face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

30 novembre 2007

tournage de quoi exactement?

Dredi soir, le plus beau soir de la semaine!

Plus de photos à publier. Normal, les dernières datent de samedi matin. Vu la météo prévue, je doute. Si je vais courir demain, je ne pense pas faire des tonnes de photos. Quoi que... Météo France affiche un pale soleil pour demain matin.

Que vous raconter ce soir?
Encore un délire Google? Non, pas envie. D'ailleurs, je n'ai eu que des requêtes sages, bien que curieuses. Je les garde pour plus tard.

Ce soir, je vais vous raconter ma journée de boulot, comme si vous y étiez. Un mix d'hier matin et d'aujourd'hui.
Et vous verrez, que même quand je parle de tournage, j'ai de quoi exciter google.
Tournage à métaux, bien entendu, pas tournage de films "lettre après le W".

Hier matin, 4h30, début de journée "repos".
J'ai 500 pièces d'acier à graver. çà finit par être lourd, mais, ô, comble du luxe, c'est un travail assis!
Il faut positionner la pièce à graver sous la machine, et une tige l'attaque pour y inscrire une série de chiffres et de lettres.

Attention:

1) Si vous faites un faux mouvement, vous vous retrouvez tatoué à vie sur la main, gravé dans la chair, un truc comme GR-7856.O/48/07.. 41238
Sympa non?

2) Mettez votre écharpe autour du cou, en évitant par contre de la laisser trainer sinon vous mourrez étranglé. Il en est de même pour vos  cheveux, à tenir attachés.

Pourquoi mettre une écharpe?
"çàpeplucontinuercomçà" ricanait hier matin, en quittant son job de nuit: attention, tu vas attraper un rhume...
Je le savais bien!
La machine vous envoie en plein visage un puissant souffle glacé pendant tout le gravage.
J'ai remonté le zip de mon bleu jusqu'en haut.
Mais quel bonheur... Bosser assise!

Le bonheur fut de courte durée.
Alerte rouge!!!
Un colis doit partir à 9h30 précise. Il faut tarauder 100 pièces d'inox à la fraiseuse.
Je n'ai jamais fraisé? pfff... 30 secondes de formation, et on me jette devant la bécane, la plus antique de la boite, en me précisant:

1) elle n'a pas assez de force pour faire ce travail
2) le taraud (l'outil qui fabrique le filetage) ne tiendra pas le coup, et en plus, c'est le seul qu'on a.

Soyons optimistes!!
Le fraiseur s'excuse presque: c'est un travail dégueulasse, çà pue, mais on ne peut pas faire autrement.
Je sais, je connais, j'ai déjà taraudé le début de l'usinage de ces mêmes pièces sur le tour. Il faut accompagner l'outil en le noyant dans de l'huile machine lourde.
L'huile chauffe car l'outil atteint des températures affolantes, la pièce fume, et dégage une odeur douçâtre absolument dégueu.
L'odeur n'étant bien sur que la partie immergée de l'iceberg: les poumons respirent le reste, et s'encrassent bien gentiment.

C'est parti!
Je n'ose même pas demander pourquoi, cette commande si urgente, n'a pas été usinée hier, ou avant hier, ou.. etc.
Ici, il faut éviter de se poser des questions... On suit les ordres écrits sur le cahier à 4h du mat, et les ordres donnés de vive voix le reste du temps.
Le fraiseur va se mettre sur un autre bécane, et j'attaque.

Une minuscule vitre basse en plastique protège l'ouvrier des jets d'huile de coupe.
Mais quand le perçage est terminé, et qu'il faut tarauder, il faut ouvrir la vitre, se pencher, mettre son nez à 50cm de l'outil, et ses doigts encore plus près.
L'inox est terriblement difficile à usiner. Il faut des outils spéciaux, et prévoir la casse.
Naturellement, vu la gestion irréprochable de la boite, nous usinons avec des outils prévus pour l'acier (plus tendre)  et nous n'en avons qu'un.
Si il le faut, les ouvriers hommes termineront avec leur taraud perso non?

Et ce qui devait arriver arriva, à la 25eme pièce environ.
Le taraud sortit du trou taraudé, la machine se déplaça vers la 2eme pièce, il se posa sur la pièce déjà percée, se mit à hurler, et explosa.
J'avais, je le rappelle, le nez à 50cm de l'outil, et les doigts encore plus près.
çà a duré une fraction de seconde. Le bruit strident, je recule, je ferme les yeux et détourne la tête, je me jette vers la droite, tente d'appuyer sur le bouton d'arrêt d'urgence en même temps.
Bing!!!!
L'outil s'est brisé dans la pièce, mais ce faisant, des éclats de métal ont volé, se fracassant contre l'établi, et frappant mon épaule par la même occasion.
Si je n'avais pas eu le réflexe de plonger vers le côté, j'aurais peut être un oeil en moins, ou une superbe balafre en plein milieu du visage.
Zut!! A 6h du mat le cabinet du doc était fermé. Même en y allant à pieds (voir message publié dans la semaine) j'aurais du attendre des heures avant de me faire recoudre...
Non, bien sur, on aurait appelé les secours. Mais bon, pour ceux qui auraient raté un épisode, je rappelle qu'un jeune ouvrier blessé a du aller voir le médecin à pieds. Voici comment le bétail est traité dans cet abattoir.

Le fraiseur arrive en courant.
Et merde... c'était le seul taraud!
Que faire?
D'abord, tenter de sortir le bout de l'outil brisé dans la pièce. Ceci fait, tenter de trouver un autre taraud. On fouille les poubelles...
On en déniche 2 qui ont atteint l'age de la retraite, gardés au cas où.
Pendant ce temps, je retourne graver.

Arrivée du chef d'atelier à 7h. Grattage intensif de tête, essais infructueux.
Le premier des tarauds va abimer quelques pièces avant de rendre une deuxième fois l'âme (à qui elle appartient).
Ils bidouillent sur le programme, pour tenter de faire durer le second, tout aussi mort.

C'est très simple. L'usinage va durer 5 fois plus de temps. L'outil va se déplacer cm par cm, s'arrêter en fin de déplacement, pour que je l'huile, que je le refroidisse à l'air comprimé.

Je demande un casque intégral, voire une tenue de Power Ranger rose pour protéger ma frimousse, on me les refuse!
Uniquement cachée derrière une paire de lunettes de travail, j'angoisse...
L'huile gicle, l'huile me parfume, mes cheveux sont aussi gras que si j'avais omis de les laver pendant 6 mois, mon bleu de travail bat des records de propreté, mais çà taraude...

De temps en temps, je dois remplir la burette. Je fais un mélange savant de 2 huiles, que je dois agiter longuement. Derrière la fraiseuse, l'ouvrier payé à ne rien faire (le patron veut le faire démissionner en l'interdisant de travailler) m'observe sans que je le vois. Ce jeudi matin, il est resté les bras croisés  pendant 8h, tel une marchande de poisson devant un étalage.
A sa place, j'aurais pété un plomb, et crié: "elles sont belles mes rotules, elles sont belles! promotion sur les équerres à visser, pour 3 kilos achetés, le 4eme gratuit!"
Parfois, il se met à danser, et tout le reste de l'atelier se tord de rire...

Je remue frénétiquement ma burette d'huile, et soudain je lève la tête.
Le gars, écroulé de rire sur son établi, ne dit rien (trop de bruit) mais mime un geste "celui de *quelque chose* libérant enfin une semence tant agitée"....
Je m'écroule de rire sur la fraiseuse, enfin consciente du geste que je faisais depuis 5 minutes. Un beau coup de poignet diraient certains! :-)
J'aimerais, pendant que je travaille, photographier les ouvriers un à un, avec leurs mimiques, leurs tics (j'en ai aussi).
En se concentrant, certains se mordent les lèvres, tirent la langue, grimacent... C'est passionnant à observer.
Mais je ne pense pas que mon cher patron aimerait voir sa seule ouvrière un numérique dans la main droite et une burette d'huile dans la gauche...

Bruit sinistre... Je file prévenir le chef d'atelier et le fraiseur: la prochaine pièce sera la dernière.
C'est pas grave, on peut pas faire autrement, il restera dedans, me répond on.
Vi, mais à choisir, je préfèrerais qu'il reste dans la pièce, plutôt que dans ma joue...

Par miracle je termine la pièce, sur un hurlement terrifiant de l'outil qui rameute tout l'atelier.
Le fraiseur confirme: çà y est, c'est foutu...

Le colis ne partira pas à 9h30... Je rigole intérieurement...
Tout çà pour quoi? économiser 3 sous en n'achetant qu'un taraud, et encore, un truc de merde?
Le client hurle, et risque d'aller se faire tourner ailleurs, tout çà pour quelques euros.

Et il en est ainsi pour TOUTES les commandes...
Je file en pause.
Au retour, le fraiseur me dit: il a pété.
Ah booooooooon? fais je, innocemment...

Un ancien passe avec une énorme boite de bois longue et très plate sous le bras. On dirait un étui de fusil pour tireur d'élite.
Je lui demande si il a quelqu'un a dessouder.
Il réponds par l'affirmative, ouvre la boite, sort le pied à coulisse le plus immense que je n'ai jamais vu (un bon mètre), l'entrouve, et s'en sert pour mitrailler tous les ouvriers...
Ce matin là, fallait rester zen... Comment cet homme a t'il réussi à passer 30 ans dans cette boite sans commettre une douzaine de meurtres ou sans se pendre?
"C'était pas comme çà avant" répond il... "Maintenant c'est 10 fois pire".

9h30? pfff... il est 11h, et les colis urgent ne sont toujours pas partis.
On joue un remake de panique à bord dans l'atelier. Branle bas (encore!!!!!! je vais avoir mal au poignet) de combat, tout le monde sur le pont!!!!

Pour certains clients, 11h c'est l'heure de l'apéro. Je suis chargée de garnir des cartons de 51 pièces.
Ce client doit être un fana de pastis. Il a commandé plusieurs pièces différentes, mais 51à chaque fois.
Certaines sont en fonte, et pèsent un mort, d'autres sont en acier massif, mais de 40cm de diamètre, et pèsent... 2 morts.

Avant d'emballer certaines pièces, il faut les essuyer. Certaines ressemblent à des assiettes chromées (très lourdes).
Nous bossons à la chaine.
Le fraiseur fraise, passe l'assiette à un ouvrier qui ébavure, qui me la passe à moi, qui essuie.
Question: vous avez fait quoi ce matin?
La plonge, répond l'ouvrier qui me tend les assiettes...
Hop, je cours les en-cartonner.

Bizarrement, les 3/4 des cartons sont déjà faits, mais pas comme il aurait fallu les faire.
Et vas y Laouen... Casse ton dos en 2, vide les cartons, re-remplis les...
On m'interrompt toutes les 3 minutes, et le pire, c'est que je suis en train de tourner les pièces de 40cm en même temps. Quand je reviens aux cartons, j'ai oublié combien de pièces ils contiennent... Alors je gribouille sur mes mains, je cours, je tourne, je remue de la fonte, je re-cours...
Plusieurs tonnes, à chaque fin de journée. Et dire que certains soulèvent de la fonte pour le plaisir!

Le tourneur le plus âgé me regarde faire, son regard en dit long: nawak de chez nawak...
Tout aurait pu être emballé correctement hier. Mais non, ils ont entassé, sans savoir.
Dans cette boite tout est fait de travers! La perte de temps sur chaque affaire est maximum.
çà court de tout côté...

J'entends, à côté de moi:
"méééééééééééé!! qui t'a dit de faire ces pièces là?" question posée au fraiseur par un des responsables de prod
"mééééééééééé, c'est X (le chef d'atelier)"!!!
"mééééééééééééééé, y avait plus pressé, c'est pas çà du tout qu'il fallait faire"...

Je ne m'étonne même plus: c'est ainsi pour TOUTES les commandes, je vous l'ai déjà dit.
Pendant que certains s'agitent et brassent de l'air, je souris... Y a rien d'autre à faire. Sinon tu prends les disques de 40cm de diamètre, 12kg chacun, et tu les fracasses sur le premier qui ose te dire que tu aurais du faire autre chose...
Ici, soit tu restes zen, soit tu finis aux anti dépresseurs, voire même pire.
Et on voudrait me donner des responsabilités?

Mais je suis très bien en Ya Ya!! Je oui-ouite, je fais ce que l'on me dit de faire, j'arrête 5min après parce qu'un autre me dit de faire autre chose, et parfois je rêve de me transformer en divinité hindoue multi-bras.

Fin du cartonnage...
Les 100 pièces urgentissimes (celles de 9h30) doivent être livrées. Il n'y en a pas 100? Qu'importe, partira ce qui partira.
Alors je prends les pièces une à  une, et je les souffle pour les nettoyer.
Mais va dégraisser une pièce dégoulinante d'huile lourde à la soufflette!
Autant pisser dessus, ce sera plus efficace!
Moins de 5 min après une migraine tenace me vrille la tête. L'huile soufflée se vaporise et me pénètre jusqu'aux neurones.
Je mets mes lunettes, et un ridicule masque antipoussières. Je sens mon visage gras, mes cheveux gras, mes mains glissent.

Mais j'astique!
Après avoir taraudé, secoué les burettes, j'astique à mort!
Et ensuite, j'emballe...
Illogique: on est censé emballer avant d'astiquer non?
Euh, je m'égare... :-)

Nombre de pièces astiquées et emballées (sur 100): 69.
Inutile de dire que cela ne fait qu'en rajouter une couche...
Ce matin j'ai décidé de rigoler, c'est çà ou piquer une crise.

Je vais voir le responsable des expéditions, qui est avec le régleur, et lui précise:
"çà y est, j'ai emballé les pièces, il y en a 69".
Le régleur lui rajoute: "elle l'a fait exprès!"
Et moi: "bah quoi? vaut mieux un (carton) 69 que rien du tout non?"

Je repars, d'un air digne...

Ce matin, début "repos". Pas de graveuse, mais un cycle de tournage ultra long.
Pendant ce temps, assise sur un tabouret, je lime...
Oui, je lime, pendant des heures...
Moi je vous dis, y a de quoi exciter google, je ne le fais pas exprès!

Et vous savez quoi?
Lundi, pendant 8h, je vais faire des pipes!
Je n'y peux rien! C'est le nom de la pièce!

Y a pas à dire, tourneur/fraiseur, c'est un drôle de job...



Posté par Laouenanig à 18:53 - les petits bonheurs du jour - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 novembre 2007

Aff, eau lente... (5)

Quelques photos de la dernière partie de ma balade de samedi le long de l'Aff.

Comme appelée par la rivière, j'avais quitté le sentier pour la suivre. Bientôt, il m'a été impossible de courir, tant la végétation devenait dense.
J'ai continué, encore quelques mètres. Pour stopper contre un mur végétal infranchissable. En été, j'aurais peut être tenté de continuer, en me déchirant la peau dans les ronciers, ou en marchant dans l'eau si elle n'était pas trop profonde.
Là, j'ai simplement contemplé la rivière élargie, qui ressemblait à cet endroit à un étang paisible.
Autour du tronc du chêne, une... chaine d'inox.
Au bout de la chaine, une barque bleue.
La rive n'était pas éclairée par le soleil, contrairement à celle d'en face.

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Dans la barque immobile,  le ciel voguait, caché sous les feuilles.
La lumière est venue me faire un clin d'oeil, ratant de peu le centre de la barque.

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J'ai eu soudain l'envie folle de lui rendre la liberté...
Bien élevée, et responsable :-)) je ne l'ai pas fait.
Je n'avais, de toute façon, aucun pouvoir magique. Le cadenas était bien réel.
L'été, cette barque là file t'elle parfois le long des berges de l'Aff?
Les bateaux ont ils une âme, aiment ils ces longs moments apaisant à fleur de talus, loin des remous, ou bien rêvent ils de descendre la rivière, jusqu'au Mortier (lieu dit), là où elle se mêle à L'Oust, là où leurs eaux un peu moins lentes commenceront, ensemble, leur dernier voyage vers l'océan?

 


_smallDSCN2015

Tout près de la barque bleue, accrochée à une autre chaine, plus rouillée celle ci, un autre bateau.
Un bateau de bois très ancien.
Lui, a commencé son dernier voyage...

Un voyage vertical, vers les profondeurs de la rivière.

Les arbres de la berge d'en face n'ont plus d'espace clos pour se mirer. La barque est sous l'eau, ils la bercent de leurs feuillages ondulants.

  _smallDSCN2003

J'aurais voulu couper la chaine. Lui donner ce choix. Flotter encore un instant, ou filer droit vers le fond vaseux.

Même si j'avais pu ôter ces maillons de l'arbre qu'ils ceinturent, je ne l'aurais pas fait non plus. L'Aff est navigable, et qui sait si ce vieux bateau si lourd, au bois si gonflé, n'aurait pas dérivé lors des prochaines crues, créant un obstacle pour les bateaux les plus lourds qui naviguent ici?

Je comprends le plaisir que l'on peut avoir, en remontant cette rivière. Mais en même temps, ces bateaux, bien que très peu nombreux, me gênent. Le bruit, les moteurs, salissent la quiétude du lieux.
J'aime les barques de pêche, les canoës, les bateaux qui filent sans bruit le long de l'eau.

Mais en hiver, aucun bruit ne viendra troubler l'Aff. Et qui, à part le propriétaire de la barque bleue, aura eu un regard pour cet angle de bois sombre?

  _smallDSCN2005  _smallDSCN2011 

Les feuilles hésitent, en équilibre instable sur le bois glissant.
Un coup de vent les fera plonger.
Là, elles rejoindront le reflet du chêne qui les a portées.
Du ciel vers l'eau, de l'eau vers un autre ciel...

Au retour, le soleil trop haut ne faisait plus fumer l'herbe. Le givre ne persistait que dans l'ombre profonde.
J'ai attaqué le kilomètre de pente pure à travers la pinède et ses bruyères d'été roussies en souriant.
En la dévalant, je savais que j'allais aimer la remontée...
Je l'ai aimée.

Posté par Laouenanig à 17:20 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 novembre 2007

interlude "le mercredi c'est rasoir"

Avant  propos:
Cette note, commençant par un coup de blues sur mes conditions de labeur digne d'un roman de Zola (et encore), se termine en délire à forte conne-otation secsse uhelle. (tiens, uhel c'est du breton)
Je préviens d'avance mon lectorat sensible, merci
:-))

Le mercredi je ne me sens pas d'humeur à étaler sur le blog de belles photos.
Il m'est impossible de dormir l'après midi, et l'envie de vomir qui me poursuit jusqu'au soir me donne des envies de tout envoyer en l'air très très loin.
J'espèrais souffler un peu pour Noël, mais le 24 décembre je me lèverai à 3h30. Imaginez la gueule de mon réveillon, et la mienne...
Que dire du 31, où je rentrerai chez moi à 21h?  Que je m'en tape royalement. Par contre, entendre le bordel des voisins toute la nuit risque de me mettre en joie.
Life is life, comme dirons ceux qui n'ont pas ce problème, et qui sont toujours là pour les bons mots, du genre "pense aux chômeurs qui n'auront pas la chance de bosser le 24 décembre, eux"...

Yes, j'y pense. Et y a des jours, je ne pense plus qu'à çà même!
Des nouvelles du boulot?
J'ai resigné, enfin, disons que mon patron m'a sorti une magouille de derrière les fagots, 100% illégale, qui prolonge mon CDD.

Comment? Je dois hurler mon bonheur à la face du monde?
Mais je me tais pour ne pas vous péter les tympans, chers lecteurs...

Je travaille dans un monde de douceur et de compréhension.
Ce matin, par exemple, un de nos ouvriers a passé 4h30 devant moi, les bras croisés, à ne rien faire.
Le patron veut le faire craquer pour qu'il dégage de lui même. Pas de poil dans la main, payé à rien foutre, mais il a du mal à garder son calme...
Pendant ce temps, j'emballais des pièces de fonte (des tonnes) pendant que je tournais d'autres pièces de fonte (15kg pièce).
Mon dos va bien, il m'est impossible de me pencher, la sciatique me réveille la nuit, mais je suis tellement heureuse de bosser!
Ce matin, re-exemple de ce monde où l'être humain touche sa vraie valeur (une merde), un jeune intérimaire s'est blessé à la main.
Rien de très grave, mais il a voulu consulter un médecin, logique!
Et bien....
On lui a dit d'y aller à pieds!!!!
Je précise bien entendu que la boite ne se situe pas du tout en face du cabinet du médecin... Un kilomètre à peu près.
Il arrive qu'à la vue du sang un homme, même costaud, se trouve mal. Et si il avait été victime d'un malaise en chemin?
Lamentable...

Mais à part çà, tout va bien. Mon patron joue à merveille le rôle du pauvre chef d'entreprise harcelé par ses vilains ouvriers qui ne jouent pas le jeu (certains osent se plaindre!!), et j'ai du me retenir de lui offrir un kleenex le soir où nous avons parlé du renouvèlement de mon CDD. Manoeuvre hautement périlleuse, puisque illégale, accomplie dans le plus pur mépris des textes.
Qu'importe, si les deux parties sont d'accord...
Il m'a interprété la grande scène du "je crois en vous etc". Et je n'avais même pas mes yeux pour pleurer en contemplant mon bulletin de paye d'octobre, enfin "entier" (je n'avais eu qu'un acompte). Pleurer aurait été une dépense inutile...
Je sais très bien ce qu'il compte faire: me faire passer régleur, pour un salaire de misère. J'aurai 3 fois plus de responsabilités, et je bosserai 45 heures mini par semaine payées 39.

Petit rajout à 18h30: je tiens à  préciser, avant que l'on me reproche de me plaindre de ma situation, que je ne me plains pas de la pénibilité du travail (soulever du poids) même si çà me détruit le dos. Beaucoup de jobs sont ainsi, et je suis assez "physique".

Ce que je n'encaisse pas, c'est le travail en 2/8. Impossible de dormir avant 23h à cause des voisins (même avec des boules Quiès), et ce n'est pas la petite heure de temps en temps l'après midi qui me fait récupérer. Je suis réellement, sans exagérer, devenue une épave. C'est alarmant, et çà s'aggrave chaque jour.

En ces jours de blues même pas blues (c'est joli le blues), soit on se bourre la gueule, soit on sort courir 30km dans les bois (quand t'as pas dormi et que t'as soulevé de la fonte toute la matinée tu peux même pas faire 100 mètres), soit on va sur ses stats de blog pour délirer un peu.

Heureusement, sur cette page là, y a de quoi rire.
Vous me direz, sur mon bulletin de paye, y a de quoi rire aussi.

Petit tour des perles de la semaine:

- photos volées salle de bain 29 aout

Une telle précision me scie! Quelqu'un s'est il fait voler un album photo dans sa salle de bain ce jour là?
Ou bien, le 29 aout était il la journée mondiale du "je prends ma voisine à poil dans son bain à son insu"?
Faudrait qu'on m'explique... Faites gaffe désormais: le 29 aout, tout peut arriver!

- trou du cul de Berlioz

Euh? Poilu, ou pas poilu?
Après les symphonies en ut majeur, voici les symphonies en an*us mineur?
Fantastique non? (rappelons que Berlioz composa la symphonie fantastique)

- dessin animé sur les fesses

Mettant en scène la vie de Berlioz?
Je m'excuse d'avance auprès des mélomanes arrivant ici par  hasard: je ne suis pas responsable des recherches google farfelues qui amènent des zinzins sur mon blog, je ne fais que les citer dans ce message.
La musique adoucit les moeurs... Espérons le!

Faisons une petite pause intello dans cette débauche de conneries:

- pourquoi les feuilles des arbres tombent en automne?

Pas toutes... :-))
Les chênes, les hêtres, les charmes, et d'autres, gardent (du moins certains) leur feuillage roussi jusqu'au printemps. Na!
J'ai constaté que ce phénomène concernait surtout les arbres jeunes: les arbres de belle taille les perdent.
Comme nous perdons nos cheveux en vieillissant? :-)

- veste de conducteur de train

Envie d'un déguisement de gréviste?
Ok, je sors...

- que signifie le rêve "être seule sur une montagne"?

Ben... peut être que vous avez envie d'être seule sur une montagne non?
J'éviterais, vu mon humeur du jour, de me lancer dans un discours sur l'élévation, le besoin de verticalité etc.
Sachez seulement que vous ne serez jamais seule sur une montagne: si vous saviez le nombre de marmottes, de bouquetins, et de chamois qui vous entourent! (ces derniers sont rarement visibles, contrairement aux autres qui aiment se montrer)
Et les fleurs, hein, les fleurs, vous les comptez pour du beurre (de vaches alpines)?
Pis, même seule, vous ne serez pas seule, puisque vous serez avec vous.
Venez faire un stage avec moi, je vous apprendrai à comprendre cette dernière phrase :-)

Après cette parenthèse "au dessus de la ceinture", repassons en dessous:

- gonfler les mollets maison

Encore un qui veut ressembler à un beau dit bulle d'air (j'adore l'écrire ainsi!!) sans souffrir, ni forcer, ni transpirer, ni... se shooter aux  hormones.
2 solutions: les prothèses, et là y a tromperie sur la marchandise
le sport.
Allez!!! bougez vous N de D! Et que çà saute! Montez moi le gars Libié (il en a de la chance celui ci...) en 52/12 tous les jours, et vous allez voir vos mollets!

- caleçon rembourré érotique

Damned... Après les faux mollets, voici les fausses ***** (censuré)
Vous me direz, nous les filles, on a bien des Wonderbra hein! Mais çà n'a rien à voir! çà met juste en valeur la poitrine (ou son absence dans mon cas).
Il existe des sous tifs avec des coussinets amovibles, là oui, c'est de la triche. Un peu comme les slips "remonte fesse".
Y a qu'un truc, en fait, sur lequel les filles peuvent  pas tricher (ni les mecs):
il n'existe pas de "chapeau remonte QI"
On peut faire illusion 10 secondes, rarement plus...
Donc, messieurs, assumez: vous n'avez qu'un petit lançon dans le slip, au lieu du congre frémissant dont vous rêvez?
Et alors! Sachez que le lançon est un appât (on appelle çà un "vif") de rêve pour tous les gros poissons, qu'ils soient mâles ou femelles...

Je m'excuse d'avance auprès des passionnés de pêche arrivés ici par hasard: souriez!! merci!!

Terminons par la contradiction du jour.
Il semble que  le monde entier soit partagé:

Ceux qui aiment les poils
Ceux qui n'aiment que les corps lisses d'éphèbes luisants.

En effet, voici ce que j'ai eu cette nuit dans mes stats:

1) belles photos d'hommes nus et poilus
2) beaux jeunes hommes nus et épilés

Faudrait savoir!!!
Bon, je donne mon avis: ayant contemplé des centaines de mollets de cyclistes, je préfère la version épilée.
J'essaie d'imaginer les Dieux du Stade en version "hommes des cavernes velus", çà ne passe pas.
Et allez donc oindre un corps poilu d'huiles parfumées hein? pas très pratique...
Précision spécialement destinée à Jérome:
Ils n'ont pas précisé le métier des hommes nus en question, bucherons ou pas bucherons, qui sait?
Je lance donc un sondage parmi les lecteurs/trices:

Pour "poilus" votez 1
Pour "épilés" votez 2
Envoyez vos réponses par sms au ********** (je vous donne mon numéro de compte en banque tout de suite, faut que çà me rapporte un max cette connerie) .

Et logiquement, ce qui devait arriver arriva:
En tête de mon blog, depuis quelques jours, ce genre de pub:

capt

J'attends vos votes!
:-))

Posté par Laouenanig à 17:37 - googleries en vrac - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 novembre 2007

Aff, eau lente... (4)

Les arbres voyagent au fil de l'eau.
Immobiles, et pourtant, toujours en mouvement.
Même sur l'Aff, à l'eau si lente.

Le vieux fayard s'y reflète, en milliers de soleils.
J'ai souris à la lecture du commentaire de Yoyo sur le message précédent.
Il ne savait pas l'origine du mot "faillisse".
J'ai à nouveau souris en relisant ses lignes: avouez qu'associer, dans la même phrase, les mots "bande", et "trique", est susceptible d'exciter Google et mes stats, non?

J'adore la toponymie. Je ne connaissais pas du tout le mot "faillisse". Mais il est vrai que je ne parle pas le "Meusien" :-)) (L'Est, je vous aiiiiiiiiiiime!!)
Prononcer "meusien" en insistant sur le "meuh" initial.
Mot qui est donc dérivé du terme "fayard", si souvent employé quand on parle du hêtre.
Moi, c'est le mot "hêtre" qui m'interrogationne fortement. Pas le temps d'aller rechercher son origine.

Le hêtre, c'est "fagus" en latin. D'où le fayard, et tout ce qui s'en suit.
Et là, le breton rejoint le latin.
Le hêtre breton, se dit "fav" (ou faw sur mon dico d'étymologie bretonne).
Pluriel: Faou, et Fao en Morbihan.
Partout, sauf... chez moi. Où le Gallo s'est imposé en force sur les panneaux.

Je pensais tout à l'heure: trop longtemps que je ne suis plus retournée à Coëtquidan. C'était bien souvent ma sortie vélo du jour. Une envie, vite, je filais là bas (26km), passait une heure à communier avec l'étang, et je rentrais, pleine de sa lumière.
Le travail m'empêche d'y aller. Et le week end passe trop vite...
Si parfois des inconnus me demandent: "d'où êtes vous?" Je réponds: "je suis de Coët".
Car mis à part ce kilomètre d'Aff du côté de La Gacilly, dont on ne peut pas mesure la vraie dimension, c'est à Coët que je vibre le plus.

Coët: les bois, en breton. Enfin, les bois, c'est "Koadou" théoriquement. Mais le breton est une langue pleine de surprises, où les lettres varient aussi vite que le temps.
Ce qui donne, avec le changement du "k" en "g": Argoat: les bois.
Par opposition à Armor, la mer. Les deux Bretagne(s).

Je suis farouchement de l'Argoat. Et farouchement aussi "de Coët".
Comme j'étais, quand je vivais en Finistère, farouchement des Montagnes Noires, et plus particulièrement d'un endroit soit disant "lignes de forces négatives", à la frontière Finistère-Morbihan, quelque part entre Spezet et Gourin. Tout près du Toull al Laeron. Point culminant des Montagnes Noires... Ne souriez pas, c'étaient MES montagnes...
Pardon! Speied!
Village très très bretonnant.
Et Gourin, du Morbihan bretonnant, le "centre du monde"...

Là, les Gourinois paumés ici, et les Bretons souriront et se demanderont si je ne suis pas dingue...
Mais quand on a vécu 11ans à l'extrême ouest des Montagnes Noires, et que l'on a sillonné la Bretagne (et plus loin) en long en large, en travers, et en hauteur, en vélo, en voiture, et à pieds, on sait que "n'importe où que l'on aille, il faut passer par Gourin".

Tain... Je déplie les lambeaux de mes anciennes cartes IGN... si usées qu'elles sont tombées en poussière. Nom de la carte: 0618O "Chateauneuf du Faou". Et celle de Gourin 0618E.
Et hop... Comment revenir au "Faou", le fayard...

Samedi matin, le fayard doré qui me faisait face envoyait ses éclats jusqu'au fond de l'Aff.
J'étais sur l'autre rive, face à lui, et j'ai vogué sur son feuillage.

L'eau était si vibrante, que les photos sont d'abord ressorties floues...

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Aquarelle...
A quoi rêve t'elle...

Alors j'ai mis l'appareil en position "sports", en souriant. J'étais immobile, comme l'arbre, et je photographiais en mode sport...
L'eau s'est figée.
Le voyage a continué...
Un jour, j'irai réellement voguer sur l'Aff.

Je poste toutes les photos que j'ai faites, même si j'en préfère certaines. Chacun de vous voyagera sur celle qui lui plait, ou sur toutes...

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Posté par Laouenanig à 18:17 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2007

Aff, eau lente... (3)

La lumière est un bienfait venu d'ailleurs...
Une ligne dans le commentaire de Jipes, sur mon dernier message.
C'est vrai, la première des photos ressemblait à une colonne de lumière tombant d'une soucoupe volante. J'y avais pensé.

Mais plus sérieusement, la lumière n'est pas un bienfait venu d'ailleurs.
Enfin, si, bien entendu: notre soleil n'est  pas franchement tout près. Ni si loin que çà finalement, au vu de l'infinitude de l'univers.
çà existe "infinitude"? ouais!
Tout est question d'altitude, répondais je à un autre comm. Et par altitude je ne veux pas dire "par rapport au niveau de la mer".
L'altitude, c'est aussi à ras le sol, comme au fond de vous.

Et la lumière, ce n'est pas un bienfait venu d'ailleurs.
Vous aurez beau vous trouver face à un spot de 5000 watts, ou à 50cm du soleil (si une combinaison assez résistante existait), vous ne la verriez pas si vous ne vouliez pas la voir.
Là, je parle de la Lumière. Vous savez?
Bon, bref, j'ai trop froid pour me lancer dans un discours ésotérico-spirituello-laouenesque...

Tout est lié. La lumière. La votre. Qui n'est, pour certain, que le reflet de la vraie. Peut être. Certainement.
Et pourtant, je persiste, aveuglée que je suis, à penser que notre lumière nous est propre. Et zut, et crotte, et tant pis si je ne suis pas assez humble... Après tout, ceux qui se proclament humbles ne le sont pas:

"Celui qui se proclame humble fait preuve d'un véritable orgueil.
Car l'humilité dérive en réalité d'une grandeur.
Dès lors que l'on s'attribue cette grandeur, on est orgueilleux en vérité"

Tous les textes spirituels nous demandent de nous rabaisser, jusqu'à parfois nous nier.
Si c'est cela, la vérité, alors laissez moi dans mon mensonge...
Je suis ce que je suis. Dans la forêt, là haut sur la montagne, quand le sang coule de mes doigts coupés, quand je cours, quand je rêve.. parfois.
Quand j'ai mal. Parfois...
Je me fais traiter comme une merde à mon boulot, je me fais traiter comme une merde par certains de mes proches, je me fais traiter comme une merde par les habitants du coin à l'esprit étriqué, et il faudrait que moi même je me merdifie?

J'ai une vie de dingue, une santé qui va de pire en pire, il ne me reste plus que çà: ces instants hors du temps, hors de normes de pas mal de monde, mais intensément à moi, de moi, vers... tout.

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Il y a le soleil qui glace parfois. Quand vous vous sentez si seul au milieu de votre désespérance.
Il y a le givre, et le froid intense, que vous ne craignez plus, quand vous vous êtes acceptés.

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L'Aff s'offre désormais, sans son couvert végétal qui fait perdre tout repère. La limite entre l'eau et les arbres est floue.
Je n'ai jamais photographié ce coin là.
Ce matin, je cours sur un épais tapis d'herbe gelée, trempée, lumineuse.
Ce matin, la lumière m'offre une rivière d'amour.

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Je vais oublier le sentier. Continuer à courir dans les ronces, jusqu'à ce que la végétation me stoppe.
Je sais que la rivière ne s'offre vraiment qu'à ceux qui l'aiment.
Un superbe fayard au feuillage étagé me fait stopper longuement.

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En m'avançant encore un peu plus, je vais découvrir un rêve en mouvement...

Photos demain, si j'arrive à les voir!

Posté par Laouenanig à 18:09 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 novembre 2007

Aff... eau lente... (2)

Je cours, et je pense: enfin, il a plu...
Enfin le sol de la forêt ressemble à un sol de forêt. Tendre, doux sous les pieds, plein de surprises humides et glacées.
Enfin le pas se fait glissant, enfin il se pose sur une incertitude: qu'y a t'il sous les feuilles étalées en tapis épais? Une racine piégeuse, du terreau souple, de la boue avide, avaleuse de chaussures, une jolie flaque d'eau noire bien froide...
Enfin le pas ne semble plus frapper la terre, enfin il se fait baiser.
(euh? la dernière phrase peut porter à confusion, pourtant tapée sans aucune arrière pensée; je m'en excuse, et remercie google à l'avance pour toutes les jolies requêtes à venir...)

Trop facile, oui, c'est trop facile.
J'aime le froid, j'aime les matins glacés, j'aime la forêt et son habit de cathédrale de lumière.
Quand le froid se fait piquant, quand le terreau, les feuilles, les troncs moussus sont gorgés d'eau, quand le soleil vient s'y déposer, tout ce qui vit fume, et des deux dimensions monte la vapeur. La terre respire...
Elle a bu, et pour remercier le soleil elle lui donne à boire.
Cette vapeur là, ce n'est pas le ciel qui descend sur terre, c'est la terre qui s'élève vers le ciel. La brume s'enroule, se déroule, elle embrasse l'air pur, habille sa transparence.

Et moi, je l'aime...
Qui donc?
Sourire...
Le ciel, la terre, la vapeur d'eau, la lumière, les arbres, le tout.

Quelques photos de l'instant lumière. Toujours la même photo, avec plus ou moins de recul. L'instant commence où il se termine.
En nous.

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Posté par Laouenanig à 10:53 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 novembre 2007

Aff... eau lente... (1)

Samedi matin. Grand soleil.
Hier soir j'ai du m'endormir en 5 minutes. Totalement épuisée.
Je pensais m'habituer, mais non, mon corps accumule la fatigue.

Ce matin, envie de rester au chaud. Mais le soleil me fait des clins d'oeils concluants, alors je me mets en tenue de sport.
Direction La Gacilly.
Sur la route l'ombre est tenace. La voiture tangue un peu. Les pentes rudes sur la droite sont totalement blanches.
Je pousse un cri de joie...

Je vais courir. Enfin, disons, trottiner, par rapport à ce que j'appelais courir avant. Avec mon appareil photo.

Que vous dire?
Les kilomètres parcourus? Je n'en sais rien. Je me suis arrêtée plusieurs fois pour prendre des photos.
La température? Je m'en moque, j'ai toujours aimé courir dans le froid ensoleillé.
La durée? Ah çà je sais, à peine plus d'une heure, je dois me préserver.
Le nombre de photos? Qu'importe...

Qu'importent les chiffres, qu'importe l'heure... J'ai la tournée des supermarchés à faire ensuite, je rentrerai quand je rentrerai, je mangerai à 15h si il le faut.

Je n'ai pas murement réfléchi pour choisir mon parcours, l'envie est venue seule. Je vais aller saluer l'Aff, celle dont les eaux sont si lentes, quand elle ne déborde pas. :-)
Saluer ce coin de forêt qui m'emporte loin, très loin, dès que j'y mets les pieds. Loin, vers "plus haut".

Je commence par 500m de talus, plats, et ensuite le sentier dégringole brutalement, sur un bon kilomètre. Je souris en pensant au retour.
Je sais que je vais aimer, réellement aimer.

Tout en bas, en sortant de la pinède, les champs givrés fument sous le soleil.
Je traverse la route, et entre dans la forêt qui cache la rivière.
Je ne peux pas m'en empêcher, je repense encore à un commentaire lu chez Mélusine. Une femme qui avouait être angoissée devant l'arrivée de l'automne.
Pour moi, ceux qui sont angoissés par l'automne le sont parce qu'ils sont mal dans leurs peaux.
Ils se sentent vieillir, ont du mal à l'accepter, ont peur du terminus qui sera le notre quoi que l'on fasse. On aura beau piétiner sur place, comme si on voulait courir à reculons sur un tapis de course, le temps avance...
L'automne n'est pas une fin, juste le début d'autre chose, le repos de la nature, après l'abondance.
Et pour nous?

Je cours bien moins vite qu'avant, et ce n'est pas logique. Le travail m'a ruiné la santé, déjà bien entamée par mes problèmes familiaux, et thyroïdiens.
Je ne reviendrai jamais en arrière...
Mais je cours.
Un proverbe zoulou disait:
Tu avances, tu meurs.
Tu recules, tu meurs.
Alors, pourquoi reculer?

L'automne ne me fait pas peur. Ni le noir, ni le brouillard, ni la solitude...
La solitude, je la connais, j'ai appris à ne pas lutter contre, on est copines toutes les deux...
La mort? Je l'ai tellement désirée à une époque de ma vie, tellement côtoyée, elle ne m'effraie plus.
Elle me prendra, peut être un jour d'hiver, peut être un jour d'été, peut être en pleine lumière.

Je cours, et je sais que la lumière sera là.
Certains doivent penser que si je recherche tant la lumière, c'est certainement pour me réconforter, me réchauffer. Que j'ai besoin de me sentir "plus haut"  parce que ma misérable vie de terrienne me pèse trop, parce que c'est le désespoir, travesti en course vers le ciel, qui me pousse.
Non, j'aime aussi courir et marcher en pleine nuit, vous le savez bien.

Qu'est ce qui me fait vibrer aussi fort, lors de ces instants où je partage la brillance du soleil?
Est ce un besoin?
Si oui, alors peut être, oui, je ne suis pas pleinement heureuse, pleinement équilibrée.
Je réponds à l'envie qui me fait aller au devant de l'instant.
Besoin, envie, qu'importe, je n'y peux rien: çà me prend comme çà, une pulsion. L'évidence. Il me faut sortir, aller courir, ou marcher, ou simplement respirer dehors.
Et je décolle...

Pas très zen tout çà... Trop de sensations, trop d'amour qui déborde...
L'amour...
Ce matin j'ai aimé un pin, un sentier plein de givre, une barque coulée... Aimé l'air qui les enveloppait, et qui entrait dans mes poumons.
C'est bien peu penseront certains.
Et ils auront certainement raison.
Ce matin, j'ai partagé mon souffle avec celui d'un arbre.
En plein soleil, son écorce moussue fumait. Et moi, le front contre le tronc du pin, je respirais. Nos vapeurs se sont mêlées.

Voici l'étrange vie de Laouen...
Ermite des temps modernes?
Ne rencontre personne, ne parle à personne (en dehors du travail), ne donne de tendresse à personne (en dehors de ses enfants).
Sinon aux arbres, aux oiseaux, aux feuilles mortes, à la lumière elle même.
Ne reçoit de tendresse de personne (sinon de ses enfants).

Et pourtant, je n'ai pas l'impression d'être seule...
Dans cette vie là, la place qui est la mienne est celle que j'occupe.
Juste une question de kilomètres, je voudrais être 1200km plus à l'Est. Mais c'est si infime, ce détail, finalement...

Voici l'étrange vie de Laouen, funambule, balancier, fil, air qui entoure le tout.
Souvent partagée entre deux impressions: celle d'un total bonheur, et celle d'un désespoir aigu...

Laouen qui sait, elle le sent, que sa vie ne sera pas longue, alors elle marche, elle court, elle vit...

Quelques photos de ce coin que vous devez commencer à connaitre (trop pour certains! :-)), photos que je n'ai malheureusement pas pu réellement voir, car mon écran merde un max.
La suite demain
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Et là, j'ai ralenti le pas. Ne pas brusquer l'instant...

Posté par Laouenanig à 19:03 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 novembre 2007

interlude "pas le temps"

Journée "mission impossible" aujourd'hui.
Au travail, rien ne va. Le régleur des tours est en arrêt maladie, et plus personne n'est capable de bidouiller ces engins.
Hier, on ma jetée sur une énorme bécane, un centre d'usinage, avec 30 secondes de formation.
Inutile de préciser que je n'ai fait que des conneries, logique!

Je ne sais toujours pas si j'aurai encore du travail le 1er décembre.

S'ajoutent à çà plein de petits problèmes (dont certains sont énormes).
Mais tout va bien! (enfin, mon coeur bat encore, donc je suis en vie)

Ce soir, soirée "je cours après les rares trains qui circulent". J'ai espoir de rentrer chez moi vers 23h, si j'arrive à coller mes enfants dans un train. Sinon...

Avant de partir à l'abattoir à l'usine, je ne résiste pas à l'envie de vous présenter les 2 requêtes du jour:

- slip règlementaire armée

De quoi mourir de rire... Les pauvres soldats ont donc des slips règlementaires?
Quelqu'un est chargé de contrôler les dits sous vêtements?
Un métier interessant tiens... je postule! :-)

Et:

- je veux survivre

A cette phrase j'ai 2 lignes à rajouter:

1) si vous espérez trouver un espoir de survie sur le net, bon courage... Mais bon, parfois, çà peut aider!
2) MOI AUSSI

Posté par Laouenanig à 11:52 - googleries en vrac - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 novembre 2007

cadeau du matin...

Le matin, quand je mène ma fille jusqu'à l'arrêt du bus, à 7h30, le ciel est souvent dégagé. Ou curieusement partagé entre nuages et infiniment pur, une ligne nette marquant la séparation.
Droit devant nous, Vénus la belle nous salue. J'aime ce coucou du matin. Se dire: "après mes enfants, la première à me saluer est une étoile"... Bon, ne pinaillons pas: Vénus n'est pas une étoile! :-) Juste une belle planète inhospitalière, superbement éclairée par le soleil.
Mais elle est bien plus fidèle dans mon ciel que Sirius, la véritable étoile la plus brillante de notre ciel français.

Et les minutes passent...
C'est au moment où le jour se fait certitude que le brouillard choisit de s'imposer. Une course matinale, dont le vainqueur est toujours le même. Un pied de nez au soleil... Ah bon? Tu veux te lever? Et bien, je serai le premier à envahir le ciel, et tu lèveras derrière mon voile, na!
Le soleil sourit. Il ne suffit pas de gagner la première manche pour s'imposer. Il lèvera le brouillard, ou ne le fera pas. Qu'importe?
Tout est question d'altitude. Le soleil est au dessus de tout çà. Là haut, il règne sur sa petite portion de ciel.

Le brouillard joue le chrono. Il angoisse ceux qui doutent, il révèle les rêves.
Ce matin, il m'a offert quelques minutes de répit, avant d'avaler le paysage.
Une tasse de thé en main, j'ai regardé l'instant grandir. Je suis retournée à la maison, enfiler mes chaussures de rando goretex, pour éviter de choper la mort dans l'herbe haute et trempée, et je me suis avancée vers la cloture du champ.

Ici, le système électrique date un peu, voire même beaucoup. Le paysage est agrémenté de superbes poteaux bancals, de fils pendouilleux, d'installations miteuses qui embellissent vos photos. Impossible d'y couper, vous y aurez droit, pas la peine de faire de la gym, de vous coucher dans l'herbe, ou de rêver à une fonction sur photoshop *je gomme les fils électriques*.
Le clonage existe sur mon logiciel (Gimp) mais franchement, cela rime à quoi?
La campagne autour de moi est pleine de fils, je vous la montre avec fils :-)
Et avec porcheries aussi...

Ce matin, 8h20, à l'arrêt de bus de P'tit Troud:

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Lever de soleil sur la porcherie en face de chez moi.
Charmant non?
Comment? J'aurais pu me décaler un peu, ne prendre que le soleil? Venez, et vous verrez.. On a le choix: porcherie, dinderie, vacherie.

Ou hier: lever de soleil (fa-bu-leux) sur la maison des manouches, leurs caravanes, et les sublimes poteaux qui nous déservent en électricité (très floue car zoom numérique à bloc)

DSCN1868

Et oui! la vraie vie c'est cela. Le soleil joue au funambule sur le fil, et il s'en moque bien...

Mais ce matin, dans le champ vers l'Est, la lumière illuminait la rangée de vieux chênes. Le soleil était déjà levé, et le brouillard cachait sa nudité, ne laissant entrevoir que l'essentiel.

J'ai marché lentement...
Je vais publier toutes les photos, et tant pis si une ou deux auraient plus marqué les lecteurs que cette série qui peut sembler répétitive. Je le sais bien. Mais mon approche est différente. J'ai tenté de vous l'expliquer, maladroitement.
Seule compte pour moi la sensation.
Et pour vous la faire partager, il faut que je vous entraine pas à pas, dans les miens.
Illusion... Comme si c'était possible! :-)
Si parfois je n'ai pas envie de faire des photos, parfois j'ai envie de vous les montrer toutes. Pour moi c'est logique, cela correspond à mon cheminement perso au coeur de l'instant.
Donc, ce matin, ce sera série de photos, brutes, même pas visionnées.
La vie ce n'est pas quelques secondes de beau, et du grand noir autour.
La vie, c'est quelques secondes de beau, et de longues secondes autour, pas forcément fabuleuses, mais logiquement tout aussi vivantes.

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A ce moment, je me suis tournée vers le Sud. Au bout du pré, le totem, le vieux chêne mort, semblait si minuscule, encadré par les deux chênes bien vivants. Jusqu'à quand? Il suffit de voir les barbelés encastrés dans leurs troncs pour craindre le pire.


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Plus près encore...

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Encore...

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On porte parfois des chaines en or. Je préfère cueillir l'or du matin entre les feuilles des chênes

Si vous saviez toutes les lignes que je pourrais écrire derrière ces photos...
Je préfère les taire.
Les symboles sont parfois plus forts quand ils sont muets.

Quelques secondes après, le brouillard gagnait la première  manche. La lumière s'éteignait brutalement.
Je rentrais à la maison sereine et heureuse: cette lumière là, reviendrait.
Elle...

Posté par Laouenanig à 09:57 - Breizh - Argoat: Mon pays - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

le village où il est conseillé de "staying aliiiiiiiive"

Trouvé ce matin, sur le site de Libé:

" Par arrêté municipal du 16 novembre, le maire du village de Cugnaux *interdit à toute personne ne disposant pas de caveau dans le cimetière existant* de mourir sur le territoire de sa commune."

Libé Toulouse précise que "les contrevenants seront sévèrement sanctionnés"

Un lien mène à Libé Toulouse, qui bizarrement ne fonctionne pas.

Je tremble de peur devant cette page *not found*..
Représailles? Attentat? Mise en application du décret?
J'espère que le journaliste n'a pas commis la faute de gout de mourir à Cugnaux...
Les contrevenants y sont peut être sanctionnés... de mort?

Posté par Laouenanig à 08:00 - mes délires en vrac - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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