face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

27 avril 2008

aux sombres zéros de l'amer...

Mouais...
Laouen sombre dans le jeu de mot réchauffé?
Tout à fait.

Pas de chapitre "Himmel 13" ce soir.
Tout ce blanc, çà cadre mal avec la couleur du moment, une espèce de gris sale, entrecoupé de traînées sanglantes.
Kôa?
Laouen fait dans le dépressif cette aprem?
Mouais...
Kôa?
Laouen parle d'elle a la troisième personne, même si çà fait pompeux, relou, vaguement ridicule?
Mouais...
Parce que, vous comprenez, parler de soi à la troisième personne, c'est un peu comme se raconter en prenant du recul, vous pigez?
çà dédramatise!
Et en être consciente, de cette dédramatisation volontaire, c'est déjà pas mal!
J'aurais pu parler de moi inconsciemment!

Parler de moi...
Tiens, çà me rappelle un truc çà.. Justement ce que je vais vous raconter!

Donc, Laouen est en vrac, physiquement et moralement. Mais ce n'est pas ma faute.
J'ai juste pris un coin de ciel sur la gueule, à force de trop m'en approcher.
Bien fait pour toi Laouen, la prochaine fois pense à ne causer qu'à des gens transparents, bien sous tous rapports (même sexuels si possibles), aussi cleans dehors que dedans, si possible avec un QI < 2,12, et avec des états d'âme aussi profonds qu'une rivière du désert en plein mois d'août.
Comment? Je métaphore à sec?
Mouais...


Donc, la Laouen, elle a pas de chance!
Dans les dernières années de sa vie tumultueuse, elle s'est rapprochée de certaines personnes.
Oh, elle peut citer les noms!
Certains ont fréquenté ce blog plus ou moins assidûment, le dernier n'y venant pas parce que ne pigeant que 3 mots de français.
Que ceux qui se sentent concernés lèvent le doigt!
Tain... Y a pas grand monde, ou alors ils sont là incognito!

Bref, la Laouen, depuis toute petite, a été la confidente des âaaaaaames tourmentés, des coeurs rafistolés, des corps blessés qu'aucun pansement miracle n'aurait pu réparer.
Déjà, en internat, elle passait des soirées à écouter ses copines pleurer, à dire ce qu'il fallait quand il le fallait, du moins, à tenter de le faire.
Car, tant que Laouen n'était qu'une confidente plus ou moins neutre, tout allait bien. D'ailleurs elle aurait du envisager ce genre de carrière: du genre Laouen à la radio, de 22h à 2h du mat, avec une voix grave, écoutant, tendant des kleenex virtuels, jetant des coups de pieds au cul quand il le fallait...
Mais la Laouen, dès qu'elle s'est réellement liée d'amitié avec ces écorchés vifs, tout s'est gâté, car en voulant trop bien faire, on finit parfois par étouffer. Soi, et l'autre!

çà a commencé il y a quelques années par un cas sur lequel je ne reviendrai pas (d'ailleurs il ne reviendra pas sur moi non plus hein..)
Qui a dit "çà a une forte connotation sexuelle cette phrase?
Pfffffffff :-)))
Pourrait aussi revenir sous moi non? (pas tapeeeeeeeer!)
Kôa? Quelqu'un a quelque chose à dire? Bah, ferait mieux de la fermer...
Monsieur mon ex meilleur ami avait tendance à se défouler sur la Laouen... Agressif quand il était à bout, elle en prenait plein la goule, la Laouen... Mais elle encaissait, et tendait l'autre joue, toujours avec les amis!
A suivi quelqu'un qui a fréquenté ce blog, et qui a finit par devenir extrêmement agressif aussi, totalement injustement.

Après une longue période de "non rien de rien, je ne me lierai d'amitié réelle avec personne", Laouen a craqué.
Le cas était trop beau! (le cas, pas lui, bande d'obsédés qui voient du sexuel partout!)
Plus déchiré, plus perturbé, plus à bout, c'était pas possible!
Laouen, belle âme, s'est dit: çà c'est pour moi! Je vais le faire rire, sourire, je ferai 10000km ( au moins çà) pour le voir 5 minutes et le faire rigoler si il le faut, mais je vais lui embellir ses derniers jours d'être humain avant.. un certain temps.

Au début, çà collait au poil.
Laouen, réservée, savait qu'elle avait à faire à une bête blessée, alors elle ne posait aucune question.
Elle aurait du... Quelle conne, mais quelle conne...
Laouen le laissait parler, mais justement, il ne disait rien.
Lui, il posait des tonnes de questions, et il était heureux quand Laouen disait qu'elle était heureuse.
Tiens, ce credi soir, la Laouen gelée dans sa bagnole à Malbun, il paraissait heureux au téléphone, quand Laouen riait, et lui disait s'éclater, et apprécier ses vacances à bloc. C'est d'ailleurs ce qu'il lui avait demandé: file, éclate, toi, profite...
Tiens, çà lui rappelle un autre cas çà...
Vous savez: le cas des gens qui ne vont pas bien dans leurs têtes, mais qui crient haut et fort qu'il ne souhaitent que votre bonheur, alors que vous allez mal.
Vous allez mieux, grâce à eux, grâce à vous aussi, et vous le dites. Au début, ils sont heureux.
Et soudain, ils se rendent compte d'un truc horrible: ils sont devenus PLUS malheureux que vous!
Alors là, ils vous en veulent!

Lui, c'est un cas différent...
Il m'a dit: tu ne verras jamais une photo de moi où je souris, c'est pas possible...
Laouen y croyait: j'y arriverai! Elle était arrivé à le faire rire au téléphone, et sur l'iNet. euh, pardon, internet!
Lui, c'est un cas terrible...
Le mec qui est bon, au fond de son coeur, et qui a vu, tout au long de sa vie, vu et peut être commis, des atrocités innommables..
Alors à l'intérieur, il est tout cassé...
Mais Laouen l'aime.
Et elle le lui dit. Il comprend, il ne va pas se faire des films, la Laouen elle est pas raide dingue amoureuse, c'est son amie!
Il lui dit toutes les 3 secondes de prendre soin d'elle, alors qu'elle lui répète: Mééééééé, c'est pas ma vie qui est dangereuse, c'est la tienne...

Laouen rentre de vacances. Lui, il rentre d'un séjour intensif en camp d'entrainement US. Samedi soir, pendant qu'elle roulait vers la Bretagne, il l'a appelée au téléphone, et elle entendait les hélicos... Take care, drive slowly qu'il lui disait...
Une semaine de vacances pour Laouen, une semaine de pré-enfer pour lui. Il a très peu dormi, il est déjà en pleine prépa, il est déjà là bas, la tête en enfer...
Quand elle tape "Basra" sur Gogole, Laouen ne lit que des horreurs... Elle ne demande rien, elle n'ose pas, çà ferait déplacé pense t'elle...

Il rentre 2 jours après elle. Le premier soir, ils rigolent sur l'iNet... Et voilà que tout bascule mercredi. Va savoir pourquoi...
Il a du trop picoler, comme toujours... D'ailleurs ce n'est pas "il a du". Elle le sait, il lui disait "je vais chercher une bière" régulièrement.
Et Laouen a le chic pour être une superbe cible. Celle qui ne se défend pas, qui tend l'autre joue, qui encaisse...
Et ce qu'il lui reproche, elle l'accepte, car il a raison. Du moins au début!
Elle essaie de se défendre, du moins de se justifier, parle de pudeur, mais rien n'y fait, l'engrenage est en route.
Bref, Laouen s'entend dire qu'elle ne parle que d'elle, alors que c'est lui qui l'avalanche sous les questions, qu'elle ne pose jamais de questions, bref, qu'il n'est qu'une curiosité du net, dont elle se fout comme de sa première culotte...
Ce à quoi Laouen proteste, sans s'exciter, car elle sait ce qu'amène ce genre d'excitation: l'autre coupe le net, le téléphone, les mails, les ponts etc...
Il n'y a pas plus sourd que quelqu'un qui ne veut pas entendre...
Laouen reconnait ses torts, tente d'en placer une, mais non... Elle croit couper le net sur un mieux, un sourire.
Pourtant le lendemain est encore pire.
Le dredi? Pfffffff...
Le samedi? y a pire que pire dans le dico?
C'est une suite de "je te bloque mon téléphone", je te débloque, je te réponds mais uniquement par oui ou par non, je t'agresse au moindre mot, et logiquement, Laouen finit par s'enterrer, on ne peut pas rester de marbre, quand on a un coeur.
Putain çà fait mal bordel de merde! C'est injuste!
Ils le savent tous, ici sur le blog, à la maison, au boulot, même les gens qu'elle a rencontré au Liechtenstein! Elle parle de lui à tout le monde!
Le jeu (et ce n'en est pas un malheureusement) finit par atteindre un certain niveau de cruauté...
Laouen devrait être une grande fille, couper le net, et surtout faire silence, mais çà, quand elle aime, elle ne sait pas faire. Ou du moins, pas longtemps, elle craque vite!
Toutes les leçons qu'elle aurait du tirer des années précédentes ne servent à rien, elle refait les mêmes conneries, en sachant qu'elle les fait.
Le genre "mail à rallonge" qui résume ce qui ne peut l'être, phrases choc en anglais, les "je serai toujours là si tu as besoin de moi" etc...
Le genre de conneries qui ne peut qu'énerver.. surtout les hommes!
Laouen pourrait lancer des coups bas, du genre: bédidon, pour un mec qui a fait et qui va faire la guerre, tu manques de courage, couper le net c'est trop facile, c'est comme çà que tu fais sur les champs de bataille, tu te débines?
Mais non, Laouen est une bonne fille. Mais ses épaules ont beau avoir des deltoïdes affirmés, elles ne peut pas porter tout le malheur du monde, et même pas tout le malheur d'un seul homme.

Parfois, elle croit que çà s'arrange, mais il dérape à chaque phrase, et Laouen se sent boite de conserve dans un jeu de massacre...

Mais elle ne dit rien. Dans 15j il sera là bas... En enfer. Pour 6 mois.
Elle comprend que dans sa tête c'est le chaos total...
Ils sont devenus trop proches... Pour s'évader de cet enfer il a certainement besoin de discuter avec des gens nouveaux, qui ne connaissent rien de sa vie. Elle aurait du les poser avant ces questions qu'il lui réclame maintenant, maintenant qu'il est un peu tard pour les poser.
A vouloir laisser l'autre libre, de peur de l'étouffer, l'autre finit vous croire égoïste...
A se justifier ces derniers jours, à vouloir lui prouver à quel point il compte pour elle, elle a du lui faire peur, à cette bête blessée, dos au mur, griffes sorties.
Etrange situation...
Il lui a reproché de ne pas s'être assez intéressé à lui, et quand elle a crié ses sentiments, elle l'a fait avec tant d'insistance, et surtout avec des phrases qui sonnent fort, très fort, qu'il s'est senti oppressé. Elle commence à savoir écrire en anglais la Laouen... Ce qu'elle écrit, traduit en français sur son blog, çà ferait pleurer les ménagères de plus et de moins 50 ans...
Mouais, étrange situation... C'est à peine contradictoire!

Tout à l'heure, le téléphone a sonné. Laouen était surprise... Elle n'aurait jamais cru qu'il appelerait, pas après ce matin...
Il lui a demandé de ne pas le pousser... Lui a réaffirmé qu'ils étaient amis... La Laouen sentait le mal être qui collait à chacun des mots...
Dès qu'elle essayait d'en placer une, il lui disait "s'il te plait, arrête, tu as déjà tout dit"... Sans agressivité. Du tout... Il a du se rendre compte qu'il était allé trop loin. Et quand on va trop loin, comment revenir en arrière?
Laouen, elle elle sait tirer un trait... Ne pas pardonner, car il n'y a rien à pardonner.
Elle a même cru l'entendre rire pourtant, quand elle même s'est mis à rire, pour une bêtise dite dans un anglais lamentable... Totalement contradictoire... A la dérive. Chaque mot criait cette vérité "je me noie"...
Elle ne pouvait plus rien.
Il lui a demandé de lui dire un truc gentil, en français... Elle l'a dit.
Et c'est elle qui a du raccrocher, comme toujours. Parce qu'il n'a jamais voulu raccrocher... A chaque fois.
Putain de bordel de merde!
Laouen qui n'avait qu'une envie, c'était de prendre sa caisse, et de faire 1500km
Et face à face ils ne seraient pas disputés, jamais!

Alors Laouen va être une grande fille, elle va arrêter de lui tendre la main, si il veut se noyer, après tout, elle ne peut pas l'en empêcher.. Elle espère simplement qu'il ne se noiera pas. La fierté de la bête qui n'en peut plus, et qui refuse la main tendue, elle connaît.
Elle lui a demandé de l'appeler encore une fois, avant qu'il ne parte. Il a dit oui.
Laouen espère qu'il le fera.
Elle a promis: elle sera une grande fille ce jour là. Elle ne pleurera pas.

Ma fille vient de descendre de sa chambre, elle joue de la flute... Et elle joue "Amazing Grace".
Je lui ai dit: s'il te plait...
Ce chant là, un chant chrétien, à la télé, est toujours associé à l'image d'une superbe boite en sapin, recouverte d'un drapeau...
Elle a compris. Elle a arrêté.
kandahar2


Posté par Laouenanig à 18:08 - mon âme à nu - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Himmel... (12)

Tiens?
Nous en sommes au 12eme épisode!
Il y aura donc un Himmel 13! Et ce sera le dernier.
Après, on se demande pourquoi j'ai les blèmes qui me tombent sur la tête plus rapidement encore que la pluie bretonne!

Nous sommes dredi, enfin, si vous suivez, jeudi dernier, bref, prenez un calendrier, je déclare forfait!

Il fait un temps absolument splendide!
Chaud, très chaud.. Enfin, disons qu'à Vaduz il doit faire 16-18° l'aprem, et qu'à Malbun, à 1600m, il fait beaucoup moins, mais le soleil va taper très très fort!

Dommage... Hier je n'ai pas fait les achats que je comptais faire, il me faudra donc descendre en ville cette aprem. Comment rentrer à la maison sans cadeaux pour les gosses?

Je roule vers Malbun, je m'arrête un moment sur le bord de la route, pour regarder la ligne des montagnes face à moi. Le bus me double.
Quand j'arrive au parking, je vois J assis près de l'arrêt, qui me fait un coucou de la main.

J'ai reconnu ta voiture me dit il... Tu montes à Sareis?
Oui, où puis je aller sinon?

Ce matin, nous n'aurons pas de mal à trouver le sentier.
Nous grimpons à même la pente, cherchant la difficulté brute. Il me montre ses traces d'hier, quand il est redescendu de Sareis, par une pente encore plus pure. De la folie! çà le fait rire.

Ready for Himalaya?
Oh que non...
Il me parle d'Alaska, du Mc Kinley.. Et je souris. Celui là aussi, c'est un rêve...

Je me sens beaucoup mieux que mardi! C'est l'effet "montagne", privations..
Au moins je mange, au plus je vole!

Là haut, je ne me rends pas compte que mon appareil ne s'ouvre pas totalement. çà va me donner des photos étranges, avec des coins noirs:

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Comment?
Je poste des photos et je n'écris rien?
C'est certainement que je n'ai rien à dire! :)

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L'Ochsenkopf... Une merveille verticale

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Le Galinakopf a la tête blanche...

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Vu d'en haut, le terminus de la station de ski de Sareis ressemble à un vaisseau spatial.

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Et parfois, le Föhn pousse les nuages sur les sommets... Instant lumière, les ombres avalanchent... Du verbe avalancher, néologisme laouenesque :)

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Nous allons rester à Sareis un certain temps, que je ne saurais évaluer. Le plancher de la terrasse est tiède, il est bon y rêver, couché au soleil.
Même pas peur des coups de soleil, j'ai acheté de la crème!

Conversation grave, rêves de sommets, entrecoupés de silences, car rien ne vaut un bon silence pour commenter ce que l'on voit.
De temps en temps, le grondement sourd d'une avalanche nous fait dresser l'oreille.
Une, une autre, encore une autre...
Le Föhn continue son travail, il est, d'après un poète local, comme un chien fou qui fait s'écrouler la neige de sommets vers la vallée... Trop de chaleur, l'hiver renonce, la neige cède, et pourtant, il neigera encore la semaine prochaine.
Je serai loin...

J doit redescendre, il a promis à un ami de l'aider à faire des travaux chez lui. Je descends avec lui, j'ai des achats à faire à Vaduz..
On va descendre comme des wild sow dit il!
C'est péjoratif, mais c'est génial!
Etrange comparaison... Que viendrait faire un sanglier sur ces pentes?
Nous entamons la descente par le sentier, et il s'arrête net face à la pente pure.
C'est ici me dit il.
Je regarde et je dis: j'ai peur!
Noooon! You can do it!
J'accroche mes raquettes à mon sac, ici elles ne servent à rien, sinon à augmenter le danger.
Je sais que je vais plonger, jusqu'à l'entrejambe parfois.
Il me montre, dévale une partie de pente, glisse sur les fesses, se rattrappe aux pins.
Damned..
Je pose un pied sur la pente, un autre...

Avant j'ai fait une photo:

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çà, c'est un croisement de lumière qui m'a attiré l'oeil.
Mais la pente, c'est çà:

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J'ose demander: quel pourcentage?
45 mini me dit il. Parfois 60! C'est de l'hyper piste noire...
arghhhhh...
Elle descend de la montagne à ........ piiiiiiiiiiiiiieeeeeeeeeeds!!!!!!!
Cris, rires, chutes, plongeons...
Première étape franchie...
La pente se corse encore.
Je vais parfois plonger très très profond, mettre 10 minutes à ressortir ma jambe. Il faut réfléchir, tirer dans le bon sens, et parfois çà coince, le pied est prisonnier. Bouger lentement, tordre la cheville doucement, tenter de creuser avec les batons.

Snowshoes are for the weaks! lançais je!
(les raquettes c'est pour les faibles)...

Re cris, re rires...
Je finis par rejoindre le sentier en bas. Trempée.
Génial...
Car ce soir je vais dormir dans la voiture.
Pourquoi?
Parce que ce sera la dernière nuit, et que je veux voir la montagne en ouvrant un oeil, voire les deux.
Rien ne sera sec, tant pis.
Je reviendrai demain, avec un autre pantalon, regrimper ici, et redescendre par là.
Avec le sale temps, je le sais, j'ai vu la météo...

En bas, nous rencontrons un couple sympa: des Néo Zélandais en vacances un peu partout en Europe. Ils sont très heureux: ils ne rencontrent que des gens qui parlent anglais, çà a l'air de les etonner.
Nous les conseillons sur leurs futures destinations, et ils tiennent à nous prendre en photo.
Souvenir: deux grimpeurs du coin, un peu zinzin, voire beaucoup.

J a raté son bus.. Mon ami va raler dit il!
C'est po grave, je te descends à Vaduz, et je remonte ici ensuite!
çà fait des bornes!
Naaaaaan... Faut que je mette du gasoil, et de toute façon je dois remonter à Malbun pour me laver.
?????
Ben oui, ce soir je dors dans ma voiture, mais ce soir je dois peut être rencontrer un gars d'ici avec sa copine, à Vaduz. Je ne peux pas les voir comme çà, je dois me laver les cheveux, le corps, me changer..
Et comme je ne suis plus à l'AJ, je vais aller dans les toilettes de Malbun, qui sont chauffées, et je me laverai ici.

J rigole...
Il me dit que je pourrais faire son job. Que je survivrai au tiers monde (du moins physiquement) car je dors n'importe où, mange peu et n'importe quoi, me débrouille...
Pour le côté moral, c'est une autre histoire. La misère... çà fait mal.

Me voilà à Vaduz. J me serre la main. Qui sait, peut être nous croiserons nous un jour à Sareis...

Je remonte à Malbun, m'enferme dans les toilettes (pas à clé, juste la porte), monte le chauffage, me lave les cheveux dans le lavabo, et le corps avec un gant, me change...
Si une femme rentrait, elle serait surprise!
Mais personne ne viendra: le Föhn souffle fort, Malbun sera désert ce soir.

Je descends à Triesenberg, où j'ai RDV avec un pote.
J'ai de la chance: ils sont tous coincés au Liechtenstein, mais celui ci est un cas à part. Il bosse pour le tiers monde aussi, revient de un mois au Malawi, et a le style mec cool avec une boucle d'oreille.
Et il ne roule que dans une Béhème série 3!
Sa copine ne sort pas de Kalashnikov en voyant débarquer son mec avec une autre fille dans sa voiture.
Ah bon? çà existe çà? Naaaaaan, j'y crois pas!
Elle ne fusille pas, me salue, et pousse même le vice à dire qu'elle est heureuse de me rencontrer.
Dingue non?
Bon ok, c'est vrai, son mec est vraiment hyper .. pas mal du tout, mais bon, c'est un pote, et il est casé, na!
D'ailleurs, elle est hyper mignonne aussi, d'ailleurs... roooooo, Laouen!

Nous allons écouter de la musique, une belle Africaine de Cote d'Ivoire, dont je vous donnerai le nom, qui va mettre le feu à la salle, par sa voix forte et magique, et sa manière de bouger son corps. Quelle souplesse! Elle est musclée, vive, agile, et danse fabuleusement bien.
Certains mecs vont faire des rêves torrides ce soir, je vous le dis!
Elle parle à la salle en français, je traduis à mes deux compagnons de soirée.

A l'entracte je rigole: je suis obligée de tenir mon pantalon sinon il me tombe sur les chevilles: j'ai perdu du poids!
La fille est morte de rire. Tu as 41ans? Oui. çà doit pas se voir, c'est ce que je comprends...

Fin du concert. Nous allons boire une bière à Vaduz. Je ressors du bar un peu ... pétée..
Les efforts, le manque de sommeil et de bouffe, et hop! une bière et çà suffit.
Le gars me ramène à ma voiture en demandant: tu peux conduire, tu es sure que tu vas dormir là dedans à Malbun?
No problem!
Il me salue, et me dit: mes salutations aux marmottes!

Je grimpe à Malbun, je suis... wow!
Je m'enfile dans mon sac de couchage, me plie en deux.
La voiture bouge... Le Föhn s'en donne à coeur joie.
Moi...
Ne pas penser à demain...

Posté par Laouenanig à 12:16 - rêves de montagnes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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