31 octobre 2007
An Oriant (7)
Je voulais publier ce message demain, mais j'ai craqué! :-)
Début du récit en cliquant sur"ici", la suite en remontant.
J'ai quitté Kerhervy, puant la vase. Il m'a fallu me déshabiller devant ma voiture avant d'oser y poser un pied.
Même en se lavant les mains, l'odeur forte persiste. Elle pénètre, bien plus loin que la peau.
Ressort de temps en temps, au gré des marées qui viennent du fond des tripes.
15 ans qu'elle était enfouie en moi, l'odeur du Resto, comme je persiste à appeler ce coin perdu.
Au revoir Lannarster, bonjour An Oriant...
Direction Keroman, et sa base de sous marins.
Ar Valafenn en a fait un joli reportage plein de belles photos, je ne vais pas m'y coller moi aussi.
Le musée des sous marins est sympa à visiter, bien que j'ai la nostalgie de l'époque où cet endroit était encore une vraie base de sous marins, et où il fallait montrer patte blanche pour y entrer, et visiter au pas de course ce qu'on voulait bien nous montrer.
Que deviendra la plus grande friche industrielle d'Europe? (enfin, je crois)
Des millions de tonnes de béton armé, qui font partie du patrimoine de Lorient?
Seront ils rasés un jour, ces 3 immenses bunkers aux murs de plus de 7m d'épaisseurs, comme Lorient l'a été, pendant la guerre?
J'imagine déjà le super complexe touristico-connistique que l'on pourrait construire à la place...
Après Keroman la base, nous filons à Keroman le port.
Sagement alignés, les chalutiers prennent leur repos dominical. L'air sent bon le poisson putréfié.
Quelques photos, avant que l'appareil ne déclare forfait: il m'a bouffé 3 jeux de piles en quelques heures, de la démence!
Des photos colorées, qui sentent bon le poisson, que vous verrez bientôt, je pense, quand je ferai un album sur Lorient, ou bien avant, parce que j'éprouve une tendresse particulière pour ces bateaux.
Mais dans ma tête, les couleurs n'effacent pas les épaves de Kerhervy.
Dans un coin du port, là où les chalutiers sont mis à sec par une immense et superbe grue, un bateau un peu isolé.
Sur cet espace goudronné, des motards roulent à des allures folles, et font des cabrioles, et de la voltige. Il est hyper dangereux de se balader au milieu, au risque de se prendre un zouave à 150km/h...
Le bitume fume et se colore de traces de pneus.
Contre la friche, et les barrières, un vieux bateau, dressé sur son échafaudage de fortune. Il n'est même pas "fièrement dressé", il est là, tout simplement.
Avant d'accéder au port, je l'avais vu et reconnu de loin.
J'ai trop souvent côtoyé son épave, quand elle pourrissait sur le Port Rhu de Douarnenez.
Je ne savais pas qu'il était à Lorient. Mais comment pouvait il en être autrement?
Je revenais de Kerhervy, j'avais, en silence, honoré ses frères.
Et lui, le dernier des dundees groisillons, il ne pouvait que m'offrir sa présence.
Le Biche, miraculé, grâce à l'acharnement de l'association du même nom. 1932. Lien en cliquant sur "ici"
Il en reste du travail, avant que le cul plat ne retrouve la mer... Mais il n'en reste qu'un et ce sera celui là.
Sur son flanc blessé, ils ont repeint son immatriculation:
Du blanc, sur un bleu pur...
Et je repense à ces flancs noirs de tant d'années au fond de la vase... Qui sait encore y lire le GX qui est toute l'histoire de Groix?

Quelque chose à dire?
Allez-y: lachez vous!
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