25 mars 2008
Ar C'hab... ici et maintenant (5 dernier épisode)
Est il vraiment necessaire de préciser que si il existe un (5) il faut déjà avoir lu les 4 autres épisodes avant?
Bougez votre souris!
Dimanche matin... C'est Pâques. Et il ne va pas pleuvoir des oeufs, enfin, j'espère que les grelons seront moins gros...
Hier, j'ai logiquement demandé à mon hôte "où suis je"?
Il a déplié la carte, et je me suis rendue compte que je n'étais qu'à l'entrée de la réserve.
J'avais été sage (enfin, c'est ce que je pense!) de m'arrêter là.
En fait, une heure de marche plus loin j'aurais pu trouver un abri derrière une maison isolée, mais je ne pense pas que j'aurais aussi bien dormi!
Il est plus de 7h quand je me réveille, j'ai fait grasse mat!
Préparer le sac est très long: déplier un sac de couchage c'est assez simple (faut tirer très fort) mais le faire rerentrer dans son sac de compression c'est une vraie bataille... c'est vicieux un sac de couchage, et çà gonfle (à tous les sens du terme).
Je n'ai quasiment rien avalé, pas vraiment envie.
J'ai envie d'avaler des kilomètres de bonheur.
Je boite fortement, mon talon droit est très douloureux, et bientôt la plante de mes pieds sera aussi enflée qu'hier soir, toujours mes échauffements!
Mais jamais je ne vais vraiment souffrir. Pas ici, non, impossible!
Ce matin, le ciel ressemble à çà:


Là, il n'y a aucun doute: il me faut mettre le k-way, et le pantalon de k-way, sinon je vais choper la mort.
Ces photos, c'était "avant" le vrai déluge. Après, je vais avancer en serrant mon appareil dans un zip étanche dans un sac, sous mon k-way :-)
Découragée?
Non!
Je suis dans la réserve du Cap Sizun, la côte est déserte, c'est le paradis des oiseaux.
Au loin, un homme en ciré fait de petits aller retours le long de la falaise. Je finis par arriver à sa hauteur. Sa voiture est proche, immatriculée dans le Pas de Calais. Il me salue, et me dit "si vous avez 5 minutes, ne bougez pas, je vais chercher ma longue vue, il y a des guillemots"!
Comment résister?
L'homme revient, régle la longue vue, et me voilà à observer une douzaine de guillemots (des petits pingouins en résumé) blottis sur un creux de la falaise.
Il me montre ensuite le crave à bec rouge, la star locale, oiseau des montagnes qui ne vit que sur cette minuscule partie de côte bretonne, oiseau bruyant au cri facilement reconnaissable.
Un passionné!
Il me parle d'Islande, un paradis pour les ornithologues. Je lui avoue ne pas connaitre grand chose, mais lui parle de ma rencontre hier avec un minuscule tarier pâtre (un oiseau!). Il sourit: quelqu'un qui sait reconnaitre un tarier pâtre ne peut qu'aimer les oiseaux!
Et je lui raconte la Forêt Noire, et le Grand Tetras qui m'avait décollé dans les pattes.
Là, il est admiratif. Je suis natif des Vosges me dit il, et là, bas, trop de sentiers, trop de marcheurs, je n'ai jamais vu de Grand Tetras, il est devenu rare. Je ne savais même pas qu'il pouvait y en avoir encore en Forêt Noire.
Comment pourrait il en être autrement... Je suis là, à Goulien, sur une falaise trempée, en train de discuter oiseaux avec un ex vosgien devenu nordiste, c'est logique...
Je laisse dans son "ici et maintenant", et je rejoins le mien. Comme il est bon, parfois, quand les "ici et maintenant" de deux personnes se croisent, l'espace d'un instant!
Voici l'endroit où l'on pouvait observer les guillemots, mais bon... c'est pas du zoom15 qu'il faut!


Devant moi, les pointes jouent à "celle qui sera la plus longue"...
Je connais les noms: Penharn, Kerharo, Brezelleg...
Et ce sera Theolen.. hâvre de paix. Je ne suis pas pressée.



Et oui! tout en bas des falaises, il y a parfois des minuscules "abris" (des abris pour les bateaux, des ports quoi!)
Ne me demandez pas qu'elle est la pointe que je préfère, elles sont si différentes, et si belles...
J'ai certainement un gros faible pour Brezelleg.
Justement, elle se déplie devant moi, la belle... Sur cette face, le petit port-abri, que je n'arriverai pas à photographier du haut, çà le vent souffle trop fort.


Là haut, il y a quelques baraquements abandonnés, des marins vivaient là. J'en tremble... çà ne devait pas être facile tous les jours!
Et quand on a contourné les baraquements, passé la pointe, on arrive sur l'autre face de Brezelleg, celle qui me retourne. Un sentier minuscule, zigzaguant entre les rochers, la lande, le vent, la lumière, la pluie, le soleil, tout se mélange, et au fond, l'amer, celui que je nomme l'amer de Theolen, cet étrange sentinelle de pierre guidant les marins...


Mon bras remue trop fort, le zoom est sorti, la photo est floue, et je m'en fous...

L'horizon tangue aussi sur mes photos, et çà me fait sourire...
Mon horizon est vertical... Comment pourrait il être horizontal sur mes photos?


Me voici face à l'amer, et à la mer par la même occasion.
Il est possible d'aller près de l'amer, si on n'a pas le vertige.
Mais je suis raisonnable (si si..) Par ce jour de grand vent, c'est risquer sa vie.
J'ai déjà du mal à rester assise, debout je tombe!
La sentinelle me sourit.

Que celui qui pense très fort que cet amer fait très "symbole phallique" lève le doigt :-)
Commence la longue descente vers le port de Theolen, et sa buvette...
D'en haut, je découvre la plage dévastée

Theolen, c'est une route minuscule, qui mène à une plage minuscule, où des bateaux peuvent s'abriter. Une maison blanche, une autre collée à la première: la buvette. Rien d'autre.
A part... l'infini? :-)
Deux locaux, et la mamie qui tient la buvette me regardent entrer comme si je débarquais de Mars. J'enlève ma cagoule pour leur prouver que je ne suis pas venue les cambrioler.
Elle me prépare du thé, et nous discutons...
Avec un vent pareil, vous n'avez pas du rencontrer grand monde!
Personne...
Elle me dit: cet année, il n'y aura pas de plage ici, la dernière tempête a emporté tout le sable...
Il fait bon. La mamie tricote, et je bois des tasses de thé, l'heure tourne, je m'en fous...
Nous parlons du GR, de ces touristes qui pensent que la Bretagne est un plat pays, de cette côte nord qui est bien plus belle que la côte sud, de Beg ar Van (la pointe du Van) qui est un milliard de fois plus belle que la pointe du Raz, de l'hotel de l'Iroise détruit, du passé, du présent, de ici, de maintenant.
Elle confirme mes doutes: remonter la côte sud aujourd'hui (faire le tour de la pointe du Raz pour remonter sur Plogoff et Primelin) est dangereux: le vent du Nord me poussera à la mer.
Alors je souris: je vais aller jusqu'à Beg ar Van, je descendrai jusqu'à Bao an Anaon (la Baie des Trepassés) et là je ferai du stop.
Oh oui.. C'est Pâques, vous trouverez du monde me dit elle!
Je ne sais pas, à ce moment là, que je ne descendrai pas aux Trepassés...
Il me reste une heure trente pour atteindre Beg ar Van, environ.
Avec une théière complète, je me sens d'attaque!
Je souffre des pieds, mais pas en montée, et justement, çà monte!
Mais la pluie se fait dense, elle ne me lachera plus une seule minute. Je serre ma capuche sur mon visage, c'est très douloureux.
J'ai oté mon pantalon de k-way tout à l'heure, trop chaud, tant pis. Je suis trempée, je finirai ainsi.
Je vole...
Oui, sérieusement, je vole... C'est magnifique. Terrifiant diraient les touristes, qui doivent restés serrés dans leurs voitures, sur le parking de Beg ar Van...
J'arrive sur la pointe de C'hastell Meur, la dernière avant la pointe du Van. L'océan est gris, tout est gris, je ne vois même pas Tevennec, l'ilot "maudit", et encore moins Sein, mais je l'ai aperçue tout à l'heure, la belle...
Sur ma droite, une sensation étrange...
Je sais qu'il y a au loin la rade de Brest, et la pointe Saint Matthieu, mais là, ce matin sous le déluge, il me semble qu'une montagne a poussé dans la mer, un blog noir, long, à peine visible dans le brouillard et la pluie.
Je tente de réfléchir... Et je me dis, en pensant que c'est une immense connerie: Enez Eussa...
Si ce n'est pas elle, c'est son fantôme, venu me saluer, me dire que je l'aime, comme si je ne le savais pas...
Ouessant, au loin? Je ne sais pas.
Dans mon coeur: oui.
C'hastell Meur est une pointe très fine, tout en dentelle, et sa face est est trouée, c'est merveilleux. Mais pas question de sortir l'appareil photo!
Quand je contourne la pointe, le déluge se calme un peu, mais d'ici c'est moins fascinant.
Je vous invite à aller regarder quelques photos dans mon album "ar C'hab", colonne de droite. Il faisait beau ce jour là!


La pointe du Van s'étale devant moi, malicieuse... Elle est longue, très longue, et il est impossible d'en atteindre le bout.
Je l'ai écrit dans un des messages précédents: après la pointe, il y a d'autres pointes, qui ne s'atteignent qu'en rêve...
Je vais, tout à l'heure, je ne le sais même pas, vivre un rêve éveillé.
Beg ar Van est immense, et c'est très bien ainsi.
Je ne peux plus sortir l'appareil, je ne peux qu'avancer, face au vent, qui cette fois vient de partout.
"Don't be sad about the rain, walking in bad weather makes you feel more alive".. qu'il écrivait, mon pôte anglais...
Et bien, je peux vous dire que je suis "alive"!
Plus "alive" que moi ce matin là, je ne crois pas que c'est possible!
Et pourtant...
Ce ne sera pas "plus alive", ce sera juste immense.
Je fais un petit détour par Keriolet pour immortaliser (tant pis pour mon appareil) la plus belle des maisons du Cap (je le pense sincèrement):

Pour retourner sur le GR34, je coupe à travers la lande, dans un roncier dense. Je tombe à genoux dedans, en riant.
Il me faudra une demi heure, le soir, pour enlever de mes genoux et de mes mains les épines des ronces.
Chaque pas me prend un temps fou, c'est une vraie jungle là dedans...
Et soudain, j'entends un son étrange, un klaxon, enfin, je crois, le vent déforme tout.
Saint They est encore loin, la divine chapelle du bout du monde. Je m'avance, je ne peux plus lever la tête, la pluie est trop forte, le vent est trop fort, mais au fond de moi je me sens forte.
Le son, encore...
Et là, je me dis, ce n'est pas un klaxon, c'est un biniou. Enfin, je ne sais pas, il doit exister plusieurs instruments bretons, comment vous dire le nom exact de celui ci?
J'avance, j'avance... Je lève un peu la tête, et là bas, loin, je vois...
Et là, je me dis: la mamie de Théolen, elle a mis quoi dans son thé, je rêve!
Mais je sais bien que je ne rêve pas.
Et à chaque pas, si mon visage se mouille un peu plus, je sais bien aussi que ce n'est pas seulement à cause de la pluie.
Là bas, près d'un rocher vertical, face à l'océan déchainé, sous la pluie, il y a un homme vêtu d'une cape imperméable qui flotte au vent.
Dans ses mains, il tient un biniou, je vois les "tubes" dépasser.
Il est tête nue, ses longs cheveux argentés volent, et il joue.

J'arrive à sa hauteur, et je tombe sur une pierre, terrassée par l'émotion.
Il ne se retourne pas, il joue, il est dans son "ici et maintenant".
Je vais rester à l'écouter un ... certain temps.
Car si ce temps là se chiffre, se compte, s'évalue, c'est que l'on ne parle pas d'"ici et maintenant".
Je pleure.
Voilà.
Si vous vouliez savoir ce que c'était qu'être Breton, c'est çà:
Etre face à la mer, face au vent, sous la pluie, tête nue, et jouer du biniou.
Il finit par s'arrêter, se retourne, me sourit, et rigole, à cause du temps.
Je bafouille en souriant aussi: vous m'avez fait pleurer, c'est l'émotion!
Je raconte rapidement, Douarn, la marche, la pluie, le bonheur...
Et je dis:
Je savais qu'il fallait que je vienne ici à pied, ce week end, que je vienne ici, jusqu'à la pointe du Van, ce matin, mais je ne savais pas pourquoi. Maintenant je le sais. Merci.
Toujours souriant, il m'explique qu'il doit répéter, alors qu'il vient là, et qu'ici les fausses notes s'envolent...
Et il rajoute: je vais devoir arrêter de jouer alors, si je vous fais pleurer!
Je rigole...
Je vais redescendre, je dois rentrer maintenant.
Il est dans son "ici et maintenant", je suis dans le mien. C'était un partage intense, un moment inoubliable.
Je crois que si je vis jusqu'à 100 ans, je raconterai encore çà à mes arrières petits enfants...
Je ne peux pas m'empêcher de prendre une photo, et de la publier. Si cet homme tombe sur mon blog, je m'en excuse, et j'espère qu'il ne sera pas faché.

Voilà...
Je sais maintenant que je ne descendrai pas jusqu'à la Baie des Trepassés.
J'ai atteint le Cap, le Cap du bonheur, "un" des Caps du bonheur, et je dois rentrer.
Là, ce matin, quand je tape ces mots, je ne trouve rien d'autre à dire. C'était trop immense, çà ne se raconte pas.
Complètement remuée, frigorifiée, j'avance lentement vers Saint They.
La chapelle est déserte, et fermée.
Je lève les yeux vers la petit statue du saint, tout en haut du calvaire, et je remercie le ciel.
Après le parking, la route... Je pique à gauche, droit vers Douarn, le pouce levé...
Je voulais arrêter mon récit un peu plus haut, juste au moment le plus fort.
Mais je vais vivre encore une belle rencontre au retour...
La pluie s'intensifie encore, comme si c'était possible... Je dégouline.
Les voitures me doublent, comment quelqu'un pourrait il prendre un stoppeur trempé, avec un sac à dos énorme, une cagoule, un pantalon dégueulasse?
Les touristes me doublent, les finistériens me doublent...
Certains sont même en fourgons, je pourrais monter à l'arrière, je ne salirais rien...
Mais le Français est ainsi:
Tu as voulu marcher, hein, pauvre con, tu es trempé, tant pis pour ta gueule, marche!
Je tremble, je ne controle plus mes jambes, mais je ne peux pas m'arrêter, sinon je vais crever de froid au milieu de la route.
Le prochain village, avec le prochain bar chauffé est à plusieurs heures de route.
Je marche, le bras tendu, le pouce tendu, pas vraiment angoissée, je suis toujours dans mon "ici et maintenant".
Une voiture me double, une énorme BMW, neuve, noire étincelante sous la flotte, une grosse cylindrée essence, je rigole...
Elle s'arrête.
Je regarde la plaque, et là, je vous le dis, le soleil ne brillerait pas plus fort que mes yeux.
Des Allemands. Seuls des Allemands pouvaient s'arrêter, c'était logique... Là bas le stop est si simple, en même pas 5 minutes tu trouves une voiture!
Les vitres se baissent: je bafouille "je suis trempée"
Ils rigolent: "nous aussi"!
Ils se serrent (ils sont nombreux). Ils parlent français, et me racontent qu'ils ont une maison à Audierne depuis 20 ans.
Je repense à la mamie de Theolen qui me racontait:
Ici, des Anglais, y en a pas, mais des Allemands oui! Ils ont acheté des tonnes de maisons. Au début, on ralait un peu, et puis... sinon elles seraient toutes en ruines maintenant!
Je raconte ma marche.
Ils vont me mener jusqu'à Douarn, alors qu'ils rentrent à Audierne, tout près! C'est ... encore un "ici et maintenant".
Je raconte: les Allemands sont sympas avec les stoppeurs! Quand j'ai marché 200km sur le Westweg l'an dernier, avec mes chaussures sales, mon pantalon boueux, mon sac énorme, je n'ai pas attendu 2 minutes quand j'ai voulu faire du stop pour rentrer!
Ils m'expliquent:
Vous n'avez pas attendu 2 minutes PARCE QUE vous aviez un gros sac et des vetements sales!
çà prouvait que vous aimiez la marche, et qui si vous faisiez du stop c'était vraiment parce que vous étiez fatiguée...
Je leur parle de ce coin d'Allemagne que j'aime, et le conducteur reste stupéfait. Il est né à Freudenstadt et y a passé toute son enfance!
Mais pourquoi ce coin là demande t'il?
Alors je parle du lac, de cette photo trouvée au hasard sur le net, il me demande quel est ce lac là, et bien entendu il connait...
Il me raconte comment se forment ces lacs de montagnes: les parois verticales, les anciens glaciers qui ont glissé, qui ont creusé ces trous ronds, la fin de l'ère glaciaire, les trous qui peu à peu se sont remplis...
Le reste de la famille comprend le français, mais un peu moins bien, il traduit mes réponses de temps en temps, et toutes ces coincidences les stupéfient.
Je suis au chaud, trempée, sur des sièges en cuir d'une voiture neuve, la vie est divinement belle, comme elle était divinement belle tout à l'heure, sous la pluie, tout près de Beg ar Van...
Douarn, ma voiture.
Ils me saluent, me donnent leur carte de visite. Prévenez nous quand vous viendrez en vacances!
La voiture repart vers Audierne.
Moi, j'ouvre la mienne, démarre le moteur, met le chauffage à fond, me jette sur un bout de saucisse, une demi tablette de chocolat à 85% de cacao, et pendant une demi heure... je pleure.
Merci
Quelque chose à dire?
Merci
j'ai pensé toi tout le week end.
MERCI : tu réalises mes rêves et te lire est aussi une sacrée aventure
je grelotte....d'émotion....
c'est commme si on était avec toi...
dis....
et si tu nous mettais une petite carte,en nous flechant ton GR avec quelques details de ton recit....
j'ai beau connaitre un peu le coin....j'ai toujours cette envie de "visualiser" où tu es quand tu racontes....
bonne reprise du travail...;)
Pour moi aussi...
...j'ai les larmes aux yeux... courage? ... folie? ... on s'en fout, je crois que c'est juste ça être libre et aimer... La chance sourit aux audacieux, le bonheur panse les plaies, et le bonheur faut parfois le chercher pour le trouver... MERCI Laouen!
Il y aurait des tas de choses à commenter.
D'abord, je suis ému par toutes les rencontres que tu as pu faire qu'elles sont des rencontre de la nature, des images, de la musique, de l'histoire et des gens qui ont leurs propres générosité. Les "ici et maintenant" que tu vois en eux m'émeuvent aussi car tu sais leur reconnaître ces "ici et maintenant". Du coup ça me fait penser que j'ai moi aussi mes "ici et maintenant" même si je n'en ai pas eu toujours conscience. C'est souvent les proches qui en font prendre conscience.
L'auto-stop, je n'ai jamais pratiqué sauf une fois pour regagner un endroit civilisé à la suite d'un accident de voiture. Je ne prends généralement pas des auto-stoppeurs "ordinaires" sur la route pour diverses raisons. En revanche, il m'est arrivé d'en prendre parce qu'ils n'étaient pas "ordinaires". "Tes" Allemands ont eu une logique assez proche de la mienne.
Au sujet de la Pointe du Van, et ton intérêt supérieur par rapport à la Pointe du Raz, je m'interroge. On m'a emmené à la Pointe du Van le soir du 1er janvier 2006 : il faisait un vent froid et relativement fort qui m'arracha la tête du continental que je suis. Du point de vue de mon histoire avec ma chère et tendre, du point de vue de l'image crépusculaire de la chapelle de Saint-They, j'en garde un excellent souvenir, mais à part les rochers qui se trouvaient à mes pieds, je ne garde pas un excellent souvenir du paysage. A contrario, ma découverte un an plus tard de la Pointe du Raz, dans d'excellentes conditions météo et de lumière m'ont laissé un souvenir exceptionnel. Ce jour là, dans ce lieu pourtant hautement touristique et trsè fréquenté, j'ai été frappé par une émotion intense (difficile à décrire) que je n'avais pas connue ailleurs, sauf peut-être quelques chose de vaguement similaire à la Pointe de la Chèvre en juin 2006. Du coup, je crois qu'il va devenir plus que nécessaire que je retourne à la Pointe du Van.
Merci pour ton récit, merci pour tputes ces belles images mentales et photographiques.
Merci de nous avoir fait rêver... mais l'essentiel ne peut pas se partager. On peut juste le sentir nous frôler à travers ton récit et tes photos...
Très beau... Très belles...
Des Ici et maintenant si attachants
Voilà pourquoi je ne peux que venir continuer à te lire. Parce que ton humanité et ton ouverture d'esprit te permettes de si belles rencontres. C'est un vrai bonheur que de lire ces notes. Moi qui ne suis passé que par la Pointe du Raz et la Baie des Trépassés je sais ce qu'il me reste à faire lors de prochaines vacances en Bretagne.
Il y aurai tant à dire et commenter mais il fat d'abord apprécier cette lecture...
Merci pour cette belle promenade.
bravo !!!
hier j'ai lu ton parcours du début jusqu'à maintenant,je voulais comprendre ,c'est fait ;
bravo pour ton courage et tes rêves;
les randonnées je connais un peu,je pratique mais beaucoup moins intensément que toi et surtout moins libre;
tu as des ailes ,c'est vrai !
continue...
et aujourd'hui j'achète Bretagne magazine et le titre est :LE GR 34 !!!j'ai pensé à toi;
ce merveilleux week-end va te faire supporter le quotidien plus dur;
courage,rêve au prochain parcours et merci pour ce que tu viens de me faire vivre!
A lire les autres com...
... je réalise que moi aussi, j'ai un souvenir à la Pointe du Raz. Celui de moi, enceinte de 8 mois en 1993 et galopant sur les rochers de ces lieux, pas aussi magique que ceux de tes photos à l'époque, car tout était bétonné. Ma belle-mère m'avait même rappelé à l'ordre, me trouvant imprudente à faire le cabri. Nous étions monté en Bretagne pour le mariage d'une cousine de mon Zhom. Mes parents de visite chez mon frangin, nous avaient rejoins cette après-midi là et ma mère me connaissant, savait que même ronde et avec 16 kg d'excédent de charge, bref une baleine, je n'aurais rien fait d'imprudent qui puisse me faire mal ou mettre en danger la vie de mon fils. J'ai tout de même arrêté ma course de chèvre, pour ne pas trop inquiéter ma belle-maman aux petits oignons pour moi.
MERCI!!!
Magnifiques photos...
et quelle aventure...
Pour avoir été cinglée par le vent tu ne l'es pas devenue !
Un mot qui n'existe pas me trotte dans la tête "endorphinomane" !
aucun courage là dedans, aucune aventure, pour moi ce genre de "voyage" est tout à fait naturel :-)
je vis "à l'instinct", c'est tout.
au boulot l'ambiance est terrible, si la direction ne se reprend pas la boite sera fermée dans un mois maxi...
Alors il faut bien respirer un peu.. beaucoup.. passionnément!
endorphinomane... oui, certainement!
Mais le côté "addiction" me fait tiquer :-)
cinglée par le vent, je le suis depuis que je suis née. 29 ans avec le Mistral dans la figure, et 12 ans en Bretagne.
Mélu: une carte?
Faudrait que j'y pense... mais j'y suis allée sans carte, suivre l'océan n'était guère compliqué.
J'ai du mal à l'expliquer... C'était avant tout une marche "vers l'émotion", et je me vois mal coucher sur un papier le nom des pointes, des criques...
D'ailleurs, quand je parle du Cap je ne précise que rarement lequel, pour moi il n'y en a qu'un.
Je comprends aussi que Cornus préfère la pointe du Raz, son enfilade de rochers, la Vieille, et Sein derrière... C'est absolument magnifique.
Si j'ai toujours préféré la pointe du Van, c'est pour sa solitude, et pour un je ne sais quoi qui remonte de la terre à cet endroit là, et qui remonte de la mer aussi :-)
Et pour ces quelques kilomètres qui séparent les deux pointes.. le Vorlen, la Baie vue du haut, les oiseaux dans les rochers qui jouent à cache cache... le petit étang sur la route de Cleden...
Loin du parking, des boutiques, des navettes...
Et parce que de la pointe du Van on voit la pointe du Raz, parce que de là,en la regardant, ma soeur avait dit, d'un air navré et déçu "c'est çà la pointe du Raz", parce que je m'étais sentie intensément bretonne à cet instant là.. :-)
Parce que de là je joue toujours à deviner l'emplacement de l'hôtel tout blanc, que je n'ai vu qu'une fois dans ma vie.
J'aurais aimé vivre à Plogoff, comme on vit sur la pointe de la flèche, bandée sur l'arc
coucou!!!
je comprends ce que tu dis pour les cartes..mais,je me souviens,pour le Liechtenstein tu as mis une carte...
ça donne une idée de la localisation..
je me suis rabattu sur google pour trouver ton GR,mais du coup ,je n'ai pas la carte en même temps que la lecture...
je suis resté très "enfant"..j'aime bien les livres avec texte et images explicatives!!
:))))
le mot inventé par michel te va bien je trouve..car c'est vrai...si tu n'as pas ta dose de marche ou de vélo,tu pêtes les plombs!!!!
:))))
c'est même toi qui le dit !!!!
et c'est une addiction super saine!!!
je suppose que t'es de l'apres midi????
quand tu veux passer....
bisoux..
Pour une bretonne déracinée comme moi, tu ne peux pas imaginer ce que ton texte m'apporte.
Tu as un don pour nous faire sentir ce qu'est la vraie Bretagne, et je t'en remercie. C'est rare qu'un texte me donne cette sensation, mais j'ai des frissons et les larmes aux yeux.
Merci!
Ps: Si tu peux, si tu en as le temps et l'envie(ça fait bcp) fais nous un reportage sur le port rhu de Douarn, et sur ses troquets, ce coin me manque vraiment!
J'ai tout lu, j'admire ta volonté, et ta passion de l'aventure car tu en vis des passions dans l'émotion du moment, tu as plusieurs vies dans une, oui tu auras des choses à raconter à tes arrières petits enfants.
Lorsque tu assumes ta semaine, tu as encore pleins de souvenirs dans ta tête, ça permet de tenir
Bisous de zibulinette
C'est drôle, j'ai lu tout cela comme si tu parlais d'un endroit lointain et inaccessible alors que dans le même temps j'étais quelques kilomètres un peu plus au sud...
Ton récit est merveilleux. Magnifique.
Pviou !!!!!
Merci Laouen, çà faisait longtemps que je t'avais lu mais alors qu'elle plaisir de te lire à ces grands moments de voyage. Comme quoi...
La dernière fois était en Allemagne.
Je ne saurais trouver mes mots alors simplement Merci d'être bretonne. Bisous
Allez-y: lachez vous!
Rétroliens
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