29 avril 2008
Himmel... à plus loin
Et bien non!
Il n'y aura pas de "Himmel 13"!
J'en prends déjà assez sur la gueule comme çà en ce moment!
Ce sera juste "Himmel.. à plus loin".
Car il y aura des nouveaux épisodes, si le ciel le veut bien...
Je reviens donc à du plus léger, la fin de mes photos de vacances, tout ce que j'ai écrit ces derniers jours devant vous paraitre lourd et complexe...
Je vous rassure: c'est aussi lourd et complexe pour moi!
Il vous suffirait de discuter en tête avec moi quelques minutes pour recaler le film à la bonne vitesse, dans les bons crans, avec l'exposition qui convient.
Car pour "expliquer", je crois qu'il me faudrait des pages et des pages, sans forcément arriver au résultat escompté, et là, franchement, je déclare forfait.
Je suis crevée ce soir.. Pourtant hier je me suis couchée assez tôt. Enfin... 22h, c'est très tard pour quelqu'un qui se lève à 3h du mat! Surtout quand on tourne dans son lit "un temps certain" avant de s'endormir!
Rassurez vous, Laouen n'est pas en train de faire de l'autodestruction, ni de se lancer dans les causes désespérées.
Je sais bien que ne peut être aidé que celui qui veut l'être...
A Mélu, qui me proposait de faire moi aussi la grève du net en réaction à une certaine agressivité sans raison, je répondrai:
Mélu, souviens toi d'aout 2006... J'étais larguée, plus qu'à la dérive.. Pas forcément facile à vivre, et parfois agressive.
Bon, ok, à mon niveau.
Mais tu ne m'as pas fait la grève de ton hospitalité...
De toute façon, Mai arrive...
Le plus beau moi de l'année, enfin, pour moi.
Cette année, il va me rester en travers de la gorge, le joli mois de Mai...
Bon, revenons en à la montagne, à ce qui élève très haut, loin de la boue...
A part çà, tout va bien, je viens de me payer deux beaux pneus neufs, ma voiture roule à peu près droit, mais çà coince toujours là dessous, le pare choc traine, traine...
Mais bon, je suis en vie!
Vous me direz, mon fils avait réponse à tout: si tu étais morte, on aurait téléphoné à Papa, il serait venu nous chercher, et on aurait habité chez lui...
Vous voyez que c'est facile la vie!
Où en étais je...
Un certain samedi, à Malbun, Liechtenstein, Europe... 1600 au dessus du niveau de l'amer...
Il fait un temps abominable, on se croirait mardi! Le jour où j'ai rencontré J, et où nous avons renoncé à grimper jusqu'à 2000m, pour cause de visibilité nulle.
Je commence la grimpette avec une visibilité correcte, mais le Föhn souffle fort, et les nuages se rapprochent des cimes.
Plus haut que moi, deux hommes, qui semblent vouloir filer vers l'Augstenberg...
Hier, sur ces mêmes pentes, j'ai entendu tant d'avalanches que je ne peux qu'être consternée...

Au moment où j'attaque la pente brute, tentant de mettre mes raquettes dans les traces tassées de celles d'hier, le Föhn pousse les nuages sur le massif, et le blanc commence à tout envahir. Il se met à neiger...

C'est fini... Je sais que le soleil ressortira, mais seulement par saccades...
La neige s'intensifie. Je lutte.
Première halte, une minute, près d'un piquet de bois, que j'arrive encore à discerner dans le grand blanc. La pente s'accentue encore, et la neige s'acharne... Je doute un instant: et si elle recouvre les traces, je ne verrai même plus où est le chemin, celui qui fait tant de détours que je ne le prends jamais... Celui que l'on ne pouvait pas voir mardi.
Mais je grimpe...
J'enfile une cagoule stop-vent sous mon bonnet, le vent devient fort, la neige brule les yeux, les joues...
J'arrive à Sareis courbée en deux, et je regarde ma montre: sourire... 1h04.
Presque une semaine après, j'ai grimpé ici à une vitesse dingue, dans des conditions difficiles, et par la pente forte.
J'essaie de me blottir contre le chalet, mais il n'y a aucun abri, le Föhn envahit tout l'espace, la neige me recouvre...
J'enfile mon k-way, et un pantalon de k-way, je me plie en deux, et j'attends...
Je pense aux deux hommes que j'ai vu tout à l'heure, ils doivent être blottis derrière un rocher, sur le Spitz, là où j'ai fait demi tour dimanche. Inconscients! Fous... Pourtant, à l'allure où ils progressaient, ils sont en bonne forme, et ils connaissent le chemin.
Mais les avalanches adorent tuer les locaux, ceux qui finissent par se croire plus fort que la montagne.
J'ai froid, très froid.. Humide, car j'ai transpiré énormément, je suis maintenant gelée.
Peu à peu les nuages se dissipent. Et je retrouve les deux hommes, qui étaient bien sur le Spitz.
Les fous...
Bon ok, je suis un peu jalouse, car je sais qu'ils vont arriver au refuge. Ils n'ont pas de sacs, ils sont deux...
Mais ils risquent leurs vies à chaque pas.
La montagne est pleine de fous...
Je suis folle, et sage en même temps.




Je les vois se hater vers l'Augstenberg.. Mais ils n'y arriveront pas avant que le Föhn ne les recouvre encore une fois de nuages...
Sur la droite, un autre dingue grimpe lourdement vers le Silberhorn.
Je soupire...
D'ici, je contemple un de ses flancs, recouvert de trainées d'avalanches...
Hommes de peu de neurones...
Je le vois, se retourner souvent. Vers moi. Il hésite à chaque pas, continue, s'arrête, se retourne...
Je ne ferai aucun signe, lui dire qu'il est cinglé ne changera rien.
Peut être a t'il la trouille, peut être se dit il: il y a quelqu'un en bas, sur la pente, qui me voit, et qui pourra donner l'alerte si j'ai un problème...
Ce qu'il fait je m'en fous...
Moi, je suis face au vide, à ces peut être 60 degrés, à cette descente folle. Les raquettes attachées au sac, seule, je fais le premier pas... Parfois je vais poser les pieds là où je les ai posés hier, parfois je plongerai dans la neige vierge.
Bonheur...

Vu d'en bas, c'est nettement moins impressionnant!

Je pose mes fesses sur un bout de talus déneigé, plein de terre.. Et j'ouvre mon coeur.
Ces montagnes, voilà une semaine que les contemple, ce sont les mêmes, mais chaque seconde me les rend plus belles.
Comme jeudi, à Himmel, le Naafkopf inaccessible...
A cet instant, ce malheureux bout de rocher à cheval sur 3 pays était plus beau que le Matterhorn, plus beau que le Fitzroy, plus beau que le K2, plus beau que toutes les montagnes du monde...
Parce qu'il était là, parce que j'étais là.
Alors ce samedi, avant de redescendre à ma voiture, et de me taper 1100km et 12h mini de route vers la France, j'ouvre mon coeur à l'Augstenberg, et il y fait son nid, tout recouvert du coton des nuages que le Föhn accroche à sa cime...


Le Gorfion, que l'on devine derrière.


Le Föhn souffle, siffle, jusque dans la vallée, comme un chien fou qui fait glisser la neige des montagnes.. Heureux soient ceux qui ne souffrent pas de ses effets...
C'est une phrase résumé, tirés de plusieurs texte que j'ai lu...
Dä pfieft dr Fön durch Täler düre.. Selig nume no die wone ned düe gspüre...
Wie ein läufiger Hund leckt der Föhn den Schnee von den Bergen...
La première phrase en "allémanique", la seconde en allemand...
L'ombre devient lumière... L'ombre est lumière.
Je suis heureuse, je ne souffre pas de ses effets, je l'aime...











































































