face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

26 avril 2008

Himmel... (11)

Mouais...
Revenons en à ce récit...
Ce qui suivent, levez le doigt!
Pas tous en même temps, svp, la semaine a été rude...
Et le WE le sera aussi.
Quand à la semaine prochaine, je ne préfère même pas y penser!
Ni à celle d'après d'ailleurs.
Là, c'est du "ici et maintenant" version survie!

Revenons en donc à Himmel... Enfin, à Nenzinger Himmel, ce village autrichien perdu, enfoui sous 2 mètres de neige, au bout d'une route minuscule de 20km de long, fermée, mais ouverte sur le ciel.

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L'eau coule à Himmel... Elle est glacée, pure.

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Le village est curieusement coupé en deux. coupé en deux par rien du tout.. Une étendue blanche en hiver, des prés en été...

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C'est derrière cette petite chapelle que je vais aller m'assoir, face au Naafkopf dont on peut distinguer la pente, au loin...
Le toit de la chapelle semble avoir été utilisé comme tremplin de ski par les oiseaux...

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Derrière la chapelle, en plein soleil, le vent est moins fort. Disons qu'il est supportable...
Voici ce que j'ai devant mes yeux:

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Tout au fond, son sommet dans la brume, le Naafkopf. Sur la droite, le Gorfion, sommet autrichien.
Si faible altitude.. L'un fait 2670m, l'autre 2300! Mais totalement inaccessibles...

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Comment? c'est la même photo que celle plus haut?
M'en fous!!!

Tenez, regardez le au zoom 15...

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Arghhhhh...
Si on s'approche un peu, on devine le chemin qui va ensuite s'enfoncer dans la forêt, puis grimper, grimper, grimper...

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Je joue à zoomer sur l'arête, la crête sur laquelle je me promenais dimanche après midi...

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Sans commentaires...

Le temps passe, et je sais qu'il me faut compter 3h (en étant large) pour descendre à ma voiture. J'ai des achats à faire à Vaduz avant 18h (ici les magasins ferment tôt hors saison!), alors il me faut rentrer...
Je me lève au moment même où un gros paquet de neige s'écrase à 10cm de ma tête...

En retournant vers la route, je reste un moment rêveuse devant ces panneaux:

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Sourire..
A bientôt...
Cet été je grimperai vers vous... même si j'ai bien noté le "nur für Geübte" :-) (seulement pour les experts)

Sur la route du retour, l'Autriche me salue...

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Himmel, le ciel, m'a fait un cadeau de paix et d'amour... Il m'a permis d'arriver jusqu'à lui, et de son coeur, de contempler cette montagne que je n'ai pu atteindre cette semaine.
Seul s'atteignait.. le ciel. Cette semaine là...
Vous ne croyez pas que c'était suffisant? ;-)

Himmel va me faire un second cadeau, au retour.
J'en tomberai en larmes, mais tout en silence... Fallait pas gacher l'instant! Quel partage... J'en ai les larmes aux yeux rien que de commencer à en parler.

Je marche depuis une heure.
Sur la gauche, une "vacherie" vide (une vacherie étant l'équivalent laouenesque d'une bergerie, mais pour les vaches).
Elle n'est utilisée que l'été.
Et face à elle, une croix, et le Christ.
Je reviens de Himmel, du ciel...

Sur la gauche, devant la bergerie, je distingue un mouvement furtif. Je suis myope, mais çà m'attire l'oeil.
Noooooooooooooooooooooon!
Je me souviens des paroles de J, mardi:
Elles dorment encore pour 15j au moins, trop de neige. Mais si tu as de la chance, tu peux parfois en voir une.
She puts her head out of the hole, she looks at the snow, and she says: Shit! I keep on sleeping for 2 weeks"!

J'avais rigolé... çà aussi, c'était raté. Elles dormaient encore, et se réveilleraient en Mai, quand je serai loin...

Mais non, Himmel m'offre ce cadeau. Ne me demandez pas pourquoi çà me bouleverse, je suis incapable de vous le dire.
La première est dans son trou, mais plus haut, sur la pente, un drole de cailloux, immobile.
Je vois mal, mais je sais que ce cailloux n'est pas un cailloux.
Je fais un pas. Elle prend la fuite, et.. elle crie.
Ah.. ce cri!
Si vous saviez! Ce bonheur!

Je reste immobile. Elle ressort...
Alors je sors mon zoom.

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Elle court...

Je m'approche. Lentement. J'ai jeté les batons, je m'enfonce dans la neige.
5 mètres...
Elle me regarde...

4 mètres... C'est pas possible...
3 mètres...
2 mètres...

Je pleure.
Et j'appuie sur le déclancheur.

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Elle me regarde, droit dans les yeux

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C'est à genoux dans la neige que je franchis le dernier mètre...
Elle est rentrée dans son trou.
Je jette des petits bouts de barre de céréale...
Je suis à un mètre du trou, moins même..
La preuve: je vais faire des photos floues! Parce qu'à cette distance, il me fallait le macro!

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Droit dans les yeux, je vous le dis! C'est immense!

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Je suis si près que...
Je me vois dans ses yeux.
Après, ma vue se brouille...

Merci Himmel

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Il me faut redescendre... Elle a fini par prendre peur, j'ai du inconsciemment vouloir la prendre dans mes bras...

Plus bas, une autre marmotte galope

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Et une fleur me dit à bientôt

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Je vais marcher en apesanteur...
Tout à l'heure, pendant que j'étais près de la marmotte, un 4X4 est passé, il grimpait vers Himmel.
J'entends la voiture redescendre maintenant.

Elle freine. L'homme ne baisse pas la vitre, il ouvre la porte et me dit en allemand: descend dans la voiture!
Comment refuser?
Comment lui dire que cette route qui m'a menée vers Himmel doit me ramener vers ma voiture?
Je grimpe.
C'est un ouvrier, ils font des travaux sur la route, cimentent ce qui peux être stabilisé. Il s'arrête pour ramasser des sacs de ciment vides.
Il me dit: demain, ou après demain, nous ouvrons la route, mais seulement pour les gens de Nenzig..
Je souris.
Demain... Et c'est aujourd'hui que je suis venue! Merci.......

Je lui dis " ma voiture est en bas après la barrière". Je sais dit il, immatriculée en France..
C'est quoi ce sous entendu? Y a qu'une Française pour être aussi dingue et se taper la route jusqu'à Himmel?

Certainement!

Vous n'avez pas vu un homme seul me demande t'il? Il marchait tout à l'heure, je ne le vois plus.
Non.. bizarre.
Ici, c'est marrant, ils se soucient des touristes égarés...
Ils savent que si la nuit vous prend sur ce morceau de route, elle sera rude, et glacée.
C'est à se demander si les deux hommes de ce matin n'ont pas dit à celui ci "va jusqu'à Himmel, tu trouveras une dingue là bas, seule, elle risque de se faire prendre par la nuit"...

Faudrait que j'apprenne leur langue... Cet horrible dialecte que j'aime! Je n'ai jamais rencontré deux personnes qui parlaient la même langue ici! Je suis sure que parfois, entre mari et femme ils ne se comprennent pas!

Ma voiture... Nenzig... La frontière.. Vaduz.

Dans mon coeur souffle le Föhn... Celui qui s'accroche aux cimes blanches...
Celui qui rend fou...
Je le suis.
Merci

Posté par Laouenanig à 13:44 - rêves de montagnes - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

interlude...

Fin de semaine.
Et la prochaine commence lundi, avant l'aube...
Yes!

Vous me direz, tant mieux... Pas la tête à internéter en ce moment.

Mais je voulais vous faire partager un passage lu hier. J'ai toujours adoré les polars de San Antonio, et je peux vous dire que quand on sait lire entre les lignes, y a autre chose là dedans que du suce pence, et du sexe.

Voici ce qu'il raconte sur Dieu.
De quoi faire la transition avec ma série "Himmel"...

Vois tu, à la base, on patauge dans un malentendu, nous, les hommes. On espère un Dieu dans l'autre monde, alors que Dieu n'est que de celui ci.
Dieu est parmi nous, parce qu'il n'y a pas d'ailleurs. Tous les pensionnés de la prière se foutent l'oraison dans l'oeil: ils thésaurisent à blanc, à vide, en avide, en divin.
Moi, çà m'est apparu l'autre soir,avant de me zoner. Boum, je me dis: "Dieu est ici, recta! L'éternité, c'est en ce moment.
After? Nib d'auréole. Zob et zob.
Les gentils vers dans le pardingue à manettes, ultimes animaux domestiques.
Dieu? Illico! Avec nous! Vive Dieu! Bravo! Voilà Magloire!
Dieu et mon doigt! Pas aux calendes: maintenant. En exercice, 24h/24. En ce moment que je te cause, il ligote par dessus mon épaule. Opine. Se renchérit. Pense: "Tiens, en v'la un qu'a enfin pigé."
Il est content.
L'épargne prière? Du fond russe! Les tickets d'imploration sont à honorer sur le champ. Faut les présenter au contrôle. Pas attendre que tu deviennes os, que tu vires poudre d'escampette.
Hé, mon Dieu! N'est ce pas?

Merci San Antonio.... Merci, ici, et maintenant.


Posté par Laouenanig à 12:53 - pensée du jour - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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