi tour, logique!
Mais non...
Je sens mon rêve se briser en milles morceaux, non, en fait, c'est un peu comme un oreiller de plumes que l'on éventre, je vois les plumes voltiger, lentement, c'est doux... Et çà ne fait pas mal.
Je sais que je n'atteindrai jamais Zermatt, que je ne verrai jamais le Matterhorn, enfin pas cette semaine, pas au printemps, pas cette année.
Mais je continue, il faut que j'arrive au bout, juste pour voir ce putain de panneau, l'aimer, le photographier, et aimer chaque kilomètre qui me reconduira à Vaduz tout à l'heure.
Je roule, les villages sont superbes, je suis calme, sereine, en paix. Inch' Allah, comme ils disent...
C'est mon destin. Le ciel n'a pas voulu que j'atteigne Zermatt, je l'accepte, et je sais mainteant que je vais aimer chaque seconde de cette sacrée semaine, même si elle me bloque dans les vallées, même si je dois me contenter de l'aller retour à Sareis, de ses ridicules 2000m (et de sa pente à 45% pour y aller).

J'arrive enfin au bout...
Le village est comme mort. J'ouvre la porte, le froid est impitoyable. Je vais photographier le panneau, une maison de bois du village, et soudain mon regard accroche la façade de l'hotel qui est sur la droite, et qui est fermé.
Si vous saviez l'émotion...
Je me vois l'an dernier, en avril aussi, morte de froid et de fatigue, ayant marché des heures par des températures négatives, sur le Westweg allemand, tout çà pour atteindre enfin la source du Danube, Donauquelle... kilomètre zéro d'un fleuve immense, et kilomètre ultime, car ce fleuve là se compte à l'envers.
Je viens de rouler 2 heures, j'ai quitté le Liechtenstein espérant atteindre un de mes rêves, j'ai froid, je suis crevée, mais sur le mur de cet hotel il est écrit ceci:

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Je suis dans un petit village nommé Tschamut:

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Et ici, je suis tout près du Saint Gothard, où vous vous en souvenez certainement (qui ne l'a pas appris à l'école?) le Rhin prend sa source...
Sur l'hotel il est écrit: source du Rhin.
En fait, il en a 3 je crois bien, de sources.. Deux lacs, et une source perdue dans la montagne.

Tschamut est un enfer blanc, et je voudrais y dormir, mais dormir ici dans la bagnole ce serait une vraie connerie: il fait trop froid, vraiment. Il y a autour de moi plein de vieilles maisons de bois perchées sur les pentes, mais dormir là dedans équivaudrait à dormir dehors, et ici, cette nuit, çà va descendre à -5 mini, d'ailleurs il les fait déjà!

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çà ce n'est pas un chalet d'alpages, c'est une maison du village. Rude vie...
Je vous montre les photos, celle du bout du bout, celle de ce mètre maudit, de ce panneau terrible, qui me sépare de la montagne que j'aime:

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On comprend mieux?
Et oui...
Laouen est la conne la plus conne qui existe de tout l'univers (voyons large).
Laouen grimpe, Laouen se balade sur des crêtes, mais Laouen n'a JAMAIS roulé en Suisse en hiver, ni en Savoie, ni nulle part!
Laouen n'a pas pensé une seconde que sur cette route là, il pouvait y avoir un col (et il y a en a plusieurs) de fermé jusqu'en Mai!
Laouen est là, devant la minuscule route qui grimpe vers l'Oberalppass.. minable col de 2000m, qui restera fermé jusqu'en Mai!
Derrière il y aurait eu Furkapass, à 2400m, fermé lui aussi...

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La montagne à grimper, c'est celle ci, et c'est vrai: la route est atroce, et elle doit être gelée:

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Alors je respire un grand coup, jette un oeil sur le village, où je reviendrai...
Et heureuse, je repars vers Vaduz.
J'ai le temps d'arriver là bas avant la fermeture de l'AJ, mais je vais musarder, volontairement.
Prendre des photos des chalets, des maisons peintes.
Et ce soir je grimperai à Malbun en voiture, et je dormirai dedans, pour demain, ouvrir un oeil dans une voiture recouverte de neige.
Et il fera beau.

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Au revoir Tschamut...

Les villages, dans les creux, ressemblent à çà:

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Et plus haut, les 3500 et + à çà:

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Je vous offre une tournée de photos, en pure "déco Romanche": Elles sont mauvaises car il neigeote, pleut, et le ciel est très gris, le soir tombe...

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Voici où j'aurais pu facilement trouver un abri (plein de puces de bois?) mais il gelait trop, vraiment trop

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La nuit tombe, je ne photographie plus rien, à part le tunnel de Steg, qui me ramène vers ce parking où je vais tenter de dormir...

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Tout à l'heure, par téléphone, j'ai demandé à mes enfants et à leur père de me traiter de conne là plus conne des connes...
Mon fils a hésité, préférant employer le terme "andouille infini en expansion puissance infini en expansion"
Un vrai physicien ce petit!
J'ai aussi envoyé un sms à mon ami anglais. Mais va résumer çà par sms! A tous les coups il va me croire déprimée, au bord du suicide, désespérée de ne pouvoir atteindre Zermatt.

çà ne rate pas... Je ne suis pas encore dans mon sac de couchage, il neige sur Malbun, je tente de mettre de l'ordre dans mes sacs pour libérer une place dans ma voiture, et le téléphone sonne.
Je vais passer ... un temps certain au téléphone... Mon forfait va littéralement exploser, mais fallait que je le rassure.
Noooooon, je ne regrette rien... Oui tout se passe bien, oui demain je vais être une bonne fille et ne pas mettre mes pieds là où je ne dois pas les mettre...
Je finis par rigoler... Et là il est heureux. Tiens.. encore un...
çà me rappelle quelqu'un d'autre çà, qui était heureux de me voir sourire, ou de m'entendre sourire (si c'est possible)
C'était simplement çà qu'il voulait: mon bonheur...
Et là, dans ma voiture gelée, je rigole, et il est heureux.
C'est moi qui suis en vacances, et lui en pleines manoeuvres dans un camp d'entrainement US.. mais il s'inquiète de savoir si je passe de bonnes vacances, et si je les apprécie vraiment.

Bon, là sérieux, je me gèle, faut que je raccroche! et çà coute un max le téléphone, même si tu m'appelles...
Stupid french phone? I know...
Bon bonne nuit hein!
Oui à toi aussi.
Non, c'est toi qui raccroche.
Non, c'est toi.
1/4h après...
Sois une bonne fille, raccroche...
Non toi, non toi, non toi... Des gosses.
Et moi qui rigole, pliée en deux pour me réchauffer...
Bon, Laouen a été une grande fille, elle a raccroché.

La neige tombe sur le toit de ma voiture... Je me sens tellement... alive.

Posté par Laouenanig à 08:47 - rêves de montagnes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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