face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

30 novembre 2007

tournage de quoi exactement?

Dredi soir, le plus beau soir de la semaine!

Plus de photos à publier. Normal, les dernières datent de samedi matin. Vu la météo prévue, je doute. Si je vais courir demain, je ne pense pas faire des tonnes de photos. Quoi que... Météo France affiche un pale soleil pour demain matin.

Que vous raconter ce soir?
Encore un délire Google? Non, pas envie. D'ailleurs, je n'ai eu que des requêtes sages, bien que curieuses. Je les garde pour plus tard.

Ce soir, je vais vous raconter ma journée de boulot, comme si vous y étiez. Un mix d'hier matin et d'aujourd'hui.
Et vous verrez, que même quand je parle de tournage, j'ai de quoi exciter google.
Tournage à métaux, bien entendu, pas tournage de films "lettre après le W".

Hier matin, 4h30, début de journée "repos".
J'ai 500 pièces d'acier à graver. çà finit par être lourd, mais, ô, comble du luxe, c'est un travail assis!
Il faut positionner la pièce à graver sous la machine, et une tige l'attaque pour y inscrire une série de chiffres et de lettres.

Attention:

1) Si vous faites un faux mouvement, vous vous retrouvez tatoué à vie sur la main, gravé dans la chair, un truc comme GR-7856.O/48/07.. 41238
Sympa non?

2) Mettez votre écharpe autour du cou, en évitant par contre de la laisser trainer sinon vous mourrez étranglé. Il en est de même pour vos  cheveux, à tenir attachés.

Pourquoi mettre une écharpe?
"çàpeplucontinuercomçà" ricanait hier matin, en quittant son job de nuit: attention, tu vas attraper un rhume...
Je le savais bien!
La machine vous envoie en plein visage un puissant souffle glacé pendant tout le gravage.
J'ai remonté le zip de mon bleu jusqu'en haut.
Mais quel bonheur... Bosser assise!

Le bonheur fut de courte durée.
Alerte rouge!!!
Un colis doit partir à 9h30 précise. Il faut tarauder 100 pièces d'inox à la fraiseuse.
Je n'ai jamais fraisé? pfff... 30 secondes de formation, et on me jette devant la bécane, la plus antique de la boite, en me précisant:

1) elle n'a pas assez de force pour faire ce travail
2) le taraud (l'outil qui fabrique le filetage) ne tiendra pas le coup, et en plus, c'est le seul qu'on a.

Soyons optimistes!!
Le fraiseur s'excuse presque: c'est un travail dégueulasse, çà pue, mais on ne peut pas faire autrement.
Je sais, je connais, j'ai déjà taraudé le début de l'usinage de ces mêmes pièces sur le tour. Il faut accompagner l'outil en le noyant dans de l'huile machine lourde.
L'huile chauffe car l'outil atteint des températures affolantes, la pièce fume, et dégage une odeur douçâtre absolument dégueu.
L'odeur n'étant bien sur que la partie immergée de l'iceberg: les poumons respirent le reste, et s'encrassent bien gentiment.

C'est parti!
Je n'ose même pas demander pourquoi, cette commande si urgente, n'a pas été usinée hier, ou avant hier, ou.. etc.
Ici, il faut éviter de se poser des questions... On suit les ordres écrits sur le cahier à 4h du mat, et les ordres donnés de vive voix le reste du temps.
Le fraiseur va se mettre sur un autre bécane, et j'attaque.

Une minuscule vitre basse en plastique protège l'ouvrier des jets d'huile de coupe.
Mais quand le perçage est terminé, et qu'il faut tarauder, il faut ouvrir la vitre, se pencher, mettre son nez à 50cm de l'outil, et ses doigts encore plus près.
L'inox est terriblement difficile à usiner. Il faut des outils spéciaux, et prévoir la casse.
Naturellement, vu la gestion irréprochable de la boite, nous usinons avec des outils prévus pour l'acier (plus tendre)  et nous n'en avons qu'un.
Si il le faut, les ouvriers hommes termineront avec leur taraud perso non?

Et ce qui devait arriver arriva, à la 25eme pièce environ.
Le taraud sortit du trou taraudé, la machine se déplaça vers la 2eme pièce, il se posa sur la pièce déjà percée, se mit à hurler, et explosa.
J'avais, je le rappelle, le nez à 50cm de l'outil, et les doigts encore plus près.
çà a duré une fraction de seconde. Le bruit strident, je recule, je ferme les yeux et détourne la tête, je me jette vers la droite, tente d'appuyer sur le bouton d'arrêt d'urgence en même temps.
Bing!!!!
L'outil s'est brisé dans la pièce, mais ce faisant, des éclats de métal ont volé, se fracassant contre l'établi, et frappant mon épaule par la même occasion.
Si je n'avais pas eu le réflexe de plonger vers le côté, j'aurais peut être un oeil en moins, ou une superbe balafre en plein milieu du visage.
Zut!! A 6h du mat le cabinet du doc était fermé. Même en y allant à pieds (voir message publié dans la semaine) j'aurais du attendre des heures avant de me faire recoudre...
Non, bien sur, on aurait appelé les secours. Mais bon, pour ceux qui auraient raté un épisode, je rappelle qu'un jeune ouvrier blessé a du aller voir le médecin à pieds. Voici comment le bétail est traité dans cet abattoir.

Le fraiseur arrive en courant.
Et merde... c'était le seul taraud!
Que faire?
D'abord, tenter de sortir le bout de l'outil brisé dans la pièce. Ceci fait, tenter de trouver un autre taraud. On fouille les poubelles...
On en déniche 2 qui ont atteint l'age de la retraite, gardés au cas où.
Pendant ce temps, je retourne graver.

Arrivée du chef d'atelier à 7h. Grattage intensif de tête, essais infructueux.
Le premier des tarauds va abimer quelques pièces avant de rendre une deuxième fois l'âme (à qui elle appartient).
Ils bidouillent sur le programme, pour tenter de faire durer le second, tout aussi mort.

C'est très simple. L'usinage va durer 5 fois plus de temps. L'outil va se déplacer cm par cm, s'arrêter en fin de déplacement, pour que je l'huile, que je le refroidisse à l'air comprimé.

Je demande un casque intégral, voire une tenue de Power Ranger rose pour protéger ma frimousse, on me les refuse!
Uniquement cachée derrière une paire de lunettes de travail, j'angoisse...
L'huile gicle, l'huile me parfume, mes cheveux sont aussi gras que si j'avais omis de les laver pendant 6 mois, mon bleu de travail bat des records de propreté, mais çà taraude...

De temps en temps, je dois remplir la burette. Je fais un mélange savant de 2 huiles, que je dois agiter longuement. Derrière la fraiseuse, l'ouvrier payé à ne rien faire (le patron veut le faire démissionner en l'interdisant de travailler) m'observe sans que je le vois. Ce jeudi matin, il est resté les bras croisés  pendant 8h, tel une marchande de poisson devant un étalage.
A sa place, j'aurais pété un plomb, et crié: "elles sont belles mes rotules, elles sont belles! promotion sur les équerres à visser, pour 3 kilos achetés, le 4eme gratuit!"
Parfois, il se met à danser, et tout le reste de l'atelier se tord de rire...

Je remue frénétiquement ma burette d'huile, et soudain je lève la tête.
Le gars, écroulé de rire sur son établi, ne dit rien (trop de bruit) mais mime un geste "celui de *quelque chose* libérant enfin une semence tant agitée"....
Je m'écroule de rire sur la fraiseuse, enfin consciente du geste que je faisais depuis 5 minutes. Un beau coup de poignet diraient certains! :-)
J'aimerais, pendant que je travaille, photographier les ouvriers un à un, avec leurs mimiques, leurs tics (j'en ai aussi).
En se concentrant, certains se mordent les lèvres, tirent la langue, grimacent... C'est passionnant à observer.
Mais je ne pense pas que mon cher patron aimerait voir sa seule ouvrière un numérique dans la main droite et une burette d'huile dans la gauche...

Bruit sinistre... Je file prévenir le chef d'atelier et le fraiseur: la prochaine pièce sera la dernière.
C'est pas grave, on peut pas faire autrement, il restera dedans, me répond on.
Vi, mais à choisir, je préfèrerais qu'il reste dans la pièce, plutôt que dans ma joue...

Par miracle je termine la pièce, sur un hurlement terrifiant de l'outil qui rameute tout l'atelier.
Le fraiseur confirme: çà y est, c'est foutu...

Le colis ne partira pas à 9h30... Je rigole intérieurement...
Tout çà pour quoi? économiser 3 sous en n'achetant qu'un taraud, et encore, un truc de merde?
Le client hurle, et risque d'aller se faire tourner ailleurs, tout çà pour quelques euros.

Et il en est ainsi pour TOUTES les commandes...
Je file en pause.
Au retour, le fraiseur me dit: il a pété.
Ah booooooooon? fais je, innocemment...

Un ancien passe avec une énorme boite de bois longue et très plate sous le bras. On dirait un étui de fusil pour tireur d'élite.
Je lui demande si il a quelqu'un a dessouder.
Il réponds par l'affirmative, ouvre la boite, sort le pied à coulisse le plus immense que je n'ai jamais vu (un bon mètre), l'entrouve, et s'en sert pour mitrailler tous les ouvriers...
Ce matin là, fallait rester zen... Comment cet homme a t'il réussi à passer 30 ans dans cette boite sans commettre une douzaine de meurtres ou sans se pendre?
"C'était pas comme çà avant" répond il... "Maintenant c'est 10 fois pire".

9h30? pfff... il est 11h, et les colis urgent ne sont toujours pas partis.
On joue un remake de panique à bord dans l'atelier. Branle bas (encore!!!!!! je vais avoir mal au poignet) de combat, tout le monde sur le pont!!!!

Pour certains clients, 11h c'est l'heure de l'apéro. Je suis chargée de garnir des cartons de 51 pièces.
Ce client doit être un fana de pastis. Il a commandé plusieurs pièces différentes, mais 51à chaque fois.
Certaines sont en fonte, et pèsent un mort, d'autres sont en acier massif, mais de 40cm de diamètre, et pèsent... 2 morts.

Avant d'emballer certaines pièces, il faut les essuyer. Certaines ressemblent à des assiettes chromées (très lourdes).
Nous bossons à la chaine.
Le fraiseur fraise, passe l'assiette à un ouvrier qui ébavure, qui me la passe à moi, qui essuie.
Question: vous avez fait quoi ce matin?
La plonge, répond l'ouvrier qui me tend les assiettes...
Hop, je cours les en-cartonner.

Bizarrement, les 3/4 des cartons sont déjà faits, mais pas comme il aurait fallu les faire.
Et vas y Laouen... Casse ton dos en 2, vide les cartons, re-remplis les...
On m'interrompt toutes les 3 minutes, et le pire, c'est que je suis en train de tourner les pièces de 40cm en même temps. Quand je reviens aux cartons, j'ai oublié combien de pièces ils contiennent... Alors je gribouille sur mes mains, je cours, je tourne, je remue de la fonte, je re-cours...
Plusieurs tonnes, à chaque fin de journée. Et dire que certains soulèvent de la fonte pour le plaisir!

Le tourneur le plus âgé me regarde faire, son regard en dit long: nawak de chez nawak...
Tout aurait pu être emballé correctement hier. Mais non, ils ont entassé, sans savoir.
Dans cette boite tout est fait de travers! La perte de temps sur chaque affaire est maximum.
çà court de tout côté...

J'entends, à côté de moi:
"méééééééééééé!! qui t'a dit de faire ces pièces là?" question posée au fraiseur par un des responsables de prod
"mééééééééééé, c'est X (le chef d'atelier)"!!!
"mééééééééééééééé, y avait plus pressé, c'est pas çà du tout qu'il fallait faire"...

Je ne m'étonne même plus: c'est ainsi pour TOUTES les commandes, je vous l'ai déjà dit.
Pendant que certains s'agitent et brassent de l'air, je souris... Y a rien d'autre à faire. Sinon tu prends les disques de 40cm de diamètre, 12kg chacun, et tu les fracasses sur le premier qui ose te dire que tu aurais du faire autre chose...
Ici, soit tu restes zen, soit tu finis aux anti dépresseurs, voire même pire.
Et on voudrait me donner des responsabilités?

Mais je suis très bien en Ya Ya!! Je oui-ouite, je fais ce que l'on me dit de faire, j'arrête 5min après parce qu'un autre me dit de faire autre chose, et parfois je rêve de me transformer en divinité hindoue multi-bras.

Fin du cartonnage...
Les 100 pièces urgentissimes (celles de 9h30) doivent être livrées. Il n'y en a pas 100? Qu'importe, partira ce qui partira.
Alors je prends les pièces une à  une, et je les souffle pour les nettoyer.
Mais va dégraisser une pièce dégoulinante d'huile lourde à la soufflette!
Autant pisser dessus, ce sera plus efficace!
Moins de 5 min après une migraine tenace me vrille la tête. L'huile soufflée se vaporise et me pénètre jusqu'aux neurones.
Je mets mes lunettes, et un ridicule masque antipoussières. Je sens mon visage gras, mes cheveux gras, mes mains glissent.

Mais j'astique!
Après avoir taraudé, secoué les burettes, j'astique à mort!
Et ensuite, j'emballe...
Illogique: on est censé emballer avant d'astiquer non?
Euh, je m'égare... :-)

Nombre de pièces astiquées et emballées (sur 100): 69.
Inutile de dire que cela ne fait qu'en rajouter une couche...
Ce matin j'ai décidé de rigoler, c'est çà ou piquer une crise.

Je vais voir le responsable des expéditions, qui est avec le régleur, et lui précise:
"çà y est, j'ai emballé les pièces, il y en a 69".
Le régleur lui rajoute: "elle l'a fait exprès!"
Et moi: "bah quoi? vaut mieux un (carton) 69 que rien du tout non?"

Je repars, d'un air digne...

Ce matin, début "repos". Pas de graveuse, mais un cycle de tournage ultra long.
Pendant ce temps, assise sur un tabouret, je lime...
Oui, je lime, pendant des heures...
Moi je vous dis, y a de quoi exciter google, je ne le fais pas exprès!

Et vous savez quoi?
Lundi, pendant 8h, je vais faire des pipes!
Je n'y peux rien! C'est le nom de la pièce!

Y a pas à dire, tourneur/fraiseur, c'est un drôle de job...



Ecrit par Laouenanig à 18:53 - les petits bonheurs du jour - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Quelque chose à dire?

wouahhhhhhhhhhh

mais coment tu faiiiiiiiiiiiiiiiiiiis????????????
vraiment..faire des pains d'épices et sentir le miel,c'était quand même mieux!!!
:)))))

pssssssssssst

pour le doigt que tu aurais pu te couper ou la balafre que tu a faillit avoir...tu sais bien que tu peux appeller "bleu" à n'importe quelle heure pour te recoudre...
ça sera encore plus rapide que le samu!!!
:))

Ecrit par melusine, 30 novembre 2007 à 21:42

Je suis à la fois consterné par les conditions de travail et l'organisation et amusé par ton humour incroyable. Ce que tu racontes, j'ai vraiment l'impression d'y être.

Ecrit par Cornus, 30 novembre 2007 à 21:51

je comprends la nécéssité vitale de l'humour, mais l'ensemble ne m'amuse pas, non. Pas du tout.

Ecrit par leila zhour, 30 novembre 2007 à 22:12

Faire des Pipes!!

Avec une formation de Chimiste..."Un Jour " tu nous en diras un peu plus???Bon bosser me semble necessaire, enfin pour beaucoup, je pense...Mais je crois (j'en suis sur)tu as d'autres qualités d'autres aptitudes...Je sais la Bretagne "Desheritée" pour les emplois...C'est un fait,mais ca n'explique pas tout...
Tu as "La Photo"
"Le Sport"
" Peut etre... la Langue Allemande"..
" Un style, une culture"...
Bon , en fait j'aime pas le Gaspillage!!!Si encore tu etais en formation, pour reprendre la Direction de la Boite...Le Gaspillage, je m'explique...C'est le Gaspillage des competances, du temps perdu...
Bof, on a parfois envie de "Shooter" dans une fourmillere qui n'est pas la sienne..
Excuses moi d'etre un peu rude...C'est par Sympathie..

Ecrit par Zen13, 30 novembre 2007 à 22:17

Je ne sais pas a te lire si je dois en rire (ta note est pleine d'un humour savoureux) ou bien si je dois pleurer devant tes (vos) conditions de travail

Ecrit par Jipes, 30 novembre 2007 à 22:39

Si je comprends bien, tu es payée à jouer au taraud hein ! Pfff ! Bises

Ecrit par Martin-Lothar, 30 novembre 2007 à 23:18

réponse globale:

Mélu, à choisir, je préfèrerais ne pas avoir à appeler "l'homme à la mouette rieuse" :-))

A tous ceux qui sont consternés, et je les comprends:

La Bretagne est réellement une région sinistrée au niveau travail, hormis les pôles Rennes/Nantes, et encore faut il considérer Nantes comme Bretonne.
Si j'étais restée sur Quimper, je n'aurais pas trouvé mieux qu'actuellement.
Ici, à part les abattoirs et les usines de conserves, ou de fabrication de charcuterie, rien.
Et pour avoir lu et écouté en live des témoignages, ce n'est pas parce qu'on trie des haricots verts pendant 8h que l'on a un travail sans danger.
Hein Cornus? :)
La relation est trop vite faite:
tournage de métaux=risque
patisserie, agroalimentaire, bouffe industrielle= boulot pépère sans danger.
Il n'en est rien.

Chimiste? Non, pas exactement. Licence en phytopathologie. Tu vois, le côté phytosanitaire, les usines de pollueurs...
Et au risque de me répéter, mon diplome a 20ans!
PLUS RIEN n'est d'actualité. Et c'était un diplome, une théorie, je n'ai aucune pratique!
Je ne saurais même plus me servir d'une éprouvette de labo. Les molécules ont changé, tout a évolué.
Actuellement, en maths et chimie je me perdrais dans un programme de terminale, il faut être logique, 20 ans que je n'ai pas vu une formule.
J'ai été commerciale pendant 3ans, et pas du tout dans ce secteur là:
dans la photo, puis dans l'outillage.

Faire une formation, une remise à niveau?
Ce n'est pas une remise à niveau qui est necessaire, c'est tout reprendre à zéro!
Et en Bretagne, y a pas de job à prendre dans le phyto, je me suis renseignée.
J'en ai parlé avec l'ANPE et d'autres organismes compétents.
Quand tu es au RMI, faut pas rêver!
On ne va pas te payer une formation pour être cadre! ni aucune formation d'ailleurs.
Tu dois bosser, dans le premier job de merde que tu trouves, et tout le monde est content.
Une sangsue de moins.

Ne me dites pas le contraire! Je galère depuis un bon moment déjà, j'ai fait le tour de la question.
Le Père Noel n'existe pas, les bonnes fées non plus.

Exploiter mes talents?

C'est une vision utopique, mais tu as raison Zen.
J'aurais voulu être journaliste, j'ai la facilité d'écrire, de la verve, un caractère.
Juste... pas vraiment le style Ouest France...
Et pour faire ce métier là, il faut du diplôme, pas juste de la verve.
tout ce que je pouvais espérer c'était me geler au bord des stades de foot tous les dimanches pour faire correspondant sportif du coin. Et c'est payé au lance pierre.
La photo?
J'en ai déjà parlé avec Jean Michel.
Il y a une différence entre avoir un certain talent (j'ai l'oeil, et le coeur, pas la technique) et entrer dans ce milieu.
C'est un peu comme l'écriture...
Piston, piston, piston...

Les claques dans la gueule arrivent vite. On y croit, on arrive avec le sourire, et on vous regarde, avec tout le mépris qu'ont certains qui ont eu la chance de connaitre qui il fallait, pour ceux qui parfois ont plus de talent qu'eux, mais qui sont seuls.

Le sport?
Je me verrais bien organisatrice de raids, de treks, de trucs comme çà.
En Bretagne? sur-exploité!
Par contre, je déteste l'esprit "tourisme breton".
C'est souvent gnan gnan. Y aurait à faire...
Et l'amour du pays dans tout çà, le vrai?
Mais quels seraient les touristes prêts à marcher dans mes combines, un peu "différentes"?
Leur faire découvrir des trucs que j'aime, par les moyens que j'aime?
Pour se faire du fric, il faut vendre ce que les gens veulent acheter, pas ce que l'on aime soi même.

Et pour monter des trucs comme çà, faut du fric, qu'on ne me dise pas le contraire. Du fric, des garanties, des cautions, des arrières.
Je n'ai rien de tout çà.

Le travail, surtout le mien, çà bouffe tout: la santé, et le temps libre.
Impossible de prospecter ailleurs.
Le milieu du tourisme est saturé...

Juré, j'ai tout remué autour de moi, j'ai des qualités, mais pas de compétences.
Et des gens comme moi, tout le monde s'en fout.
Les miracles existent, mais c'est pas en restant la tête dans mon tour que je vais rencontrer un patron qui va me dire: j'ai une opportunité pour vous..

Ce blog tiens... çà aurait pu m'apporter des contacts. Par l'écriture, la photo, ou simplement par cet esprit différent qui est le mien.
Rien du tout.
Donc à part me solder sur la place publique, je ne vois pas quoi faire d'autre...
Et même là, si quelqu'un m'achetait, ce serait peut etre pour faire... ce qui était le titre de ton comm, Zen! :-)))

Sans les gosses je serais partie d'ici depuis longtemps. Ce serait peut etre pire, ce serait peut etre mieux.
J'aurais tenté de bosser dans l'Est, en Allemagne, en Suisse, n'importe où, histoire d'être près des montagnes. Mais là aussi les places sont chères et les postulants nombreux.

Bref, je ne vois pas d'issue.
J'ai terriblement envie de me barrer à Noël, de traverser la France juste pour respirer 5 minutes, et revenir.
çà servirait à quoi, à part à me ruiner...
Le lendemain faudrait que je me lève à 3h30, et que j'y retourne...

Alors je tourne...
Et quand j'ai un peu de forces, je cours, le samedi...

Ecrit par laouen, 01 décembre 2007 à 09:09

j'ai presque envie d'écrire "par pitié", soyez objectifs dans vos réponses.
pas envie de me lancer dans un n-ième débat sur mes capacités et mon refus d'etre optimiste.
rien à voir avec du pessimisme!
Ne me dites pas de me bouger, vous croyez que je fais quoi?
on ne vit pas dans un monde de rêve... C'est tout.
je connais des tonnes de gens talentueux. ils ont une vie de merde eux aussi...
Et pour créer quelque chose, en plus du fric et des relations, il faut du temps, et des forces.
Si vous vivez dans un certain confort matériel, affectif, et que vous avez un job stable et correct, votre vision des choses est logiquement différente de la mienne.
Moi, je n'ai rien de tout çà.
Pour vous çà peut paraitre simple de remuer des montagnes pour y chercher un petit pois hypothétique.
pour moi çà ne l'est pas: mes forces, je les emploie à rester en vie, et à m'occuper de mes gosses (mal vu le temps qu'il me reste).

Désolée de casser mon image, je ne suis pas une sur-femme.
juste un être humain fatigué.

Ecrit par laouen, 01 décembre 2007 à 09:17

Selon les traditions

L'homme a mis au point de nombreuses variations sur le thème vivre "quand même"... C'est dire!

L'évidence, c'est que les étoiles se voient mieux sur fond noir... C'est exploité en politique! Qu'est-ce qui n'est pas exploité quelque part, d'ailleurs?
La suite c'est que le jour contient la nuit, ou l'inverse...
Mais la réalité, c'est la réalité physique qu'on se prend de plein fouet ou en douceur selon qu'on la vive avec ou sans anesthésie!
Entre la philo-spiritualité envolée et la réalité-raz-du bourbier... Existe un fil très mince sur lequel il est possible de jouer au funambule...
Il y a TRES peu de personnes qui prennent le risque de mettre des pas sur ce fils là et inutile de chercher à les suivre, le filin est trop fragile....

Ecrit par JT, 01 décembre 2007 à 10:45

FIL

pardon... Pas fils...
Ca me fait sourire!

Ecrit par JT, 01 décembre 2007 à 10:47

"Je me verrais bien organisatrice de raids, de treks, de trucs comme çà."

moi aussi,c'est vraiment là dedans que je te verrai bien t'eclater..

contrairement à un commerce,je pense que l'investissement financier doit etre moins important,puisque ton "stock de marchandises" c'est ton "savoir,ton experience ,ta passion etc..."

j'imagine comment cela fonctionne:
des gens payent pour que tu les emmènes en ballade.
dans ce qu'ils payent,il doit y avoir le cout du logement et de la nourriture je suppose...

pas besoin de "pignon sur rue" pour une telle entreprise.
cela se fait par "internet" maintenant..

le cout financier serait surtout celui de la "pub"..car il faut se faire connaitre,et là c'est pas toujours gratos..
annonce dans magazine spécialisé ,quotidien etc...

juste pour voir,tu devrais te faire une sorte d'étude de marché,de prévisionnel..faire un dossier quoi...
avec photo...texte...etc...

là,tu pourrais faire fort...

je te dis ça,car a une époque,rien qu'avec des lettres de demande expliquant mon projet j'ai reusi a recevoir un tas de choses gratuites (avitaillement complet de nourriture pour traversser l'atlantique) en ecrivant a une centaine de fournisseur-conserverie-chocolat-confiture-bonbon-etc...)
et chacun m'a envoyé gratos un petit ou gros colis)

mettre sur papier avec tes mots ton reve..et le montrer...

ça te couterait un peu de ton temps..mais qui sait...???
il faut essayer,même si je sais et que je comprends,que tu sois découragée par avance...

il doit bien exister un "banquier" qui te fera confiance...si tu veux le verifier..il faut bien aller les voir...

ça te coutera ,au pire..du temps..

si j'étais "riche" j'investirai sur toi..car tu ne peux que réussir dans ce genre d'entreprise...

si j'avais une baguette magique....

crois en toi...essayes...

bisoux...

Ecrit par melusine, 01 décembre 2007 à 11:39

Je suis mot à mot l'évolution de tes conditions de travail, c'est incroyable rien n'a changé en un demi siècle, le travail à la chaîne, l'insécurité, le non respect de la personne.
Heureusement tu es riche dans ta tête, et forte moralement.
écris, parle, écris sur toi écris pour nous, l'écriture ce n'est pas la " vraie vie" mais ça permet de mieux la vivre, c'est une échappée sur la libération des pensées qui encombre notre esprit.

Bon courage Laouen


Bisous de zibulinette

Ecrit par zibulinettez, 01 décembre 2007 à 11:45

Mélu, çà demande des heures et des heures de travail, faire des dossiers comme çà.
et quand je rentre chez moi je n'ai qu'une envie: dormir!

organiser des treks, c'est bien plus lourd que ce que l'on pense. j'ai été abonnée à des revues pendant des années, je sais ce que je dis.
Et comme j'ai pratiqué, j'ai une idée de la montagne de truc à faire!
il faut avant tout aller sur place, faire le tour des gites,campements, trouver des guides...
la question "sécurité" est primordiale. Assurances, etc...
compagnies aériennes à démarcher, arnaques à éviter...
ben oui, parce qu'organiser des treks en Bretagne, c'est po possible!
tous les circuits assez longs pour être exploités sont déjà... exploités.
Et les coins que j'aime sont avant tout privés, et donc, logiquement, inexploitables.
j'ai beau retourner le coin dans ma tête, je ne vois pas ce que je pourrais y organiser de sympa.

A savoir, par ex, qu'une malheureuse rando vtt organisée par un club de vélo demande des dizaines de bénévoles, des mois de préparation (debrouissaillage, démarchage des supermarchés pour la bouffe, demande préfectorale pour l'autorisation d'organisation, etc)
J'ai pratiqué pendant 11ans, je sais aussi ce dont je parle!
à la fin, il ne reste pas grand chose (coté fric) pour l'organisation.

Alors, si en plus il faut prévoir l'hébergement, il faut avoir les reins sacrément solides.
ce n'est pas après 8h de tournage que l'on a le temps ou les forces de prévoir des trucs.

pour l'instant, je me verrais plutôt à bosser parallèlement à mon job en vendant sur le net des produits techniques (chaussures, batons, vetements, sacs à dos etc)
seul et énormissime blème: trouver l'importateur!!!
ils sont tous en banlieue parisienne, et si tu tapes sur Google:
"où acheter en gros des sacs à dos à 10 euros pour les revendre 50" tu ne tomberas pas dessus.
Faut aller à Paris, et fouiner.
Et là, c'est pareil, pas le temps!

Ecrit par laouen, 01 décembre 2007 à 12:41

JT: j'aime cette image du fil...
j'espère faire partie de ces rares personnes qui s'y risquent.
tomber ne me fait pas peur :-)

Ecrit par laouen, 01 décembre 2007 à 12:43

devant un banquier qui te refuserait de l’argent,tu pourrais avoir autant d’arguments pour lui prouver qu’il a tord.

Ta grande qualité (ou defaut),étant d’avoir reponse à tout,et reussir à prouver que ce qu’on te propose est impossible à faire…

Donc si le banquier c’est toi…tu joues l’autre role :celui qui doit convaincre de dire oui…

Le meme « répondant » devant le banquier..il fera comme moi…je ne trouve rien d’autre pour argumenter ma proposition ! ! ! ! !

:)))

ps....je suis sur que tu vas encore rèussir à démontrer par A+B que je dis des c.....

:))))

mais ça me ferait tellement plaisir que tu fasses ce que tu aimes!!!!

Ecrit par melusine, 01 décembre 2007 à 14:02

tu sais, j'ai déjà tenté de convaincre quelques banquiers du coin, simplement DE M'OUVRIR UN COMPTE.
mais avec mon RMI, ils faisaient la gueule..
Alors aller les voir pour leur demander du fric?
faudrait d'abord que je comble le gouffre que j'avais sur mon compte.
:)

Ecrit par laouen, 01 décembre 2007 à 14:43

Bon, par rapport à l'histoire de l'usine des haricots, tu as raison, c'est aussi dangereux et difficile. Dans mon métier, les risques sont moindres même si j'ai déjà eu 3 accidents du travail, certes pas gravissimes. Bref, j'ai de la chance.
Je crois qu'avec le parcours que tu as eu, les déboires que tu as connu, ce n'est pas facile de se relancer. Même si tu n'es plus tout à fait une parfaite inconnue, je ne me risquerai jamais à donner des conseils ou des idées. Toi seule doit pouvoir trouver une voie. Celle que tu traces depuis que je commente ici a le mérite d'une très grande honnêteté, d'une générosité et, malgré la complexité qui te caractérise (ce qui serait presque une qualité), tu avances finalement de façon assez claire avec une énergie incroyable (même si je sais que tu voudrais être encore plus en forme).

Ta note, tes commentaires me rappellent, si besoin était, combien la situation personnelle et professionnelle de beaucoup d'entre nous reste fragile. Et moi, ça, je ne l'oublie pas. Alors quand j'entends les pourfendeurs de "ces fénéants de RMIstes ou des chômeurs", cela me donne la nausée.

Courage en tout cas !

Ecrit par Cornus, 01 décembre 2007 à 18:43

test

Ecrit par laouen, 02 décembre 2007 à 17:22

Mélu: çà marche chez moi! :-))

Ecrit par laouen, 02 décembre 2007 à 17:23

ça marche pas...

et je viens de comprendre pourquoi!
je pense que c'est a cause des liens que je met,puisque avec ce message tout simple ça passe!!!!
mais si je met le message en question
niet!!!!

tu comprends pourquoi???

Ecrit par melusine, 02 décembre 2007 à 17:53

en fait, j'ai déjà testé.
tu mets un lien, çà passe.
2 c'est pas sur
plus, c'est considéré comme spam je pense, et canalblog vire tout seul comme un grand.

Ecrit par laouen, 02 décembre 2007 à 18:53

ok..pas grave..je te mail,alors!!!

Ecrit par melusine, 02 décembre 2007 à 19:46

Comme toujours j'admire ta force et ton courage... mais comment cette entreprise tient-elle encore debout? étonnant qu'elle ne soit pas en faillite... Si cela arrivait, je te verrais bien créer une coopérative, avec des conditions de travail décentes et une bien meilleure organisation!

Ecrit par dany, 06 décembre 2007 à 03:24

Quelques remarques

Entre les pipes, les boules de noël, les caisses de 69, le limage et le taraudage tu n'as pas fini ta collection de requêtes!
D'après ta description ton usine est en train de couler. On finit d'user l'outil de travail et les employés. normalement certains devraient craquer et démissionner, ça ferra toujours un peu moins à licencier.
Ralentissez le rythme, aidez discrètement les machines agonisantes à trépasser, arrêtez de stocker les fraises usagées et bientôt vous pourrez toucher la prime de licenciement économique.
Si tu te décides pour un noël allemand ou Vosgien je peux t'héberger sur Strasbourg.

Ecrit par Docteur Borg, 09 décembre 2007 à 12:30

tout à fait d'accord avec toi.
l'entreprise tiendra encore, le travail ne manque pas.
la semaine dernière j'ai du me calmer devant le manque de réaction des gars.
c'est chacun pour soi!
ils acceptent de bosser le samedi, les autres ralent, tant pis.
ils acceptent de bosser sans outils, tant pis, le patron en rajoute.
ils acceptent de bosser sans gants, pourquoi en donner?
et ceux qui ralent sont sur la liste "noir foncé".
Et le pire, c'est que les autres ne les défendent pas. ils savent où çà mène: aux licenciements. alors ils la ferment, et ce faisant, ouvrent encore plus grand les portes aux abus.
quand je vois comment certains se démènent pour réparer ces machines, pour rafistoler un outil détruit, j'ai mal au ventre!
çà ne leur rapporte rien!
si tout le monde se serrait les coudes et exposait clairement le problème, on avancerait.
mais faut croire que tout le monde s'en fout...
je l'ai dit clairement: oui-ouiter, ok. bosser vite et bien, ok.
mais me faire baiser en acceptant n'importe quoi n'importe quand, pas question, je préfère retourner au rmi.
et vous savez quoi? ils pigent pas quand je dis çà...
les machines ne sont pas ce que l'on croit..
les vraies ne tournent pas à l'huile de coupe...

Ecrit par laouen, 09 décembre 2007 à 13:01

Allez-y: lachez vous!







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