31 octobre 2007
An Oriant (8)
Album en cliquant sur la photo:
An Oriant (7)
Je voulais publier ce message demain, mais j'ai craqué! :-)
Début du récit en cliquant sur"ici", la suite en remontant.
J'ai quitté Kerhervy, puant la vase. Il m'a fallu me déshabiller devant ma voiture avant d'oser y poser un pied.
Même en se lavant les mains, l'odeur forte persiste. Elle pénètre, bien plus loin que la peau.
Ressort de temps en temps, au gré des marées qui viennent du fond des tripes.
15 ans qu'elle était enfouie en moi, l'odeur du Resto, comme je persiste à appeler ce coin perdu.
Au revoir Lannarster, bonjour An Oriant...
Direction Keroman, et sa base de sous marins.
Ar Valafenn en a fait un joli reportage plein de belles photos, je ne vais pas m'y coller moi aussi.
Le musée des sous marins est sympa à visiter, bien que j'ai la nostalgie de l'époque où cet endroit était encore une vraie base de sous marins, et où il fallait montrer patte blanche pour y entrer, et visiter au pas de course ce qu'on voulait bien nous montrer.
Que deviendra la plus grande friche industrielle d'Europe? (enfin, je crois)
Des millions de tonnes de béton armé, qui font partie du patrimoine de Lorient?
Seront ils rasés un jour, ces 3 immenses bunkers aux murs de plus de 7m d'épaisseurs, comme Lorient l'a été, pendant la guerre?
J'imagine déjà le super complexe touristico-connistique que l'on pourrait construire à la place...
Après Keroman la base, nous filons à Keroman le port.
Sagement alignés, les chalutiers prennent leur repos dominical. L'air sent bon le poisson putréfié.
Quelques photos, avant que l'appareil ne déclare forfait: il m'a bouffé 3 jeux de piles en quelques heures, de la démence!
Des photos colorées, qui sentent bon le poisson, que vous verrez bientôt, je pense, quand je ferai un album sur Lorient, ou bien avant, parce que j'éprouve une tendresse particulière pour ces bateaux.
Mais dans ma tête, les couleurs n'effacent pas les épaves de Kerhervy.
Dans un coin du port, là où les chalutiers sont mis à sec par une immense et superbe grue, un bateau un peu isolé.
Sur cet espace goudronné, des motards roulent à des allures folles, et font des cabrioles, et de la voltige. Il est hyper dangereux de se balader au milieu, au risque de se prendre un zouave à 150km/h...
Le bitume fume et se colore de traces de pneus.
Contre la friche, et les barrières, un vieux bateau, dressé sur son échafaudage de fortune. Il n'est même pas "fièrement dressé", il est là, tout simplement.
Avant d'accéder au port, je l'avais vu et reconnu de loin.
J'ai trop souvent côtoyé son épave, quand elle pourrissait sur le Port Rhu de Douarnenez.
Je ne savais pas qu'il était à Lorient. Mais comment pouvait il en être autrement?
Je revenais de Kerhervy, j'avais, en silence, honoré ses frères.
Et lui, le dernier des dundees groisillons, il ne pouvait que m'offrir sa présence.
Le Biche, miraculé, grâce à l'acharnement de l'association du même nom. 1932. Lien en cliquant sur "ici"
Il en reste du travail, avant que le cul plat ne retrouve la mer... Mais il n'en reste qu'un et ce sera celui là.
Sur son flanc blessé, ils ont repeint son immatriculation:
Du blanc, sur un bleu pur...
Et je repense à ces flancs noirs de tant d'années au fond de la vase... Qui sait encore y lire le GX qui est toute l'histoire de Groix?

An Oriant (6)
Encore quelques photos, pour ceux qui aiment. (les autres sont partis sous d'autres cieux :-))
An Oriant (5)
Encore quelques photos...
Quand je commence à travailler à 4h30 je ne suis guère bavarde!
Je vous préviens à l'avance: vous n'aurez rien à lire avant vendredi minimum, seulement les photos des épaves de Kerhervy à regarder.





30 octobre 2007
An Oriant (4)
J'avais entendu, comme beaucoup, des rumeurs folles:
Certains rêvaient de renflouer le Titanic...
Heureusement, il était plus raisonnable de croire au Père Noël ou aux cloches de Paques qu'à cette idée farfelue.
Mais le fric n'ayant pas de limites, certains petits génies, alléchés par sa bonne odeur, émirent l'idée ô combien lucrative au final, d'en construire une réplique.
L'heure est, parait il, au renouveau de la croisière de luxe...
La "chose" aurait couté des centaines de millions d'euros, et aurait consommé en énergie/horaire autant que quelques millions de pauvres durant toute leurs vies...
Le projet, remisé au placard, eut certaines variantes, dont celle d'une réplique non navigante, un immense centre commercial luxueux.
L'horreur et le mauvais gout n'avaient pas de limites...
Je me doute bien que ce genre de conneries aussi monumentales que le paquebot iceberguisé finira par voir le jour...
Avec si possible des bars très classes, où la phrase à la mode serait "vous me remettrez un glaçon supplémentaire svp"?
Le Titanic était la représentation flottante (pas longtemps) du délire humain, de son nombrilisme acharné, de sa persuasion d'être le maitre de l'Univers auquel rien ne pouvait arriver.
Un des plus immenses clichés de l'orgueil humain.
Et 1500 personnes (environ) périrent pour prouver que l'homme se le mettait bien profond (le doigt dans l'oeil) en pensant être invincible...
1500 personnes, dont la plupart étaient des passagers des ponts inférieurs, qui ne purent rejoindre le pont supérieur à temps, ou que l'on pria gentiment de rester crever sans faire de bruit pendant que les passagers des classes supérieures sauvaient leurs caniches...
Et l'on voudrait reconstruire cette saleté flottante (en espérant qu'elle flotte plus longtemps)?
Pfff...
Je l'ai dit, et je le redis: la place d'un bateau en fin de vie est au fond d'une vasière...
Ceux qui seront sauvés, pour préserver la mémoire du patrimoine, seront légués aux génération futures comme des cadeaux flottants (et coutant cher). Merci à tous ceux qui se démènent pour les retaper.
Les autres, finiront dans la mer.. Là où ils ont vécu.
Et si il y a un bateau qui mérite bien sa place au fond de la flotte dès sa première traversée, c'est bien celui qui avait osé porter le nom de Titanic. N'est pas Titan qui veut.
Et j'enrage, en pensant à ceux qui y perdirent la vie.
Comme j'enrage, quand un marin perd la vie lors d'un accident qui aurait pu être évité.
La mer n'est pas tendre, comme la vie en général, mais certaines épaves me restent en travers de la glotte.
Et je sais que quelque part en Bretagne, il y en a une, remontée du fond, "à peine" cabossée sous la ligne de flottaison, qui ne finira jamais en palace flottant pour consommateurs avides d'y noyer leur fric.
Que faudra il en faire, quand l'affaire sera classée?
Et au vu des résultats très officiels et très comme il faut, personne n'est responsable, à part la mer... Z'ont croché, qu'ils nous disent...
Alors faut les croire, peuvent pas nous mentir non?
On la rapporte où on l'a trouvée?
On la met à la ferraille, à coup de pelles hydrauliques?
On la pose délicatement sur un rond point de Loctudy, pour en faire un monument historique dédié à l'hypocrisie humaine?
On l'oublie dans une vasière? (ah ben non, elle ne pourra s'y échouer toute seule...)
Quelque part, dans un de mes cartons de photos argentiques, désormais loin de moi, une pochette de photos prises à Loctudy.
Parmi elles, certainement, il ne peut pas en être autrement, celle du Bugaled Breizh. Un nom comme celui ci, je n'étais pas passée à côté. Je m'en souviens, de ce bateau.
La photo, si je l'avais retrouvée, scannée, et publiée ici, aurait montré un beau chalutier d'environ 25mètres, aux couleurs pimpantes.
La photo n'aurait pas montré l'odeur de poisson s'en échappant, mais vous l'auriez devinée.
Certains n'aiment pas les photos d'épaves. Faut passer à autre chose de plus vivant...
Bah... Cette photo là, on aurait pu la croire "vivante".
Alors à défaut de fouiller dans des cartons que je ne reverrai plus, et de vous sortir une belle photo 100% mauvais gout, je préfère vous montrer quelques photos des épaves de Kerhervy.
Les marins des thoniers groisillons du Resto, çà fait bien longtemps que l'on en parle plus sur le Net...
Impossible de voir une photo sur mon écran, alors je ne peux en poster plus pour l'instant.
Je détester "retoucher" les photos, mais je suis obligée de le faire pour tenter de leur rendre leurs couleurs naturelles.
L'appareil détestant l'ombre, le contre jour, et le temps gris m'a pondu des photos noires, sans contraste ni couleurs.
Je ne reconnaissais même plus ce que j'avais photographié!
Malheureusement, sans écran d'ordi qui fonctionne, je ne peux les modifier.
29 octobre 2007
An Oriant (3)
Début du récit ici, et suite là.
La vase est glacée, et elle m'embrasse, m'engloutit...
Au plus tu luttes, au plus elle s'agrippe à toi...
Les bateaux lui ont offert leurs trente mètres de bois.
Je n'ai que deux pieds, chaussés de bottes trouées.
Rapidement la vase pénètre par les fentes, ainsi que les cailloux, et les débris de coquillages.
Je pense un instant les ôter, et avancer pieds nus, mais ce serait une folie: je ne sais pas ce qu'il y a dessous, et de nombreux tessons de bouteilles laissent dépasser leurs arêtes tranchantes du piège argenté.
Je me retrouve envasée, tombe à genoux, persiste. Mes bottes restent prisonnières. Je libère mes pieds, les pose sur un caillou, tire, tire, récupère mes ridicules protections de caoutchouc.
Je le savais.
Les bateaux ne s'atteignent pas...
Près de la rive deux tas de bois crevés se laissent approcher mais pas toucher (la vase est trop profonde), pour peu que l'on ait pas peur de se salir, de tomber, de se tordre la cheville, de plonger dans l'innommable et l'inconnu.
Deux tas de bois, 30 mètres de longs, noirs, en putréfaction, recouverts de plantes marines libérées par les grandes marées.
Brisés. Ecartelés par le temps. Des membrures rongées par les années il ne reste que quelques poutres dressées, broyées, des clous rouillés n'accrochant que la lumière qui se refuse aujourd'hui.
Ici, Groix n'en finit pas de sombrer. Et An Oriant mérite son nom. Pour le thonier groisillon, là bas, mouillé dans les anses du bateau-ile de quelques kilomètres de long, An Oriant est à l'Est. Là où le soleil se lève, là où il est aller se coucher.
Presque un siècle qu'ils sont là.
Non, la tristesse ne mouille pas ici. Ici, tout est paix, et non attente.

D'autres photos de Kerhervy plus tard, si mon écran me permet de les visionner avant de les poster.. (grrrrrrrr)
An Oriant (2)
Début du récit ici.
Et suite plus haut.
Ils étaient 300 environ.
300 bateaux de bois, à deux mats, aux culs plats. On les appelait "dundee".
Tous immatriculés GX, initiales d'une ile du Morbihan: Groix.
300 bateaux sur l'ile, et ils étaient nombreux, à mouiller aussi sur le continent, toujours immatriculés en GX.
J'allais écrire: "si vous saviez, l'ambiance, dans le port, quand ils rentraient..."
Je n'y étais pas. Je n'étais pas née. Ni mes parents d'ailleurs.
Mais je le sens.
Comme j'aurais pu écrire "si vous saviez, toutes ces coques noires, aux voiles ocres, entassées dans le port de Douarnenez, et ces paniers remplis de poissons argentés, les sardines... Elles étaient des centaines, les chaloupes sardinières..."
Je n'y étais pas non plus.
Et Camaret... "ses sloops langoustiers, le port où pas une mouche aurait pu se noyer tant les coques étaient serrées les unes contre les autres..."
Groix, Douarnenez, Camaret.. Des ports sans âme.
(je veux dire par là qu'ils ne sont même plus l'ombre de ce qu'ils étaient... mais Douarn a gardé une âme)
Camaret, le port où végètent quelques rares bateaux, des pontons neufs que je ne regarde même pas...
Au début de la jetée, l'endroit où reposait l'épave de la Belle Etoile, langoustier de bois, et sa soeur dont je ne connais pas le nom.
Au début de la jetée, maintenant, plus rien, c'est plus propre, plus net, plus correct.
Groix, qui a gardé son âme d'ile, si belle, mais...
Douarnenez, que j'adore...Le port de Tréboul, où s'entassent des voiliers, où je ne vais jamais...
Le Rosmeur, port de pêche, aux petits chalutiers.
Et le Port Rhu, le port musée... Aïe, je sens que des dents vont grincer si j'en parle!
1992. Je découvre Douarn, et le port musée clinquant neuf. Le bateau phare est sur le slipway, magnifique.
Douarnenez, aujourd'hui.
Le bateau phare, l'an dernier, était une épave rouillée. Des autres bateaux il en reste quelques uns. Les pontons neufs sont bouffés, le grand voilier qui devait être construit à l'ancienne ne verra jamais la mer...
Au fond du port, de l'autre côté, à l'ombre, quelques épaves envasées sourient, en regardant les bateaux qui sont en sursis.
Cimetière à ciel ouvert...
Le port musée me fait mal au coeur...
Il faut sauver ces bateaux de travail, préserver le patrimoine maritime breton. Devoir de mémoire.
Mais l'argent manque, les couleurs passent, sur les coques fatiguées...
Revenons à Groix et à ses thoniers.
Ils étaient beaux, et ressemblaient à de grands oiseaux, quand ils dépliaient les tangons...
Ils étaient beaux, ils étaient des centaines...
Le progrès, logique, a eu raison d'eux.
Les thoniers n'allaient pas mourir à Groix, il y a assez d'épaves dans le coin, coulées par l'océan.
Alors chaque thonier a fait son dernier voyage, entre Groix et Lorient, s'est engagé dans la rivière, a remonté le Blavet, et s'est échoué dans la vase.
Les premiers sont arrivés en 1920.
Curieusement, des thoniers sont encore fabriqués après cette date.
Le "Biche" par exemple, qui est de 1932 je crois bien, le dernier thonier de Groix.
"Sauvé" une première fois de la démolition, et mis à moisir dans le Port Rhu à Douarnenez il a risqué le peu de bois sain qu'il lui restait, et était encore une fois menacé. Une association l'a sauvé (encore une fois), et il est actuellement bien au sec, à Lorient, tout près de ses anciens camarades de travail.
Site du "Biche" ici, et les photos plus haut sont tirées du site.
1920...
Les plus anciens ne sont plus. La vase les a avalés, digérés. Inexorablement, les autres s'enfoncent.
J'ai découvert cet endroit en 1992, un endroit sauvage, sans mouillages de plaisance.
Ils étaient des dizaines à surgir, à marée basse, une centaine peut être.
15 ans après, la vase continue à effacer peu à peu l'histoire groisillonne.
Je me moque du nom réel du lieu dit (Kerhervy), pour moi, c'est "le Resto". (lieu dit à peine un peu plus haut)
C'est ainsi qu'on l'a nommé, quand je l'ai déniché il y a 15ans.
Non, il ne s'agit pas d'un resto où l'on mange...
Le Resto, est déjà une abhération.
En effet, le mot "Resto" est le pluriel de "Rest", en breton vannetais (restou en breton)
Le "le" devant est donc totalement illogique.
Le mot "Rest" signifie à la base, "reste", "reliquat", "restant".
Mais il a aussi le sens de "demeure", et de "reposoir".
A t'on nommé cet endroit ainsi parce que des bateaux y goutent le repos éternel depuis certainement très très longtemps? Je le pense.
Le Resto est un reposoir.
Et il ne doit pas en être autrement...
Et hop, encore des dents qui grincent...
Comme je l'ai écrit plus haut: le devoir de mémoire nous oblige, nous, Bretons, à préserver notre patrimoine maritime. A tenter de sauver certains vieux gréement, et surtout, à les entretenir, et non à les laisser moisir.
Un bateau de bois coute cher à l'entretien, car désormais, le temps c'est de l'argent, ce n'est plus comme avant.
Restaurer un vieux gréement coute plus cher que de construire un bateau de bois neuf. Alors? C'est ridicule?
Non, il faut en garder quelques uns.
Quand aux autres...
Je me souviens... Douarnenez. Opération de "retrait de flotte". Un chalutier en très bon état, mouille dans le port.
Le lendemain, il n'est plus qu'un tas de ferraille brisée par la pelle hydraulique. Une large tache d'huile souille le port, et des débris divers flottent.
Pendant ce temps, en Afrique, en Asie, des pêcheurs meurent de faim, par manque de matériel...
Hérésie.
Oublions le contexte économique: où est la place d'un bateau, quand il a "fait son temps"?
Dans une décharge publique?
Dans une "casse" pour bateaux?
Sa place est au fond d'une vasière. Seule mort digne de lui. Enfin, c'est mon idée.
Tout autour de moi, les autorités regardent d'un sale oeil les cimetières des vasières. çà fait sale, çà sent la mort, le touriste risque de s'y blesser, et surtout, on pourrait à la place faire des hideux ports de plaisance qui rapporteraient un max...
Les coques sont arrachées au repos, détruites.
On les tue une deuxième fois.
La Bretagne est pleine de cimetières aux tombes vides... Les marins ne sont jamais revenus.
La Bretagne sera bientôt pleine de cimetières de bateaux vides...
Le Resto sent la mort et la vase...
Une mort sereine, lente, irrémédiable, paisible...
Le Resto est noir et argent.
Noir comme les coques des thoniers groisillons.
Argent, comme les mètres de vase sous le soleil.
Hier les nuages étaient denses... Avec un zoom x3 impossible de photographier les épaves. J'y retournerai, avec un appareil plus puissant, et "autrement".
Je vous montrerai les photos dans le post suivant.
Hier, le soleil est sorti quelques minutes. La vase s'est illuminée.
Les bateaux, eux, ne s'atteignent pas.
Celui qui voudrait parvenir jusqu'à eux serait rapidement avalé. A 50cm du bord, j'en avais déjà jusqu'à mi mollets. J'y ai laissé mes bottes, et j'ai du tirer fort pour les récupérer.
Les bateaux ne s'atteignent pas... Ils sont déjà ailleurs, dans une autre dimension, la leur, celle que l'on ne doit jamais leur voler...
28 octobre 2007
An Oriant (1)
Ce soir, j'ai tant de choses à vous écrire...
Mais demain je commence à 5h30, et à 4h30 ensuite. Il va me falloir attendre.
Tant de choses à dire, et je ne sais pas par quoi commencer.
Je reviens d'An Oriant.
Ce nom me fait sourire. L'Orient... Pour une ville située tout à l'Ouest du vieux continent, il y a de quoi sourire non?
Bien entendu ce nom a une histoire, dont je vous fait grâce. Un port ancien, siège d'une compagnie de navigation vers les Indes, je crois bien... Et le nom est resté.
Lorient, tout à l'Ouest, était le port dans lequel on s'embarquait vers l'Est, l'Orient.
En breton: An Oriant...
Je n'y ai pas mis les pieds depuis 15ans. A cette époque je ne vivais pas en Bretagne.
Ville "neuve", rasée avec application par les alliés pendant la guerre, puis reconstruite.
Pourquoi? Parce qu'elle abritait la plus énorme base de sous marins allemands de France, et d'Europe (hors Allemagne): Keroman.
J'en reviens, mais là n'est pas le sujet.
Je désire y retourner depuis des années. Pourquoi je ne l'ai pas fait? Je ne sais pas... L'endroit auquel je pensais, je doutais de le retrouver comme je l'avais vu, il y a 15ans. Et j'avais raison.
Alors j'ai laissé passer les mois, puis les ans.
Quand la marée correspondait, le temps n'allait pas, et quand le soleil était là, la marée ne collait pas.
Il y a une semaine, sur le blog de Ar Valafenn je tombe sur un post sur la base de sous marins de Lorient, et là, je craque. Je lui pose la question qui me tourne dans la tête depuis des années.. et il y répond.
Alors je décide d'y aller, aujourd'hui, dimanche, car la marée est bonne, et tant pis pour le temps.
Durant la semaine, j'y pense.
Et vendredi, à l'usine, je reste sans voix.
Sur une palette, 500 pièces d'alu que je dois tourner. Pour les protéger des frottements, elles sont séparées par des couches de journaux. Le journal date d'octobre 2000. En prenant les pièces, une ligne me frappe:
"naufrage d'un chalutier, des disparus, des morts, etc..."
Je prends le bout de papier graisseux, et je lis: il s'agit de l'annonce du naufrage, en mer d'Irlande, de l'énorme chalutier "An Oriant"...
Ce bateau n'avait pas le droit de naviguer (histoire de visite technique etc). Il avait un problème de conception par mer forte, et les marins ont payé de leur vie un essaie de marée...
Le capitaine, survivant, a été condamné (sursis), les sociétés qui géraient le bateau ont pris une amende.
Les morts? Ils sont morts...
An Oriant s'appelait avant "Porz Theolen". J'en frissonne...
Porz Theolen est le plus beau port du monde (au minimum) quelque part, au nord du Cap Sizun. Un endroit microscopique, qui sent l'amour et l'océan.
Il n'y a pas de hasard...
Je pense à ceux qui ont plongé, pour ne jamais remonter, quand j'entre dans la ville...
Ce n'est pas exactement à Lorient que je vais. Je vais me perdre une bonne heure, sans plan, sans gps, et finir par demander ma route à une dame serviable qui me mènera quasiment où je désire aller.
Ma fille me dit: cet endroit me rappelle quelque chose...
Tu n'y es jamais venue pourtant...
Je suis au bout du bout de la mer, ou au bout du bout de la rivière, c'est au choix.
Un endroit perdu, qui l'est moins maintenant. Quelques bateaux de plaisance, un petit théatre de plein air...
Ici, dans une ville qui il faut l'avouer n'est pas franchement touristique, se trouve un des endroits les plus bouleversant de la Bretagne maritime.
La fin d'une époque. Mais une fin qui n'en finit pas...
Depuis 1920 ils sont là.
Ici, çà ne sent pas l'amour et l'océan.
çà sent la mort, et l'océan. L'océan de vase.
Et c'est très bien ainsi.
Et il ne doit pas en être autrement...
Je vous en parlerai demain, je n'ai pas vu les photos. Le temps était gris, l'appareil a détesté.
Pour l'instant, je vais aller manger un peu, et poser ma tête sur:
LO rayé
:-)
ok, je sors...
27 octobre 2007
Devinettes (faciles)
Qu'est ce?
(photo floue non voulue :-))
Une autre?
interlude gogole...
Ce matin, je suis complètement paralysée par le temps. Embrumée du cerveau.
Dans ce cas rien ne vaut un petit détour par les stats du blog, afin de voir les recherches gogoles qui amènent des lecteurs perdus (dans leurs têtes) ici.
Après un long soupir, je me lance... C'est si consternant, que je préfère en rire!
Cette semaine, automne oblige, les requêtes sont très seqse. J'écris seqse, histoire de ne pas écrire se*xe, et de faire rappliquer d'autres énergumènes de même catégorie.
Pourquoi l'automne appelle aux ébats?
Parce que, chez le mammifère, et je pense qu'il en est de même chez tous les animaux, la saison de reproduction est basée sur la durée de gestation. Le nouveau né aura plus de chance de survivre si il nait en Mai, Juin, Juillet, Aout, Septembre... Donc, logiquement, si on retranche 9 mois aux dates estivales, on tombe en plein automne.
Bon. Chez l'humain, il semble que ce calendrier soit bouleversé, de part l'invention de la maison chauffée. L'humain a ses "chaleurs" toute l'année. Mais je me souviens avoir entendu que malgré tout, l'automne restait une saison propice aux envies de réchauffages sous l'édredon.
Automne oblige, aussi, les requêtes gogole très "seqse" arborent une toison hivernale. Elles sont très portées sur le pelage...
J'ai eu en effet:
- Ho*mos poilus
- Pieds nus poilus hommes
- Gros z*zis poilus
et attention, la palme:
- Vieux ga*ys poilus nu*distes
Avouez que certains ont réellement l'esprit tordu... Des poils à la place des neurones certainement.
D'autres requêtes de saisons?
- N*ue sous mon k-way. (requête bretonne)
Et la palme de toutes les requêtes de la semaine, due à deux fautes d'orthographe dans la même phrase:
- Il était n*ue fois dans l'oust (au lieu de il était une fois dans l'ouest)
Une se transforme en n*ue, et ouest en oust.
Je rappelle que l'Oust est la rivière qui passe en bas de chez moi...
Et que vu le temps, il ou elle n'a aucune envie d'aller s'y baigner nu!! (ni en maillot d'ailleurs)
Restons chez les malades du kangourou (ancêtre du slip)
- photo nu flottaison
Tiens? dans l'Oust aussi?
- photo de vieux zi*zi (çà tourne à l'obsession c'est pas possible!)
- voir des films de bou*les avec les plus belles filles.
Là, on touche le fond.. Et pas le fond de l'Oust, car celui ci ne serait pas assez profond... Soupir...
- Galerie de ga*ys bien batis.
Ah ah... des amateurs d'esthétisme? je pouffe...
Ensuite, mon métier oblige, voici les requêtes "village people", rubrique usine
- photo nu d'homme de chantier
Avec ou sans le casque? parce que sans, vous le devinez comment que c'est un homme de chantier hein?
- photo érotique d'ouvrier
Alors là.... Si mes collègues de travail n'étaient pas aussi prudes (ils sont bretons, normal..) je leur proposerais de faire un calendrier des "Dieux du tournage-fraisage".
Imaginez: un homme dénudé, le regard glauque, une pièce d'inox cachant l'essentiel, la main sur le taraud (l'outil hein, faut pas fantasmer!)
Un autre penché, la tête dans le tour, la clé à pipe de 24 (la clé hein!) dans la main, serrant un gros boulon, les muscles bandés (les muscles hein!)
Bon... Je stoppe là mes délires. Maintenant, je vais mourir de rire lundi en retournant à l'usine!
Passons heureusement à du plus recherché, quoi que souvent étrange.
- culture de sangsue
Brrrr.. j'en frissonne! quelle horreur!
- photo tendre la main au pauvre
Encore un qui veut se la péter et donner des leçons illustrées non? Tends la, la main, et oublie la photo. çà ne tache pas un pauvre, et si çà tache, tu as du savon et de l'eau chaude pour te laver ensuite.
Tiens! viens me voir le vendredi après midi à l'usine. Je te serrerai la main, et même je te prendrai dans mes bras, et le vendredi aprem, je te dis pas l'état de mon bleu de travail... Et si j'ai meulé des pièces grasses et noires pendant 2h avant, je te ferai même un bisou, tu verras, j'ai les joues noires aussi, mais çà part en frottant fort.
- emotion face aux rides
Quelle émotion recherchez vous? Y a le choix:
- tiens? ma crème au co-enzyme 78XRKZ789ç§~ß fonctionne à merveille! mes rides se sont estompées à raison de 1;98 microns en 6 mois, çà valait bien les 456€ d'investissement, quelle émotion!!
ou alors:
- Arggggggghhhhhhhhhhhhhhhhhhh quelle horreur!!!! je brise le miroir, c'est trop atroce, je suis ridéééééééééééééééé... bip bip bip.. (suicidée en avalant le miroir par le travers)
Continuons
- quelle est la distance exacte en km entre les frontières Est et Ouest du Liechtenstein?
Euh? A quel endroit précis? :-) Ce n'est pas un rectangle, le Liechtenstein, çà ressemble plutôt à un triangle rectangle...
A votre question je répondrais: 7km à vue de nez. Soit quelques heures de marche, parce qu'en montagne la ligne droite n'existe pas.
7km... et si vous saviez l'étendue du chemin... Parce qu'il grimpe le chemin, il grimpe très haut, bien plus haut que le plus haut des sommets. 7km, et un bonheur infini, çà ne se mesure pas.
Terminons par la plus matérielle des requêtes:
- Prix du copeau d'inox.
Alors là je joue.. Quelle taille le copeau?
Et quel inox?
X2CrNi18-10?
X2CRNiMo17-12?
X8Cr17?
X6CRTi12?
Et encore, je m'arrête là... Tiens, je noterai tous les inox que j'usine, et je pourrai en rajouter quelques lignes :-)
Le monsieur cherchait certainement le prix de la tonne de copeaux d'inox, que les "ferrailleurs" rachètent.
Moi, je peux vous donner le prix d'un copeau d'inox:
Après un mois, mes gants anti coupures sont en lambeaux. A force de les recoudre ils sont devenus trop petits, et désormais les deux pouces ne peuvent plus être recousus: il n'y a plus de tissu.
Je n'ose même pas aller demander des gants neufs à mon patron, car aucun des ouvriers n'en porte, ici, on ne fournit pas les gants.
Le prix d'un copeau d'inox, c'est, au choix:
- un trou dans le gant.
- un cri de douleur quand il vous part dans la figure
- un gros cri de douleur quand il vous part dans l'oeil, et qu'il faut aller "opérer" pour le sortir. çà rouille pas, c'est déjà çà, disent les gars.
- un beau filet de sang, quand il entaille vos doigts. Certains ne les enlèvent même plus, "on y passerait trop de temps".
Voilà le prix du copeau d'inox.
Vous désirez aussi le prix de la tonne d'ouvriers?
Ouvriers "neufs", "usés", "reconditionnés"?






































































