face au vent-avel a benn

face au vent, je vole... le vent me portera, et si il faiblit, je lui donnerai mes ailes. Poésie, photos, coups de gueules, délires, vivez l'instant avec une Bretonne de l'intérieur

29 décembre 2006

le silence des huitres, interlude salé

En vrac, sur la table... Des amas d'huitres sauvages, savamment imbriquées les unes dans les autres. Des pétoncles, des coquillages longs, spiralés, en escargots, aux noms inconnus.
En vrac, sur le Net, je retrouve les noms: Calliostoma, Scala communis, Turitella, Nassa reticulata, Gibbula umbilicalis, Epithonium clathrum
Des fines algues rouges, sèches, emmêlées...
Un peu de sable, grain doré, grossier.
2 plumes blanches.
Le nom des algues?
Celui des oiseaux?
La composition du sable?
J'adore les oiseaux, j'ai fait 2 ans de géologie en Fac.

Que sont ces grains, ces coquilles mortes, sans la plage qui les a porté?
Que sont ces noms, sans ce qu'ils représentent, au creux de la main, à tourner, retourner, caresser, chercher à la lumière le reflet nacré, sentir,  pour retrouver par la pensée l'odeur forte du sel, de l'océan, de la liberté?
Pourtant, encore et toujours, nous ramassons. Bien plus qu'un souvenir acheté sur place, ces bouts de rien sont pour nous les racines du souvenir.
Et je contemple ces amas d'huitres sauvages...

Les blocs d'huitres me fascinent. Chacune des 2 parties de l'huitre est le complément de l'autre. Et chaque huitre, à la forme exacte qui va s'emboiter dans l'huitre voisine.
Les huitres vivent ainsi, en parfaite harmonie.
Et parfois, un grain de sable les blesse...
Et parfois, de cette blessure nait une perle.
Et parfois, ou plutôt, souvent, il ne se passe rien.

Les huitres vivent ainsi, dans la quiétude des profondeurs.
Et parfois, la tempête les arrache, les précipite plus loin, les jette sur la grève, les mène vers la fin.
Et parfois, il ne se passe rien.

Les huitres vivent ainsi, dans le bleu infini, les unes contre les autres, sans un cri, ni mépris, ni haine.
Ni envie
Ni amour
Ni ... vie?
Si, telle est leur vie.

Une huitre ne pense pas, une huitre ne rêve pas, une huitre ne souffre pas.
Sauf quand on l'écartèle.
Dans le silence de l'huitre, est toute cette douleur.
La chair se rétracte sous le couteau, impuissante.

(Pensez à elles, le soir du reveillon... gniark gniark)

Quand je serai grande, je voudrais être huitre sauvage.
Huitre vivant en communauté, ou huitre solitaire, sur son rocher vissé?
Huitre muette, sans émotion?

Non, ne me sortez pas l'habituelle phrase: au fond de toi est la perle, née de tes blessures.
Ou: à l'intérieur, tu brilles, nacrée, sous ton enveloppe couverte des cicatrices du temps.

Finalement, le paradis des huitres n'en est peut être pas un.
L'inaction me pèserait.
Je ne sais plus...
Pour la fin de l'année, vais je me mettre en mode  "Belle:on" (OK, je sors)
Même pas.

RIMG0084

Ecrit par Laouenanig à 23:00 - pensée du jour - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Quelque chose à dire?

Non à 2007!!!

Adherez au Fonacon !!!

Dites non à 2007 !!!

Site : www.fonacon.net

Ecrit par kingleon, 30 décembre 2006 à 14:09

Hum...

Délicieuses petites choses

Ecrit par laparhasard, 30 décembre 2006 à 17:34

Allez-y: lachez vous!







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