face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

30 septembre 2007

fleur à boire...

Sur le sachet, il est écrit: Xian Tao Qiu.
C'est du thé vert. Mais pas n'importe quel thé vert, un thé d'exception.
Qui m'a été offert, que j'ai découvert, surprise et émerveillée...

Des petites mains habiles ont noué des feuilles de thé pour en faire un gros bouton, en forme de fleur de lotus.
A l'intérieur se cache une petite fleur rose. Mais elle reste bien invisible...

Je repense au chemin parcouru. Des champs de camélias fleuris, aux mains des cueilleuses  (garanti commerce équitable bien entendu), de la patience, et j'espère.. l'amour.
L'achat par celle qui me l'a offert. L'idée du cadeau. L'emballage du colis... avec certainement une idée de ce que serait ma réaction en l'ouvrant.

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Spontanément, passé l'effet de surprise, je suis sortie, j'ai posé le bourgeon dressé sur ma paume gauche, j'ai levé la main le plus haut possible, et j'ai offert la fleur au ciel.

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Ce matin, j'ai attendu le lever des enfants pour faire le thé.
Pour voir la fleur éclore, il faut un verre transparent.
J'ai versé de l'eau frémissante sur le bourgeon dans le verre.
Il faisait sombre, l'appareil a déclenché le flash

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La photo est ratée, mais elle m'a fait sourire: on dirait que la lumière sort du bourgeon.
Petit à petit, "le bourgeon" s'est entrouvert...

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Et soudain, la fleur rose s'est libérée, et est montée vers la surface...

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Le flou, c'est le mouvement, et c'est... merveilleux.
Ensuite, j'ai bu. C'était chaud, et çà faisait voyager... Fin du chemin, du camélia, vers mon intérieur...
Mais non, le voyage ne s'arrête pas. La sensation chemine, je vous la transmet, comme la bulle d'air qui monte vers la surface, qui éclate, et dont vous saisissez ...
ce que vous voulez saisir

Posté par Laouenanig à 16:13 - les petits bonheurs du jour - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

le saut...

Le besoin de me reposer, après une semaine harassante, est intense.
Mais celui d'aller bouger, courir, respirer, sentir la forêt, l'est encore plus.

Ce matin, je suis aller trotter, 1h15, dans la forêt tout à côté de chez moi. J'y ai croisé un gros faisan doré et paresseux, un autre noir bleuté, volant difficilement à faible altitude, et j'ai entendu le chant lugubre des fusils...

Moi, je courrais... Ecoutant les oiseaux, saisissant chaque bruit, la chute d'un gland, l'herbe sèche sous le pied, l'odeur de l'automne, la lumière qui lentement devient plus douce, plus tendre...

Je courrais, et je pensais: pour aimer le printemps, il faut d'abord avoir accepté l'hiver.
Le printemps ne s'offre qu'à celui qui a aimé le froid.
Et l'automne nous prépare à cet amour.

Quand on court, si on est à l'écoute de ses sensations, on sait que le mouvement de la course est fait de plusieurs phases.
Le pied quitte le sol, l'autre pied le retrouve, mais il existe un instant où les deux pieds sont en vol.
Courir en étant conscient de ses mouvements, et de ces multiples envols est un bonheur.

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Sur  les sentiers de la pinède, des troncs d'arbres couchés.
Parfois, il existe une autre voie, qui contourne l'arbre. Les vtt ont tracé une variante du sentier, pour éviter l'obstacle.
Mais sauter l'arbre est un tel bonheur, je ne m'en prive pas.

Tout va très vite, mais les sensations se vivent intensément.
Quel est le meilleur moment, quand on saute un arbre?

Certains diront: avant de le sauter, car l'idée de le faire est un bonheur
D'autres: au moment même où les deux pieds quittent le sol
D'autres: au moment où l'on est en suspension, où l'on voudrait que le temps s'arrête.

Rares sont ceux qui diront: quand le pied retombe sur le sol...

Je fais partie de ceux là.

Le meilleur moment, quand on saute un arbre, quand on vole, quand on est libéré de son propre poids, c'est quand le pied retombe, touche le sol.
Pourquoi?

Parce que cette sensation, ce son, la vibration retransmise dans tout notre corps est la promesse d'un nouveau saut, d'un nouvel envol...

Je termine mon circuit... Un fossé me sépare de mon point de départ, qui sera mon point d'arrivée...
Je prends mon envol. Je pourrais stopper le chrono au moment même où je vole...
Stopper le temps sur un envol, symbole...
Non
Je laisse mon pied retomber.
Stop. Car après... encore.

A plus loin, comme dirait quelqu'un qui m'a offert une fleur à boire, ce matin...            

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Posté par Laouenanig à 12:32 - mes courses AVEC moi même - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

De là haut...

En attendant que l'envie d'écrire revienne, je poste le texte d'une chanson écoutée hier, et qui m'a frappée, car elle me colle encore trop à la peau.

Et même si je ne marche plus tout à fait droit
Même si mes pas ne sont plus ceux d'autrefois
Je vais, de travers, je vais
Et même si je sais que l'on parle de moi
Que certains se réjouissent
Alors que d'autres prient pour moi.
Je vais, je ne les entends pas.

Du courage, quand monte la fièvre
Et l'orage, te rejoins tout là haut.
Au dessus de la ville.
Du courage, rester au dernier étage
En plein soleil ma peau
Ne connait que toi

De là haut j'entends encore ta voix
C'est de là haut que je te sens près de moi
Alors je vais, et je ne redescends pas.
De là haut, on pense que je suis au plus bas.
Mais c'est de là haut que je me souviens de nous, en Avril...
Je ris de nouveaux sourires.

Du courage, quand monte la fièvre
Et l'orage, te rejoins tout là haut.
Au dessus de la ville.
Du courage, rester au dernier étage
En plein soleil ma peau
Ne connait que toi

Plus une larme, que du sel dans les yeux
Et souvent me revient le jour de tes adieux au monde
Depuis, je vais.
Et je vais le plus haut possible, imaginer
Je vais où l'on se perd, pour  mieux te trouver.
Tu me réponds, de nouveaux sourires

Du courage, quand monte la fièvre
Et l'orage, te rejoins tout là haut.
Au dessus de la ville.
Du courage, rester au dernier étage
En plein soleil ma peau
Ne connait que toi...

Da Silva. De là haut.

Mes pas ne sont plus ceux d'autrefois, c'est certain. Mais j'aime ce qu'ils sont devenus.
Là haut, je ne suis pas au plus bas, malgré le gâchis qu'a été ma vie.
Je crois que seuls peuvent réellement aimer gravir les montagnes, ceux qui ont été au plus bas.
Ceux pour qui ce n'est pas le cas, malgré la verticalité, ne le font qu'horizontalement. (complexe, je sais)
Là haut, c'est moi que j'ai trouvé, et aucun sourire, sinon celui du ciel, ne répond au mien.
Dans cette chanson, il parle d'une aimée, disparue.
Je n'ai pas pu faire mon deuil... Personne autour de moi n'a réellement disparu.
Et parfois, il m'est arrivé de penser, égoïstement, que çà aurait été plus facile si...

Alors c'est de moi que j'ai fait le deuil.
Pour naître autrement. Naître réellement, vivre sans me voir à travers d'autres dont je dépendais trop.
"Il" aurait aimé ce que je suis devenue.. (sauf ma condition de tourneur bien sur, il me voyait si haut...)

Mais de là haut, je pense encore parfois à "avant"...
Parce que cet amour de la montagne c'était aussi ce qui nous reliait...
Parce qu'il existe une montagne, quelque part dans l'Est, où j'ai beau monter, monter... je ne fais que descendre dans le passé.
Et je l'aime cette montagne là...
Et en pleine nuit, la lune et les étoiles m'ont empêché d'y pleurer.
Et plus loin vers l'Est, le lac m'attendait.

P*tain.. 2 ans... plus ou moins.
2 ans depuis quoi? Ma mort?
Depuis la vie m'a emporté si haut...


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Loin, vers l'Ouest si plat,  hier le soleil se couchait...

Posté par Laouenanig à 11:02 - pensée du jour - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 septembre 2007

réduits au silence...

Rien à dire. Simplement espérer.
Etre de tout coeur avec eux ne leur sert pas à grand chose...
La mitraillette traverse si facilement les moines bouddhistes...

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Drapeau de la Birmanie

Le rouge signifie "courage"
Le bleu: "paix"...

Posté par Laouenanig à 10:23 - mes rages - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Ya Ya à l'usine...

Avant propos:

Puisque mon lectorat est fatigué de lire mes états d'âmes d'ouvrière d'usine, je vais donc me lancer (une fois de plus) dans la fiction pure.
Euh?
Certains m'ont cru?
Car en fait... C'est mon blog non? Et si j'en ai ras la patate, pour ne pas dire, plein le c*l de certains trucs, je le dis, je ne vais pas téléphoner à SOS amitié pour faire baisser la pression, et me raconter un peu.
Si ce blog me rapportait du fric, j'en ferais peut être un truc bien marketing, avec sondage, du genre "je vous écris ce que vous désirez lire"..
Ou mieux: je vous persuade que "me lire est ce qui va vous arriver de mieux in your life", alors vous êtes prêts à lire n'importe quoi venant de ma part, même l'annuaire du téléphone du Morbihan édité en sanskrit.

Mais non: vous êtes vous, et je suis moi. Bref, vous aimez, ou vous n'aimez pas, je n'y peux rien: c'est ma vie. J'ai choisi de faire de ce blog un "journal intime", pas un recueil d'essais littéraires.

M'enfin, je me lance tout de même dans une fiction bien fictive, si fictive que naturellement toute ressemblance avec des personnages, des lieux ou des faits ayant existé, existant ou même qui existeront dans un siècle ne serait que pure coïncidence.
Qu'on se le dise...

C'est long, très long. Allez chercher à boire et à manger, ou ne lisez pas si vous avez peur de vous endormir (je vous comprendrais!!) :-)

Bref: cher patron, si vous arrivez ici, je ne suis que l'auteur d'une fiction et d'ailleurs juré, je ne suis pas moi hein?
Et naturellement, Laouen n'est aucunement impliquée dans les faits racontés.

Pour brouiller les pistes, j'irai plus loin encore.

C'est l'histoire de Ya Ya à l'usine. Pourquoi Ya Ya? Parce que je ne voulais pas d'emmerdes avec Enid, l'auteur de Oui Oui.
Et re-pourquoi Ya Ya ? Parce que Ya = oui en breton. Ne pas confondre avec le Ja allemand, mais qui signifie oui aussi.

Ya Ya est un homme d'une quarantaine damnée (vous voyez que ce n'est pas moi, c'est un mec!) qui travaille dans une usine sur la planète Ri56, de la galaxie Alpha du Centaure.
Pourquoi Ri56? Parce que Centaure Ri21 était déjà pris.

Sur Ri56, les Centauriens aiment les petits pois. Mais rares sont ceux qui savent quel dur labeur les esclaves doivent fournir pour garnir leurs assiettes.
En effet, le petit pois ne pousse pas à l'état naturel sur Centaure Ri56.
Un Centaurien en vacances sur une lointaine planète bleue avait emporté au retour dans ses bagages une boite 4/4 de petits pois Bon Duel. Il les fit gouter au président de l'Unité centaurienne, SantoSarko, qui décréta que désormais, la fabrication du petit pois devenait une grande priorité nationale.

Ainsi naquirent les usines de tournage de petits pois.
Dans des laboratoires ultra perfectionnés, des chimistes ont mis au point la formule magique pour créer du petit pois synthétique.
Des chaines de fabrication sortent des barres de 20m de matière brute de petits pois.
Ces barres sont acheminées vers les usines de tournage, et débitées en barres de 60centaurimètres environ.

Là, les esclaves tourneurs les mettent dans les machines, qui font des ébauches de petits pois.
Ensuite, ces ébauches sont tournées une nouvelle fois pour donner le petit pois fini, ébavuré, poncé, et peint en vert.

Ouf! je vois que mon récit est crédible, et ne ressemble en rien à mon expérience perso...

Dans les usines de tournage de petits pois, il y a un patron (ici appelé Dieu), des chefs, des sous chefs, des sous sous chefs, et des esclaves.
Les esclaves ont plus ou moins d'ancienneté, ce qui leur donne le droit d'ouvrir plus ou moins leurs gueules.
La bonne humeur règne dans les usines, et tous les esclaves se serrent les coudes, à défaut de serrer les boulons des tours.
L'esprit d'équipe est capital: tous les esclaves doivent œuvrer de leur mieux pour enrichir le patron.
En récompense de leur labeur, ils reçoivent en fin de mois un salaire en "images de petits pois virtuels", ou, au choix, une lettre de licenciement. Ou les deux, car logiquement si ils sont virés, ils sont payés pour leur travail accompli.

Ya Ya est si heureux d'aller travailler à l'usine!
Il arrive toujours 1/4 avant, et chaque jour c'est la course pour être le premier entré dans l'usine. Ses collègues sont si fiers, eux aussi, de servir un patron aussi respectueux de ses esclaves, et aussi généreux.
Ya Ya est le dernier entré dans cette merveilleuse équipe. Il est placé sous la responsabilité de Yes Yes, régleur des machines à tourner les pois.
Tout ce petit monde est théoriquement commandé par Si Si (l'impératrice? non.. le chef).
Dans l'équipe, on a aussi Kyllä Kyllä, d'origine finlandaise, Ano Ano, le Slovaque, Evet Evet, le Turc, Igen Igen le Hongrois, Tak Tak le Polonais, qui ne comprend jamais pourquoi tous les autres rigolent...
Mais il y a aussi: âreh âreh le Persan, DeiimO DeiimO le Mongol, dont tout le monde se moque, c'est méchant, et Chù Chù le Vietnamien. Ya Ya a du mal par contre à prononcer et surtout à retranscrire le prénom de l'esclave Cambodgien, car sa police de caractères merde un max...
Mais sachez qu'en Cambodgien, oui se dit de différente façon: si l'on s'adresse à un homme, une femme, un moine, un Roi, ou si l'on veut dire "je suis à vos pieds" (réel!!). C'est bien entendu ce dernier "oui" qui a été donné comme double prénom à cet ouvrier esclave.

Ils sont tous immigrés, vous l'avez compris.

Mais dans l'usine, il y a surtout "çàpeutpluscontinuercomça".
"çàpeutpluscontinuercomçà" est à un an de la retraite. Il devrait être zen, savoir que la mécanique, çà merde souvent, qu'on y peut rien, et qu'on n'est pas responsable dans certains cas.
Mais non! Dès que la machine à un petit pois de travers, il lève les bras au ciel, et crie: "çà peut plus continuer comme çà"!!
Traduction: si çà merde, c'est que ce sont les nouveaux esclaves qui ont salopé le travail.
Ou alors: m'enfin!!  pourquoi ce satané Yes Yes le régleur ne m'a pas préparé du travail tout mâché pour la nuit!

Quand "çàpeutpluscontinuercomçà" n'est pas content du travail qu'il a à faire la nuit, ou qu'il a terminé son travail avant l'heure, il appelle le chef Si Si chez lui, à n'importe quelle heure... Et il gueule.

Car "çàpeutpluscontinuercomçà" est une grande gueule... Il n'a plus rien à gagner à emmerder le monde, pas de galons, pas d'augmentation, il pourrait prendre son travail en souriant, mais non.
Il se croit investi d'une mission suprême: faire gagner encore plus d'argent à son Dieu: le patron.
"çàpeutpluscontinuercomçà" finit son travail à 4h30 le matin. A 14 ou 15h, il est de retour à l'usine, pour surveiller les autres esclaves, voir ce qu'il aura à faire pendant la nuit qui arrive, et surtout, passer une heure dans le bureau de Dieu.

Certains esclaves, dont certains anciens, ne lui ont pas parlé pendant des années. 6 ans a dit un "ancien" à Ya Ya, effaré.
Ils veulent la paix, simplement servir Dieu dans la joie et la sérénité...

A l'usine, tout le monde semble se soucier du bonheur de "çàpeutpluscontinuercomçà": fais vite ci, nettoie vite çà, que "çàpeutpluscontinuercomçà" ne gueule pas quand il arrive! Ya Ya entend çà à longueur de journée. Tout le monde est fatigué d'entendre gueuler "çàpeutpluscontinuercomçà", même avec des bouchons anti bruits. Alors tout le monde s'emploie à ne pas l'énerver.
Même les petits pois jaunissent dans les tours, et les machines se mettent à tourner carré au lieu de tourner rond dès qu'il apparait...

Tout le monde s'est résigné à dire oui oui, et à faire celui qui n'a rien entendu... Mais la colère gagne parfois l'atelier tout entier. Esclaves, oui, mais aucun autre esclave n'a le droit de régner sur ce peuple laborieux, sale et puant l'huile de coupe...

L'avant dernier rentré, (un mois avant Ya Ya), n'est pas très doué pour le travail du petit pois. Il tourne mal, perd du temps, et ne sais pas mesurer les petits pois tournés. Yes Yes le reconnait, mais il n'est pas du genre à cafter dans le bureau de Dieu. Si Si, le chef d'atelier non plus.
Mais "çàpeutpluscontinuercomçà" si.
Depuis une semaine, toutes les après midi Ya Ya et les autres écoutaient le même refrain:
"çàpeutpluscontinuercommeçà" disait: çà peut plus continuer comme çà!!!!. Je fais mon maximum pour que l'entreprise tourne, et il vient derrière moi sur ma machine et salope le travail...
Da Da, d'origine macédonienne, était devenu la tête de turc de "çàpeutpluscontinuercomçà".
Ok, il n'était pas doué, mais bon. Il n'était pas du métier, comme Ya Ya. Fallait qu'il apprenne... 
Si un étranger avait écouté, il aurait pensé que "çàpeutpluscontinuercomçà" était le proprio de l'usine, et non un simple esclave comme les autres.

Ya Ya pensait: il doit faire des conneries, comme nous tous, mais lui il sait comment les cacher, ou les rattraper!

Il y a 2 jours, "çàpeutpluscontinuercomçà" a poussé le bouchon un peu plus loin. Il a carrément dit: je vais aller voir Dieu, et lui dire: si vous voulez gagner de l'argent, virez le. Sinon, si vous le gardez, moi je ne bosse plus la nuit, pas la peine que je me crève pour vous et qu'ensuite il abime tout. Je vais lui faire un mot.

Yes Yes et Ya Ya étaient consternés... Da Da bossait mal, mais il ne salopait rien, il n'était simplement pas "fin", et un peu mou.

Le lendemain, "çàpeutpluscontinuercomçà" revient faire son show l'après midi à l'usine... Ya Ya et Yes Yes lèvent les yeux au ciel et disent "oui oui"... çà rentre par une oreille, çà sort par l'autre.
"çàpeutpluscontinuercomçà" bave de contentement: çà y est dit il.. je l'ai fait... Traduction: il est allé bavé chez Dieu à propos de Da Da...
En plein travail, Ya Ya et Yes Yes disent oui oui, et remettent le nez dans leurs machines...

Le soir arrive, et Yes Yes part, une heure après l'horaire (heure sup non payée). Parfois, c'est 2 ou 3h après!
Tout çà pour que "çàpeutpluscontinuercomçà" et ensuite l'équipe du matin aient des machines qui fonctionnent bien.
Yes Yes est bien mieux payé que les esclaves, mais il fait son maximum pour que çà marche, et il n'est pas obligé de le faire. Il est sympa avec les esclaves.

Ya Ya, 7 jours d'expérience, se retrouve une nouvelle fois seul devant la machine. Il y a un fort retard dans la production de petits pois (pas sa faute, trop de commandes et un des tour était en panne une journée et demi)  alors Ya Ya  propose à Yes Yes avant qu'il ne parte de faire aussi tourner la 2eme machine, pour avancer le travail, en "masqué".
C'est à dire que Ya Ya ne pointe pas sur la 2eme affaire en cours.
Ya Ya est à la finition sur un tour, et à l'ébauche sur un autre. Il enfile des barres de petits pois d'un côté, des barres de l'autre, ébavure, ponce, s'arrache les doigts, meule, taraude, lime...
C'est complexe un petit pois à fabriquer!
De l'autre côté, il récupère les ébauches, les mesure, relance, etc...

L'équipe de nuit arrive, Ya Ya a encore 5 minutes de travail. Tiraillé entre les 2 machines, il salue les arrivants, et machinalement relance la 2eme machine sans avoir contrôlé la pièce qu'il vient de sortir.
Malheur.. Si il avait regardé, il aurait vu qu'elle était "mal finie". Et qu'il ne fallait pas relancer le tour.
Ya Ya entend un bruit: boum. Reflexe: il frappe le bouton d'arrêt d'urgence, puis ouvre la porte.

Immédiatement les 2 esclaves de nuit arrivent. L'esclave qui est aussi régleur la réconforte: c'est pas grave, c'est simplement la  plaquette (c'est un triangle minuscule qui tranche, monté sur l'outil) qui a lâché, trop usé. Tu  n'as pas d'expérience, et tu es sur 2 machines, tu devrais avoir quelqu'un derrière...
Ya Ya bafouille: c'est ma faute, un moment d'inattention et hop..
C'est pas grave dit il encore. Et c'est vrai: les plaquettes on les change 5 fois par jour environ...

Mais "çàpeutpluscontinuercomçà" arrive, lève les bras au ciel et hurle çà peut plus continuer comme çà!
Sa priorité c'est de faire tourner l'autre machine (travail urgent), mais il veut faire son cinéma, alors il se met à brasser de l'air, et à bidouiller la machine arrêtée en gémissant...
Ya Ya  pense avoir fait une énorme connerie, que la machine est déréglée... En fait, il suffit de 10 minutes maxi pour changer la plaquette, et modifier un petit réglage (car une lame neuve ne coupe pas comme une lame usée). Mais Ya Ya pense vraiment que c'est grave vu les cris de "çàpeutpluscontinuercomçà".
Pendant que "çàpeutpluscontinuercomçà continue à râler, et à contrôler le travail de Ya Ya de l'aprem en faisant des remarques alors qu'il n'y a rien à dire, Ya Ya s'en va...
Dans l'après midi, Si Si le chef d'atelier a dit à Ya Ya d'emballer son travail, sans qu'il le contrôle lui même, car il lui fait confiance: Ya Ya contrôle ses petits pois sérieusement.

Mais dans cette usine, le chef n'a aucun pouvoir semble t'il... c'est "çàpeutpluscontinuercomçà" qui fait sa loi.

Ya Ya rentre chez lui, le moral au fond des chaussures de sécurité. "çàpeutpluscontinuercomçà" a prononcé exactement les mêmes paroles qu'en parlant de Da Da.. sans parler de le faire virer, car çà, il le dit dans le dos des esclaves, pas devant.
Ya Ya passe une nuit atroce, mange un peu en se forçant le lendemain matin, et retourne à l'usine la trouille au ventre, sur de perdre son emploi.

En rentrant, la première personne qu'il salue est Da Da. Il est viré, c'est fait.
Ya Ya lui dit: moi ce sera pour ce soir certainement...
Là, Yes Yes demande: mééééééé? pourquoi?
Alors Ya Ya lui explique, les larmes lui viennent aux yeux il fait ce qu'il peut pour les contenir: la plaquette cassée, "çàpeutpluscontinuercomçà" qui gueulait, la peur d'avoir tout cassé...
Méééééééé dit Yes Yes, je ne savais pas, personne n'en a parlé. Et c'est pas grave, 10 minutes et çà repartait!
Puis il rajoute: "çà peut plus continuer comme çà!!!!!
Il va pas faire sa loi ici, il est rien de plus que nous!
Si Si passe, et voit le visage défait de Ya Ya. Re explication. Ya Ya est trainé devant Dieu.
Devant Ya Ya, Dieu ne dit pas qu'il a viré Da Da parce que "çàpeutpluscontinuercomçà" le lui a demandé. Il explique que ce sont ses chefs qui en concertation avec lui etc...
Yes Yes et Si Si n'y sont pour rien, ils l'ont confirmé, dépités, à Ya Ya. De toute façon, c'est "çàpeutpluscontinuercomçà" lui même qui a clamé qu'il allait le faire virer, et qui s'est vanté d'avoir réussi, devant tout le monde...

Dieu dit à Ya Ya que tout le monde est content de son travail. Que désormais, Ya Ya sait qu'une seconde d'inattention peut mener au boum.
Ya Ya retourne bosser, soutenu par tout l'atelier, et les têtes pensantes présentes.
Après Ya Ya, c'est au tour de Si Si, et de Yes Yes de passer dans le bureau de Dieu.

14h30 environ...
"çàpeutpluscontinuercomçà" débarque à l'atelier. Il file chez Dieu. Et là, on doit lui signifier que tout l'atelier se plaint de ses coups de gueule, et qu'il ne doit pas gueuler sur le petit dernier des esclaves...
"çàpeutpluscontinuercomçà" déboule dans l'atelier, et vient râler encore une fois.
Il nie avoir enguelé Ya Ya, nie avoir fait virer Da Da, jure qu'il n'est qu'un esclave modèle, persécuté par tous...
Yes Yes lui parle de Da Da, et lui dit: je ne veux même pas en discuter, j'ai du travail.
Mais "çàpeutpluscontinuercomçà" continue. Il va faire le tour de l'atelier, et Ya Ya l'entend gueuler même les oreilles bouchées, au milieu du fracas des machines.
Il reviendra à la charge 2 fois...

Ya Ya est perplexe: ce type là n'a dont ni famille, ni loisirs, ni jardin? Il dort le matin, revient à l'usine l'aprem, et le soir pour bosser.
A quoi donc  peut servir une telle attitude?
Yes Yes et Ya Ya sont d'accord: il est dérangé. En fait, il veut se sentir indispensable, être le rouage essentiel de l'atelier.
Traduction: il a la trouille de la retraite, il va se faire chier grave, alors il se venge sur les autres...

Le problème, dit Yes Yes, c'est que Dieu l'écoute et le croit...
Malgré l'entrevue avec Dieu ce matin, Ya Ya sait que le jour où "çàpeutpluscontinuercomçà" ira réellement se plaindre de Ya Ya devant Dieu, il sera viré.

Yes Yes quitte le travail avec 1h de retard encore...
Lundi, Ya Ya doit commencer à 5h30 (au lieu de 4h30 à cause des 39h); Mais il n'y aura plus de travail à faire lundi matin, tout sera fini cette nuit, et les machines doivent être réglées avant que Ya Ya ne bosse dessus.
Problème...
Si Si demande à Ya Ya de venir bosser de 12h30 à 20h30 lundi, et de ... 4h30 à 12h30 mardi.
Ya Ya blêmit, mais accepte. Avant de demander: méééééé, si je suis d'aprem lundi et de matinée après, je fais 40h!
Si Si lui dit qu'il partira à 19h30 lundi, histoire de dormir un peu avant la  matinée du mardi.

Quelques minutes après il revient et explique: Si tu as un jour un RDV, ou un problème, tu le dis, on s'arrange, je te change d'équipe une journée.. Et il rajoute: tu sais, ici je ne suis qu'un ouvrier comme les autres..
Ya Ya a très bien compris ce que çà signifiait... Il peut arranger certains trucs, mais n'a réellement aucun pouvoir et n'est pas considéré.

17h45... Encore 1h15 de boulot. Le tour marche un max, régulier, tout tourne rond.
Soudain, un boum.
Ya Ya est à 50cm de la porte, sa main se jette sur le bouton d'arrêt d'urgence.
Ensuite, sa sueur a le droit de couler le long de ses aisselles, mais pas avant que le tour ne soit arrêté.

Le boum a rameuté l'atelier. Si Si débarque, ainsi qu'un esclave ayant des notions de réglage.
Ya Ya est liquéfié sur place...
L'énorme bloc de ferraille sur lequel sont montés tous les outils a avancé de 10cm en trop, et a littéralement défoncé la pièce, l'écrasant contre les mors d'acier.
Ya Ya n'y est absolument pour rien! Il a mis la pièce de petits pois à tourner dans le bon sens!

Panique à bord...
Ya Ya voit "çàpeutpluscontinuercomçà" qui est à nouveau dans l'usine, en train d'aller pleurer chez Dieu... A coup sur il va débarquer, voir la pièce écrasée, et crier çà peut plus continuer comme çà!!! même si il n'y est pour rien.
Le jeune esclave démonte vite l'outil, vérifie son état, remonte une plaquette, et réfléchit.. il faut vérifier si tout va bien.
On rassure Ya Ya: c'est l'informatique, çà arrive, on sait pas pourquoi. Tout va bien, et 10secondes après çà pète. Après, tout recommence à tourner rond.

Soudain, Si Si regarde le travail qu'il reste à faire et s'exclame:
il faut arrêter Ya Ya! Sinon "çàpeutpluscontinuercomçà" n'aura pas de travail jusqu'à 4h30 demain, et il risque de m'appeler à 1h du mat!

Ya Ya soupire... Il va poncer des barres de distributeurs de petits pois mal finis, travail ingrat et dur qui use les doigts et tue les bras. Il faut s'élever très très haut pour éviter de broyer du noir.
Ensuite, il devra empiler des rondelles de pois bruts, çà pèse un mort...
Et nettoyer à la fourche le bac de copeaux de pois, pour vider la brouette dans une benne en hauteur. Il faut 2 esclaves pour soulever la brouette... Vive le progrès! N'importe quoi... Logiquement, les bennes sont enterrées, on n'a pas besoin de porter la brouette à bout de bras!

Mais Ya Ya ne se plaint pas, car sur Centaure Ri56 tout le monde est heureux de servir Centaure Company, et de bosser comme des robots pour un salaire de misère...
Car c'est normal qu'il y ait des patrons qui patronnent, et des esclaves qui esclavent...
Un petit pourcentage de la  population qui détient le fric, et l'autre qui l'aide à en avoir plus...
Car c'est ainsi que va le monde...
Les patrons ont tellement de problèmes, de soucis, de stress...
Même quand l'entreprise marche bien:
Où garer ma 4eme voiture, à gauche où à droite de la 12eme...
Où porter mon argent? en Suisse, ou au Liechtenstein?
Et ils sont si bons pour les esclaves: ils leurs offrent le droit de travailler! dingue non?
Sans les patrons les esclaves seraient tous réduits à la misère, déjà que...

Ya Ya pense parfois que sans les esclaves les patrons devraient eux  même tourner les pois, ou alors ils seraient  miséreux aussi. Mais ce n'est pas "politiquement correct" de penser çà.
Les esclaves eux, n'ont qu'un seul soucis: seront ils encore sous contrat le lendemain?
Et Ya Ya voudrait travailler encore plus pour gagner encore moins, c'est son rêve le plus secret, mais il n'ose pas l'avouer à Dieu...
Déjà que  l'ambiance est "space" dans cette usine..

Parfois, en rigolant, Yes Yes lui montre la porte coulissante automatique du tour. Elle se ferme avec une telle puissance... Rien ne résisterait si il se trouvait entre elle et le bord du tour. Yes Yes lui dit: ici, la guillotine est toujours en activité. Ya Ya frissonne, et reste concentré, ne pas faire de conneries, ne pas faire de conneries...

Hier soir, le collègue de travail de "çàpeutpluscontinuercomçà" expliquait: la carte mère de la machine a été changée, mais parfois, on sait pas pourquoi, çà déconne... Elle est si vieille cette machine...
Elle a 20 ans lui dit Ya Ya.
Normalement à 15ans elles partent à la casse, c'est logique répond il.
Alors Ya Ya prend soin de la vieille bête fatiguée. Il a peur quand elle se venge, épuisée de fonctionner encore et encore, 24h/24 du lundi 4h30 jusqu'au samedi 4h30.
Hier, il avait mal à la tête, si mal à la tête... Pour soulager les outils Yes Yes avait augmenté la viscosité du lubrifiant, et Ya Ya respirait depuis 2 jours un brouillard dense d'huile de coupe, qui arrache la gorge et brule les yeux. Toxique... Et qui facilite la prolifération de bactéries on lui a dit...
Que peut faire Ya Ya contre çà?

En partant, Ya Ya découvre dans les vestiaires une longue lettre de "çàpeutpluscontinuercomçà" affichée pour que tous la lisent. Il se plaint d'être poussé à bout par tout l'atelier. Il n'est qu'un esclave modèle, servant du mieux qu'il peut Dieu, ne râlant jamais, et dérangeant Monsieur Si Si la nuit au téléphone(là, Ya Ya blêmit: il aurait pu mettre un prénom, mais non, c'est Monsieur + nom de famille qui est écrit, çà montre bien le mépris..) uniquement quand c'est important.
L'atelier entier est ligué contre lui depuis des années pour le faire licencier, il écrit...
Il n'y a pas de guirlandes de fleurs ni de coeurs clignotants autour du nom de Dieu, mais on les voit facilement..
C'est.. pitoyable, et petit. Ya Ya ne prend même pas le temps de tout lire, écoeuré...

Ainsi va la vie sur Centaure Ri56. Les machines ont dépassé l'âge limite depuis longtemps, les esclaves défilent, tiennent le coup quelques jours, quelques mois ou quelques années, en rêvant d'air pur et de montagnes...

Ya Ya, le soir, abruti dans son lit, rêve d'être esclave à tout faire, nettoyeur de chiot, conducteur de benne à ordure, n'importe quoi, là bas... Sur sa planète il y a des pays où la vie, même dure, est plus douce... et mieux payée.
Dans son château accroché à la montagne, la princesse du Liechtentruc a peut être besoin d'un esclave pour faire briller ses miroirs...
Il serait un sale immigré, mais un immigré qui n'aurait pas peur de son banquier quand il téléphone le matin, avant de partir au travail pour lui dire qu'il a 400 euros de découvert, ce qui va lui couter 100 euros de frais!! (réel)

Mais Ya Ya sait que rêver ce n'est pas sain. La nuit, il tourne, tourne, et tourne encore...
Le week end le laisse tout perdu. Il a hâte de voir le lundi arriver. Enfin il pourra retourner tourner. Lever les yeux ciel quand "çàpeutpluscontinuercomçà" se mettra à gueuler... Croiser parfois le regard d'un autre esclave levant lui aussi les yeux au ciel de tôle, et lui sourire...
Et regarder les étoiles, oui, les étoiles...
Il en voit danser plein sur la tôle du toit de l'usine... Il espère que les autres esclaves les voient aussi.


Posté par Laouenanig à 09:45 - les petits bonheurs du jour - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 septembre 2007

Dead or alive?

Mélu s'est déjà posé la question: shooté ou décédé?
En effet: les bourdons dans les fleurs prennent parfois des drôles de positions...
Elle en a photographié un, dans la même fleur, à une semaine d'intervalle.
Etait ce le même bourdon? bonne question...

Ce matin, le soleil n'avait pas encore illuminé les ipomées, elles étaient en train de lisser leurs pétales.
Dans un des ciels du matin, un bourdon dans une drôle de position, trop statique:

DSCN0819

Première réflexion: mééééééééééééé!!  je veux pas le flash! on l'enlève comment?
Deuxième réflexion: dead, or alive? Je touche le bourdon...

DSCN0822

Première réflexion: ses pattes bougent péniblement, il reste là, la tête écrasée sur la fleur. Mauvais signe...
Deuxième réflexion: Laouen, tu n'as trouvé le bon bouton pour enlever le flash.. va falloir lire le mode d'emploi
J'appuie un peu partout sur l'appareil, et je renverse carrément le bourdon.

DSCN0837

wahhhhhhhhh !! "kung fu fighting"? ou "arrrrrggggghhhhh je me meurs?"

DSCN0839 DSCN0840

Je ne lui ai pas fait de bouche à mandibules, pas folle la guêpe!
Pauvre bourdon, mort en plein "ciel"...

En revenant du supermarché, le bourdon avait disparu...
Dévoré par un oiseau?
Tombé du ciel, euh, enfin, de l'ipomée?
Ou dégrisé, dé-shooté, le pollen somnifère ayant cessé d'agir?
Ou simplement décongelé? Il faisait très très froid ce matin.. 5 degrés, pas plus.

J'adore ce genre de post... Tout ce qui coinc
e grave, là, au creux de l'estomac, je le garde pour moi, histoire de ne pas passer pour une pleureuse/raleuse etc..
Quand je serai grande, je voudrais être bourdonne...
 

Posté par Laouenanig à 11:18 - jardin et symboles... - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 septembre 2007

à travers le ciel...

DSCN0799

Le ciel, et toi?
Le ciel, toi...
Tu es "dans" le ciel
Le ciel est en toi...

DSCN0800

Posté par Laouenanig à 09:28 - jardin et symboles... - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

l'autre côté du ciel...

DSCN0798

Non!
Je n'ai pas voulu vous prouver que ma voiture
était assortie à mes fleurs
ou le contraire peut être?
Je vous rassure: ici c'est top fashion
très staïiiiiiiiiile
mon bleu de travail est assorti à ma voiture
ainsi que mon seau de jardin

La photo?
C'est "l'autre côté des choses"
Ah bon?
Il y a un autre côté?
Il y a "un côté", ou plusieurs?
Non, mais bon...

Vous regardez la fleur
Mais vous êtes vous un jour posé la question:
et la fleur, que voit elle?
Alors, devenez fleur
et regardez le ciel

de l'autre côté du ciel
regardez le ciel...

Posté par Laouenanig à 09:23 - jardin et symboles... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 septembre 2007

bleu comme un merci

DSCN0789

Afin de dire merci à Jipes
l'ipomée a ouvert 10 ciels ce matin
Le "cousin" en a testé un.

Merci!

Petite précision:
je n'ai pas vu la photo, mon écran est tout brouillé ce matin.
mais ce 3 millions de pixel semble bien sympa!
Vous qui "voyez"
pouvez vous cliquer sur la photo
et me dire si elle est nette, si  les couleurs sont ok
merci

Posté par Laouenanig à 10:43 - jardin et symboles... - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Constat

J'ai commencé mon travail il y a 10 jours.

Cette nuit, j'ai dormi une ou deux  heures. Deux heures pendant lesquelles j'ai du me réveiller 4 fois, en plein cauchemar.
Le reste de la nuit, je l'ai passée avec le coeur qui battait trop vite, trop chaud, angoissée, à tirer des constats des constats.
Et à tourner... Je tourne toute la nuit. En rêve, et éveillée.
Ce boulot, en plus d'être éreintant, est stressant.
Je prends soin de ma machine, je suis consciencieuse, je m'intéresse à ce que je fais, mais çà ne fait pas tout.
Il faut savoir maitriser en 30 secondes un geste que l'on acquiert après 10ans de métier. Et bosser vite, très vite.
Hier soir, quand mon remplaçant de l'équipe de nuit a découvert le travail qui lui était réservé, il a attendu que j'ai le dos tourné pour piquer une crise.. Pour ne pas m'angoisser un peu plus.
Son collègue de nuit m'avait dit 5 min avant: je vais l'entendre gueuler toute la nuit, je sais même pas si il ne va pas rentrer chez lui avant la fin..
Cet homme a 40 de métier, bosse vite et très bien, mais sait reconnaitre un travail de merde. Surtout que cette pièce là, il la connait!
Moi... 7 jours.
Je vais faire comment aujourd'hui?

A côté de cet aspect, il y a tous les autres:

Je ne vois plus mes enfants.
Ils en profitent...
Ma maison est un chaos indescriptible. Car les enfants en rajoutent, et car je n'ai pas le temps ni la force de tout faire.
J'aimais l'ordre relatif qui y régnait...
Le sport est important pour mon équilibre: je n'en fais plus du tout. Trop épuisée, et pas le temps.
Le jardin: pareil. Il va redevenir une jungle rapidement.

Plus grave, ce sont les effets sur ma santé.
Ne pas dormir une nuit, c'est être KO debout la journée d'après.
Devant une machine, c'est dangereux. Déjà j'ai du mal à tenir 8h.
Ne pas dormir, avec ce genre d'insomnies, c'est se coucher ce soir avec l'angoisse de ne pas dormir.
Et on retombe...
Cercle vicieux: au moins on dort, au plus on angoisse de ne pas dormir, et au plus on angoisse, au moins on dort.

J'ai connu çà. Je ne travaillais pas, mais je ressemblais à un zombie, nuits et jours.

Là, je vais tenir combien de temps?
On me répondait: il faut t'épuiser.
Je faisais du sport!
Et là, je ne suis pas encore assez épuisée peut être?

Je suis censée bosser pour être "respectable".
Je m'en tape.
Je suis censée bosser pour renflouer mon compte en banque.
Quand je serai en pleine dépression nerveuse, hospitalisée, mes enfants s'en sortiront seuls?
Je suis censée bosser pour avoir une vie sociale:  je n'ai plus de vie du tout!

Alors je fais quoi?
Je n'ai pas le choix... Faut bosser. Bosse ou crève? Ou bosse et crève?

Lire Lao Tseu pendant la pause, et planer aile dans aile avec sa machine de temps en temps, admirer les ipomées le matin, çà ne fait pas tout. L'être humain que je suis à beau se sentir "être", il n'en reste pas moins humain.
Et l'humain, dans mon cas, il en a plein le cul.

Posté par Laouenanig à 07:41 - mon âme à nu - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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